C. — Métabolisme des graisses chez les diabétiques
Les corps gras dans la ration du diabétique (325-331).
1° Les proportions de corps gras dans un même régime doivent varier avec les divers malades.
Nous concluons de nos recherches :
a) Que chez les diabétiques dont la tolérance hydrocarbonée est très faible, et par suite l’acétonurie importante, les variations de la quantité de graisses contenues dans la ration influent d’une façon lrès|nette sur la grandeur d’excrétion du taux des corps acétoniques et de l’acide cétogène.
b) Qu’il existe, pour chaque sujet, une quantité optima de graisses
régimes équilibrés
en relation avec la quantité d’albuminoïdes et d H. de C. renfermés dans la ration; les effets provenant de l’adjonction des corps gras sont en relation intime avec le degré du trouble nutritif et la composition de la ration ; on s’explique ainsi les variations individuelles.
2° La structure chimique des corps gras, contenus dans la ration, influe sur les effets produits chez les diabétiques.
Nous avons comparé l’effet du beurre riche en acides pairs (oléique, palmitique, myristique, etc.) et celui de la graisse synthétique de Kahn « Marvin fat », glycénde d’un acide impair (ma -
^oTpeut admettre, d’une façon générale, que l’élimination des corps cétoniques et surtout de l’acide cétogène est beaucoup plus marquée après l’ingestion de corps gras, tels que le beurre qu’après celle de 1 'Marvin fat.
D. — Régimes équilibrés (261, 264, 268, 273, 277, 318).
. Nous avons insisté, les premiers avec A. Desgrez et H. Bierry, sur la nécessité de rapports entre les protéines, les graisses et les hydrates de carbone de la ration, rapports variables avec la structure et la fonction chimique des constituants : nous avons, en outre, montré que, dans les quantités minima d’aliments azotes, hydrocarbonés et lipéiques de la ration d’entretien, la proportion indispensable d’aliments de chacun des trois groupes dépend de celle des deux autres, et, qu’en somme, les minima sont mobiles et
liés entre eux. , .
Étendues aux diabétiques, ces recherches nous ont conduits a établir dès 1921, ce que nous avons appelé les régimes équilibrés. Dans ces régimes, les protéines, les hydrates de carbone et les graisses doivent figurer en proportions telles que, tout en satisfaisant les équilibres azoté et cétogénique, la ration apporte
encore un nombre convenable de calories.
L’École américaine (Allen, Joslin, etc.) a d’abord conseillé 1 abstention de toute graisse, dans le régime du diabétique, pour la raison que ces substances sont génératrices de corps acétomques. D’autres auteurs (Petren, Newburgh et Marsh, etc.) ont préconisé
des quantités importantes de corps gras et des proportions extrêmement faibles de protéines.
Nous ne saurions souscrire à cet exclusivisme : l 'équilibre entre les divers constituants de la ration peut seul fournir un régime satisfaisant, dans les formes simples ou graves du diabète. Le régime, constituant le traitement de fond de cette maladie — qu’on y ajoute ou non la cure d’insuline — a donc une importance de premier ordre.
Corps gras et régimes équilibrés.
1° Chaque malade a besoin d’une quantité de corps gras qui lui est propre, mais qui est, en général, relativement faible dans les formes graves du diabète. La quantité de graisses à introduire dans la ration des diabétiques dépend de la constitution chimique de ces substances et de la proportion relative des protéines et des hydrates de carbone ;
2° Le bilan des hydrates de carbone, tel qu’il est établi en clinique, de même que la marche de la glycosurie, ne donnent qu’une idée incomplète du métabolisme intégral des substances génératrices-de sucre;
3o Dans le diabète grave, les régimes équilibrés doivent être établis, pour chaque sujet, d’après les analyses de sang et d’urine, portant sur l’azote total, le sucre, l’acide p-oxybulyrique et les corps cétoniques, le dosage seul de ces derniers étant notoirement insuffisant ;
4° Même avec le concours de l’insuline, nous n’avons pu observer que très exceptionnellement la disparition totale de l'acide ^-oxybutyrique, dans les formes graves du diabète consomplif.
Il est non douteux cependant que, grâce à l’insuline, on peut élever la quantité de graisses du régime et cela par suite de l’élévation du Coefficient des H. de C.
Régime équilibré et acidose diabétique.
Avec une ration bien équilibrée et adaptée à chaque cas, l’élimination du glucose- et des « corps acétoniques » peut, chez le