LES RUPTURES SPONTANÉES DES ARTÈRES
Gharité (P r Reclus), 1906-1906 et du laboratoire de M. Letulle, professeur agrégé à la Faculté, médecin de l’hôpital Boucicaut (en collaboration avec mon maître M. le D p Lbtuli.e). Mémoire lu à la Socilé Anatomique le 20 mai 1910.
Ces recherches ont eu pour point de départ un cas de rupture spontanée de l’artère fémorale, observé dans le service de mon maître M. le D r Walther à la Pitié en 1903 et présenté par lui à la Société de chirurgie. Je voulais en faire l’objet de mon mémoire de concours pour la médaille d’or d’internat. J’ai dû abandonner alors ce projet, ces. laborieuses expériences m’ayant paru insuffisamment démonstratives ; je les ai continuées depuis.
Le sujet observé à la Pitié, salle Broca, avait 65 ans. Bien portant, ni alcoolique, ni fumeur, ni syphilitique, il ressent brusquement, un jour, en marchant tranquillement, une sensation de déchirure et de brûlure à la partie moyenne de la cuisse droite. Il rentre chez lui tirant la jambe, se couche. Les jours suivants, il essaie de se lever. Il remarque une « enflure chaude » dans la région du moyen adducteur. Il entre à l’hôpital, l’externe du service fait le diagnostic de phlegmon. Mais, à un examen plus complet, on porte le diagnostic d’anévrisme diffus.
L’opération pratiquée par M. le D r Walther montre la rupture de l’artère. Le segment rompu est isolé entre deux ligatures, puis réséqué largement, de peur que l’artère ne soit lésée dans le voisinage du point de rupture. Les suites opératoires sont d’abord excellentes, mais la cicatrisation se fait mal ; il reste, à la partie inférieure de l’incision, une ulcération atone, des dimensions d’une pièce de cinq francs.
sion moindre de 8 atmosphères. Jamais, même sar des sujets âgés, je n’ai pu obtenir de rupture à moins de i atm, 8.
Chez notre sujet, il n’y avait pas d’athérome généralisé, il y avait .seulement lésion locale, comme nous le montrèrent les
Voici le résumé de l’examen histologique, le premier qui ait jamais été fait, croyons-nous, d’une rupture artérielle :
Un premier point, capital, c’est que l’artère n’est malade que sur une étenduede 10 à ra millimètres de chaque côté du foyer de rupture. Au delà, elle est remarquablement saine.
Au niveau de la rupture, les altérations du vaisseau sont de deux
une époque déjà ancienne, les autres sont toutes récentes et en rapport avec l’effraction de l’artère par le sang.
La membrane interne est sur toute l’étendue des coupes longitudinales, i5 millimètres environ, le siège d’une sclérose élastigène notable.
L 'endothélium du vaisseau a disparu par desquamation accidentelle, sauf en un point, tout proche de la rupture, où l’on trouve, accolé à la surface interne du vaisseau, un long et mince caillot fort adhérent, composé de fibrine hyaline, de leucocytes mal colorables et de globules rouges déformés. Au milieu de ce thrombus récent, l’orcéine colore d’ailleurs quelques fragments de fibres élastiques réunies par îlots onduleux et appartenant à la membrane interne dilacérée par effraction soudaine, au moment du raptus hémorragique.
La couche sous-endothéliale de la membrane interne est doublée ou triplée de volume par le développement de lamelles de fibrilles élastiques fines, serrées, parallèles entre elles et à la surface interne du vaisseau. En aucun point, sur aucune des coupes examinées, il n’y avait trace de dégénérescence graisseuse des cellules fixes de la couche sous-endothéliale ; par conséquent, ce n’est pas à Vathérome proprement dit qu’il faudra s’en prendre pour expliquer la déchirure de h membrane interne. Aucun bourbillon athéromateux, aucune plaque calcaire, aucun vaisseau de nouvelle formation, ne
ches péri-mésartérielles communes aux artérites chroniques n’apparait.
L’examen détaillé de la coupe montre que les lèvres de la plaie de rupture sont le siège d’un processus inflammatoire néo-conjonctif fort étendu. Ce processus est-il primitif ou secondaire à la rupture, dû à une réaction de la paroi déchirée ?
Après discussion, il nous paraît que ce processus est vraisemblablement primitif, cause et non conséquence de la rupture, et nous pouvons dire :
L’artère fémorale s’est rompue en un point altéré précédemment
reconnu sur le lapin la transformation dégénérative, pseudo-athéromateuse, des artérites toxi-infectieuses.
Je n’ai pas connaissance que d’antres expérimentateurs aient réussi à produire des ruptures d’artères, en provoquant une lésion chronique.
Et il nous faut adjoindre aux résultats très incomplets de l’expé-