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F. — ANATOMIE PATHOLOGIQUE

Anatomie pathologique du goitre du cheval (15).

La tumeur dont il est question dans ce travail n’était pas volumineuse; elle ne pesait que 310 grammes; mais elle m’a suggéré l’idée de faire la description histologique du corps thyroïde normal du cheval avant de me livrer à celle de la glande malade, ce qui m’a permis d’expliquer le mode de production de toutes les altérations que j’ai rencontrées sur cette dernière et de montrer qu’elles étaient identiques k celles observées dans les formes semblables chez l’homme. M. le professeur Trasbot, qui avait accepté de faire un rapport sur ce travail, a eu la bienveillance de reconnaître la clarté de mes descriptions, de mes préparations microscopiques et de mes dessins, comme de déclarer que je m étais attaché à une précision rigoureuse dans la détermination et l’exposition des faits matériels.

ÉpiMliome lobule du maxillaire inférieur, chez le cheval [17).

L’observation qui se rapporte à cette tumeur peut être considérée comme une observation clinique complète : symptômes, diagnostic différentiel, pronostic, examen macroscopique et microscopique, tout s’y trouve décrit d’une façon minutieuse et précise. Au moment où je l’ai publiée (1878), la littérature vétérinaire française ne mentionnait que deux cas analogues, mais beaucoup plus sommairement étudiés.

Au sujet de la fréquence du carcinome, chez le cheval (54).

A propos d’une relation relative à cette néoplasie, j’ai signalé qu’elle n’était pas aussi rare qu’on le pensait, dans l’espèce chevaline, et que je l’avais rencontrée à plusieurs reprises dans le testicule, le rein, le foie, le poumon.

Cancer épithélial de la poitrine, chez le cheval (72).

Ici encore, il s’agit d’une observation clinique complète, publiée en collaboration avec mon confrère, M. Weber, et dont seule la relation nécropsique m’appartient. La tumeur avait envahi le poumon, le cœur, les plèvres, les ganglions lymphatiques, comprimaut les organes, les vaisseaux, les nerfs, la trachée, l’œsophage, mais elle restait localisée à la cavité thoracique qui offrait, en outre, toutes les lésions d’une pleurésie chronique ù marche très lente. L’examen histologique du néoplasme a élahli qu’on avait affaire à une tumeur épithéliale se rattachant au groupe des carcinomes ; quant à l’examen bacillaire, pratiqué au moyen de la méthode d’Ehrlich par M. le professeur Nocard, il est demeuré absolument négatif,

Deux remarquables cholestéatomes, chez le cheval (34).

Tout l’intérêt de cette observation réside en ceci : sur le très vieux cheval qui en fait l’objet, j’ai rencontré dans les ventricules

ccrcbrîiux doux cholcstéatooios, à peu près de même volume^ pesant chacun 50 grammes environ, sans qu’on ait pu soupçonner leur présence sur le vivant. Ce sujet était épuisé, très maigre, porteur de tares multiples; je l’avais sacrifié pour les travaux anatomiques. ■Mais il n’était pas atteint « d’immobilité », comme cela a été souvent constaté en pareil cas, ce qui prouve que chez les animaux des tumeurs cérébrales peuvent persister pendant longtemps sans se traduire à l’extérieur par des signes bien manifestes.

Un cas de sclérose latérale interstitielle diffuse de la moelle, ches le cheval (42).

La partie clinique de ce travail appartient à M. Weber; je me suis chargé de toute la partie concernant l’anatomie pathologique. Antérieurement, la littérature vétérinaire n’avait enregistré aucune observation aussi explicite, précise et complète ; la rareté du cas et les conditions dans lesquelles il a été recueilli en font par conséquent toute la valeur.

Le sujet avait huit ans; depuis plus d’une année, il avait passé entre les mains de plusieurs propriétaires ; aucun ne le conservait, h cause de la faiblesse de ses reins et l’embarras de sa marche. Au moment de l’aggravation de son état, M. Weber a signalé : pendant la station, attitude normale, mais forte contracture des biceps et des ischio-tibiaux, par contre, flaccidité des olécrâniens et des cruraux antérieurs ; pendant l’action, démarche incertaine, titubante, difficile, impossible même si les yeux étaient bandés, très forte incoordination locomotrice portant alternativement, irrégulièrement et d’une façon variable sur les quatre membres, mais s’atténuant, disparaissant presque tout à fait après un certain temps d’exercice; décubitus et relever normaux; pas de régions anesthésiées ; toutes les autres fonctions, normales.

