HÉRÉDITÉ RÉNALE
Etude « in vivo » des lésions transmises congénitalement.
Nos épreuves sont à ce sujet au nombre de 13; nous avons opéré en injectant à la mère (lapine ou cobaye) du sérum néphrotoxique ou du parenchyme rénal. Deux fois nous avons pratiqué soit une néphrectomie, soit une lésion unilatérale du rein; nous avons examiné les rejetons. Nous avons opéré de la même façon pour un dernier cas où il s'agissait d’une lapine traitée un an et demi avant par des injections de ricine; dans ce cas, le toxique avait été, évidemment, complètement éliminé avant que la femelle ne fut couverte, et les lésions retrouvées chez le fœtus ne pouvaient tenir qu’à la néphrite chronique qui s’était développée chez la mère.
Symptômes observés. — Les animaux issus de femelles ainsi traitées sont malingres , ne grandissent pas et finissent par mourir de convulsions; l’examen des urines des rejetons dénote de l’albumine'.
Examen histologique. — Nous avons étudié d’une part, le rein de fœtus ou de jeunes lapins de deux à trois jours; d’autre part, le rein des jeunes lapins ayant vécu plus longtemps.
Reins des fœtus. — Il existe des lésions de cytolyse très nettes.
Reins de jeunes lapins (25 à 35 jours). — On constate à la fois des lésions aiguës de cytolyse protoplasmique par îlots et d’autre part, des lésions chroniques définitives parcellaires, tubulaires; on note également de la glomérulite,périglomérulite, de la périartérite. (PL VI. A. B. G.).
Étude « in vitro » des liquides amniotiques.
Un liquide amniotique de lapin normal n’est pas doué in vitro de pouvoir lésionnel sur le rein de cobaye. Un liquide amniotique de lapine traitée par des injections de rein de cobaye, lèse in vitro le rein du cobaye (fig. 23 et 24).
11 existe donc dans le liquide amniotique du coÈaye, à la suite d’injections intrapéritonéales de rein, une substance nocive pour le rein de l’embryon.
BATHERY
LE REIN
4° Effets diurétiques des urines de crise (294-317).
Nous avons éludié avec Carnot lés effets diurétiques des urines de crises spontanées survenant à la suite d’une maladie infectieuse (pneumonie, ictère catarrhal, rhumatisme articulaire aigu), d’uné manifestation nerveuse, d’une néphrite, etc.
L’injection intraveineuse ou- sous-cutanée de sérum sanguin (prélevé chez des malades au moment même de la crise urinaire) à un lapin, ne nous a pas donné de résultat; la cause en est peut-être dans la faible quantité de sérum humain injectée à l’animal, afin de ne pas provoquer d’accidents.
Il n’en a pas été de même des urinés de crise qui nous ont donné des résultats fort intéressants. Nous avons expérimenté chez le cochon et chez le lapin. Les animaux étaient mis à un régime fixe pendant un long laps de temps afin d’avoir des éliminations urinaires sensiblement constantes. Celte condition expérimentale est indispensable pour avoir dès résullals-nets ; elle est souvent difficile à réaliser, certains animaux présentant toujours des éliminations irrégulières ; ils sont inutilisables dans ces expériences. Nous avons même dans cer/ains cas pu comparer chez le même animal les effets d’une urine provenant d'un malade avant et pendant sa crise. Nous avons vu sous l’influence d’une injection sous-cutanée de 50 à 80 centimètres cubes d’urine de crise, la diurèse monter de 200 à 420 centimètres cubes, l’urée passer de 3,35 à 5,10, les chlorures de 0,65 à 1,50; cette crise provoquée dure 24 heures; celte diurèse par injections d’urines de crises urinaires n’est d’ailleurs pas constante; nous ne l’avons trouvée nettement que 8 fois sur 15 cas.
Cette diurèse aqueuse et minérale ne peut être provoquée ni par la quantité de NaCl, ni par celle d’urée injectée comme nous avons pu nous en rendre compte.
On peut donc admettre l’existence de propriétés diurétiques humorales, expliquant la stimulation du rein; la polyurie critique serait provoquée par des substances diurétiques s’éliminant par le rein.
Depuis notre première communication sur ce sujet, Jean Camus
Fig. 23. — Rein de cobaye ayant séjourné-une demi-heure dars le liquide amniotique d’une lapine normale.
Imm. 1/15.
P 'r' Re , in de C0 , b ^ e a Y an t séjourné une demi-heure dans le liquide amnio¬
tique d une lapine pleine traitée par des injections intra-péritonéales de rein de
LE KEIN
et Gournay ont repris notre hypothèse sur la polyurie humorale et incriminé les corps puriques autres que l’acide urique. Des expériences confirmatives sont indispensables relativement à cette hypothèse.
5° Troubles du métabolisme à la suite de la ligature expérimentale des uretères (260).
A la suite de la suppression brusque chez le chien, de l’excrétion urinaire ne permettant une survie que de 2 à 3 jours, l’élévation du taux du sucre protéïdique dans le plasma sanguin est, parallèlement à celle du taux de l’urée, moins rapide et moins intense. Jamais nous n’avons pu observer, chez nos animaux, de chiffres de sucre protéïdique comparables à ceux que nous avons signalés chez les brightiques, chiffres pouvant dépasser trois fois le chiffre du sucre protéidique rencontré chez l’homme normal.
Ceci vient à l’appui de cette idée, que si l’azotémie est le témoin d’une élimination rénale défectueuse, comme l’a montré Widal, rhyperprotéïdoglycémie est bien le stigmate plasmatique qui révèle un trouble progressivement amené et profond du métabolisme.
6° Effets de ligatures temporaires des veines rénales (150).
Les lésions histologiques du rein et surtout du foie, consécutives à la ligature temporaire simultanée des veines rénales, sont dés phénomènes constants, mais plus ou moins accentués. Les altérations hépatiques sont plus intenses que les lésions rénales.
Les accidenLs et la mort sont des phénomènes inconstants eL le déterminisme nous en échappe encore.
7° Influence des préparations bismuthiques sur la sécrétion urinaire et l’état histologique du parenchyme rénal (296).
Les injections de préparations bismuthiques insolubles chez l’animal ne semblent pas provoquer de lésions de néphrite aiguë;,.
PERFUSION RÉNALE
même lorsque ces injections sont faites à fortes doses et lorsque le rein a été antérieurement atteint. Cependant l’existence d’une accentuation passagère delà cylindrurie (cylindres granuleux) chez des animaux en présentant avant l’injection, indique que le rein a été touché.
D’une façon générale, le chien ne semble pas présenter de lésions rénales marquées à la suite d’injections même répétées de bismuth. De même, les modifications du fonctionnement rénal (volume, azotémie, chlorures) sont peu marquées.