ÉTUDE DES PARALYSIES HYSTÉRIQUES
Le but de ce travail, essentiellement clinique, a été l’étude des divei-s troubles de la sensibilité chez les hystériques, soit du côté de la peau, soit du côté des membranes muqueuses. L’anesthé.sie et l’analgésie, affirmées ou niées tour à tour à l’époque où ce travail a été entrepris, n’avaient point encore la valeur d’un symptôme nettement défini ; la convulsion trônait au premier rang des manifestations hystériques. Déjà cependant, quelques auteurs, Gendrin, Briquet, Macario, Beau, Bezançon, Landouzy, venaient d’appeler l’attention sur la valeur diagnostique des troubles de la sensibilité en s’efforçant de démontrer l’importance de ce symptôme dans les cas où l’hystétîe, envahissant les organes de la vie animale, se portait sur les poumons, restomac, la vessie, etc. La question, vivement discutée, était encore à l’étude; c’est à l’école de M. Briquet, mon maître, que ces recherches ont été faites sur un nombre considérable de malades dont les divers modes de sensibilité étaient examinés et annotés avec le plus grand soin. — Depuis l’anesthésie dans ses formes légères jusqu’à l’abolition complète des divers modes des sensibilités de la peau et des muqueuses, nous observions la constance de ce phénomène chez toutes les malades soumises à notre examen. — D’où venaientalors les négations que nous voulions combattre? Du mode d’examen mis en usage pour
rocliei’cher les troubles de la sensibilité.et des variations nombreuses
que présente ce phénomène sous l’influence des attaques convulsives, ou de l’impressionnabilité de nos malades.
Les troubles de la sensibilité n’existent en général que sur la moitié du corps, et le plus souvent sur la moitié gauche.
L’hémianesthésie gauche devient par ce fait une expression symptomatique d’une grande valeur dans le diagnostic de l’hystérie, surtout dans ses formes non convulsives. En effet, si la convulsion et les spasmes musculaires étaient l’expression nécessaire, sine quû non, du mal hystérique, le diagnostic de cette affection serait toujours facile par la constatation du désordre extérieur; mais l’hystérie est, entre toutes les affections nerveuses, celle qui échappe le plus à la forme définie — véritable Protée, comme disait Sydenham. — Entre toutes les manifestations si variées de l’hystérie non convulsive, il en est une qui se retrouve presque toujours comme point de repère dans le diagnostic de cette maladie, c’est l'hémianesthésie et plus particulièrement Vhémianesthésie gauche dont nous avons cherché à établir la valeur clinique.