TÉRATOLOGIE
La tératologie est l’une des branches des études vétérinaires qiii ressortissent à la chaire dont je suis devenu le titulaire. Dès mes débuts dans l’enseignement, j’ai saisi toutes les occasions qui m’ont été offertes de disséquer les sujets anormaux envoyés à l’École d’Alfort, et j’en ai conservé un certain nombre qui fout partie des collections
Description anatomique d’un monstre du genre célosoine (1 j.
Cette observation a fait l’objet d’un mémoire dans lequel j’ai indiqué les particularités anatomiques qui caractérisent ce genre de monstres. Le sujet qui m’a servi à le rédiger offrait, en outre, une malformation très rare chez les animaux : une fissure latérale de la lèvre supérieure et de la narine, tout à fait comparable au bec de lièvre
(le l’homme. A la fin de ce travail, je me suis livré à quelques considérations d’obstétrique relatives aux célosomiens, et me suis permis de donner aux praticiens un certain nombre de conseils dont l’expérience a, depuis, établi le fondement.
Description anatomique d'un monstre otocéphalien (6).
Il s’agit d’un sujet monstrueux de l’espèce bovine, du genre sphénocéphale, dont la tête offrait des malformations profondes et curieuses dans la région des temporaux, qui se trouvaient réunis sur la ligne médiane.
Présentation d'un fœtus cyclocéphate de l'espèce chevaline (30).
Abstraction faite de la rareté de ces monstres dans l’espèce en question, la dissection ne m’a donné l’occasion d’aucune remarque particulière sur le sujet qui én a élé l’objet, et que m’avait adressé mon confrère M. Pichon, de Chéteau-Gontier.
De l'ectromélie double au point de vue de l’hérédité, elles la chienne (35).
J’ai conservé pendant plusieurs années, dans mon laboratoire, une chienne atteinte de cette monstruosité. Celle-ci portait sur les membres antérieurs, lesquels n’étaient représentés que par leurs scapulums, articulés avec deux humérus presque complètement avortés. L’animal, livré à la reproduction, a donné plus de quarante chiens qui, tous, étaient pourvus de membres régulièrement constitués.
Syndactijlie ches le bœuf et chez le porc (46).
Chez le bœuf, la soudure s’observait sur les membres antérieurs ; elle partait du métacarpien principal, qui n’offrait qu’une seule surface arliculaire inférieure, et s étendait de la manière la plus intime aux pièces de la région digitée ; les grands sésa-
moïdes étaient au nombre de trois, du fait de l’union des deux qui se trouvaient sur l’axe de fusion des doigts.
Chez le porc, la syndactylie frappait les quatre membres ; elle commençait dans les régions carpiennes ou tarsiennes, dont le nombre des pièces osseuses était réduit, pour s’étendre complète jusqu’il l'extrémité unguéale, sur les doigts médians. Ici la soudure de ces doigts, plus accusée que chez le bœuf, avait entraîné la disparition des deux grands sésamoides concentriques, c’est-à-dire les plus rapprochés du plan de fusion.
Sur la penladactylie du porc {lH et US).
Les cas de pentadactylie sont fréquents chez le porc; pour ma part, j’en ai disséqué et décrit plusieurs spécimens. A propos d’une communication de cette nature faite par M. le professeur Sanson, j’ai confirmé l’interprétation de Arm. Goubaux, tendant à considérer le petit os métacarpien ou carpien supplémentaire, signalé par les auteurs classiques, comme le bourgeon squelettique du pouce. Lorsque ce doigt se développe, ce bourgeon se transforme en une pièce métacarpienne normale, qui s’articule avec une région digilée analogue à celle des quatre autres doigts.
Atrophie des membres, des oreilles et de la queue chez les veaux cynocéphales (53).
L’atrophie dont il s’agit s’est montrée d’une façon tellement constante sur les quinze sujets que j’ai pu observer, qu’il m’a paru utile de la signaler comme l’un des caractères les plus généraux de la cynocéphalie. Cet arrêt de développement de toutes les extrémités a été depuis constaté par tous les auteurs, mais les explications qui en ont été données ne soni point encore satisfaisantes.
Cette observation est d'autant plus intéressante que, contrairement
à celle qui avait été faite antérieurement sur la même espèce, par mon collègue, M. le D' Larcher, le sujet atteint de cette anomalie n’était pas le seul de sa portée qui la présentait. Mais, sous ce rapport, les parents n’offraient aucune trace de cet arrêt de développement, et il m’a été impossible de le transmettre k la descendance.
