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MALADIES INFECTIEUSES

Infections pneumococciques. — Types de pneumocoques en temps normal et au cours de la grippe. — L’élude des types de pneumocoques rencontrés dans les maladies aiguës du poumon en temps normal (août 1919 à. mars 1921) montre

63 p.^lOO des cas (90).

Survient alors une épidémie de grippe, dont nous étudions lus localisations pulmonaires. Dans les formes franchement pneumococci lues, lo pneumocoque lype II continue à se montrer nettement prédominant. Au contraire, dans les formes broncho-pneumoniques, on trouve à peu prèq exclusivement des pneumocoques doués de fonctions antigènes mixtes, c’est-à-dire agglutinés par deux au moins des trois sérums spécifiques respectivement contre les pneumocoques types I, II et III. Ces constatations présentaient à l’époque une certaine importance pratique, en vue de l’applioatiôn des sérums autipneumocqociqnes monovalents alors utilisés (81).

Rechute de pneumonie ; démonstration. — Chez un malade atteint de pneumor coccie très grave, on trouve un pneumocoque bion spécial, agglutiné au même degré par les sérums I et II. Cinquante-cinq jours après guérisoq du premier foyer survient une seconde pneumonie, due au pneumocoque spécial, I et II, déjà trouvé dans la première atteinte. Etant donné le caractère si particulier et très rare de ce pneumocoque, on doit admettre que la deuxième atteinte est due non pas à une nouvelle infection, mais bien à une reviviscence du même pneumocoque déjà en cause la première fois. Il s’agit donc d’une rechute tardive (82).

Sérothérapie. — Le traitement de la pneumonie franche par aérothérapie spécifique (83) nous a donné de bons résullals, marqués en particulier par une forte diminution de la mortalité, la moindre gravité des symptômes généraux et

Diphtérie. — Etiologie. — La propagation de la diphtérie est due pour une bonne part aux porteurs ; ces derniers sont parfois complètement indemnes (porteurs sains). L'observation montre que le nombre des porteurs sains augmente d’autant plus qu’on s'approche davantage du malade, en moyenne 12 à li p. 100 dans les endémies ou épidémies des grandes collectivités. Nombre d’exemples démonlrent soit la transmission de la diphtérie par les porteurs, soit la cessalion de l’épidémie après éloignement des porteurs (87).

Prophylaxie. — Outre les mesures habiluelles (isolement, désinfection, etc.) qui demeurent toujours nécessaires, la prophylaxie dans les collectivités doit se préoccuper des porteurs, pour les repérer, puis les isoler et les traiter.

Le dépistage des porteurs doit être sûr et rapide. Or, il se heurte au point de vue technique à une difficulté, qui esl la séparation entre le bacille diphtérique et certains bacilles très voisins. Nous avons montré qu’en réalité dans la plupart des épidémies (cinq épidémies sur six) la diphtérie est due à des bacilles longs ou moyens ; il suffira donc de retenir les seuls porteurs de bacilles longs ou moyens, sans se préoccuper des porteurs de bacilles courls (88).

Peste. — Avec M. Garcin, nous avons suivi une épidémie de peste aux Doukkalas, tribu des Ouled Fredj. Cette épidémie a provoqué en 1911-1912 plus de 14.000 décès. Elle était importée par les Draouat, indigènes provenant des confins de la Mauritanie. ■

Au point de vue étiologique, il n’a pas été constaté d’épizootie murine, néanmoins le bacille pesteux a été découvert chez un rat. Le même bacille a pu

Outre les mesures prophylactiques habituelles (èn particulier destruction des rats, et, autant qùe possible, protection contre les insectes), nous avons dû organiser la surveillance à l'égard des animaux susceptibles d’être infectés. Dans les douars contaminés, la séro-vaccination a donné de bons résultats.

Après application de cet ensemble do mesures, l’épidémie a cessé (89).

Dysenterie et diarrhées. — Nos constatations avec MM. Burnet et Weissenbach sur les diarrhées et la dysenterie des troupes en campagne montrent que si la dysenterie typique est l’œuvre des bacilles dysentériques, par contre les diarrhées muqueuses peuvent être dues suivant les cas soit aux baciiles dysentériques, soit à d’autres germes (en particulier, aux bacilles typho-paratyphiques). L’absence constante du bacille de Shiga mérite d’être notée. Quant aux diarrhées chlolériformes, elles relevaient d’agents divers : bacilles paratyphiques H, spirilles. Outre les causes étiologiques habituellement invoquées, en particulier la souillure du sol et des eaux, il faut sans doute retenir à, titre de cause favorisante l’aotion nocive des gaz délétères provenant de la putréfaction des cadavres.

