H1STO-PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUE
Etude comparative des lésions histologiques du rein et de son examen fonctionnel (28, 31).
Peu de travaux ont été publiés à notre connaissance, se rapportant à l’étude parallèle de l’état histologique du rein et de son état fonctionnel.
Nous avons distingué trois catégories de cas et nous avons pratiqué concurremment d’une part, l’examen fonctionnel du rein par les méthodes d’investigation moderne (azotémie, hyperprotéidoglycémie, étude de la phénol-sulfonephtaléine, recherche de la constante uréo-sécrétoire) et d’autre part à l’autopsie des sujets, l’examen histologique.
Nous distinguons trois catégories de faits :
a) Les cas d’azotémie au-dessus de 2 grammes.
b) Les cas d’azotémie varient entre 1 et 2 grammes.
c) Les cas d’azotémie inférieurs à 1 gramme.
Notre étude histologique, chez l’homme, ayant trait à des pièces recueillies 24 heures après la mort se bornera à l’exposé des lésions chroniques portant plus spécialement sur le tissu interstitiel, les artères, les glomérules. Quant à.l’élément glandulaire, il ne pourra être examiné avec fruit qu’en ce qui concerne certaines altérations chroniques, toutes les lésions protoplasmiques aiguës ne pouvant être étudiées sérieusement sur un rein d’autopsie. Aussi avonsnous laissé de côté, dans ce travail, tous les cas de néphrite aiguë humaine.
Les données fournies par l’étude experimentale chez le chien et par l’examen de pièces recueillies chez l’homme se complètent les unes les autres et semblent tout à fait concordantes.
Il est certain qu’on ne peut attendre de l’histologie pathologique, avec ses techniques encore défectueuses, opérant sur des pièces fixées, donc profondément modifiées, qu’elle nous renseigne d’une façon aussi complète que peuvent le faire les recherches biologiques et physiologiques. Nous ne pouvons raisonnablement nous attendre à voir concorder d’une façon quasi mathématique les examens histologiques et les données physiologiques.
MALADIES DU
Il est toutefois fort intéressant de voir que, dans l’ensemble, ces deux méthodes d’examen paraissent donner des résultats concordants. Jamais nous n’avons noté qu’une forte azotémie ait coïncidé avec un rein qui ne fût pas franchement et profondément altéré. Sans doute, il s’agissait là d’une azotémie non pas passagère et aiguë mais véritablement chronique, établie par des examens réitérés, effectués'à plusieurs semaines d’intervallé.
Nous apportons donc ici la confirmation histologique de la valeur de l'azotémie sur laquelle Widal et ses élèves ont si longuement insisté.
Nous insisterons également sur l’importance de la distribution insulaire des lésions, constatation sur laquelle nous nous sommes longuement étendus dans notre thèse de 1905.
Nous attirons l'attention, pour terminer, sur l’intérêt que présente l’infiltration du tissu inter-tubulaire par des fibrilles conjonctives et l’épaississement 'de la membrane basale des tubes secréteurs. Avec Lamy et André Mayer nous avons, il y a plus de 10 ans, montré le rôle des espaces intertubulaires dans l’acte secrétoire. Il est certain que la cellule sécrétrice du rein puise les éléments de sa sécrétion dansjes espaces iriler-tubulaires, qui sont eux-mêmes en relation intime avec les capillaires dont ils soutirent les différentes substances qu’ils vont soumettre à l’action de la cellule tubulaire. Si la membrane basale du tube s'épaissit et si les espaces inter-tubulaires sont comblés par du tissu conjonctif, si les capillaires eux-mêmes sont ainsi étouffés, l’acte secrétoire se fera de plus en plus difficilement. De même, les parenchymes glandulaires subissent des transformations importantes comme la raréfaction ou la disparition des mitochondries, comme l’atrophie tubulaire ; On comprend ainsi pourquoi la cellule rénale, douée d’un véritable pouvoir de sélection sur les éléments du sang qu’elle choisit et concentre, passe de l’état de glande à l’état de simple filtre inerte plus ou moins perméable.
On s’explique ainsi que les altérations paraissant de peu d’importance au premier abord puissent déterminer des troubles fonctionnels accusés.
On n’oubliera pas qu’un rein, même très lésé, continue à fonctionner, imparfaitement sans doute, car une absence de fonctionne-