VIII. — SENS DU GOUT
1” De la sensibilité gustative pour les alcaloïdes, en collaboration avec M. Ch. Richet (Soc. de Biol., 18 avril 1885).
2” Action chimique et sensibilité gustative — en collaboration avec M. Ch. Richet. (Soc. de Biol., 19 décembre 1885).
3' Note sur l’action gustative de la corde du tympan et sur l’origine réelle de ce nerf (Soc. de Biol., 13 février 1886).
4* Les nerfs du goût — leçon faite à la Fac. de méd., le 20 décembre 1889 (Tribune médicale, il juillet 1890).
8° Article Gustation du Diction, encyclop. des sc. méd., 1886 (73 pages).
Des relations physiologiques très étroites unissent, on le sait, la sécrétion salivaire à l’exercice du sens du goût. De fait, c’est l’étude d’un réflexe salivaire peu connu qui m’a permis d’aborder par une voie nouvelle la question encore si controversée de l’origine réelle des fibres gustatives de la corde du tympan.
Ce réflexe, signalé pour la première fois par M. François-Franck (in Thèse dtagrégation de Lannegrûce, 1878), et que j’ai étudié, consiste en un écoulement salivaire par le canal de Wharton, d’un côté, quand on excite le bout central de la corde du tympan du côté opposé : il s’agit donc là d’un réflexe salivaire croisé. Dans l’article Gustation du Diction, encyclop., j’ai donné les raisons d’ordre expérimental qui prouvent que ce phénomène est essentiellement un réflexe de sensibilité spéciale.
Mais, s’il en est ainsi, n’y a-t-il pas là un moyen précieux pour déterminer d’une façon rigoureuse l’origine réelle de la corde du tympan? c’est ce que j’ai pensé. Il est possible de sectionner la racine sensitive du trijumeau dans le bulbe, par un procédé qui a été décrit par MM. Mathias Duval et Laborde, sans
léser lé facial, ni le nerf de Wrisberg, ni le glosso-pharyngien. Cette section une fois faite, on peut voir ce que devient le réflexe salivaire croisé dont il s’agit. Si les fibres gustatives contenues dans la corde proviennent du trijumeau, évidemment ce réflexe doit disparaître, après la section de la racine sensitive du nerf. J’ai effectivement constaté dans ces conditions la disparition du réflexe. Je n’ai cependant pas conclu de là que la corde provient réellement du trijumeau, parce qu’il m’a paru nécessaire de réaliser d'abord la contreépreuve du fait même, c’est-à-dire de rechercher ce que devient le réflexe, après la section du facial et du nerf de Wrisberg, sans lésion du trijumeau. *— Ces nouvelles expériences n’ont pas encore été publiées.
Dans une leçon sur les nerfs du goût, que la Tribune médicale a publiée, se trouvent exposées et examinées au point de vue critique toutes les données relatives à cette question si complexe.
Les recherches que j’ai faites avec M. Ch. Richet sont d’un autre ordre, soit qu’elles concernent la sensibilité gustative pour les alcaloïdes, soit qu’elles concernent la sensibilité gustative pour les sels des métaux alcalins. Ces dernières expériences nous ont amenés aux conclusions suivantes :
1“ Les sels des métaux alcalins agissent de la même manière sur les nerfs du goût ;
2“ Leur sapidité, c’est-à-dire leur action sur leurs terminaisons nerveuses, est proportionnelle à leur poids moléculaire.
De là résultait un fait de physiologie générale important, scientifiquement démontré pour la première fois : l’action des corps sapides est un phénomène d’ordre chimique, puisqu’elle s’exerce d’après les mêmes lois que les actions chimiques.
La fonction gustative n’avait fait en France l’objet d’aucune monographie, quand j’ai donné dans le Dictionnaire encyclopédique une étude d’ensemble, aussi complète qu’il m’a été possible, sur cette importante question. Malgré l’étendue de ce travail et la quantité assez considérable de documents qu’il renferme, je ne crois pas devoir en présenter ici une analyse détaillée, puisque c’est surtout une œuvre de critique. Un exposé sommaire du plan suivi et l’indication de quelques points spéciaux suffiront à donner une idée de Cette étude.
Celle-ci comporte deux grandes divisions principales :
1” Des saveurs ou des excitants de l’appareil gustatif;
2° Des sensations gustatives ou fonctionnement de l’appareil gustatif. L’ar-
ticle se termine par deux courts chapitres, consacrés l’un aux usages du goût,l’autre à la physiologie comparée.
§ I. Dans la première partie sont étudiées la nature des saveurs et la classification des saveurs.
§ II. La deuxième partie, de beaucoup la plus considérable, comprend une série d’études (exposé complet des résultats expérimentaux connus et de ceux qui me sont personnels et examen critique de toutes les questions) sur la nature de l’impression gustative ; le siège du goût; les conditions des sensations gustatives, conditions relatives aux excitants et conditions relatives aux organes gustatifs ; le rôle du système nerveux. Cette dernière question des nerfs du goût et des phénomènes gustatifs centraux a été l’objet d’une étude approfondie.
IX. - LA SENSIBILITÉ THERMIQUE Leçon faite à la Fac. de méd. le 22 novembre 1889 (Médecine moderne, 27 février 1890).
Il n’existait point en France d’étude d’ensemble sur cette question, qui s’est complètement renouvelée depuis plusieurs années : j’ai profité de l’occasion qui m’était offerte par l’enseignement dont j’étais chargé en 1889-90 ài là Faculté et qui a porté en partie sur les organes des sens, pour présenter un exposé critique des recherches faites depuis 1883 sur ce sujet.
J’ai d’abord étudié toutes les expériences, y compris celles que j’ai pu faire moi-même, qui ont prouvé l’indépendance des sensations thermiques et des autres sensations cutanées, en discutant leur valeur; puis j’ai essayé dé montrer par quelles voies les impressions thermiques arrivent au cerveau, utilisantici àlafois les expériences physiologiques etles faits anatomo-cliniques (syringomyélie, dissociations de la sensibilité dans l’hystérie, etc.).
Voy. aussi Section I, C, p. 10, mes expériences sur les anesthésiques lo-