C. — AiNATOMIE GÉIVÉRALE ET HISTOLOGIE
Jusqu’en 1898, j’ai été chargé de l’enseignement de l’bistologie à TÈcole d’Alfort. Au moment où cet enseignement m’a été confié, il se bornait à quelques notions élémentaires, purement théoriques ; les travaux pratiques de micrographie n’existaient pas, et le personnel enseignant lui-même se tenait, à quelques exceptions près, à l’écart des recherches histologiques. Depuis un certain nombre d’an-
nées, cependant, les travaux de ce genre avaient repris, en France, un nouvel essor, au grand profit de la biologie et, en particulier, de la médecine. Je me suis donné la tâche de développer cet enseignement â l’École, et de pourvoir ma chaire d’un laboratoire bien outillé, dans lequel les élèves pourraient, pendant le semestre d’été, suivre des exercices pratiques comparables, par le nombre et la durée, â ceux de dissection accomplis pendant le semestre d’hiver. Ce laboratoire n’a été achevé et n’a commencé à fonctionner qu’à partir de 1882; depuis celte époque, il s’est continuellement développé et a permis de compléter, sur un point fort important, l’instruction technique de nos élèves. Je revendique l’honneur d’en avoir conçu et obtenu la création.
Anatomie générale des muqueuses {61).
Travail de vulgarisation portant à la fois sur l’anatomie générale, la physiologie et l’anatomie pathologique, dans lequel se trouvent exposées les notions alors acquises sur la structure, le rôle et les altérations des membranes muqueuses.
Anatomie générale des muscles {62).
Travail analogue au précédent, conçu et rédigé dans le même esprit et dans le même but.
Anatomie générale des nerfs {70).
11 s’agit également d’une étude de vulgarisation. Je résumé les notions acquises sur les nerfs dans ce qu’ils ont de commun et de très général, tant sous le rapport de l’anatomie que sous celui de la physiologie.
A propos de la structure et du développement des productians cornées des mammifères domestiques (100).
C’est une note fort intéressante démon collègue, M. le professeur Lesbre, sur ce point, qui m’a fourni l’occasion de faire connaître les résultats de quelques recherches personnelles entreprises suite même sujet.
En ce qui concerne l'éléidine et la substance onychogène, dont M. Ranvier a signalé la présence dans les téguments ou dans les productions cornées, je confirme les observations de M. Lesbre, qui considère ces produits comme différant surtout par leurs propriétés physiques et correspondant ii deux stades particuliers, peut-être successifs, de kératinisation. Mais j’ai soutenu contre lui l’opinion que la proportion d’éléidine qu’on peut observer n’est pas toujours en rapport avec le degré de kératinisation, pas plus que la proportion de substance onychogène. J’ai vu, i plusieurs reprises, dans des papillomes mous des lèvres, chez le chien, des formations éléidiqucs extrêmement riches, alors qu’on en trouve difficilement dans la paroi du sabot, chez le foetus, dont la corne est encore d'une très grande mollesse, même quand l’ongle reste exposé pendant plusieurs jours au contact de l’air.
Dans la production cornée, connue sous le nom de châtaigne, contrairement à ce qu’a vu M. Lesbre, j’ai trouvé dos papilles composées et non pas filiformes, comme il le dit.
Enfin je ne crois pas que, dans le sabot du cheval, la mince couche cellulaire qui sépare le kéraphylle du podophylle soit assimilable à un simple épiderme, comme le veut .\1. Lesbre. J’émets l’avis qu’il s’agit d’un épiderme kératinisé à la surface, dans les points où il s’unit aux feuillets kéraphylleux ; sur les coupes, il me parait presque impossible de dire où finit la formation podopliyllienne et où commence la kéraphyllienne; il y a fusion intime entre elles, avec kératinisation réelle et progressive des cellules à mesure qu’on se rapproche des feuillets cornés. De ce que, ù l’état physiologique, l’action kératogène du podophylle est très faible, juste nécessaire
pour fabriquer quelques assises cornées, malléables et adhésives, assurant l’union de la paroi ii la surface podophyllienne, il ne s’ensuit pas qu’elle soit absolument nulle. J’ai failles plus grandes réserves il cet égard.
Sur la structure et les fonctions du podophylle (121).
A l’occasion de la discussion d’un rapport de mon confrère, M. Delpérier, le prétexte m’a été fourni d’indiquer de nouvelles recherches concernant la structure et les fonctions du podophylle et d'affirmer nettement les opinions que j’avais émises auparavant il propos des observations de M. Lesbre. Je déclare que le podophylle produit normalement des éléments épidermiques, qui se kératinisent progressivement, se soudent entre eux et s’unissent de même aux éléments épidermiques kératinisés, élaborés par les papilles du bourrelet; — que la formation podophyllienne est tout aussi continue que la formation cutidurienne ; — que la pousse de la paroi entraîne le kéraphylle et excite le podophylle à fabriquer par sa couche génératrice de nouveaux éléments destinés à remplacer ceux que l’usure a emportés; — que la fonction kératogène est une, quel que soit le point considéré de la membrane kératogène, bien qu’à des degrés divers d’intensité; — que l’aspect tabulé ou lamelleux de la corne ne dépend que de la forme de la matrice où elle s'élabore : là, ce sont des papilles qui engendrent des tubes; à côté, des surfaces interpapillaires planes qui produisent la corne intertubulaire; ailleurs, des lames qui fabriquent la corne lamelleuse; — que toujours les éléments kératinisés s’orientent parallèlement aux surfaces recouvertes ou enveloppées, et qu’ils se kératinisent d’autant plus qu’ils sont plus éloignés de leur couche génératrice.
Du foie noir chez les moutons russes (11).
Les moutons qui, vers 1877, étaient amenés au Marché de la Villette, sous le nom de moutons russes et qui, d'après M. le professeur
Sanson, provenaient en réalité des provinces danubiennes, roumaines et ottomanes, étaient remarquables par leur taille élevée, leurs formes anguleuses, et surtout par la pigmentation générale de leur peau, de leurs orifices naturels et de leur toison. Mes confrères, MM. Marcelin et Villain, frappés de la coloration noir bleuâtre de leur foie, m’ont fourni l’occasion d’en déterminer la cause. J’ai reconnu qu’elle provenait d’une pigmentation intense du corps des cellules hépatiques les plus rapprochées de la périphériedes lobules delà glande, c’est-â-dire des espaces interlobulaires; cette pigmentation allait en décroissant fortement d'intensité de la périphérie au centre de chaque lobule, en sorte que celui-ci se montrait, même à l’œil nu. parfailemeiil séparé des lobules voisins. Si l’on rapproche cette constatation d’une observation analogue faite par mon collègue, M. le professeur llailliet, sur le foie des chevaux atteints de mélanose interne généralisée, on est frappé de la relation qui parait exister entre la surabondance do la matière pigmentaire dans l’organisme et l’aptitude des éléments du foie à l’accumuler... peut-être à la détruire.