‹ Titres et travaux scientifiquesChapitre 16 sur 22 · REIN ET VESSIE DANS LES DEUX SEXES URÈTRE CHEZ LA FEMME · texte numérisé non relu

REIN ET VESSIE DANS LES DEUX SEXES URÈTRE CHEZ LA FEMME

Un cas de rein flottant. In Thèse Bartet, Paris 1883.

Trois observations de rein mobile. Buret, Thèse de Bordeaux 1893.

Echalote sauvage introduite dans la vessie à travers l’urètre chez un homme. Cystite purulente et très douloureuse. Extraction du corps étranger intra-vésical par l’urétrotomie externe. Société d’anat. et de physiol. de Bordeaux, 1891.

Calcul extrait par la taille hypogastrique. Soc. d’anat. et de physiol. de Bordeaux, 28 novembre 1892.

De la suture de la vessie. Soc. cle méd. et de chir. de Bordeaux,

2 mars 1894.

J’ai expérimenté sur le chien et trois fois sur le vivant, pour la suture de la vessie, le procédé suivant, imité de celui de Ghaput pour l’entérorraphie, procédé de l’abrasion: 1° excision d’une petite portion de la muqueuse vésicale ; 2° suture des surfaces cruentées ; 3° suture, par-dessus, de la face externe de là vessie avec ou sans péritoine, suivant les cas.

Ce procédé qui permet de rapprocher et de suturer des surfaces larges et saignantes m’a donné de bons résultats.

Du prolapsus de la muqueuse de l’urètre par l’orifice du méat chez la femme. Soc. clinique de Paris, 1885.

Prolapsus de la muqueuse de la vessie à travers l’urètre chez la femme. Académie de médecine de Paris, octobre 1904.

Observation fort intéressante, que je résume en quelques mots :

En 1896, M me X... commence à éprouver une certaine gêne dans la miction et quelques douleurs dans la région rénale droite. Quelque temps après, je constate que le rein droit est un peu volumineux. En 1900, rétention complète d’urine: ayant déjà constaté un rein volumineux, je me demandais si la rétention d’urine n’était pas duc à une coudure do l’uretère. Au mois de février 1902, la malade éprouve subitement la sensation d’un corps étranger qui parcourt le canal de l’urètre et vient sortir à l’extérieur ; elle porte la main dans la région du méat' urinaire et y constate la présence d’une petite boule de chair qu’elle cherche à arracher. Cette petite boule de chair finit par disparaître pour revenir trois semaines plus tard. Puis,

elle faisait une nou velle apparition tous les huit jours environ ; quelquefois elle sortait deux ou trois fois dans la même journée. La petite tumeur disparaissait subitement, facilement, sous la pression exercée avec les doigts par la malade elle-même ; chaque fois qu’elle sortait elle déterminait de très vives douleurs.

La malade ne m’avait pas parlé de cette tumeur qui sortait par intermittence. Ce ne fut qu’au mois de mai que je pus la constater, avec M. le Professeur Lefour, qui avait vu aussi ma malade. Arrivés au moment d’une des crises qui accompagnaient la sortie de la tumeur, nous trouvâmes la malade très énervée, se tordant de douleur dans un fauteuil ; après l’avoir placée sur son lit en position gynécologique, nous constatons, en effet, l’existence d’une tumeur, arrondie, du volume d’une très grosse noisette, de coloration rouge, d’aspect rappelant bien celui d’une muqueuse congestionnée, siégeant à la partie supérieure de la vulve. A la palpation, elle donna la sensation d’une masse molle et dépressible ; en la soulevant et rabaissant, en la repoussant à droite et à gauche, on voyait nettement qu’elle sortait de l’urètre ; un stylet enfoncé entre ce canal et la tumeur pénétrait profondément sans trouver d’obstacle. J’ajoute que la pression sur la tumeur augmentait la crise douloureuse.

Notre diagnostic fut posé immédiatement ; l’aspect de la tumeur et sa mollesse permettaient d’établir qu’il s’agissait non d’une véritable tumeur, mais d’un prolapsus d’une muqueuse. On ne pouvait songer qu’à un prolapsus de l’urètre ou de la muqueuse de la vessie. Or, dans le cas de prolapsus de la muqueuse urétrale, on voit un orifice au centre de la tumeur ; en outre, un stylet introduit entre les parois du canal et la masse du prolapsus est aussitôt arrêté par le repli de la muqueuse. L’examen nous avait révélé, par contre, que la petite tumeur était unie dans toute son étendue et qu’elle était indépendante du canal. Donc, nous pouvions affirmer qu’il s’agissait d’une chute de la muqueuse vésicale.

L’examen terminé, la tumeur fut facilement réduite par une légère pression des doigts ; elle rentra comme rentrent les hernies facilement réductibles.

Opération. — Nous proposâmes une intervention à M me X..., qui accepta avec empressement, espérant enfin toucher au terme de ses longues misères.

