T MUSCLES DE L’ŒIL
Aperçu général. — Au sujet des muscles de l’œil, nous indiquerons des cas d’ophtalmoplégie nucléaire, congénitale ou non congénitale, des paralysies traumatiques par fracture du rocher selon le mécanisme mis en evidence par M. le professeur Panas dans ses remarquables travaux sur la question, mais nous croyons surtout devoir tout particulièrement appeler l’attention sur le procédé nouveau que nous avons imaginé pour examiner et contrôler la vision binoculaire.
On trouvera ci-dessous, avec des figures à l’appui, la description de ce procédé qui nous est personnel.
i»3. Ophtalmoplégie nucléaire.
Annales de la policlinique de Bordeaux, n° 5, 1890.
Il s’agit d’un homme de 3a ans, ayant des antécédents syphilitiques. Le début de l’affection remonte en août 1889. Il fut assez brusque. Tous les muscles oculo-moteurs du côté gauche furent paralysés, y compris l’élévateur de la paupière. A la suite d’un traitement iodohydrargirique, le ptosis disparut; depuis aucune autre amélioration.
En janvier 1891, l’état est le suivant : à gauche, paralysie absolue
ia8. Ophtalmoplégie congénit
Société française d'ophtalmologie. Con|
Selon l’étendue plus ou moins grande de la vision binoculaire dans le champ du regard, cette bande de fusion est plus ou moins étendue.
Ce test de la vision binoculaire présente donc cet avantage, qu’en même temps qu’un contrôle qualitatif il comporte un contrôle quantitatif.
Nous faisons souvent ce contrôle quantitatif chez nos sujets soumis aux exercices stéréoscopiques, car il nous montre les progrès réalisés par eux. Cette bande de fusion annexée à l’observation de nos malades est donc de première importance. On peut ainsi, en quelque sorte, toucher du doigt les différentes phases par lesquelles a passé le malade avant d’arriver au rétablissement complet de la vision binoculaire.
Les quatre figures 4,5, 6, q montrent les diverses étapes par lesquelles passent les malades avant de retrouver le fusionnement complet.
Notre élève, le D r Cosse, a longuement développé ce procédé dans sa thèse inaugurale (Bordeaux 1899) sur traitement du strabisme.
i3o. Dix cas de strabisme monolatéral excessif redressé par le reculement et l’avancement musculaire.
Société de médecine et de chirurgie de Bordeaux, nü mai 1894.
La correction a été exacte dans ces dix cas. La ténotomie et \avancement musculaire ont été pratiqués sur l’œil dévié seulement. Lorsque l’œil opéré est très amblyope il n’y a pas à craindre, chez l’adulte, qu’une correction parfaite d’emblée ne soit suivie plus tard d’un strabisme
i3i. Strabisme monolatéral excessif redressé par le reculement et l’avancement musculaire, flmblyopie très forte de l’œil opéré. Amélioration après l’opération. Présentation de malade.
Société de médecine et dé chirurgie de Bordeaux, -S juin 189',.
Strabique de 26 ans avec déviation très marquée de l’œil droit que nous avons redressée par la double opération du reculement et de 1 avancement. La malade était, avant l’opération, amblyope au point qu’elle ne comptait pas même les doigts à un mètre ; depuis l’opération, elle déclare que sa vue a beaucoup augmenté. L’amblyopie existait sans lésion du fond de l’œil et sa disparition est uniquement due à l’usage que la malade a fait de son œil depuis l’intervention chirurgicale.