Absence des dénis mitoyennes, chez un poulain {76).
Le sujet de cette observation est mort à l’âge de deux mois et deux jours, c’est-à-dire environ un mois après l’époque normale de l’éruption des dents mitoyennes. Comme, à la place des dents manquantes, il n’existait aucune trace de follicule dentaire, j’ai attribué ce fait très exceptionnel à un arrêt de développement, causé par la maladie à laquelle a succombé le poulain (arthrite des jeunes animaux), affection qui avait occasionné une altération profonde de la nutrition générale.
Absence de la bride tarsienne, ches le cheval (iS5).
Chez le cheval, l’aponévrose palmaire profonde de l’homme est remplacée par une forte bride fibreuse qui se détache du ligament postérieur du carpe et va se jeter dans le tendon du muscle perforant, bride qu’on retrouve avec les mêmes connexions, mais beaucoup moins développée, dans le membre postérieur. Mon collègue, M. le professeur Petit, et moi, nous avons montré les membres postérieurs d’un cheval, sacrifié pour les travaux anatomiques, sur lesquels on ne voyait pas la moindre trace de la bride tarsienne. — 11 s’agit là d’un fait d’avortement très rare chez le cheval, mais qui est l’expression de l’état normal chez l’âne et chez le mulet.
Fissure médiane de la lèvre inférieure, du maxillaire et de la langue, chez un poulain (12).
Cette observation a fourni à M. le D' Larcher l’occasion de rassembler et d’analyser les faits analogues, d’ailleurs peu nombreux, qui
avaient été publiés antérieurement chez l’homme, le veau, le porc, l’ftne, le cheval, le mulet et même les oiseaux. Elle offre ceci de particulier qu’elle apporte avec elle la démonstration de quelques dispositions de détail qui n’avaient pas encore été décrites.
Fissure longitudinale de la joue, elles un agneau (31).
L’arrêt de développement dont il s’agit, recueilli par M.Viet, régisseur de l’École d’Alfort, portait sur la joue droite, qui se montrait largement fendue depuis la commissure jusqu’à l’oreille du mémo côté; le sujet est mort d’inanition quelque temps après sa naissance.
Sur la duplicité du canal cholédoque, elles le citerai (45).
Sur l’animal qui m’a fourni cette observation, le canal cholédoque était plus que doublé de volume, et il présentait, ii une faible distance de son point d’émergence, une branche collatérale presque aussi volumineuse que lui-même, laquelle venait s’ouvrir isolément dans l’intestin, à 10 centimètres du conduit principal.
Symphgsie ou soudure des reins, ches le cheval (32).
Le cheval porteur de cette malformation était ôgé; chaque moitié du croissant figuré par les deux reins soudés antérieurement était creusée, comme d’ordinaire, d’un bassinet duquel se détachait un uretère normal.
Énorme production cornee simulant une corne frontale, rhes le bœuf (5).
Cette production, du poids de 2\250, mesurait à sa base 49 centimètres de circonférence et avait 25 centimètres de longueur ; elle se trouvait insérée entre la corne droite et le centre delà région frontale. Sous elle, l’os ne montrait pas la moindre trace d’aspérité ; sa surface
était lisse, même déprimée. La dissection et l’examen histologique ont établi qu'il ne s’agissait pas d’une corne surnuméraire, mais bien d’une véritable' tumeur cornée, duc à un excès de formation de la couche superficielle de l’épiderme dans le point correspondant.
Cette production était une sorte de gros pilier vertical et médian, directement accolé nu col utérin, mais libre. L’existence de brides semblables n’avait pas encore été signalée, dans cette région, sur les animaux de l’espèce bovine. Jusqu’alors, on ne connaissait que trois cas de productions analogues, et encore les avait-on observées tout à fait è l’entrée du vagin. Sur la vache en question, l’accoucbementn’en avait pas été gêné; mais j’ai fait remarquer, à ce propos, qu’une bride plus longue et plus forte pourrait se rencontrer au même point et causer alors un obstacle à la parturition ; j’indiquais alors qu’il suffirait de la sectionner transversalement pour remettre les choses en l’état. Quelque temps après cette communication, un de mes confrères se trouva en présence d’une complication de ce genre, et en triompha aisément en pratiquant la section que je conseillais.