Cette opération fut pratiquée le mercredi 11 juin 1902, avec le bienveillant et précieux concours du Professeur Lefour. Anesthésie au chloroforme ; injection intra-vésicale pour dilater la vessie ; la malade est placée dans la position de Trendelenburg.

Je pratique la taille sus-pubienne. Un doigt introduit dans la vessie y reconnaît l’existence d’une masse mollasse fixée à la partie droite de l’organe.

Après avoir agrandi l’incision vésicale et écarté les parois de la vessie, nous voyons nettement une languette rougeâtre, longue de 5 centimètres environ, large à sa base de 6 centimètres. Cette base ou pédicule s’implantait sur la partie latérale droite de la vessie, empiétant un peu sur la paroi inférieure et se trouvait située à 2 centimètres de l’orifice urétral.

La languette vésicale est attirée au moyen de pinces de Kocher et sectionnée à la base d’implantation; les lèvres de l’incision sont suturées au catgut. Toute la muqueuse vésicale est congestionnée, mais on ne trouve aucune lésion.

Suture totale de la vessie au catgut également. Suture de la paroi abdominale à deux étages; un orifice est ménagé à la partie inférieure pour le passage d’un petit drain dont 1 extrémité interne plonge dans l’espace pré-vésical.

Pansement à la gaze et à la ouate stérilisées. Une sonde en caoutchouc rouge est placée à demeure dans la vessie. Le lambeau muqueux extirpé n’offre aucune lésion macroscopique; il rappelle le lambeau vaginal que l’on taille dans la colpopérinéorraphie.

Les suites de l’opération furent troublées par quelques incidents, surtout par des crises vésicales assez violentes.

Le résultat fut excellent. Les douleurs de rein ont disparu, la miction est devenue normale ; la malade a beaucoup engraissé, elle peut faire des marches assez longues, elle se sent vivre, pour se servir de sa propre expression. La cicatrice abdominale est à peine visible.

A propos de cette observation, j’ai étudié la question du prolapsus de la muqueuse de la vessie, qui n’a été observé que chez la femme.

Les observations étiquetées prolapsus de la muqueuse de la vessie à travers l’urètre, au nombre de six, ne sont pas toutes probantes. On ne peut guère en accepter comme réelles qu’une ou deux.

La pathogénie de l’affection a été fort discutée ; la plupart des explications me paraissent un peu forcées. Je pense que pour le moment il n’y a pas une théorie pouvant expliquer le prolapsus de la muqueuse de la vessie et j’admets simplement que ce prolapsus reconnaît pour cause une laxité spéciale de la muqueuse, la dilatabilité du col et de l’urètre. Lorsque le décollement existe, les efforts de la miction ne font que l’augmenter.

Il faut distinguer deux périodes ou phases dans la symptomatologie: 1° période de début, caractérisée par: gêne de la miction, douleurs vésicales, interruption dans le jet de l’urine, rétention même, douleurs rénales; 2° période d’état: apparition subite d’une tumeur à la partie supérieure de la vulve ; voilà le signe pathognomonique. Cette tumeur présente les caractères que j’ai signalés dans mon observation.

Le diagnostic, on le devine, est à peu près impossible dans la période de début. On peut songer alors à différentes affections de la vessie et des reins.

Dans la deuxième période, lorsqu’il y a apparition d’une tumeur, on devra faire le diagnostic ayec : la hernie totale de la vessie, une tumeur pédiculée de la vessie, un polype de l’urètre, le prolapsus de la muqueuse de l’urètre.

L’intervention, dans les cas de prolapsus de la muqueuse vésicale, peut être pratiquée par deux voies: a) par les voies naturelles, à travers l’urètre; b) par l’abdomen, c’est-à-dire à travers la vessie.

Lorsque le pédicule de la tumeur est mince, que l’urètre est dilaté ou se prête suffisamment à la dilatation, on peut saisir la tumeur, l’attirer au dehors et sectionner son pédicule.

Mais cette méthode ne convient pas à tous les cas. Si la

tumeur a un pédicule court, une large base d’implantation ; si l’on ne peut obtenir une dilatation suffisante de l’urètre, on ne peut enlever la tumeur par les voies naturelles, on doit pratiquer la taille sus-pubienne. Cette opération offre de grands avantages: l’opérateur se rend mieux compte de la forme, du siège de la tumeur; il surveille mieux toutes ses manœuvres opératoires, il voit bien ce qu’il fait.

Empalement périnéal. Perforation du rectum et de la vessie. Intervention. Guérison. Soc. de méd. et de cliir. de Bordeaux, 1905.

A la suite d’un empalement, un homme rendait les urines par l’anus et des matières fécales par l’urètre. Après avoir pratiqué la taille hypogastrique, je suturai la fistule vésico-rectale et j'eus le bonheur de guérir mon malade.

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