Du développement de la région anale des mammifères
{Société de Biologie, 1“ février 1890).
Le mode d’études indiqué plus haut m’a montré que le rectum n’est que le canal dorsal qui résulte de la division du cloaque à la suite de la soudure des lames latérales du cloaque. Dès que la cloison recto-vésico-urétrale est arrivée à l’orifice du cloaque, le rudiment périnéal figure un 8 de chiffre dont les extrémités sont ouvertes. Les deux branches antérieures {replis génitaux) se réfléchissent inférieurement autour de l’épithélium qui tapisse la fente urétrale et la ferment, en constituant le canal urétral, en même temps qu’elles allongent d’amere en avant l’étendue du périnée.
A la place du sillon ano-génital, on voit une crête très prononcée sur les embryons et les fœtus (rapAé ano-scrotal). Les deux branches postérieures {replis anaux) font de même autour de la fente anale, mais elles se replient d'avant en arrière pour circonscrire la fente et s’accroissent dans le même sens pour former le bourrelet anal.
Quant à ce qui concerne l’origine des tissus, on constate qu ’à partir de l’orifice cloacal, tous les éléments sont d’origine ectodermique. En d autres termes, la muqueuse de la portion spongieuse du canal de l’urètre, la peau du périnée et la muqueuse anale se forment sur place et dérivent directement.du feuillet fibro-cutané qui, revêtu de l’ectoderme, constitue la face inférieure de l’éminence ano-génitale.
33. - Du développement du prépuce, de la couronne du gland et du col du pénis chez l’embryon humain {Société de Biologie, ii octobre 1890). ’
Le gland se différencie du corps du pénis par la production d’une invagination épithéliale qui, en s’enfonçant dans le derme
et le tissu sous-cutané, creuse le sillon rétro-glandaire De cette
ton elle produit un sillon, qui sur toute l’étendue du col du penis’interrompt la continuité des couches cutanées et sous-cuta- Té^du pénis avec celles du gland. La délimitaUon de la surface glandair! se fait d’après un processus qui rappelle la formaaon rhamo uneuéal au bout des doigts. , , ^ v.
Grâce à la direction oblique d’avant en arrière et de haut en bas sut dos, de dehors en dedans sur les côtés, l’invag.natron retroglandaire a séparé du corps du pénis un lambeau cutané et sous- Lané, de même forme et de même direction que le sillon coro naire; ce lambeau représente le rudiment préputial à une epoque où il n’existe pas encore de soulèveibent de la peau Ce derme p nomène provientde l’accroissement consécutif de 1 ;
tiale de telle sorte qu’il en résulte un repli, lequel, en s allongeant plus que le gland, formera un revêtement au renflement balamque. S dès itigine et durant toute la vie fœtale, la face interne du prépuce est tapissée d’une couche basilaire, dont les cellules les dérivés de l’invagination glando-preputiale.
34 Note sur le développement de la portion abdominale de la verge des mammifères (Société de Biologie, 8 novembre 1890).
L’étude des embryons de mammifères (bœuf, m'a donné les résultats suivants pour ee qui coneerne ledé.eloppe-
ment de la portion abdominale de la verge : • , „ , ,
Les phénLènes qui déterminent la fixation du pénis abdomen et son rapprochement de l'ombilic sont ; !• l'epa.as.ssement de la
paroi abdomidal. le long de la ligne blanche; d- le soulèvement du bout pendant; 3- Injonction des parties latérales de 1 épaississe-
ment en arrière de la base du bout libre. ^
Que la soudure des replis latéraux fasse défaut dans la région sous-ombilicale, l’épaississement 'abdominal forme d’un lambeau cutané, et la verge restera Pendante et p vee de corps spongieux et d’urètre : le cas d’hypospadias d un chien, que M. Roger et moi avons présenté à la Société*, est un exemp e
1. Comptes rendus de la Soc. de Biolog., 12 novembre 1887, et Journal de l’Anat., et de la Physiol., 1889. (Voy. plus loin, p. 50.) ^
remarquable de cet arrêt de développement sur un mammifère quadrudède.
L’épaississement abdominal qui constitue la portion ventrale du corps spongieux et l’enveloppe cutanée fixent le pénis à la paroi du ventre et le maintiennent dans une situation absolument immobile, jusqu’à l’époque où l’invagination glando-préputiale viendra décoller la portion plus tard libre du pénis. C’est aux dépens de la même enveloppe cutanée que l’invagination glando-préputiale taillera le fourreau de la verge du mouton et de certains mammifères quadrupèdes.
Ces recherches permettent de résumer en une proposition générale le développement du canal de l’urètre : elles nous montrent qu’au niveau de la paroi abdominale, comme plus en arrière, il se forme, à cet effet, de chaque côté de la ligne médiane, une crête qui converge vers sa congénère pour constituer un canal complet.
Cette étude nous rend également compte du fait anatomique suivant : chez l’homme, le corps caverneux monte plus haut au-devant du pubis que chez la femme. Bien que les recherches embryologiques sur ce sujet soient difficiles, en raison de la rareté des embryons humains de l’âge approprié et de la faible différence de niveau qu’on observe dans les deux sexes quant à la position des corps caverneux au devant du pubis, il est infiniment probable que la situation plus élevée du pénis chez l’homme est due à un processus identique à celui que je viens de décrire sur les embryons de mouton.
3b. — Du développement du fourreau et de la partie libre de la
verge des mammifères quadrupèdes (Société de Biologie, 18 octobre
Le développement montre que, chez l’homme, le gland est cette partie du pénis circonscrite en arrière par l’invagination glandopréputiale : il est constitué par le bout terminal dont la surface a été respectée, non détachée, non décollée par l’invagination. Dans les mammifères quadrupèdes, comme chez l’homme, celle-ci débute à une certaine distance en arrière du bout distal : ces animaux ont donc une portion antérieure du pénis, qui est l’homologue du
ffiand humain. Le stade initial est le même et les différences s’accentuent seulement plus tard : chez les animaux, cette portion antérieure deviendra plus tard un segment fort minime de la partie libre de la verge. Celle-ci aura une longueur démesurée, parce que l’invagination glando-préputiale séparera du pénis l’enveloppe cutanée sur une étendue considérable pour en faire le fourreau.
En résumé, chez l’homme, la portion du pénis décollée de la peau est représentée par une surface très faible {col du pénis), tandis que chez les quadrupèdes, le décollement s’étend jusqu’au voisinage de la svmphyse pubienne. Si l’on veut réunir, chez l’homme, le col du pénis ou du gland à la portion balanique proprement dite et désigner le tout sous le nom de gland, il est légitime, de par le développement morphologique, d’appliquer l’expression de gland a toute la partie de la verge des quadrupèdes, qui est logee dans le fourreau.