L’histoire des porteurs de germes dysentériques mérite discussion. On peut Iroùver de véritables porteurs sains, mais seulement dans les milieux infectés et pour une période très brève. En dehors de ces milieux, les sujets considérés comme porteurs sains présentaient en réalité des atteintes frustes (91):. S''

Méningites. — Méningites grippales. — Au cours d’une épidémie de grippé (92) nous avons vu survenir des groupements de méningites suppurés dont l'allure rappelle celle de la méningite cérébro-spinale b méningocoques, alors qu’en réalité il s’agissait de complications grippales dues à des microbes divers (pneumocoque, streptocoque capsulé, etc.).

Méningites dans les troupes en campagne. — Parmi les troupes en campagne, nous avons, avec MM. Burnet et Weissenbaeh noté que dans l’ensemble les méningites aiguës présentent le même degré de fréquence qu’en temps de paix, mais le méningocoque y est beaucoup moins prédominant, oar il intervient seulement dans la moitié des cas. Les autres sont dus à des bactéries pathogènes diverses. D’autre part le nombre des porteurs ne dépasse pas en moyenne 1,33 p. 100, chiffre peu élevé, qui peut s’expliquer par la vie continue au grand air (93). '

des streptocoques scarlatineux nous ont incités à entreprendre, avec M. Lesbre, des recherches analogues sur les streptocoques de diverses provenances, compre-

(jusqu’à 1 p. 1.200), c’est-à-dire qu’à cette dilution, ils provoquent après inoculation intradermique des réactions en tous points comparables à ce qui constitue la réaction de Dick (à titre de comparaison, sur neuf streptocoques scarlatineux, six sont actifs à I p. 500 ou au-dessus, jusqu’à 1 p. 2.000). Nous établissons ainsi que, parmi les streptocoques hémolytiques non scarlatineux, un ceHain nombre présentent un pouvoir toxigène appréciable (94).

La tuberculose dans l’armée; prophylaxie. — L’Année doit éliminer les tuberculeux, mais sans nuire ni à leurs intérêts, ni à la population. Les droits des

sans que l'autopsie révèle ni ictère, ni hémorragies; en réinocuiant la pulpe hépatique du premier cobaye, on obtient parfois des lésions typiques d’ictère hémorragique. Dans d’autres cas, les réinoculations sont elles-mêmes négatives ; la nature spirochétaire de l'ictère peut néanmoins être démontrée par le fait que le sérum des malades neutralise un virus spirochétaire d’activité connue (98).

D’autres épreuves de neutralisation, pratiquées avec M. Gautier, permettent d’avancer que la fièvre des tranchées n’est pas due au virus spirochétaire (fait alors discuté), car le sérum des convalescents de cet e mala lie ne neutralise pas le virus spirochétaire (99). "

Typhus exanthématique. — Nous avons, avec M. de la Vergne, pu appliquer au diagnostic du typhus exanthématique la réaction dite de Weil-Félix, c’est-àdire la propriété que possède le sérum des malades d’agglutiner le Proteus X 19 •

De nos recherches, il résulte que cette propriété paraît bien spéciale aux malades atteints de typhus exanthématique. Le pouvoir agglutinant est chez eux précoce, déjà franc vers la première semaine; après la première semaine, il s’est montré constant et intense (l p. 600 à 1 p. 15.000) pendant la période fébrile. Il persiste, atténué, quelques semaines après la guérison. La réaction mérite un réel crédit dans le diagnostic du typhus exanthématique.

Toutefois le rôle du microbe, comme agent pathogène de la maladie, demeure douteux. Contre cette conception, nous apportons un fait nouveau, la présence chez un blessé de guerre d'un germe identique au Proteus X 19, agglutiné comme lui par les sérums de malades atteints de typhus exanthématique (100).

Rhumatisme articulaire aigu. — Au cours du rhumatisme articulaire aigu, on peut parfois déceler la présence, dans la circulation générale, de microbes divers. Sur 25 malades, nous avons pu isoler du sang 3 fois l'entérocoque, 1 fois le streptocoque, t fois le tétragène, 1 fois le coccobacille de PfeitTer.

La clinique démontrant que le rhumatisme articulaire aigu constitue une entité clinique nettement individualisée, on doit admettre qu’à cette entité correspond un agent infectieux spécifique. Les espèces microbiennes rencontrées sont multiples, et ne sont pas spéciales au rhumatisme; nulle d’entre elles ne constitue l’agent spécifique de la maladie (101).

Angine à spirilles et bacilles fusiformes (angine de Vincent). — Élude de cinq cas nouveaux de l’affection décrite quelques mois auparavant par M. Vincent. Certaius.cas rappellent la diphtérie. Les spirilles et bacilles fusiformes, présents

bactéries normales de la gorge. La maladie paraît assez fréquente mais relativement bénigne (102).

