VIII. - SERVICE DE SANTÉ EN CAMPAGNE
ET DE TRANSPORT DES lUACTlJRÉS PAR LES ARMES DE GUERRE; 2“ AUX
MOS ENS DE TRANSPORT (voitures et litières).
1° Appareils à fractures. — En 1887, comme membre de la section technique du service de santé de l’armée, je lus chargé d’étudier les appareils de contention et de transport des fracturés par les armes de guerre et de rechercher le meilleur système utilisable.
C ctait là une question de premier ordre à résoudre pour un chirurgien de l’armée, une question fort complexe malgré son apparente simplicité. Si, en effet, pour la contention des fractures communes, le chirurgien est libre du choix de ses appareils et de ses méthodes de traitement, pour l’immobilisation des fractures par coup de feu, la pratique du cliirurgieri d’armée varie suivant quTl a à soigner ses blessés dans telle ou telle station sanitaire, suivant les ressources d'un matériel imposé et pour la préparation duquel on a dû se laisser guider autant par les nécessités de 1 arrimage et du transport que par les principes de contention de nos fractures compliquées.
Je me buis arrêté à un groupe d’appareils connus depuis sous mon
nom, appareils qui sont décrits dans nos Classiques et que j’ai figurés dans mon Traité de chirurgie de guerre.
Après avoir cherché et établi les principes qui doivent présider à leur choix et à leur confection, j’ai, après de nombreuses tentatives faites à l’hôpital militaire Saint-Martin, fait choix de modèles applicables aux diverses variétés de nos traumatismes les plus simples comme les plus
complexes.
Les conditions que doivent réaliser ces appareils sont :
1" Etre d’une construction élémentaire et peu coûteuse;
sonnel médical peu exercé
4° Assurer de suite une contention très exacte et présenter une solidité suffisante pour résister aux heurts, aux pressions inséparables de tout transport ;
5” Ne réclamer qu’un minimum de matériel de remplissage ;
6" Etre amovo-inamovibles, c’est-à-dire permettre, en cas de besoin, l’expansion et l’examen du membre blessé et, tout en contenant la fracture, rendre lacile le pansement des plaies.
Délaissant, pour des raisons qu’il serait déplacé de reproduire ici, les attelles de bois, les attelles métalliques, les fanons de paille des chirurgiens de l’Empire, les gouttières métalliques que Mayor avait conçues pour la pratique de la chirurgie d’armée, lès appareils modelés dus au Chirurgien militaire belge Merchie, l’appareil ouaté d’A. Guérin recommandé par le Médecin Inspecteur Chauvel, les appareils plâtrés de confection plus ou moins longue, et surtout de solidification lente, préconisés par les chirurgiens militaires allemands, les appareils si ingénieux du Chirurgien hollandais de Moïj, aisément infectables, les appareils en toile métallique du chirurgien militaire Sarrazin, je me suis arrêté aux appareils métalliques, après les Paré, Belloste, J.-L. Petit, Champenois, Kooult-Desl.ongchamp. Les pièces de l’armure des anciens guerriers n ont-elles pas servi, presque d’instinct, au chirurgien, à contenir leurs fractures ? Mais la tôle et l’acier étant d’une adaptation difficile, c’est au zmc qu’il fallait recourir, comme l’avaient recommandé Champenois et
Raoult-Deslongchamp.
Restait à trouver les meilleurs modèles, ceux qui sont applicables aux
le niveau do ce montant, ce qui augmente d’un tiers le chargement de la
Pour un ou deux blessés qui auraient besoin de ménagements particuliers, on obtient une suspension excellente en faisant, avec les mêmes arbres et des cordes, des arcs qui sont, au nombre de quatre, assujettis contre les ridelles et sur les cordes desquels les brancards reposent. Ces arcs' sont disposés de façon que leur extrémité dépasse le niveau des ridelles en hauteur et en dehors, pour donner à la corde toute son élasticité.
3” Modilicalions aux litières du service de santé. — En 1887, les litières du service de santé, c’est-fi-dire ces appareils de transport qu’on fixait au nombre de deux, l’un d’un côté, l’autre de l’autre côté du bât d’un mulet, ces litières étaient trop pesantes ; elles représentaient un appareil complet et imposaient un double déchargement du blessé. J’ai proposé le remplacement de ces litières par des tiges de ter horizontales terminées en U pour le logement des hampes du brancard.
Des vis à boulon assujettissent ces dernières. L’un de ces appareils disposé en travers, non plus sur les côtés du bât, mais sur le haut et fixé aux pièces de bois de ce bât par des boulons, représente un mode de suspension axile, pouvant servir pour le transport en pays de montagne, où la place réservée dans les étroits sentiers ne permettrait pas le passage du mulet avec une charge latérale.
Ces appareils de transport de blessés peuvent, non seulement, s'adapter à des mulets, mais également à des chameaux pour les campagnes africaines.
Ils représentent un perfectionnement ingénieux, très simple cl bien moins encombrant que la litière.
Rôle du chirurgien dans les ambulances et les hôpitaux de campagne.
(In Bulletin médical, 1901.)
Dans ce travail, je fais un tableau précis et complet du rôle du chirurgien d'armée dans les formations de l’avant ; je montre combien variée et lourde est leur tâche et combien il est nécessaire d'attacher aux hôpitaux de campagne des chefs habitués de longue date à la pratique chirurgicale, car l’hôpital de campagne est la seule formation sanitaire