A l’autopsie, faite avec le plus grand soin, je n’ai rien constaté d’anormal dans les viscères, les cavités splanchniques, les muscles, les articulations, les vaisseaux, les nerfs, les diverses parties de l’en-

céphale, les méninges crâniennes. Seule, la moelle était atteinte, en deux points ; dans la région cervicale, et seulement du côté droit, immédiatement au-dessus des racines de la septième paire, sur 1 centimètre et demi de longueur, elle offrait une augmentation très nette de sa consistance, une coloration rosée anormale, enfin une altération des cornés grises postérieures et antérieures correspondantes: dans la région lombaire, et seulement du côté gauche, au niveau de la partie antérieure du point d’émergence des nerfs du plexus lombaire, on trouvait des altérations^ identiques aux précédé consistance assez accusé, dû à un point de ramollissement de la corne postérieure, et une vascularisation anormale des deux méninges profondes dans la partie correspondante.

A l’examen microscopique, ces altérations m’ont révélé l’existence d’une myélite interstitielle diffuse latérale, nettement localisée aux parties malades indiquées ci-dessus, mais plus étendue et plus intense dans le renflement lombaire, où l’on trouvait, en outre, un foyer hémorragique et de ramollissement très net.

Les lésions décrites conduisent à l’interprétation d’un assez bon nombre de symptômes déjà observés chez l’homme. Seuls, les troubles de la sensibilité n’ont pas semblé très concluants. Au lieu d’offrir quelques indices d’anesthésie cutanée, l’animal paraissait même plus excitable et plus irritable. Mais il manifestait, par contre, une ataxie évidente des membres antérieurs et des postérieurs, un , état do contracture très accusé des muscles innervés par les nerfs provenant des parties médullaires atteintes, enfin des signes de paralysie motrice dans quelques autres, malgré pourtant l’absence de toute lésion amyotrophique. Vraisemblablement l’atrophie musculaire et la paralysie de la sensibilité seraient survenues si le malade avait pu être conservé plus longtemps.

Sclérose des muscles chez le cheval (56).

Le sujet de cette observation était un cheval entier, de six ans.

qui présentait sur les côtés de l’encolure, les épaules, le poitrail, la croupe, des tuméfactions dures, volumineuses, qu’à l’examen microscopique j’ai reconnues être dues à un état scléreux très avancé des muscles correspondants. Les fibres contractiles avaient diminué de volume et de nombre, mais n’avaient subi aucune altération dans leur substance contractile. De distance en distance, au milieu du stroma fibreux, existaient des nodules opaques, allongés, parallèles aux fibres musculaires, et constitués par de petites masses adipeuses ayant subi la dégénérescence granulo-calcaire à leur partie centrale. La cause de ces altérations est demeurée inconnue, l’autopsie n’ayant pas été faite par moi. Je me suis borné à en déterminer la nature et n’ai rien constaté sur elles de parasitaire..

Anévrisme faux de l’aorte postérieure, chez le chien (59).

La lésion siégeait au niveau de la grande mésentérique ; elle formait une tumeur bosselée, allongée d’avant en arrière, de la grosseur d’un œuf de dinde. Un caillot fibrineux ancien en remplissait à peu près complètement la cavité ; mais, ni dans ce caillot, ni dans les parois hypertrophiées de l’artère, je n’ai rencontré d’helminthes. En arrière de l’anévrisme, l’aorte était considérablement rétrécie ; enfin, j’ai constaté la compression et l’altération du ganglion semilunaire. Le sujet a fini par succomber à une péricardite chronique. Dans cette observation, l’anatomie pathologique a donné très nettement l’explication de tous les symptômes constatés sur le malade.

Énorme anévrisme vermineux de la grande mésentérique, chez un très vieux cheval (104).

Cette pièce n’était curieuse que par son volume et sa bénignité parfaite. Sa grosseur atteignait celle de la tête d’un jeune enfant. Sur sa partie supérieure se détachaient, avec quelques variantes, les divisions artérielles destinées à l’intestin grêle et au gros côlon. 11 fa ut y joindre des artères rénales supplémentaires de fort calibre, qui se

jetaient sur le rein gauche; enfin, de volumineux vasa vasorum, affectés aux parois fort épaisses de l’anévrisme. Sur le même sujet, existait un autre anévrisme parasitaire volumineux, à l’origine de l’artère hépatique. Il est à noter que, malgré ces lésions vasculaires, ce cheval avait pu atteindre, sans troubles digestifs sérieux, un ége très avancé.

Au sujet de la thrombose de l'aHire iliaque externe, chez le cheval [AS).

L’artère iliaque externe de ce sujet était le siège d’un énorme caillot qui se propageait dans la plupart des divisions collatérales de ce vaisseau. Mon confrère, M. Palat, qui a recueilli l’observation clinique, m’a fourni l’occasion de signaler des lésions analogues, trouvées sur des chevaux sacrifiés pour les travaux anatomiques, et d’en préciser les caractères.