Infections sanguines; septicémies. —Diverses recherches ont pour objet les infections sanguines et les septicémies, tant au point de vue expérimental qu'au point de vue clinique. D'autres études sur le même objet sont rappelées par ailleurs, en particulier celles sur l'hémoculture dans la fièvre typhoïde et sur les septicémies chirurgicales.

quelles sont les conditions qui président aux infections sanguines.

prélevé par hémoculture, ne ren ferme que rarement des germes.

Chez les animaux normaux, les germes ingérés (bacilles typhique, paratyphique B et pyocyanique) ne passent dans le sang que d’une manière exceptionnelle et seulement chez l'animal jeune (un seul résultat positif pour le bac. pyocyanique, sur un total de 61 expériences);

L’action de causes lavorisantes diverses, froid, chaleur sèche, injections hypertoniques, détermine parfois à elle seule une infection sanguine d’origine autochtone (par le B. coli, un coccus).

Mais lorsque, après avoir fait ingérer aux animaux des cultures microbiennes, on soumet ces animaux à l’influence des causes favorisantes énumérées précédemment, les germes ingérés passent dans le sang avec une fréquence remarquable, dans 38 p. 100 des expériences. Le bacille typhique et le bacille paratyphique B, germes pathogènes, provoquent l’infection sanguine beaucoup plus souvent que le bacille pyocyanique, germe souvent saprophyte.

La plupart des infeclions sanguines provoquées par l’ingestion apparaissent très vite, sont très passagères et demeurent ' bénignes. Seules font exception les infections sanguines consécutives à l’action des solutions hypertoniques : ces infections se montrent persistantes et peuvent entraîner la mort (103 à 105).

Érythèmes infectieux. — Au cours d’érythèmes infectieux, en particulier de l’érythème noueux, nous avons pu déceler par hémoculture des infeclions sanguines provoquées par des microbes divers : streptocoque, entérocoque, tétragène, pneumocoque. Cliniquement, ces érythèmes sont demeurés bénins, malgré la présence dans la circulation générale de germes nettement pathogènes; l’infection sanguine n'est donc pas, comme on tendait à le croire alors — 1906 — l’apanage des formes malignes. Expérimentalement, les germes rencontrés se sont montrés peu virulents pour les espèces animales sensibles h chacun d’eux, ce qui

permet de supposer que dans une certaine mesure, le degré de gravité clinique est subordonné à la virulence du microbe (106, 107).

Septicémies méningococciqaes. — Au cours de la méningite cérébro-spinale, nous avons, avec M. Follet, constaté une septicémie méningococcique, non seulement dans une forme anormale (éruption morbilliforme, infection générale survivant à l’infection méningée), mais encore dans un autre cas absolument normal. On peut donc concevoir la méningite cérébro-spinale comme une septicémie méningococcique b voie d’entrée indifférente, pharyngée, amygdalienne, nasale ou respiratoire, avec localisation méningée secondaire (108).

Fièvres éphémères. — Dans plusieurs cas de fièvre éphémère, l’hémoculture a donné naissance au tétragène ; les souches rencontrées sont pathogènes pour le cobaye. Le sérum sanguin, prélevé une semaine après la poussée fébrile, renferme une sensibilisatrice spécifique. On peut donc conclure que, dans ces observations, la fièvre éphémère a été causée par une infection sanguine télragénique, le tétragène provenant Vraisemblablement des voies respirtoires supérieures ou du pharynx (109).

Septicémie gonococcique. — Outre la lièvre et l’anémie, on peut voir survenir dans la septicémie gonococcique des sueurs et des douleurs névralgiques susceptibles de faire penser à la mélitococcie, mais l’hémoculture a permis de porter le diagnostic exact. Malgré une infection sanguine streptococcique passagère et une pneumonie intercurrente, le sérum auligonococcique en injections intraveineuses est rapidement venu à bout des accidents, qui duraient depuis quatre mois (HO).

HÉMATOLOGIE ET CYTOLOGIE

Formule hémo-leucocytaire des oreillons. — Notre mémoire de 1902 établit la formule hémo-leucocytaire dès oreillons, jusque-là non connue.

Dans les oreillons sans orchite, il existe une légère augmentation du chiffre des globules blancs, 8.000 à 13.600 ; on note surtout des modifications qualitatives: abaissement du nombre relatif des polynucléaires, qui peuvent tomber à 25 et 16 p. 100, en moyenne 40 à 50 p. 100; et inversement, augmentation des lymphocytes et des mononucléaires moyens.

Dans les oreillons avec orchite , la formule se modifie : l’hyperleucocytose totale est plus marquée (15.000 à 18.000 globules blancs par millimètre cube);

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