ÉTUDES SUR LA GANGRÈNE GAZEUSE
Avant 1914, lq gangrène gazeuse était peu connue. On n’était pas fixé en particulier sur ses causes et sur sa pathogénie ; il no pouvait par suite être quiST tion de prophylaxio et de traitement spécifiques. Sa réapparition, à titre de complication redoutable de plaies de guerre, posait donc des problèmes nouveaux, auxquels nous avons consacré des études suivies.
Il nous a semblé que la meilleure hase de travail était de procéder d’abord h une étude anatomo-clinique, et de rechercher ensuite s'il était possible c|e trouver dans les lésions des germes susceptibles de reproduire expérimentale,-; ment la maladie humaine.
Rappelons qu’au moment de notre première publication, le B- perfrwgens était considéré comme l’agent h peu près exclusif de la gangrène gazeuse. Le vibrion soptique n’y était signalé que d’une manière exceptionnelle.
Étude akatomo-gunique. — L’étude anatomo-clinique donne deux indications
D’une part, la gangrène gazeuse vraie comporte, non seulement des phénomènes locaux d’intensité variable, mais encore et surtout des phénomènes généraux constants, qui traduisent une intoxication profonde; elle est habituellement mortelle.
D’autre part, il existe deux modalités essentielles : la forme gazeuse (septicémie gazeuse), déjà connue antérieurement; la forme tedé.mateitse (érysipèle blanc), que nous avons particulièrement étudiée (87).
suite (48). Chez le lapin, la lésion expérimentale exhale une odeur identique à 1 odeur iui generis de la gangrène gazeuse humaine.
Toxine. — Ce germe sécrète une toxine : les cultures filtrées du deuxième au sixième jour se montreht capables de tuer le cobaye, par inoculation,intramusculaire à dose de fl ci 0: 03 pour lès échantillons les plus actifs, èii vingtquatre il qüat'ante-huit heures (49, 80). La toxine possède les caractères des toxines vraies, en particulier la sensibilité à la chaleur : elle est détruite à 60°.
Propriétés des sérums spécifiques. — Noué avons préparé des sérums spécifiques antitoxiquës, par ihoculations répétées de toxines, d’abord sorts là peau, puis dans les veines.
Les sérums ainsi préparés se montrent pourvus de pouvoir préventif et de pouvoir antitoxique.
Vibrion septique virulent, rencontré 9 fois ;
D. perfringens virulent, rencontré 14 fois.
Il faut ajouter que le B. perfringens peut être décelé par culture dans presque toutes les observations (23 fois sur 23), même lorsque les résultats expérimentaux ne permettent pas de croire qu’il prenne part à la lésion. On peut en conclure que la présence du B. perfringens ne sous-ontend pas toujours que ce germe exerce une action pathogène importante ; affaire de virulence sans doute.