CONTRIBUTION A LA CHIRURGIE GÉNÉRALE
celle des corps étrangers.
Ces procédés sont devenus classiques. Ils sont constamment répétés au Val-de-Grâce par les jeunes médecins de l’armée. Qu’ils soient médecins ou chirurgiens, les médecins-majors venus au Val-de-Grâce pour y subir l’examen d’aptitude aux grades supérieurs doivent les posséder.
L’.4cadémie leur a accordé le prix Barbier, et mon travail figure dans la collection de ses Mémoires imprimés.
Après ces recherches la question est épuisée. Tant qu’il y aura des hémorragies fournies par les artères de la paume de la main et celles de
raires, en larme de volet (volet de Delorme), comprenant toute l'épais^ seur de la paroi thoracique, que sont dus ces succès.
» Je suis bien convaincu que celle méthode, en tant que manœuvre préalable d’opérations plus profondes, n’a pas donné encore tous les rér sultals qu’on peut attendre d’elle et que le moment n’est pas éloigné où, grâce à elle, des interventions imprévues seront pratiquées s<ir le cœur, l'œsophage ou les gros vaisseaux. » (In Voies d’accès dans le thorax au point de vue opératoire et en particulier pour la chirurgie du cœur, de l’aorte, du loie, XIX" Congrès français de chirurgie 1906, p. 378.)
3” La décortication pulmonaire. — Opération de Delorme.
Chez un malade atteint d une pleuresio supputée, dont aucun traitement n'a pu assurer la guérison, ouvrir un large volet dans la paroi thoracique, rechercher un poumon réduit au volume du poing, appliqué contre la colonne vertébrale ; inciser à sa surface, avec les plus extrêmes précautions, la membrane épaisse d’un demi-centimètre, inextensible, qui l’encapsule, permettre à ce poumon, après dégagement de sa coque, de reprendre sa place contre la paroi ; voilà on quoi consiste cette opération de décortication qu'on appelle, en tous pays, opération de Delorme.
Elle n’est pas le résultat d’un hasard, elle n’est point due à un éclair de conception ; elle est le terme ultime de réflexions et de recherches faites en vue de mettre fin à ces situations abandonnées et pitoyables que la médecine comme la chirurgie se montraient impuissantes à guérir. 'Voici comment j’ai été amené à imaginer celte operation extraordinaire et troublante, à en taire l’essai sur le cadavre avant de l’entreprendre sur le vivant.
Pour ces vastes cavités de pleurésies purulentes, qui s’étendent du haut en bas de la plèvre et sont profondes de 8 à 15 centimètres et plus, avant que je ne leur oppose la décortication pulmonaire, on faisait deux grandes opérations qui, toutes deux, poursuivaient le même but : assurer l’oblitération de la cavité en refoulant la paroi thoracique contre un poumon qu’on regardait comme à tout jamais perdu. On le voit, ce but est inverse de celui que j’ai recherché. Comment refoule-t-on celte paroi ? Après avoir enlevé l’étendue la plus large et la plus haute de
métalliques sont intolérés quand ils prennent appui dans les cavités nasales, comme je l’ai montré, et ils ne peuvent le prendre ailleurs. J’ai eu l’idée, réalisée avec un beau succès, de ménager à la coque de soutien perforée, une cavité complètement tapissée de peau épidermisée.
9» Procédé de restauration uréthrale par un lambeau cutané replié.
Ce procédé, décrit à la Société de chirurgie et employé sur un malade, a été très favorablement apprécié par Heurteloup.
10» Traitement des prolapsus totaux et étendus du rectum, par l’excision de la muqueuse rectale.
Ces infirmités, si pénibles au double point de vue moral et physique, comptent pour leur traitement bien des méthodes, depuis l’ablation qui est dangereuse, la fixation qui est incertaine, jusqu’à l’accolement du côlon à la paroi abdominale qui est compliquée.
J'ai montré qu’une e.xcision étendue de la muqueuse suffit et que la conservation de la musculeuse du gros intestin, dont les fibres sont très anormalement développées, contribuait puissamment à assurer le succès opératoire, parce qu’elles représentaient, après fixation de la section muqueuse à la peau, un énorme sphincter nouveau, renforçant le sphincter normal insuffisant.
Telle est mon opération, son principe, son but. Des succès, des communications à l'Académie de médecine et à la Société de chirurgie l’ont lait connaître et accepter.
