CHIRURGIE GÉNÉRALE
Leçons de clinique chirurgicale.
(Hôtel-Dieu, 1901. Paris, Alcan, 1902, p. 454.)
En 1901, pendant le semestre d’été, j’eus l’honneur de remplacer à l’.Hôtcl- Dieu le Prol. Duplay en congé. Pendant six mois, j'ai fait dés cliniques chirurgicales dont quelques-unes sont publiées dans cet ouvrage. Elles portent sur les diHérents sujets que les hasards de la clientèle hospitalière avaient mis à notre disposition, et, en les parcourant, on peut voir s’y dérouler l’œuvre de clinique chirurgicale que nous avons vécu pendant la succession d’un semestre.
Elles sont au nombre de 30 et réparties en six groupes :
Pathologie générale; Chirurgie des membres; Chirurgie de la tête, du cou, du sein; Abdomen et hernie; Appareil génito-urinaire; Gynécologie.
Plusieurs de ces leçons sont moins des revues de la question que des mémoires originaux sur quelques points particuliers de la chirurgie : je citerai les leçons sur les luxations anciennes de l’épaule, les interventions pour plaies du crâne par armes à feu, Y autoplastie du seiri, les réeidives de la hernie inguinale, Yéventration traumatique, le noyau épididymaire, les localisations initiales et l’extension de la tuberculose testiculaire, Yanurie dans le cancer de l’utérus, Yhytérectomie abdominale dans le prolapsus utérin, les grandes collections séreuses pelviennes.
Toutes ces leçons ont été écrites de ma main : j’y ai inséré des photographies, des figures, des tracés de température, des examens histologiques, tout .ce qui contribue enfin à compléter l’histoire des malades et à rendre l’enseignement plus vivant et plus instructif.
Plusieurs de mes opérés ont été revus et suivis, et j’ai pu, avant la publication de ces leçons, ajouter à leurs observations la mention du résultat éloigné et
par de l’angoisse, des sueurs profuses, de la syncope, de la lenteur du pouls.
Après l’anesthésie, j’ai eu une série d’accidents insignifiants, tels que les vomissements, la céphalalgie, la rétention d’urine; celle-ci persista même une fois pendant neuf mois.
Plus graves ont été deux syncopes survenues inopinément dans la journée.
Quatre malades ont eu une réaction méningée intense, pendant quatre à six jours, avec polynucléose : ils ont cependant guéri.
Chez d’autres malades, les accidents ont été plus graves encore : l’un eut quarante-huit heures après, des accidents si graves d’intoxication que ses jours parurent en danger. Un autre est resté paraplégique. Un troisième enfin e.st mort de paraplégie, d’incontinence urinaire et fécale au bout de quelques semaines.
Ces accidents très graves ne m’ont pas permis de conserver à la raohi stovaïnisation ma confiance. L’anesthésie n’est qu’un moyen dans l’opération
De l’eucaïne en chirurgie.
En collaboration avec AI. Liiiou.
(Qazette des hôpitaux, 18 février 1897, et />• Session de l'Association française d’Urologie. Paris, Doin, 1896.)
Un des premiers en France, j’ai utilisé, pour la pratique chirurgicale, l’eucaïno. Avant d’y recourir sur le malade, j’ai étudié, par l’expérimentation sur l’animal.
J’ai constaté, avec mon élève Lihou, qu’à des propriétés anesthésiques égales, sinon supérieures à la cocaïne, le chlorhydrate d’eucaïne joint l’avantage d’une moindre toxicité; en outre, le sel est plus stable et les solutions peuvent être stérilisées par l’ébullition. Alors que 6 centigrammes de cocaïne sutflsent à tuer en trois quarts d’heure un cobaye, nous avons constaté que 8 centigrammes d’eucaïne n’amenaient qu’en une heure, et demie la mort d’un cobaye de même poids.
Depuis lors, j’ai toujours utilisé, avant la stovaïne, l’eucaïne pour toutes les opérations de la petite chirurgie; la solution dont je me servais était au centième et, pour la technique, je me suis conformé aux règles magistralement précisées par le prof. Reclus. La moindre toxicité permet d’utiliser de plus larges doses et d’obtenir une action analgésique plus énergique.
De l’aspiration par la trompe à eau. Ses applications à la chirurgie opératoire.
(Presse médicale, 1908, n" 26, p. 201.)
Il y a longtemps que l’aspiration est au service de la chirurgie; elle est une des forces les plus utiles dont nous disposons, et l’invention des aspirateurs de Potain et de Dieulafoy constitua un des progrès les plus importants de la fin du siècle dernier.
Depuis quelques années, les chirurgiens et les spécialistes ont étendu sensiblement les applications de cette force qu’est le vide ; et ils ont modifié les appareils pour les adapter à de nouvelles fonctions.
Frappé moi-même des avantages que présente une aspiration forte et continue pour un grand nombre d’opérations, j’ai, depuis dix-huit mois, organisé dans mon service un dispositif qui me permet d’utiliser scs bénéfices; et je montre ici les services que l’aspiration ainsi conçue peut rendre tous les jours à la chirurgie
Forte et continue, l’aspiration doit être à la fois l’une et l’autre pour être efficace et répondre aux applications qu’on lui impose. Pour l’appliquer je préfère la trompe à eau : c’est l’appareil le plus simple, il m’a paru le meilleur. Il se trouve partout, car, dans toute salle d’opération, il y a un robinet et un
A ce robinet est fixée la trompe ; de celle-ci part un tube, plus ou moins long, de caoutchouc souple, mais incompressible, qui aboutit à un réservoir collecteur mobile et muni de deux tubulures (flg. 42 et 43).
La résistance du tube est une condition nécessaire pour éviter l’aplatissement du conduit par la pression atmosphérique : sa souplesse n’est pas moins nécessaire, puisqu’elle permet de transporter le collecteur en divers points de la pièce. Ce dispositif comprend la^ chirurgicale de^ l’appareil, ^la partie qui.
Le reste de l’appareil est constitué par une série de canules ou de trocarts sans perforation latérale, de plusieurs modèles, droits ou courbes (fig. 43).
Pour Vhémostase, l’aspiration ne m’a pas séduit : je l’ai essayée après d’autres
l’épong^iioule voir pénétrer dans la trachée Avec l’aspiration continue, cet inconvénient n’existe pas : dés le début do l’opération, la canule angulaire est placée dans la.cavité du pharynx et maintenue en place par le chloroformisateur ou un autre aide dans un des angles de la bouche. Le sang s’y précipite au fur et à mesure de son arrivée dans le nasopharynx, il est possible de faire des ablations du
utile. Dans les collections aseptiques, comme l’est un kyste de l’ovaire, elle réalise plus vite ce que tait le gros trocart : elle vide en quelques minutes un gros kyste et évite pu l’inondation du champ opératoire qui peut résulter de la déchirure et de l’ouverture inopinée'du kyste, bu la perte de temps qui résulte de l’évacuation lente avec le trocart heül/
Pour lés collections septiques, l’aspiration est plus nécessaire encore, car, là, elle protège le malade et le milieu contre les inconvénients d’un contact impur.
Pour la plèvre, pour les pyonéphroses, pour les côllections de la vésicule biliaire distendue, pour les collections appendiculaires, elle permet de faire instantanément l’évacuation du liquide et sans que le liquide en se répandant au dehors puisse contaminer la plaie ou la salle d’opération.