QUANTITÉ QUANTITÉ
de bile de bilirubine
HEURES
excrétée
COLORATION
denU-heure
3 h. 20 à 3 h. oO
Injection intraveineuse
d’hémoglobine
Chien : 19 kilogr.
HEURES
QUANTITÉ
excrétée
COLORATION
QUANTITÉ
de bilirubine demf-heure
Injection intraveineuse
d’hémoglobine
Comme on le voit, la quantité de pigments biliaires, qui était restée à peu près stationnaire pendant trois ou quatre demi-heures avant l’injection, augmente brusquement une demi-heure après celle-ci. Elle atteint son maximum vers la deuxième heure pour se maintenir à un chiffre élevé durant trois ou quatre heures et descendre ensuite progressivement. Le chiffre maximum de la biligénie peut atteindre ainsi 4 ou 5 fois celui qui précédait l’injection d’hémoglobine.
Alors que cette hyperbiligénie atteignait son maximum, nous avons recherché si le sérum de nos animaux ne renfermait pas de bilirubine. Or le procédé, pourtant très sensible, de Grimbert ne nous a pas permis d’en déceler la présence.
Nous en avons conclu que, dans les conditions expérimentales où nous nous étions placés, ce n’était pas dans le sang qu’avaient pris naissance les pigments biliaires. Contraivemeatk l’opinion de Tarchanoff, c’est au niveau de l’appareil spléno-hépatique que s’effectue la transformation de l’hémoglobine.
Afin de préciser la part respective qui revenait dans cette transformation à la rate et au foie, nous avons institué une nouvelle série d’expériences.
Sur 6 chiens normaux et sur 6 chiens splénectomisés nous avons cherché, comme précédemment, l’élimination biliaire que provoque l’injection d’une même quantité d’hémoglobine, rapportée au poids de l’animal.
— 3é - TABLEAU II
La sécrétion biliaire consécutive aux injections d’hémoglobine (après splénectomie)
QUANTITÉ
de bilirubine dembheure
Injection intraveineuse d’hémoglobine
Chien ; 17 kilogr. 300
QUANTITÉ
de bile excrétée
QUANTITÉ de bilirubine par
HEURES
en CC.
COLORATION
demi-heure
injection intraveineuse
d’hémoglobine
9 — 20 à Minuit 40
Chien : 13 kilog. 800
HEUBES
Midi 1/2 à 1 h.
QUANTITÉ
de bile excrétée
en CC. COLORATION
bénard
La comparaison des chiffres obtenus nous a montré que la sécrétion biliaire suivait un rythme identique et atteignait les mêmes valeurs chez le chien normal et chez le chien splénectomisé. Dans l’un et l’autre cas elle parvenait à son maximum vers la deuxième heure et présentait alors, pour la'masse d’hémoglobine fournie, un chiffre environ 4 fois plus fort que celui qui précédait l’injection.
Le foie peut donc transformer directement, sans l’intermédiaire de la rate, l’hémoglobine qu’on lui apporte expérimentalement. Placée sur l’une des branches d’origine de la veine porte, la rate représente un des foyers principaux de mise en liberté de l’hémoglobine c’est elle qui fournit au foie une grande partie de ses matériaux biligéniques, mais elle ne semble pas exercer, par elle-même, d’action marquée dans leur transformation.
L’intervention du foie dans la genèse de la bilirubine parait donc primordiale. Le foie n’est pas un simple filtre chargé d’éliminer des pigments biliaires formés en dehors de lui. C’est à son niveau même, au contraire, et comme marque de son activité propre, que s’effectue la transformation de l’hémoglobine. Les phénomènes de « biligénie locale », dans leur évolution lente et tardive, ne représentent qu’une fonction contingente et accessoire, lorsqu’on la compare à l’hyperbiligénie massive et presque immédiate que provoque, au niveau du t'oie, une injection d’hémoglobine.
La rapidité même de cette surproduction pigmentaire implique l’intervention d’un processus autre que celui extrêmement lent des biligénies extra-hépatiques
et par là même oa est conduit à restituer au foie unè grande partie de cette fonction productrice du pigment biliaire, dont les travaux modernes cherchent à le déposséder.
Le$sels biliaires en pathologie hépatique