LÉS PHÉNOMÈNES ÉLECTRIQUES AU COURS DU FONCTIONNEMENT DES GLANDES
On sait qu’un grand nombre de processus physiologiques s’accompagnent d’une modification locale du potentiel électrique. Ce phénomène, très étudié en ce qui concerne les muscles et les nerfs, est bien connu depuis les travaux de Dubois-Raymond sous le nom d’oscillation ou variation négaiive.
Plusieurs expérimentateurs, en particulier Bayliss et Bradford, Bohlan, se sont demandés s’il n’existe pas des variations analogues, corrélatives du fonctionnement des glandes. Cannon et Mc Keen Cattell se sont attachés tout récemment à cette question et semblent être parvenus à des résultats forts concluants.
Ce sont ces expériences que nous avons reprises nous mêmes avec M. Schulmann, en y apportant quelques modifications de technique susceptibles de les adapter plus spécialement aux besoins de la Médecine expérimentale.
La méthode consiste essentiellement à appliquer sur la glande étudiée une électrode impolarisable, tandis
Bénard
qu’une autre électrode de même nature est placée sut' le fascia voisin, et à relier ces deux électrodes à un galvanomètre suffisamment sensible.
A l’état de repos glandulaire, le galvanomètre montré une déviation fixe indice d’un courant constant allant de l’électrode glandulaire à l’électrode voisine.
Dès que la glande travaille, la valeur du courant se modifie et son changement d’intensité se traduit par un déplacement du spot lumineux sur l’échelle galvanométrique.
Avant d’appliquer la méthode à l’étude des sécrétions complexes comme celles des glandes endocrines ; nous avons voulu ainsi que l’ont fait Cannon et Cattell, la vérifier sur une glande à sécrétion externe dont la physiologie est bien connue et dans ce but nous nous sommes adressé à la glande sous-maxillaire. Voici les résultats que nous ont donnés ces premières recherches :
1" L’excitation de la corde du tympan provoque dans la glande sous-maxillaire en même temps qu’une abondante sécrétion une diminution marquée du potentiel électrique. Cette réponse électrique commence après un temps perdu qui est souvent très court et atteint son maximum soit immédiatement, soit quelques secondes après l’excitation, pour revenir ensuite au chiffre initial assez rapidement.
t° Cette variation du potentiel n’est pas due à une diffusion du courant d’excitation, car la même excitation portée en dehors de la corde du tympan ne produit aucun déplacement du spot lumineux. Elle ne paraît
jias due non plus à des phénomènes vaso-moteurs, cai' l’injection d’atropine supprime la réponse électrique en même temps que la sécrétion glandulaire, tout en laissant intactes les réactions vaso-motrices.
3“ La grandeur de la déviation obtenue ne nous a pas paru, dans nos expériences, en rapport avec la durée de l’excitation ; elle s’est montrée, dans une certaine mesure, subordonnée à l’intensité de l’excitation.