MÉTABOLISME DES HYDRATES DE CARBONE
A. — Métabolisme des hydrates de carbone.
Coefficient d’assimilation hydrocarbonée :
Coefficient quantitatif et qualitatif (132).
On appelle coefficient d’assimilation hydrocarbonée la quantité d’hydrates de carbone qu’un diabétique peut ingérer sans présenter de glycosurie; le coefficient d’assimilation est différent d’un diabétique à un autre et il subit chez un même diabétique des variations à long terme et à court terme. "
Il existe deux variétés de coefficient d’assimilation pour les H de C. : le coefficient quantitatif el le coefficient qualitatif. Tout diabétique, comme l’avait indiqué Bouchardat, a son coefficient personnel d’utilisation des H. de G.; au point de vue quanti atif comme au point de vue qualitatif, « chaque malade a son équation idiosyncrasique pour chaque aliment glycogénique en particulier » .
Tolérance paradoxale du diabétique pour les H. de 0. (162)
La tolérance paradoxale hydrocarbonée (qui constitue une exception à la règle habituelle) réside dans ce fait qu'un dmbéBque, W ne peut supporter qu’une quantité déterminée d H. de C. sans de glycosurie, pourra ingérer une quantité de beaucoup supérieur à sa limite de tolérance, sans voir sa glycosurie s’élever en proportion directe delà dose prise. Nous distinguons la tolérance paradoxale secondaire qui dépend de la qualité de l’H. de C. ingéré et du régime azoté suivi et la tolérance paradoxale primitive dont le mécanisme paraît plus complexe au point de vue thérapeutique. Cette tolérance paradoxale est importante à connaître ; si. e îa tique a un coefficient relativement élevé, mieux vaut le maintenir aglycosurique; si le diabétique a un coefficient assez bas, mieux vaut lui donner un régime moins sévère tout en le laissant legerement glycosurique. Pour le diabète consomptif, il y a tout intérêt à profiter de cette tolérance paradoxale.
DIABÈTE
Valeur de la pomme de terre comme aliment chez le diabétique (114-119-145-146).
Nous avons étudié systématiquement dans une série de publications la valeur de la pomme de terre dans l’alimentation du diabétique. A la suite d’une communication retentissante de Dujardin- Beaumetz et des travaux de Mossé, on a tendance à permettre aux diabétiques la pomme de terre sans en limiter la dose; on a même dit qu’il existait une véritable cure parmenlière dans le diabète.
Voici les conclusions auxquelles nous sommes arrivé :
1° Chez le plus grand nombre de diabétiques, la pomme de terre doit être considérée comme un aliment comparable à n'importe quel hydrate de carbone. Elle doit être administrée en se basant sur les règles émises par Bouchardat pour toute nourriture renfermant des H. de C.
On sait que la pomme de terre renferme beaucoup d’eau; sous un fort volume, elle ne contient donc qu’une quantité relativement peu élevée d’H.de C. (environ 20 grammes pour 100); il en résulte que si on prend la pomme de terre au prorata des H. de C. qu’elle renferme, on pourra donner au diabétique pour une même dose d’H. de C. une quantité beaucoup plus élevée par exemple de pommes de terre que de pain.
20 grammes d’H. de C. — 100 grammes de pommes de terre = 38 grammes de pain.
2" La pomme de terre semble jouir, dans certains cas, de propriétés d’assimilation qui lui sont particulières.
A dose égale d’H. de C. certains diabétiques supportent mieux la pomme de terre que le pain.
Il ne s’agit ici, en réalité, que d’une des nombreuses applications de cette loi générale de Bouchardat : « Chaque malade à son équation idiosyncrasique pour chaque aliment glycogénique en particulier ». Il est inexact de dire que c’est toujours la pomme de terre qui est la mieux tolérée des féculents; le fait est fréquent, mais non constant; nous avons observé maints diabétiques qui supportaient
LEVULOSE
mieux à doses égales d’H. deC. le pain, d’autres les fruits, d’autres les légumes secs, etc.
Régime lacté (158).
Le lait se comporte chez le diabétique comme tout aliment hydrôcarboné, c’est-à-dire qu’il possède son coefficient quantitatif et qualitatif à'assimilation. Il doit donc être prescrit au diabétique d’une façon générale au prorata de la quantité d’H. de G. quil renferme. Il existe cependant quelques indications spéciales du régime lacté.
Lévulose
Diabète, acide (3 oxybutyrique et lévulose (274).
Les divers sucres ne sont pas indifféremment interchangeables dans la ration; l’équilibre de l’organisme demeure, dans une certaine mesure, conditionné par la structure moléculaire de 1 aliment. Il est devenu nécessaire de considérer une spécificité alimentaire, au sens chimique du mot.
L’ingestion de lévulose permet de remédier à certains accidents du métabolisme; son emploi, chez le diabétique, en général, fournit un moyen de prévenir et de combattre l’élimination de 1 acide (3oxybutyrique. La tolérance hydrocarbonée d’un diabétique étant déterminée, il suffit de faire entrer, pour une part, associé à des phosphates et au facteur B, le lévulose dans la quantité maxima d’hydrates de carbone que le malade peut encore assimiler.
Quand l’organisme diabétique présente une incapacité presque complète à transformer le dextrose en glycogène, il conserve encore la faculté d’intervertir la polarité de certains sucres lévogyres, le rf-fructose en particulier, et d’en faire du glycogène droit (Minkowski, von Noorden). Il est donc logique de penser que les hexoses, avant de s’accumuler dans l’organisme à l’état de glycogène passent par des phases successives d’isomérisation et d’énolisation et qu’au cours de ces étapes successives, le lévulose se trouve moins
éloigné du glycogène que le d-glucose (Cremer, de Meyer, Isaac)-.
D’autre part, site diabétique acidosique utilise mal l’acide (3-oxybutyrique gauche qu’il élimine constamment, il reste toutefois capable de brûler la forme droite de cet acide.
L’hypothèse, émise par Marriott, d’un rapport de cause à effet entre l’absence de glycogène, chez certains diabétiques, et le manque d’utilisation, de l’acide lévogyre, est plausible. Il suffit d’admettre que le métabolisme de l’acide /-(3-oxybutyrique est conditionné par un blocage préalable avec la forme a du d-glucose, forme qui est fournie de façon incessante à l’organisme par la désintégration du glycogène. Celui-ci, en effet, est susceptible de donner successivement un glucobiose a et les deux formes tautomères a et p du dglucose. Cette hypothèse expliquerait également pourquoi, dans les expériences de perfusion (Embden et Wirth), avec un même corps cétogène, on obtient, suivant la richesse en glycogène du foie perfusé, plus ou moins de « corps acétoniques ».
Si celte hypothèse est fondée, l’ingestion de lévulose doit amener une diminution dans l’élimination de l’acide (3-oxybutyrique, chez le diabétique acidosique. C’est ce que l’expérience démontre.
Le lévulose dans le traitement du diabète (274, 276, 282).
Nos travaux ont porté d’une part, sur les modifications du coefficient d’assimilation hydrocarbonéé chez le diabétique simple et le diabétique consomptif; d’autre part, sur les variations d’élimination des « corps acétoniques » et de l’acide (3-oxybutyrique chez le diabétique acidosique.
Chaque diabétique possède vis-à-vis du lévulose une capacité d’assimilation plus ou moins marquée; certains sujets assimilent mieux le lévulose que le glucose.
Ce problème de l’ulilisation du lévulose chez le diabétique a déjà fait l’objet d’un certain nombre de travaux (Kulz, Minkowski, Achard, etc.).