DIVERSES MODALITÉS DE L’INFECTION
L’évolution biologique des plaies de guerre n’avait donné lieu avant la guerre 1914-1918 h aucune élude suivie. 11 était donc nécessaire de combler cette grave lacune. Nos recherchés sur ce sujet visent d’une pari l’infection considérée dans son ensemble, d'autre part la gangrène gazeuse.
Évolution de l’infection. — Dans les conditions de la dernière guerre, presque toutes les plaies (228 sur 233) étaient dès l’origine contaminées. Les germes rencontrés dans les premiers moments sont très variés, mais beaucoup d’entre eux disparaissent par la suite. La contamination est particulièrement marquée autour du projectile; elle apporte le plus souvent (163 fois sur 228) une tloie mixte, aérobie et anaérobie.
En moyenne, dans les plaies non traitées, la multiplication des germes devient apparente entre la septième et la douzième heure : on voit d’abord se développer des germes aérobies, mais entre la dix-huitième et la vingt-quatrième heure, les espèces anaérobies prennent le dessus; le développement du streptocoque se manifeste en général vers la fin du premier jour. L’infection, imminente entre la septième et la onzième heure, se trouve en général réalisée entre la douzième et la dix-septième heure pour les espèces aérobies, entre la dixhuitième et la quarante-huitième heure pour les espèces anaérobies. Ces données chronologiques ont leur importance au point de vue du traitement.
Les germes le plus fréquemment rencontrés sont, pour les aérobies, le staphylocoque, le streptocoque, l’entérocoque, le colibacille, le pneumo-bacilie, le tétragène, le Proleus ; parmi les anaérobies, le B. perfringens et le B. spnrogene.i (38, 39).
généralement dues au streptocoque. Un môme germe peut déterminer suivant les cas des atteintes bénignes ou des atteintes très graves (42),
Méthodes de traitement. — Nous avons, avec M. Tuffier, analysé les résultats des méthodes de traitement. Après suture primitive, et lorsque, comme il est de
règle, l’évolution èst normale, on constate cependant une multiplication microbienne habituellement très perceptible, mais éphémère; quelques échecs sont dus à des infections subaiguës, assez tardives, provoquées par des germes de virulence moyenne, staphylocoque, Proteus, etc; les infections graves sont provoquées soit par le streptocoque, soit par les agents de la gangrène gazeuse.
Après traitement chirurgical complet, les deux tiers des plaies non suturées demeurent pratiquement aseptiques pendant plusieurs jours.
Dans les plaies infectées, traitées par la méthode dé Carrel, la plupart des bactéries disparaissent rapidement, mais le staphylocoque et surtout le streptpr ooque persistent davantage; les bactéries importées ultérieurement (sauf le bacille pyocyanique) no réussissent pas à. s’implanter (43).