Parmi mes autres travaux, je signalerai à l’attention les suivants qui présentent un caractère original, personnel, ou encore des idées nouvelles ou renouvelées, ou enfin un apport important à l’étude d'une question.
j’ai donné un procédé de ligature de la verlf.brale entre l'allas et l'axis. Je l’ai imaginé pour un blessé chez lequel j’avais à réséquer un cal volumineux des parties latérales des vertèbres cervicales. Dans
fiésiiélude qu il était, en raison du résultat déplorable qu’il avait donné chez le malade sur lequel Roux, vers le milieu du dernier siècle, l’avait employé. Il consiste à introduire le fragment inferieur, réduit dans ses dimensions, modifié dans sa forme, dans le canal médullaire du fragment supérieur. Aucune suture n’est nécessaire. J’ai décrit ce procédé à l’Académie de médecine. Le résultat que j’en ai obtenu est remarquable. J’ai montré, et la chose est importante, que les fractures des os longs par les balles offraient des conditions tout à fait favorables à son emploi.
L’Académie de médecine a récompensé du prix üesportes mon mémoire sur le Tvailemenl des nevriles traumatiques par la compression manuelle lorcée. Chez des malades qui, par les souffrances atroces qu’ils endurent, sont si dignes de pitié, chez des gens parfois pris d’un tétanos sensoriel, à la suite de la simple blessure d'un doigt par exemple, ce moyen peut, surtout à la suite de blessures des membres, être mis en parallèle avec des traitements moins simples (sections des nerfs), ou radi-
Le Professeur Raymond, dans ses Cliniques, à la Salpêtrière, taisait grand cas de ce procédé.
Pour un malheureux privé de ses deux mains, j’ai imaginé un appareil qui, sur mes indications et mes dessins, a été exécuté par le constructeur Haran. Il représente un progrès apporté à la prothèse du membre supérieur. Cet homme, qui avait besoin d’une assistance constante,
facteur rural et fait son service à bicyclette.
Le système complet d’appareils à Iraclures que j’ai imaginé pour les fraclures par coup de feu des diaphyses et des articulations, est conforme aux principes nouveaux qui relèvent à la fois des exigences du service de santé en campagne et de celles de la thérapeutique de ces lésions. Ces appareils, qui sont utilisables également pour Ih pratique
carrière chirurgicale et iu’ont donné constante satisfaction. Ils devraient être des appareils de choix pour les médecins de campagne. J’ai également à signaler les appareils de transport que j’ai imaginés pour les
blessé qui s’élait porté plusieurs coups de couteau pénétrants dans la poitrine, m’ayant montré combien ii était rationnel d’appliquer aux blessures du poumon, compliquées d'hémorragies graves ou très graves, les modes d'hémostase directs des autres vaisseaux du corps, je me montrai partisan convaincu de i'intervention dans ces cas, les seuls qui l’autorisent et en peuvent bénéficier.
J’ai recommandé cette pratique à i’Académie de médecine, à la Société de chirurgie ; j’ai répondu, à maintes reprises, aux critiques dont elle était i’objet. Ses partisans se sont accrus; les thoracotomies pour hémorragies pulmonaires et cardo-putmonaires ne se comptent plus en France et à l’étranger. Elles sont devenues de pratique usueile dans les grands hôpitaux.
J’ai été le premier, en France, à employer l’opération de 'Witehead pour le traitement des hémorroïdes volumineuses. Elle consiste dans l’excision de la muqueuse l’ectale jusqu’au-dessus du sphincter interne. Je l’ai fait connaître par mes communications et mes succès ; je i’ai défendue contre des reproches imputables non à l’opération, mais à des opérateurs. J ai employé et décrit un mode particulier de sutures pour augmenter les garanties de fixation de ia muqueuse à la peau.
En hygiène et en épidémiologie militaires, mes travaux, provoqués par
qu’ils ont apportés, les directions qu’ils ont imprimées, les solutions proposées. Mes Communications et Discours Académiques ont, pour la syphilis, servi la cause de la surveillance de la prostitution ; pour l’opJitalmo-réaclion dans l'armée, elies ont prévenu contre ies graves inconvénients de son cinpioi ; pour l'épidémiologie des casernes, attiédi ies partisans non d’une refonte du casernement, mais de la généralisation de constructions nouvelles. Celles sur la prophylaxie de lu lièvre typhoïde, qui ont eu beaueoup de retentissement, ont affirmé, entre autres ehoses et une fois de pius, la lourde responsabilité des villes typhogènes, la nécessité de la poursuite d'une transformation du régime des eaux d’alimciilation et, pour juger de la valeur dé ces dernières, la part méconnue du critérium clinique, trop déiaissé pour le critérium bactérioiogique. Pour la vaccination antityphoïdique, elles ont montré que, si cette question