I. CŒUR
Extirpation d’une balle implantée dans la paroi de l’oreillette gauche du cœur, lluU. et Mém. ik la Soc. de Chir., illO.Ï, pp. 957, lOi-i.
Le malade qui faisait l’objet de cette communication, sous-officier de spahis, avait reçu un coup de pistolet en pleine poitrine et à bout portant. Malgré sa blessure, il put tenir encore pendant une demi-heure à cheval, puis tomba en proie à une violente oppression. Ramené b l’ambulance, où l’on constata une petite plaie a gauche du sternum, il eut le jour même une legere hémoptysie, quelques sullocations, puis les jours suivants tout rentra dans l’ordre et le malade reprit son service. Mais au bout de quelques semaines les troubles cardiaques reparurent (oppression, palpitations douloureuses), le malade dut renoncer à monter à cheval et entra à rhôpilal. Il me fut envoyé à Beaujon où, après l'avoir longuement observé et constaté rcch.ee' de tous les traitements medicaux dirigés contre les troubles cardiaques, je dus me décider ù une intervention radicale.
Après avoir constaté ù plusieurs reprises par la radioscopie la présence du projectile et son union intime à la paroi de l’oreillette gauche, dont il suivait tous les mouvemenls pendant la révolution cardiaque, je fis, sous le cxmtrOle de l’appareil de M. Contreraoulin, l’operation suivante i Incision de 7 centimelres dans le deuxieme espace intercostal gauche, à 2 centimètres en dehors de l’orifice d’entrée du projectile situé lui-méme contre le bord sternal. Incision de la peau, du muscle pectoral, résection de la deuxième côte et du cartilage costal correspondant sur une largeur de 5 centimètres, refoulement du cul-de-sac pleural gauche; à 5 ceiilimètres de profon-
plèle, comme l’indiquent l’affaissement de la poche anévrismalc et la suppression totale de ses battements. Le pied privé de l’apport sanguin normal diminue aussitôt de volume, mais il n’est pas privé pour cela de toute irrigation. En effet, une compression sus-malléolaire est suivie d’une ascension progressive do la courbe de volume du pied, et cette courbe, ensuite, redescend rapidement quand (après 42 secondes do compression) on reldche le lien constricteur quelques instants plus tard, on décomprime l’artère, et le pied, recevant de ce fait un supplément d’afflux, augmente de volume. Serrant alors le cou-de-pied, on voit, naturellement, le volume du pied s’accroitre b nouveau par rétention veineuse.
En somme, re.\périence faisait prévoir que chez notre malade, malgré un état défectueux de tous les vaisseaux, la circulation collatérale resterait assurée dans une mesure très appréciable après ligature de l’artère fémorale.
Après l’opération, d’ailleurs, cette prévision se confirma.
Le procédé que nous venons d’indiquer perdrait une partie de son intérêt pratique, s’il nécessitait l’emploi de la méthode pléthjsmographique ; mais on peut le ramener à vn procédé clinique très simple, en se contentant d’apprécier par la vue et par le palper les variations du gonflement des veines de l’extrémité du membre, ces variations allant de pair avec les modifications de volume que nous avons inscrites.
Intervention chirurgicale directe pour un anévrisme de la crosse de l'aorte. Ligature du sac. Presse me'tl., n" 25, 19 mars 1902; Bull, et Mém. de la Soc. de Ckir., 12 mars 1902, pp. 526, 546.
Traitement chirurgical des anévrismes de l’aorte (Discussion). Bull, et Mém. de la Soc. de Ckir., 1902, 50 avril, pp. 508 et 517.
Existe-t-il dans les anévrismes de la crosse de l’aorte des variétés anatomiques très rares qui peuvent être justiciables d’une intervention chirurgicale directe? 'telle est la question que j’ai posée en 1902, en apportant à la discussion un fait personnel, six pièces du musée Dupuytren, et deux observations des bulletins de la Société anato-
i'orifice d entrée du sac anévnsmal soit étroit, et que son étendue permette une décortication. Ce sont les doux caractéristiques du fait que j’ai rapporté et des pièces que j’ai présentées.
