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VI. - RECHERCHES SUR LES ACTIONS NERVEUSES D’ARRÊT

1» Expériences relatives à la suspension de l’action modératrice du nerf pneumogastrique sur le cœur (Soc. de Biol, 1" août 1885).

î» Actions d’arrêt sur la sécrétion de la glande sous-maxillaire (Soc. de Biol., 8 décembre 1888).

. . 3° Innervation de la glande sous-maxillaire. Sur la suspension d’actions nerveuses excito-sécrétoires (Mémoire détaillé : Arch. de physiol., janvier 1889).

Par une série de recherches, dont le détail a été donné dans le mémoire indiqué ci-dessus des Arch. de physiol., j’ai pu montrer que les phénomènes sécrétoires, comme les actions motrices, sont soumis à des influences suspensives ou d’arrêt. Je n’entends pas dire par là que cette notion générale est résultée de toutes pièces de ces expériences. On savait au contraire parfaitement que les glandes salivaires, dans différents cas, subissent des influences nerveuses, d’ordre psychique par exemple, qui suspendent leur fonctionnement. C’est même là un fait d’observation courante. Mais la détermination expérimentale précise d’influences de cette nature et celle des voies nerveuses que pouvaient suivre ces influences, n’avaient jamais encore été tentées. — C’est grâce à l’emploi systématique dans ces recherches de la méthode graphique, au moyen d’un compte-gouttes inscripleur que j’ai fait construire et qui permet l’enregistrement commode et exact de la sécrétion, que j’ai réussi à résoudre ces questions.

Si l’on excite sur des chiens modérément curarisés la corde du tympan de façon à obtenir une sécrétion assez abondante de la glande sous-maxillaire, et si, pendant que cette sécrétion est en pleine activité, on excite par un courant plus fort le bout central du nerf sciatique, — cette seconde excitation, contrairement à ce qui se passe quand elle agit seule, reste, dans la très grande majorité des cas, sans aucun effet. Au contraire, si on augmente l’intervalle de temps qui sépare les deux excitations, celles-ci sont suivies toutes deux de leur effet positif. J’ai cherché, bien entendu, à déterminer les conditions dans lesquelles se produit à coup sûr ce phénomène.

Il semble donc y avoir pour la glande sous-maxillaire, ai-je conclu, une période de moindre excitabilité ou phase réfractaire, analogue en quelque sorte à la phase réfractaire du cœur, si bien étudiée par le professeur Marey sur la grenouille : et c’est la période d'activité de la glande ; pour que celle-ci réponde

à coup sûr et aisément à une excitation nerveuse, il faut, ce semble, qu’ellev soit dans un état de sécrétion ralentie. ,

Cette donnée générale a été corroborée par d’autres expériences qui ont montré l’inefficacité de cette même excitation du sciatique sur des chiens ayant préalablement reçu de la pilocarpine, et dont les glandes sous-maxillaires, sous cette influence toxique, sécrètent abondamment. Dans ce cas d’ailleurs — et c’était là encore un fait nouveau — l’excitation de la corde du tympan ellemême n’augmente pas la salivation.

Ainsi les mêmes nerfs ou leurs terminaisons — car ces expériences amenaient à considérer les voies du réflexe comme étant les mêmes, que l’effet de l’excitation fût positif ou suspensif—paraissent pouvoir agir de deux façons différentes et même opposées, suivant les conditions dans lesquelles se trouve l’organe périphérique. C’est là une notion qui mérite peut-être d’être placée, dans nos explications du sens des réactions nerveuses, à côté des données relatives à l’excitabilité variable des appareils nerveux d’une part, et, d’autre part, à l’intensité des excitations elles-mêmes, données que nous ont fait connaître surtout les travaux de M. Brown-Séquard et ceux de M. François-Franck.

C’est d’ailleurs à cette notion générale que j’avais eu déjà recours pour essayer d’expliquer le fait de la suspension de l’action modératrice du nerf pneumogastrique sur le cœur, chez les lapins dont le cœur est extrêmement ralenti par le refroidissement progressif.

Dans la note consacrée à la relation des expériences assez détaillées que j’ai faites sur ce point, j’ai très explicitement émis cette idée et j’en ai montré toute la portée générale.

VII. — RECHERCHES SÜR LA SÉCRÉTION SALIVAIRE RÉFLEXE (Soc. de Biol., 20 février 1886.)

La sécrétion de la glande sous-maxillaire, sous l’influence de l’excitation d’un nerf sensitif, est un phénomène bien connu, depuis les expériences de Owsjannikow et Tschiriew (1872), relatives à cet effet de l’excitation du bout central du nerf sciatique. En 1875 Vulpian a fait voir que ce réflexe est indépendant de toute action vaso-motrice et qu’il persiste, après la section de la corde du tympan.

J’ai repris l’étude de ce réflexe, et j’ai montré que la voie suivie par l’excitation du sciatique est effectivement double : médullo-bulbaire, et alors c’est la corde du tympan qui est le nerf excito-sécréteur, et médullo-sympathique, et

alors le nerf excito-sécréteur est constitué par les filets sympathiques émanant du ganglion cervical supérieur qui vont à la glande sous-maxillaire. L’effet de ce réflexe, tel qu’on l’obtient d’abord, résulte sans doute de la mise en jeu simultanée de ces deux appareils. Mais l’expérimentation peut aisément distinguer la double voie nerveuse que suit l’excitation.

Au cours de ces recherches, j’ai eu l’occasion de constater un réflexe salivaire, encore inconnu, et qui est produit par l’excitation du sympathique abdominal. Ainsi un nerf de sensibilité organique, comme on disait autrefois, peut donner lieu à la production de ce réflexe, tout comme l’excitation d’un nerf de sensibilité générale.

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