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II. typhus récurrent

Syndrome méningé dans la fièvre récurrente nord-africaine. — Société médicale des hôpitaux de Paris, 19 juin 1914, p. 1126 (avec le Professeur Ardin- Delteil, Coudray et Derrieu).

Note sur les réactions cytologiques observées dans le liquide céphalo-rachidien de malades atteints de fièvre récurrente nord-africaine. —

Société médicale des hôpitaux de Paris, 19 juin 1914, p. 1149 (avec le Professeur Ardin-Delteil, Coudray et Derrieu).

Au cours d’une épidémie ayant sévi à Alger pendant l’hiver 1913-1914 nous avons noté avec une fréquence insolite des signes d’irritation méningée assez intenses pour imprimer à l’allure clinique de la maladie un cachet spécial : nous en rapportons 16 observations recueillies sur 41 malades, soit dans une proportion de 39 p. 100 des cas.

Ce syndrome méningé se caractérise cliniquement par de la céphalée, de la rachialgie, de la raideur de la nuque, du signe de Kernig, et de façon moins constante, par des vomissements et de la constipation ; de plus nous avons noté quelquefois des troubles psychiques, plus ou moins accentués. Il apparaît avec le premier accès ; il se reproduit ordinairement lors des accès suivants, mais cependant avec moins de fréquence. Il semble qu d soit en rapport avec l’intensité de l’attaque et s il manque plus souvent dans les accès consécutifs, c’est qu’en règle générale ces accès diminuent de durée et d’intensité à chaque nouvelle rechute. Dans leur intervalle, il s’atténue sans disparaître complètement. Chez les malades traités par le 606 ou ses dérivés, l’amélioration est beaucoup plus rapide : il disparaît définitivement en un ou deux jours. Il semble donc bien que l’apparition et l’évolution de ce syndrome méningé soient en rapport avec l’activité pathogène du spirille ; intensité maxima pendant les accès, au moment de la septicémie spirillaire; atténuation marquée pendant la période apyrétique séparant les accès, alors que les spirilles disparaissent momentanément de la circulation sanguine et que leur activité nocive semble éteinte pour un moment ; disparition beaucoup plus rapide et définitive quand la médication spécifique mise en œuvre détermine la sidération du parasite et la stérilisation de l’organisme.

La ponction lombaire montre unliquide clair, limpide, s’écoulant le plus souvent en jet et toujours hyperalbumineux. On admettait généralement que le liquide céphalo-rachidien des malades atteints de typhus récurrent ne présentait pas de réaction cytologique appré-

ciable. Noüs l’avons au contraire observée de façon constante et quelquefois très marquée, se caractérisant par une formule presque exclusivement lymphocytaire (22,5, 42,9 lymphocytes par millimètre cube à la cellule de Nageotte).

Dans aucun cas nous n’avons pu déceler la présence de spirilles, pas plus que celle d’autres agents microbiens.

Nous arrivions donc à cette première conclusion que les manifestations méningées sont fréquentes au cours du typhus récurrent et qu’elles s’accompagnent de modifications marquées du liquide céphalo-rachidien.

Poursuivant cette étude, nous avons alors, chez tous nos typhiques, présentant ou non des signes d’irritation méningée, fait un examen systématique du liquide céphalo-rachidien.

Sur onze malades n’ayant aucun signe clinique d’irritation méningée nous avons noté une réaction cytologique constante et souvent très intense (jusqu’à 92 et 93 éléments par millimètre cube à la cellule de Nageotte). Cette réaction cellulaire n’est donc pas proportionnelle aux signes cliniques observés, puisque dans ces cas il n’existait pas de syndrome méningé. On peut la rapprocher des réactions latentes observées au cours d’autres maladies infectieuses telles que le zona, les oreillons, la syphilis secondaire.

Cette réaction cellulaire existe aussi marquée dans l’intervalle des accès et disparaît de façon progressive une huitaine de jours en moyenne après le dernier accès.

En résumé, nous pouvons dire qu’au cours du typhus récurrent, il existe de façon constante une réaction cyto-

logique à prédominance lymphocytaire du liquide céphalo-rachidien. Ces modifications anatomiques peuvent être isolées et rester latentes ; elles peuvent aussi être associées à des manifestations cliniques qui se traduisent par un syndrome méningé caractéristique.

ni. dysenterie

Un cas de dysenterie à Balantidium coli. — Société médicale des hôpitaux de Paris, 3 juillet 1914 (avec le Professeur Ardin-Delteil, Derrieu et Coudray).

Dysenterie chronique à flagellé nouveau. - Société

de Pathologie exotique, 8 juillet 1914, p. 571 (avec Derrieu).

Les observations de dysenterie à Balantidium coli ne sont pas nombreuses dans la littérature médicale. Dopter, dans son Traité des Dysenteries, en 1909, en avait réuni 120 cas et remarquait qu’aucun d’eux n’avait ete ' encore signalé en France. C’est ce qui fait l’intérêt de notre observation qui constitue la première observation française de dysenterie à Balantidium coli-

Chez un autre malade atteint de dysenterie chronique,

nous avons pu isoler un flagellé nouveau.

Ce parasite se présente dans leè selles, à l’état frms, sous forme d’éléments mobiles, ovalaires, de lataille d’un leucocyte. Le corps s.e différencie en une masse centrale et une masse périphérique plus claire. Chez certains ele-

ments le pôle postérieur s’effile en un prolongement en forme de queue qui parfois adhère à des particules contenues dans les selles. Le parasite se balance sur ce pédicule comme une feuille sur sa tige.

Après coloration au Giemsa, il apparaît comme un corps ovalaire de. 10 à 15 p. de long sur 9 à 13 p de large. Il possède un noyau, et un blépharoplaste. De ce blépharoplake partent une membrane ondulante se terminant par un flagellp et cinq flagelles dont la longueur varie de 10 à 17 p. "On distingue enfin dans le corps du parasite un axostyle curviligne très net.

Nous nous trouvons donc en présence d’un parasite nouveau, voisin du Trichomonas intestinaîis, mais s’en distinguant par la présence de 5 flagelles constants au lieu de trois et, en l’honneur d^e notre Maître, nous l’avons fait connaître sous le nom à'Hexamastix Ardin-Delteili.

Cliniquement, il avait donné lieu à un syndrome dysentériforme prolongé, tenace et n’ayant cédé de façon définitive qu’à un traitement térébentbiné (par la bouche' et en lavements).

Commentant notre-communication, M. Mesnil faisait remarquer que le nom à'Hexamastix que nous avions appliqué à ce flagellé était déjà préoccupé, ayant été créé en 1912 par Alexeieff pour l’espèce Polymastix batrachorum. Il proposeMonc pour notre parasite le nom de Pentatrichomonas par analogie avec le Tetratrickomonas créé en 1910 par Paris! pour le Trichomonas Prowazeki Alexeieff qui a quatre flagelles au lieu de trois.

En résumé, le Pentatrichomonas Ardin-Delteili appartient au genre Trichomonas dont il constitue un sous-genré.

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