II. — DIABÈTE
Nous exposerons successivement nos travaux sur :
1» Les symptômes et les formes cliniques du diabète ;
-2° La physiologie pathologique ;
3° Le traitement.
Nous laisserons de côté ici tous nos. travaux purement didactiques ; nous n’insisterons que sur nos travaux originaux et nous ferons même un choix parmi ces derniers dont on pourra voir la nomenclature au sommaire de nos publications.
I SYMPTOMES ET FORMES CLINIQUES DU DIABÈTE (93, 107, 110, 152, 101, 190, 257)
Nous avons exposé tou Le la partie clinique du diabète dans nos deux livres sur le diabète sucré (257 et 190), et dans des articles didactiques parus dans le Manuel de Médecine.
Nous n’insisterons ici que sur nos recherches originales
Formes cliniques du diabète (152).
Nous reportant aux observations très nettes données autrefois, par Bouchardat, nous divisons, au point de vue clinique, etmous le verrons plus loin au point de vue thérapeutique le diabète en deux grandes formes.
Celte division est basée sur l’étude du coefficient d’assimilation hydrocarbonée.
a) Le diabète simple. — De beaucoup le plus commun. Le sujet ne peut assimiler qu’une quantité restreinte d’H de C; il suffit de lui diminuer ses féculents pour que la glycosurie disparaisse. L’abaissement du taux d’assimilation pour les H de C n’excède pas
DIABÈTE
la limite qui permet, par une adjonction raisonnée de graisses et d’albuminoïdes d 'assurer la ration d’pntrelien et de conserver l’équilibre de la ration. La parfaite réalisation de ces deux conditions se manifeste, malgré la restriction des H de C, par la conservation du poids et l’absence de phénomènes d’acidose.
b) Le diabète consomptif. — Le coefficient d’assimilation pour les H de C sans être nul, est à ce point abaissé qu’on ne peut pas par adjonction de graisses et d’albuminoïdes arriver à maintenir le poids et à empêcher l’excrétion de corps acétoniques; il y a déséquilibre dans la ration. Cette forme, de beaucoup la plus grave, se caractérise par la persistance de la glycosurie, malgré un régime sévère très pauvre en H de C, par l’amaigrissement progressif et enfin par les signes d’acidose.
Il faut rejeter les dénominations de diabète gras et de diabète maigre qui ne s’appuient sur aucune donnée précise.
Diabète intermittent (161). Diabète à minima.
Nous distinguons les diabètes intermittents à courts et à longs termes, les diabètes intermittents réguliers, et irréguliers; nous discutons la cause e.t la valeur séméiologique de ces différents types, et nous arrivons à cette conclusion que le clinicien devra toujours se méfier d’une glycosurie, même intermittente, même passagère et fugace.
Glycosuries des blessés de guerre (181).
Nous trouvant à un moment pendant la guerre à la tète d’un hôpital tout proche du front, nous recevions les blessés très peu de temps (2 à 3 heures) après leur traumatisme ; nous avons pu ainsi rechercher les effets de ces traumatismes sur les premières mictions survenant après ceux-ci et suivre l’évolution des glycosuries qui peuvent se produire. Sur 1.412 blessés examinés, nous avons observé 60 cas de glycosurie, soit 4, 24 p. 100. L’étendue du traumatisme, le nombre des blessures semblent avoir plus d’importance que leur gravité; cependant les grands commotionnés n’ont jamais