Voici mon observation dont je rapporte en détail les points très vivement discutés. Une femmede quarante ans, sans antécédents sjphilitiqnes, soumise d’ailleurs h un
Ligature de la sous-claTière pour anévrisme. Résultat éloigné. Bull, et Me'm. de la Soc. deChir., 1901, 20 mars, p, 312.
Chez celte malade que j’ai présenlée à la Société de Chirurgie J’avais pratiqué la ligature de la sous-claviére en dedans des scalènes pour un anévrisme. La malade guérit parfaiteinenl et, ayant eu l’occasion de la revoir depuis son opération, je n'ai pas trouvé chez elle le moindre trouble pouvant se rattacher soit à son ancienne all'eclion, soit à une suite éloignée de l’intervention chirurgicale. La circulation dans le membre supérieur n'avait jamais été troublée.
Anévrisme tardif de la carotide externe consécutif à un coup de feu dans la bouche.
Bult. et Mém. de la Soc. de Ckir., 1903, 24 mai, p. 512.
Observation d une complication tardive rare d’un coup de feu. Un jeune homme de vingt et un ans dans une tentative de suicide se lira un coup de revolver dans la bouche. Le projectile pénétra et laboura le bord droit de la langue, le pilier droit du voile du palais et alla se loger au-dessous de la base du crâne. Quelques jours après, les lésions bucco-pharyngees étaient gueries. mais une douleur vivo se déclarait dans la partie profonde de la nuque et une élévation thermique indiquait une infection à ce niveau. l.a radiographie localisa le projectile, et, guidé par mon appareil, je pus aller l’extraire. Le malade quittait l’iiépital quelques jours après, complètement guéri.
Deux mois après il se faisait de nouveau admettre à l’iiépilal pour une tuméfaction énorme de la partie latérale droite du pharynx violacée, tendue, douloureuse, sans aucun battement ni soulèvement appréciable, à tel point qu’un coup de bistouri avait été donné dans le pilier sans écoulement, parait-il, de sang ni de pus. Le lendemain, tout paraissant normal, le malade fut pris dans la nuit d'un vomissement de sang et succomba sur place. La dissection de la région montra une poche anévrismale rompue dans le pharynx et siégeant sur le trajet de ta carotide externe au-dessus des branches linguales et faciales. Le projectile avait dû détruire les tuniques de l’artère du cété du
sac. Guérison. Gaz. hebd. de Mëd. de Paris, 1896, p. 1097, et Bull, el Mém. de la Soc. de Chir., 28 octobre 1890, p. 674.
J’ai présenté à la Société de Chirurgie, alors que la question était discutée, un malade égé de quarante-neuf ans, chez qui j’avais extirpé avec succès un anévrisme poplité situé très bas sur l’artère.
Pour prévenir la gangrène j’avais pratiqué préalâblement la corn-pression intermittente de la fémorale afin de favoriser le développement des anastomoses et je considère cette précaution conjme importante.
Anévrisme oirsoïde. Extirpation, Guérison (Rapport sur une observation du D' Le Toux (de Vannes). BuU. et .Vém. <le la Soc. de Chir., 1904, p. 90.
Un malade âgé de trente et un ans, n'ayant aucune tare dans son passé pathologique et qui à la suite d’une chute sur le genou se vit ohligô de s’aliter dans l’iinpossihilitc de mouvoir cette articulation. A l’examen on trouvait, outre une. hydarthrosc très marquée, une douleur localisée sur le bord du jumeau interne; la palpation y révélait une tumeur dure, lisse, mal délimitée, allongée parallèlement ou jumeau, se perdant en haut dans le creux poplité et venant se terminer apres un trajet de 5 h (i centimètres dans répaisseur du jumeau interne. I,cs troubles fonctionnels qu’elle déterminait étaient Irès marqués.
L’opération fut jugée nécessaire et sous l’aponévrose du jumeau interne je trouvai la lumouc comtiMe par deux veines bosselées, variqueuses, présentant des sortes de diverticules ; leurs parois étaient très épaisses, leur lumière presque Comblée. Elles adhéraient complètement au tissu périphérique. En bas,- la queue de la tumeur- se continuait avec une veine. En haut, elle se terminait par deux ou trois branches veineuses.
ANASTOMOSES VASCULAIRES
Là encore nos travaux ont été précédés de recherches expérimentales.