Sur l’origine et mammifères {Journal
l’évolution de la région ano-génitale des
de l'Anatomie et de la FhysioL, 1890, p. 126 à
Dans ce mémoire, je représente et je décris dans deux planches doubles les préparations les plus démonstratives qui ont trait au cloisonnement du cloaque et à l’évolution des organes génitaux externes et de la région anale. Je montre sur les coupes transversales la façon dont les lames latérales du cloaque se forment et s’unissent par leur bord pour constituer la cloison urétro-rectale. Les coupes longitudinales indiquent, d’autre part, l’allongement de
cette cloison. . -x: *
Pendant que le cloisonnement se passe jusqu’à l’orifice externe du conduit cloacal, la portion antérieure de l’éminence cloacale ne s’est pas seulement allongée énormément, mais encore ses parties latérales et inférieures se sont infléchies en bas et en arriéré, d’où la production du sillon cloacdl. Rien de semblable ne se passe sur la partie postérieure de l’éminence ; en figurant la face inferieure de l’éminence cloacale, on voit alors l’orifice du rectum situé sur un plan plus profond et le sillon cloacal, limite par les replis cloacaux qui, sur les côtés et en arrière, se continuent avec
la partie postérieure ou repli post-anal. Pour former la dépression anale, la partie postérieure des replis cloacaux, ou ano-génitaux, se rapproche, en s’infléchissant vers la ligne médiane. Le sillon cloacal se rétrécit d’autant à ce niveau. Puis ces replis arrivent au contact. Enfin on les voit se toucher et se fusionner. Il est facile de comprendre pourquoi le repli post-anal ne prend pas part, à cette époque, à la réflexion vers la ligne médiane : en effet, la partie de l’éminence cloacale située en avant de l’orifice cloacal, ou rectal, est le siège d’un accroissement relativement énorme, pendant que celui du repli post-anal est très faible. Les saillies latérales des replis ano-génitaux sont si considérables, au contraire, qu’on en a fait des masses spéciales, dites bourrelet génital. En se recourbant l’un vers l’autre et en se soudant, les replis ano-génitaux produisent un repli unique, le repli préanal. Celui-ci délimite avec le repli post-anal une fente à grand diamètre transversal : c’est la dépression anale.
Rien de plus facile que de se rendre compte du mode de formation de cette fente transversale : en recourbant dans toute sa longueur un arc ou une tige souple et élastique, on lui fait décrire un cercle ; mais si l’on plie l’une vers l’autre la moitié seulement des deux branches, on circonscrira un espace en forme de fente. Les replis ano-génitaux s’infléchissent d’une façon analogue en regard du repli post-anal pour donner naissance à une fissure transversale.
Plus tard, la configuration de cette dernière se modifiera ; elle deviendra triangulaire, arrondie, étoilée, ou bien on la verra figurer une ouverture à grand diamètre antéro-postérieur, grâce au rapprochement des commissures latérales. A cet effet, les replis pré-anal et post-anal s’épaississent, les sphincters se développent dans leur intérieur et la muqueuse de la région anale se plisse longitudinalement sous l’influence du retrait qu’elle subit ainsi dans le sens circulaire.
Quant à la portion de l’éminence cloacale qui est située en avant du repli préanal, elle forme le tubercule génital. Sur une coupe frontale, il a la forme d’un fer à cheval, dont les branches seraient fortement recourbées, de telle sorte que l’intervalle représente un sillon dit génital, comblé en partie par l’épithélium uro-génital. D’après le processus de formation de la dépression anale, il est aisé de comprendre que le canal de l’urètre, ou urogénital, se continue
directementaveclesillon génital.Danslesdeux sexes, l’ébauchepéri-
néale se transforme en périnée par le même processus ; celui-ci n’est que la suite du cloisonnement du cloaque : la face interne et inférieure d’unrepli génital se rapproche de celle de son congénère; l’épithélium est repoussé partie en has, partie en haut, ce qui transforme le sillon génital en un canal : le tissu mésodermique se continue d’un côté avec celui de l’autre, de sorte qu’il y a soudure elfective.
Dans le sexe féminin, l’espace, ou pont ano-vulvalre (périnée), se constitue d’après le même mode ; mais ici le bourgeonnement et la descente progressive des canaux de Muller, entre l’urètre et le rectum et leur abouchement dans le sillon génital, concordent avec l'arrêt précoce du processus. Le tubercule génital persiste sous cette forme primitive ; ses bords restent munis des deux replis génitaux (les petites lèvres ou nymphes) délimitant toute la vie la gouttière génitale; cependant la forme primitive de ces replis se modifie en ce que leur portion externe se sépare de leur portion interne par un sillon superficiel et constitue les grandes lèvres.
Dansletype mâle, la soudure des replis génitaux se poursuit, sauf anomalies, jusqu’au bout du gland (périnée ano-scrotal). Ainsi se forme la paroi inférieure du canal de l’urètre jusqu’au méat urinaire.
Le raphé périnéal (ano-bulbaire, sous-urétral, scrotal, pénien) est la conséquence du mouvement de réflexion des replis ano-génitaux, lequel continue à se produire après leur soudure : la partie médiane du périnée se trouve ainsi refoulée en bas et forme une crête saillante et sagittale.