ACTION IN-VITRO DES RAYONS ULTRA-VIOLETS SUR L’HÉMOGLOBINE OXYCARBONÉE
On sait que les rayons ultra-violets sont susceptibles de produire une série de réactions photo-chimiques et en particulier des oxydations.
Avec E.et H.Biancani, nous avons recherché s’ils avaient une influence sur une combinaison réputée stable, l’hé-, moglobine oxycarbonée.
En réalité, la fixation de l’oxyde de carbone sur l’hémoglobine représente une réaction réversible, obéissant à la loi de masse. Abandonnéeà l’air libre,l’hémoglobine oxy-carbonée se dissocie spontanément, mais cette dissociation ne s’effectue qu’avec lenteur, l’oxyde de carbone ralentissant, par son accumulation, le phénomène qui tend à se poursuivre.
Nos expériences nous ont montré que,sous l’influence des rayons ultra-violets, la dissociation se produit avec une rapidité beaucoup plus grande.
Nous avons opéré sur du sang de lapin,de mou ton,de bœuf, d’homme. Le sang, recueilli dans une solution citratée était lavé à l’eau chlorurée isotonique. On prélevait S c.c. de culot globulaire qu’on laquait dans 20 c. c. d’eau distillée. Le pro-
duit du laquage était soumis, dans une fiole d’Erlenmeyer, à une agitation prolongée en présence de gaz d'éclairage, ce gaz représentant la source d’oxyde de carbone quenous avons utilisée.
La solution d’hémoglobine oxy-carbonée ainsi obtenue était également répartie en couche mince dans deux boîtes de Pétri. Ces deux boîtes étaient : l’une, laissée à l’air libre mais à l’abri de la lumière ; l’autre, soumise au rayonnement d’un brûleur en quartz à vapeur de mercure, d'une puissance de 1.500 bougies, situé à 15 cm.
De quart d’heure en quart d’heure, on prélevait, dans l’une et l’autre boîte, 1 c. c. de la solution, que l’on soumettait à l’analyse optique.
Dans toutes nos expériences, nous avonsconstaté que, dans des délais variant de 30 minutes à 60 minutes, la solution irradiée perdait ses caractères de solution d’hémoglobine oxy-carbonée, tandis que la solution témoin les conservait. C’est ainsi que, sous l’action de là lessive de soude, le témoin gardait sa teinte rose, alors quela solution irradiée prenait une teinte brunâtre. De même,sous l’influence du sulfhydrate d’ammoniaque ou ' de l’hydrosulfite de soude, le témoin gardait les deux bandes caractéristiques de l’oxyde de carbone, alors que la solution irradiée présentait, avec une netteté de plus en plus grande,le phénomène de la bande de Stokes.
Dans quelques expériences, nous avons essayé de suivre, par voie spectrophotométrique la marche du phénomène. Nous avons utilisé, à cette fin, le spectrocolorimètr.e que nous avons fait construire avec Baudouin. et qui a permis de comparer, après action du réducteur (d’hydrosulfite de soude), l’absorption dans les régions de longueur d’onde 540-550 et 560-570,
Des résultats obtenus, nous rapporterons, entre autres, les deux tableaux ci-dessous où nous avons porté, en abscisse, les temps écoulés depuis le début de l’expérience et, en ordonnée, la quantité d’hémoglobine oxycarbonée restante, par rapport à la quantité initiale.
Comme on le voit, l’irradiation a accéléré, dans des proportions considérables, le phénomène du départ de l’oxyde de carbone qui est à peine amorcé chez le témoin .
Quelle interprétation donner de cette action des rayons ultra-violets ?
D. Berthelet a montré que,sous leur influence, l’oxyde de carbone peut fixer de l’oxygène et se transformer en acide carbonique suivant une réaction réversible :
% CO^ ^ 2 CO -f O*-,
Ces rayons agissent sans doute de la sorte dans nos expériences, détruisant, au fur et à mesure de son dégagement, l’oxyde de carbone, dont la présence dans la solution et dans les couches d’air immédiatement en contact avec elle ralentit le phénomène de dissociation spontanée.
ACTION EMPÊCHANfE DES RADIATIONS ULTRA-VIOLETTES SUR LA VACCINE EXPÉRIMENTALE DU LAPIN
Les bons effets obtenus par les rayons ultra-violets dans toute une série d’états pathologiques sont venus soulever, au cours de ces dernières années, un important problème biologique : celui du mécanisme d’action de ces rayons et de la part qui revient dans cette action au tégument directement irradié. Dans le but de préciser plus particulièrement ce dernier point, nous nous sommes adressé comme test d’exploration à une infection qui met en jeu des réactions cutanées ; la vaccine et nous avons recherché avec le P*' P. Carnot et L. Camus, l’influence des radiations ultra-violettes sur l’éruption vaccinale, chez le lapin.