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Développement de la double gaine préputiale du cheval

{Société de Biologie, 14 février 1891).

Le cheval possède un prépuce externe et un prépuce interne.

Quelque compliquée que paraisse cette disposition, le développement m’a montré que la distinction en prépuce externe et en prépuce interne est également fondée au point de vue embryologique : chacun d’eux prend naissance par la production d une invagination ectodermique indépendante l’une de l’autre.

Le prépuce externe résulte d’une invagination épithéliale spé-

ciale ; le prépuce interne prend naissance de la même façon que le prépuce unique des autres mammifères.

Autrement dit, c’est par un processus partout identique que la portion libre du pénis se sépare de la paroi abdominale; seulement, chez le cheval, la base de cette portion libre se décolle par une invagination distincte possédant un diamètre beaucoup plus notable que l’invagination glando-préputiale antérieure. La portion décollée par l’invagination postérieure restera toute la vie reliée au prépuce interne par un pli médian inférieur ou ventral : c’est un frein dont les connexions et la signification sont bien dilférentes du frein de l’homme.

L’étude précédente m’amène à faire une remarque. On admet classiquement que le prépuce a pour usage de protéger le gland et de lui conserver sa sensibilité toute particulière. Cette opinion ne compte qu’avec l’organe à l’état de repos. Mais le prépuce ne remplit-il aucun rôle quand le pénis entre en activité, c’est-à-dire dans l’érection? La verge prend alors une longueur au moins double; le prépuce s’efface en se dédonblant en deux feuillets qui se surajoutent en longueur pour permettre à la peau de se prêter à l’allongement du corps caverneux et du corps spongieux. Cet usage du prépuce au moment de l’érection me semble aussi intéressant et aussi important que celui qui consiste à servir de manchon protecteur au gland quand l’organe est inactif. L’exemple des solipèdes foui’nit la meilleure preuve en faveur de cette manière de voir : ici un seul prépuce suffirait certes amplement pour protéger la portion libre de la verge à l’état de repos; si ce repli est double, c’est pour mettre la peau à même de se plier à l’élongation énorme que subit le pénis dans l’érection; les deux prépuces non seulement se déplissent, mais l’interne est entraîné par la propulsion de la portion libre du pénis et va se surajouter en longueur au prépuce externe.

38. — Sur le développement du Pénis et du Clitoris chez les fœtus humains (Journal de l’Anatomie et de la Physiol., 1892, p. 22o).

J’ai essayé, dans ce mémoire accompagné de deux planches doubles, d’aborder l’étude des points suivants relatifs aux embryons et aux fœtus humains :

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