HYGIÈNE DES CAMPS D’INSTRUCTION
Les camps d’instruction sont appelés à prendre une grande importance dans la vie du soldat. Or, leur histoire montre qu’au point de vue sanitaire, il faut surtout y redouter les maladies transmises par les eaux, par les mouches, ou par les « gouttelettes ». Il est donc possible de déterminer quelles conditions de salubrité doivent leur êlre demandées. Les plus importantes concernent l’emplacement, l'habitation, l’eau potabléj les ordures ménagères, les matières usées.
Entre aulres conditions, l’emplacement doit être tel que le lerrain soit h la fois perméable à l’eau et filtrant, cette dernière qualité permet d’éviter la pollution de la nappe souterraine. Les terrains sablonneux sont à cet égard les plus avantageux.
L’habitation peut être représentée par la tèhte; biên éOniprise, elle peut être salubre par beau temps, à condition toutefois d’édifier au préalable les annexes sanitaires indispensables ; adduction d’eau potable, abris pour cuisines, lavabos, bains-douches, latrines, etc. Mais les baraques demeurent préférables. Elles doivent être aérées correctement, n’héberger que 10 à 20 hommes, et assurer aux occupants un espacement minimum de (MO.'
Parmi les annexes de l’habitation, les cuisines seront placées sous bâtiments spéciaux, dotés d’aires cimentées pour épluchage des légumes et d'abris cimentés pour les eaux grasses. Il est indiqué d’annexer les réfectoires aux cuisines, et de les munir de lavabos spéciaux.
Les ressources en eaux potables sont très variables. Toute eau mauvaise ou suspecte sera épurée; toute eau reconnue de bonne qualité sera soumise à une surveillance continue en vue de pratiquer l’épuration è la première menace.
Pour recueillir les ordures ménagères, il faut des aires cimentées spéciales, qu’il est bon de diviser en plusieurs compartiments destinés chaoun à une catégorie spéciale : épluchures de légumes, boîtes de conserves, matières combustibles, autres matières. On peut enfouir les débris sans valeur non combustibles. Quant aux matières combustibles, on les brûlera dans des fours incinérateurs.
En ce qui concerne les matières usées, le problème capital réside dans le collectionnement et le traitement. Les tinettes mobiles, parfois utilisées, et malgré les précautions prises, ne constituent qu’un pis aller, vu leurs inconvénients au point de vue sanitaire. L’application du tout à l’égout se heurte à une
grave objection : les tuyaux de cbute sont constamment bouchés par les corps solides les plus divers. Mais étant donné que les latrines sont en dehors des habitations, il est inutile de les munir du siphon habituel, par suite le tuyau de chute peut être supprimé; un dispositif très simple permet alors d’édifier le tout à l’égout sans aucun danger d’obstruction. Le traitement ultérieur peut être confié à l’épuration biologique, dont l’application dans les camps donne de bons résultats, à la seule condition d’êlré bien surveillée.
On n’oubliera pas de se préoccuper des écuries et des fumiers : éloigner les écuries des habitations, enlever le fumier à distance.
Le fonctionnement sanitaire exige une attention soutenue, en particulier pour la mise en pratique des mesures journalières de salubrilé : nettoyage, désinfection de tous les emplacement susceptibles d’être infectés [abords et annexes des cui-
DÉSINFECTION ET DÉSINSECTISATION
Désinfection. — Nous avons recherché, avec M. Lemoine, si la désinfection par le formol, si efficace pour les locaux de petites dimensions (jusqu’à 100 mètres cubés), le demeure également pour les locaux plus vastes. Nos expériences ont porté sur une salle rectangulaire de 884 mètres cubes. Elles ont porté d’une part sur des appareils à foyer unique, agissant de l’extérieur ; d'autre part, sur des dispositifs répartis en nombre-variable dans la salle. Leur résultat est très net : la désinfection n’est réalisée que par l’emploi de foyers multiples, 7 au moins dans les conditions de nos recherches (72).
Désinsectisation. — Dans l’épidémiologie des collectivités, les insectes jouent un rôle important, en particulier le pou, et l’étude des procédés de désinsectisation constitue un gros problème. Parmi les procédés connus, les plus recommandables, en raison de leur efficacité, de leur rendement et de la facilité de leur emploi, sont avant tout la sulfuration, la nitro sulfuration et la chaleur sèche, et dans certaines circonstances la chloropicrine (73V