‹ Titres et travaux scientifiques du Pr Edmond DelormeChapitre 3 sur 27 · CONTRIBUTION A LA CHIRURGIE DE GUERRE · texte numérisé non relu

CONTRIBUTION A LA CHIRURGIE DE GUERRE

1» Méthode d’expérimentation en chirurgie de guerre.

Tirer à très courte distance lu balle de la cartouche d'une urure de guerre, c'est s'exposer à obtenir un c/Jet explosif épouvantable, qu’on n’observe qii'exceplionnelleinent à la guer're. C’était à un motîe d’expérimentation aussi défectueux qu’on recourait, que je recourais rnoi-inêmc, avant que je n’utilise mon procédé des chargés réduites qui, à douze métrés, permet d’obtenir, ù volonté et en séries, les eUels observés aux distances habitueUes de tir de combat, lesquelles distances détiennent, on le sait, de plus en plus éloignées, .l’ai décrit cette méthode dans mon Traité de chirurgie de guerre (chap. W, t. I). Elle est adojrtée dans tous les pays.

Sa détermination ne fut pas aussi simple qu’elle pouvait iraraître au premier abord. Il a fallu faire la part d’une diminution de la vitesse de "otation des balles gênante pour le tir et qui pouvait vicier les i-ésultals ; l ’assurer-, surtout, en faisant appel aux descriptions des observations, aux dessins, aux pièces anatomiques, de la similitude des effets obtenus sur le cadavre et sur le vivant.

Cette méthode permet de comparer entre eux les effets des petits projectiles d'une même nation ou de nations étrangères.

Elle donne la mesure exacte de ce qu'une armée, un pays peuvent attendre d'un projectile nouveau.

Avec elle, nous avons comparé, M. le Professeur Chavasse et moi, les effets des balles des fusils Gras et Lebel et, à l’Ecole de tir du camp

8» Etude anatomo-pathologique complète des traumatismes

Je dois a cette méthode experimentale une etude anatomo-pathologique complète des traumatismes par les armes de guerre. Cette étude constitue la partie la plus originale de mon Traité de chirurgie de guerre, « OEuvrc considérable », disait le Professeur Kelsch à l’Académie de médecine, « Œuvre la plus complète qui ait paru, jusqu'à ce jour, sur la chirurgie militaire, soit en France, soit à l'étranger », disait le Baron Laj’rey à l’Inslilut,

inencer deux fois, obligé de multiplier les expériences, de les renouveler avec les nouvelles armes adaptées. Son auteur, disait un commentateur allemand, impartial et autorisé, « a travaillé avec un zèle digne d'étonnement pour établir, sur une base expérimentale, les données de son ouvrage. Nous y trouvons le résultat d’un travail acharné pour le plus grand pi-ofit de la chirurgie de guerre. Je ne connais aucun livre moderne sur les plaies d’armes à leu qui soit, à ce degré, basé sur les résultats d’expérimentation avec les armes modernes ». Mon étude suites traumatismes des os, seule, a nécessité le tir do 4.000 coups de leu et l’examen d'autant de pièces. Elle n’eût pu être entreprise ailleurs qu’au ■Val-de-Grâce et je ne dis pas les difficultés de toutes sortes que j’ai dû surmonter pour la mener à bien.

3» Des types de fractures des diaphyses et des èpiphyses par les projectiles.

Des traumatismes par les armes de guerre, les plus intéressants à bien connaître pour le chirurgien d’armée sont les fractures. Ce sont elles qui exigent pour leur immobilisation le plus de temps et le plus de soin, elles qui, pour l’ablation des esquilles immédiates ou retardées, réclament les interventions les plus fréquentes et les mieux arrêtées, ce sont elles qui, après guérison des blessés, imposent à l’Etat les plus louiides charges.

Fractures simples, exceptionnelles, fractures esquilleuses, communes,

serait d’une pratique détestable, inexcusable. Et l’appareil de choix’i C’est un appareil exerçant une pression latérale large, appuyant sur les deux faces perpendiculaires au trajet pour bien accoler ces esquilles aux fragments supérieur et inférieur. Sur le cadavre, on se rend bien compte de l'utilité de cet appareil.

