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La place des Endocardites dans les Etats Infectieux

La localisation snr l'endocarde d’un processus inflammatoire au cours d’un état infectieux, introduit un facteur très particulier dont l’importance est considérable et dont j’ai tenté de préciser la signification.

J’ai insisté sur l’inexactitude des conceptions trop généralement acceptées, où l’endocardite est considérée comme la cause d’un état septicémique.

11 faut que la bactérihémie existe déjà pour que puisse naîire l’endocardite, mais celle-ci accentuera celle-là, et, de discrète qu’elle était, pourra la rendre massive.

L'endocardite est un relais 'pour l'infection et crée un foyer qui ■ entretiendra la surinfection en disséminant les germes dans un organisme déjà infecté. Cette dissémination des virus est toute différente de la pullulation des germes dans les vraies septicémies.

Ces notions sont d’une importance capitale, tant au point de vue doctrinal qu’au point de vue des conséquences pratiques.

Il faut en effet, dans un cas donné, envisager la lésion sous son double aspect de conséquence et de cause d'un état morbide.

En quoi, d’abord, la localisation endocarditique va-t-elle modifier la marche de l’état infectieux? Va-t-elle aggraver immédiatement le pronostic en diffusant le virus (comme c est le cas dans les maladies à pyogènes) ou va-t-elle seulement entretenir e.t faire durer l’infection sur un mode subaigu (endocardites rhumatismales, endocardites lentes) ?

Comment ensuite la marche de la maladie, les phénomènes accidentels (tels les embolies cérébrales) vont-ils retentir sur le processus endocarditique? Lui laisseront-ils le temps de se cicatriser?

Telles sont les questions auxquelles j’ai montré qu’il faut répondre si l’on veut comprendre et interpréter convenablement un cas d’endocardite.

29. Encéphalite Epidémique. — Cette maladie a retenu mon attention en raison de ses caractères épidémiologiques, de la

diversité des syndromes dont elle provoque l’apparition et de ta manière dont elle les détermine.

J’ai le premier signalé l’apparition tardive, après de longues périodies de rémission complète, et après une maladie des plus bénignes (op. 10), de syndromes parkinsoniens typiques et graves.

J’ai montré ensuite que les symptômes parkinsoniens survivent aux lésions inflammatoires. La maladie infectieuse est éteinte que le syndrome se constitue encore. Il est vrai cependant que l’évolution de la maladie n’est pas progressive au sens où on entend ce mot quand il s’agit d’affections chroniques à évolution indéfinie.

J’ai souligné l’importance de , ces constatations qui nous montrent que des troubles que nous prenons pour une maladie peuvent, en particulier dans la sérié neurologique, n’ètre que des séquelles.

J’ai enfin indiqué que le nombre des accidents nerveux actuellement rapportés à l’encéphalite diminue d’autant celui des accidents qu’on attribuait hypothétiquement à la syphilis. Nous sommes même en droit de supposer,qu’on élargira de plus eu plus les cadres de l’encéphalite elle-même ou tout au moins des maladies infectieuses du même type qu’elle et que nous ne savons pas encore distinguer.

30. Tuberculose Expérimentale du Gerveau. — En portant directement le virus tuberculeux dans le système nerveux, après trépanation ou par injection dans la carotide, j’ai reconnu que les phénomènes d'intoxication immédiate, provoqués par la destruction rapide des bacilles, dépassent de beaucoup en importance le développement de lésions inflammatoires, qui, dans le tissu nerveux, restent toujours discrètes et évoluent lentement.

De cette étude expérimentale (op. S), j’avais dégagé deux notions importantes :

L’une touchant le rôle du tissu nerveux et de ses lipoïdes sur les virus, qui était alors mis en évidence pour la première fois.

L’autre sur la toxicité directe des bacilles tuberculeux apparaissant au contact des lipoïdes.

Ces deux notions, amplement vérifiées par la suite, expliquent en partie les conditions si particulières de l’évolution de la tuberculose dans l’encéphale.

31. Etude expérimentale de la Dourine. — La Dourine est une trypanosomiase qui, par certains de ses caractères cliniques, n’est pas sans analogie avec la syphilis. J’ai en 1909, en collaboration avec le professeur H. Claude (op. 7), étudié les lésions qu’elle détermine chez les animaux de laboratoire, particulièrement dans les centres nerveux, pour les comparer à celles de la

Nous avions pu conclure que la Dourine est une maladie du type septicémique, provoquant de grosses dégénérescences cellulaires et ne déterminant, dans ses formes subaiguës, aucune lésion du tissu conjonctif et qu’elle est en cela analogue aux grandes septicémies bactériennes telles que le charbon.

Celte étude m’a considérablement aidé à concevoir dans leur généralité les grands processus des maladies infectieuses, dont les modalités dépendent de l’organisme parasité bien plus que de la nature du virus.

32. Cholécystites. — Dans une étude d’ensemble des cholécystites, j’ai montré que tous les types anatomiques se relient les uns aux autres par des transitions insensibles, et que les lésions inflammatoires qui les caractérisent peuvent être considérées comme les modalités d’un même processus, ayant à sa base l'infection bactérienne (op. 74).

33. Ulcères de l’Estomac. — J’ai résumé, dans une étude faite en collaboratron avec M. Hartmann, les caractères anatomiques des ulcères chroniques de l’estomac tels qu’ils nous sont apparus sur les pièces de gastrectomie et établi que la lésion réelle et primitive de l’ulcère de l’estomac est une inflammation chronique à la fois sclérosante et ulcéreuse débutant non pas en surface, mais dans la profondeur de la muqueuse et dont une des conséquences immédiates est la destruction de la musealeuse..

Grâce, à la précision donnée aux caractères anatomiques propres de l’ulcère, il nous a été possible de distinguer nettement les ulcères cancérisés des cancers ulcérés et d’établir que le développement d’une néoplasie maligne sur un ulcère est à vrai dire assez exceptionnel.

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