III. — VARIA
I» Toxicité de la cocaïne (Soc. de Biol., i juillet et 28 juillet 1891).
Il sera parlé plus loin de ces expériences (voy. Section IV, p. 3J).
2° Procédé de destruction complète delà moelle chez les mammifères. Application à l'élude analytique des actions vaso-motrices (Soc. de Biol., 16 février 1889).
Ce pro.cédé consiste à détruire la moelle, après section préalable du bulbe, et la respiration artificielle ayant été convenablement établie, par un courant d’eau chaude qui entraîne les fragments de l’organe ainsi dissocié, sans hémorrhagie, par une contre-ouverture pratiquée à l’extrémité inférieure de la colonne vertébrale. L’opération terminée, on injecte dans une veine une certaine quantité de sang défibriné ou simplement de la solution physiologique de chlorure de sodium, pour remplir un peu les vaisseaux, énormément distendus. — Grâce à ce moyen, il devient possible de faire une analyse plus exacte des effets des substances médicamenteuses qui agissent sur la circulation, puisque le cœur et les vaisseaux sont ainsi soustraits à toutes les influences nerveuses d’origine centrale.
Sur des animaux (chiens) placés dans ces conditions, j’ai pu montrer que la strophantine détermine encore une élévation manifeste de la pression intraartérielle. Cette substance n’agit donc pas seulement sur les centres vaso-constricteurs bulbo-médullaires, elle peut agir aussi sur les cellules nerveuses disséminées dans les parois des vaisseaux ou sur les fibres musculaires elles-mêmes de ces parois. Dans l’état actuel de nos procédés d’investigation, l’analyse expérimentale ne peut être poussée plus loin.
Aujourd’hui l’emploi de ce procédé tend à se répandre. Le professeur Wertheimer (de Lille) vient de l’appliquer avec succès à l’étude de la nicotine (Arch. de physiol, 1891).
— Je pourrais sans doute présenter encore ici les résultats de mes recherches sur 1’aclion physiologique des produits sécrétés par le bacille pyocyanique. Ces expériences ont en effet montré, ce me semble, que les produits microbiens doivent être étudiés au même titre et de la même façon qu’une substance
toxique quelconque, et, par exemple, comme les principes immédiats que l’on extrait des végétaux, par conséquent à l’aide des procédés habituels de la physiologie expérimentale. Il y a là toute une voie nouvelle qui s’ouvre pour la pharmacologie.
A cause de l’intérêt que présente, d’autre part, cette étude pour la physio- , logie pathologique, j’ai cru devoir en reporter le résumé à la Section V.