2° Les FRACTURES PAR PERFORATio.M Sont dc même type que les fractures par contact. Et pourquoi ? Parce qu’avant de perforer l’os, la balle l’a touché, a tait contact et qu’elle a dû produire une Iraclure par contact. Et la chose est si vraie que, quand une balte ne perfore qu’une paroi d’une diaphyse et qu’elle reste fixée dans l’orifice qu’elle s’y est creusé, le type de la fracture est cependant complètement déterminé et, ce type, c’est celui de la fracture par contact.

Ce qui distingue cette fracture de la précédente, c’est le tait qu’un orifice osseux, régulier, à l’emporle-pièce, des dimensions approximatives de la balle, s’est formé sur la première face osseuse frappée; c’est le seul si la fracture par perforation est incomplète. Dans ce cas, la balle est dans l’ori-

ches. Le« vêtements se comportent comme la peau et fournissent les mêmes indices. Tout le canal d’entrée, de la peau à l’orifice d’entrée osseux, est semé d’elfilochures vestimentaires, bien reconnaissables sur le cadavre, où elles ne sont ni agglutinées ni masquées par le ^ang ; mais le gâteau vesltmentaire. cet agglomérat de tous les tissus traversés, des dimensions diamétrales de la balle, ce' fragment infecté qui peut prolonger une suppuration jusqu'à son ablation et qu il faudra peut-être rechercher, où est-il ? La balle Va quitté près de l’orilice .d’entrée osseux. Elle a passé au laminoir ; le vêtement s’est arrêté.

Aux courtes distances, la balle produit un eflet explosil Le loyer osseux est nettoyé, les esquilles projetées hors du membre. C’est que là, balle, fragments d enveloppe. esquilles primitivement libérées ont lait l’effet d’autant de projectiles.

L’os a perdu alors de sa longueur. Chercher à la rétablir, suivant la règle, serait s’exposer à la pseudarthrose ; rapprocher, encastrer au be-

3”. Mêmes types pour les gouttiùkes, qui résultent d'un frôlement osseux ; mais la d.élimitation des esquilles latérales adhérentes est plus souvent bornée à l’une d’elles.

Moins nombreuses, plus petites sont les esquilles.

Les esquilles libres correspondent toujours à l’orijice de sortie.

En somme, l'aspect effrayant de nos fractures, ces crépitations qui se répartissent parfois sur 20, 25 centimètres de long, donnant des signes tout différents de ceux que fournissent les fractures communes, ne sauraient émouvoir le chirurgien d’armée et inciter, comme il l’a tant fait, à des amputations multipliées, devenant presque la règle de traitement (guerre d'Amérique). La nature est là pour réparer le dommage ; malgré ces redoutables apparences, la plupart des esquilles sont adhérentes et servent à la réparation.

Pour les articulations, mêmes excès de traitement suractif. Nul ne les a autant conseillés qu’Ollier. Or, l’expérimentation ip’a démontré ce fait, gros de conséquences, à savoir :

Que le type de fracture d'une extrémilé articulaire est différent, suivant que la balle frappe au-dessous, au niveau, ou au-dessus du cartilage d’accroissement.

Etendue, diaphysaire, dans les deux derniers cas, la fracture est limitée dans le premier. La conservation doit être la règle dans les derniers, à ne considérer que l'étendue abusive des dégâts que laisserait l'intervention. Elle est de règle dans le premier, à cause de leur limitation.

C’est de la vitesse que dépend Vétat comminulil.

'Voilà, exprimées en quelques pages, les idées principales et très neuves de mon gros travail de tant d’années. Ne. montrent-elles pas, semblables

études, LA NÉCESSITÉ DE LA SPÉCIALISATION DE LA CHInUIIGIE DE GUERRE î

C’est d’un intérêt national. Elles font également sentir la nécessité de la poursuite incessante et renouvelée des recherches et des expériences à chaque changement d'armement.

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