ÉTUDES SUR LA FIÈVRE TYPHOÏDE
Notes cliniques. — Deux observations personnelles (26), jointes à quelques autres déjà connues, nous ont permis de reprendre avec M. Chevrel l’étude des fièvres typhoïdes sans lésions intestinales. Leurs symptômes sont ceux des formes sévères, y compris les troubles intestinaux, avec une tendance remarquable aux manifestations anormales (réactions méningées, arthropathies, hématurie).
Dans le mêningo-typhus d'emblée (sans infection des méninges), l'apparition g; de symptômes méningés semble liée à l’existence de causes favorisantes, repré- /
sentées dans nos observations par une infection sanguine surajoutée (strepto- -1
coque, entérocoque) associée à une atteinte sérieuse du rein (27).
Récidive. — L’hémoculture a permis de vérifier l’existence réelle d’une récidive de fièvre typhoïde, le bacille typhique ayant pu être décelé dans le sang au cours de deux atteintes survenues chez le même malade à un an d'intervalle (28). ÿ Constatation tout à fait exceptionnelle.
Alimentation des tïphiqces. — Le lait constitue chez les typhiques l’aliment vj d’élection. Or l’observation montre que dans la fièvre typhoïde d’iulcnsité :â moyenne chez l’adulte, il faut, pour éviter toute dénutrition, un régime qui 'apporte environ 2.600 calories, ce qui exigerait l’absorption de 3 litres de lait sucré ; beaucoup de malades ne supportent pas cette quantité. Parmi les aliments de substitution, nous recommandons surtout l’eau albumineuse sucrée, dont 1 litre correspond comme valeur alimentaire à 0 litre 620 de lait naturel, et que la 'J plupart des malades acceptent volontiers. Sans provoquer de constipation, elle rend lès selles moins liquides, ce qui est un avantage dans la grande majorité des cas.
Etiologie.
Diagnostic étiologique. — Le meilleur procédé de diagnostic est l'hémoculture, comme l'indiquait notre travail de 1903 (avec M. Perquis), l'un des premiers sur la question (29). Le même travail faisait connaître une technique spéciale (ensemencement du sang défibriné) ayant pour but de permettre de pratiquer les ensemencements à quelque distance du malade. Les résultats sont presque constamment positifs au début de la maladie, mais peuvent se montrer négatifs à
parfois le Proteus vulgaris et même le bacille typhique. Les huîtres provenant de parcs suspects sont donc fréquemment contaminées (32).
La gravité des accidents est considérable, puisque la léthalité atteint 33 p. 100, soit environ trois fois plus que pour la fièvre typhoïde habituelle. Deux observations ultérieures (avec M. Lemoino) montrent que l’infection sanguine en pareil cas est habituellement double, à la fois typhique et colibacillaire (32) ; les deux
suffit à expliquer la sévérité habituelle de la maladie.
PROPHYLAXIE DES INFECTIONS TYPHO-PARATYPHOIDES
Les données nouvelles sur les infections typho-paratyphiques ne modifient pas les prescriptions prophylactiques issues des données antérieures, mais elles demandent des mesures complémentaires.
La vaccination antityphoïdique, qui commençait alors — 1910 — b être appliquée aux collectivités par M. 11. Vincent, fait l’objet de deux études à la suite desquelles nous arrivons b conclure en faveur de la méthôdo (34, 38).
Au cours de la guerre, une étude entreprise avec MM. Burnet et Weissenbach (36) sur l’évolution des fièvres typho-paratyphoïdes dans la IV" armée montrait que la fièvre typhoïde, très prédominante en janvier et février, s’atténuait en mars-avril pour finir par presque disparaître en juin et juillet; les infections paratyphoïdes suivaient une évolution exactement inverse, pour atteindre leur maximum en juillet. Ces constatations montraient à l’évidence l’heureux effet de la vaccination antityphoïdique : c’est à partir du moment où la vaccination s’est répandue que la fièvre typhoïde a commencé à rétrocéder pour finir par presque disparaître à mesure que la vaccination se généralisait. Il convenait donc d’insister sur l’utilité évidente que présenterait la vaccination antiparatyphique A et B. « Tout permet de prévoir que la vaccination antiparatyphique se montrerait également efficace, et nous estimons qu’il y a lieu de l'appliquer ». Elle fut en effet, on le sait, rapidement appliquée peu après, avec le succès escompté.
Il y a lieu de se préoccuper d’autre part des porteurs de germes (23). Vis-à-vis des porteurs chroniques, les mesures à prendre sont aléatoires : conseils et, si possible, seoours aux porteurs pour assurer la désinfection régulière des excreta; conseils également pour obtenir d’eux qu’ils s’astreignent aux précautions élémen-