XV. — FONCTIONS DU FOIE A. Rôle antiseptique de la bile
Sur les conditions dans lesquelles se manifestent les propriétés antiseptiques de la bile — en collaboration avec M. E. Lambling [Revue biologique du Nord de la France, octobre 1888).
Nous avons constaté que la bile'n’exerce aucune action antiseptique en mi-
lieu neutre ou alcalin ; mais elle retarde ou arrête complètement la putréfaction bactérienne des matières albuminoïdes, pourvu que le milieu soit acide. Or, l’acidité normale du suc gastrique suffit à elle seule pour entraver la putréfaction. Celle-ci ne s’établit avec quelque activité que si l’on abaisse le taux de l’acide jusqu’à 5 centigr. p. 1000. L’acidité communiquée au bol alimentaire par le suc gastrique se maintient nettement, mais avec une intensité décroissante, dans tout le duodénum et les deux cinquièmes supérieurs de l’intestin grêle, malgré la réaction alcaline très nette des parois.
Nous concluons de ces faits que, dans le duodénum et dans une partie de l’intestin grêle, la persistance de l’acidité gastrique suffit pour annihiler l’action des micro-organismes qui pullulent dans tout bol alimentaire. Plus bas, quand cette acidité s’atténue et tend à devenir insuffisante, la présence delà bile peut continuer a assurer pendant quelque temps l’antisepsie de la masse.
Dans ce travail, l’apparition et la marche de la putréfaction étaient appréciées par l’odeur, par l’examen microscopique et par la recherche de l’indol, dont la présence se manifeste dès les premières heures de la putréfaction des albuminoïdes.
1" De la toxicité de l’antipyrine suivant les voies d’introduction — en collaboration avec M. L. Capitan (Soc. de Biol., 26 novembre 1887).
2» Action du foie sur la cocaïne (Soc. de Biol., i juillet 1891 et in Recherches sur l'action anliloxique du foie sur la cocaïne, par M. Eon du Val, Thèse, Paris, 1891).
3° A propos de l’action du foie sur la cocaïne (Soc. de Biol., 25 juillet 1891).
Ces recherches constituent une contribution à la démonstration du rôle antitoxique du foie : la toxicité de l’antipyrine ou de la cocaïne, introduites par une veine de la circulation porte, est moindre que si on les injecte par une veine de la circulation générale. De plus, les accidents sont moins violents.