Âlléralions inflammatoires du poumon consécutives à la section expérimentale des nerfs vagues, chez le chien (IS).

J’ai publié cette observation parce que, contrairement à ce qu’on observe après la section expérimentale du cordon cervical commun au pneumo-gastrique et au grand sympathique, j’ai réussi, par ce moyen, à provoquer dans le poumon, au bout de vingt-trois jours, des îlots d’hépatisation, des abcès et même des foyers gangreneux, en un mot, des altérations essentiellement inflammatoires. Malgré des tentatives réitérées, il m’a été impossible de provoquer de nouvelles lésions de cette nature. Tous mes sujets d’expérience sont morts dans le délai de deux ou trois jours, quelques-uns même peu d’heures après la section des nerfs. Si l’histoire du chien dont il est question ici n’est pointune nouveauté, elle est certainement une rareté. Traube m’a paru en donner une explication fort judicieuse : la pénétration possible de parcelles alimentaires, de salive, de mucosités pharyngiennes et de poussières atmosphériques dans le larynx et les bronches, paralysés de la sensibilité et du mouvement et devenus

impuissants à sentir comme à rejeter les corps étrangers susceptibles de contaminer le parenchyme pulmonaire.

Fractures consolidées des deux premières côtes, cites le cheval (26).

Chez le cheval, les deux premières côtes sont courtes, résistantes, profondément situées et protégées par des muscles épais; elles ne sont vulnérables que du côté du poitrail, sous l’action de chocs violents, probablement causés par les brancards ou le timon des voitures. Aussi leur fracture est-elle très rare et, quand on la constate, s’accompagne-t-elle d’ordinaire de traumatismes graves, qui en empêchent la consolidation. Le sujet de celte observation, ayant échappé à cette complication, a pu survivre et réparer sa lésion squelettique, ce qui est tout à fait exceptionnel.

Sur les lésions de l' « eparvin sec » ou du « harper » (33, 105}.

Les vétérinaires désignent par ces expressions une irrégularité de la marche du cheval consistant en une flexion brusque, saccadée, involontaire dujarret, au moment où le membre postérieur quitte son appui, et dont la cause véritable demeure encore ignorée, en dépil des efforts nombreux tentés pour la découvrir. — Comme tant d’autres, j’ai cherché des lésions et en ai trouvé parfois dans les muscles, les aponévroses, les tendons, les synoviales, les surfaces articulaires, les vaisseaux, les nerfs de l’articulation tibio-tarsienne; d’autres fois, je n’ai pu en rencontrer aucune; enfin, dans plusieurs cas, c’étaient des jointures éloignées, la fémoro-tibiale, la métatarso-phalangienne, les digitales, par exemple, qui en offraient. En sorte que je me suis demandé si cette irrégularité n’était pas, au fond, simplement le symptôme « douleur » d’altérations diverses pouvant siéger sur un point quelconque de la hauteur du membre abdominal. — Si cette manière de voir peut expliquer certains cas de harper, elle ne rend pas compte de ceux dans lesquels on ne trouve rien d’appréciable à la dissection. Normalement, l’articulation tibio-

tarsienne, comme l’huméro-radiale, est une articulation « à ressort », chez le cheval; le harper ne semble être qu’une exagération du phénomène de « ressort ». Dans cet ordre d’idées, j’ai déjà cherché —et je continue — à voir si sur les jarrets des harpeurs (à lésions ou non), il n’existerait pas telle disposition de la jointure tibiotarsienne, soit dans le degré d’ouverture des rayons qui en lorment l’angle, soit dans le mode de coaptation des surfaces articulaires, soit dans la courbure même de ces surfaces, soit enfin dans le mode d’insertion ou de constitution des ligaments latéraux, qui exagérerait le phénomène du ressort. — Dans la présente communication, les deux surfaces articulaires, sur les deux jarrets, étaient atteintes de rayures et présentaient des signes d’arthrite sèche; mais j’ai appelé aussi l’attention sur ce fait que les deux angles tibio-tarsiens avaient un champ d’action beaucoup plus étendu qu’à l’état normal, à tel point que leurs branches, dans leur plus grand écartement, arrivaient presque à se mettre dans le prolongement l’une de l’autre, disposition qui avait pour effet d’augmenter le jeu de ressort de ces articulations.

De l'atrophie du lobe droit du foie, chez le cheval (44).

J’ai appelé l’attention sur une lésion chronique du foie qu’il n’est pas rare de rencontrer à l autopsie sur les vieux chevaux. Cette atrophie ne porte jamais sur le lobe gauche, mais elle s’étend quel- .

quefois au lobe moyen. Dans ces cas, j’ai signalé que le parenchyme 1

hépatique se trouve presque totalement remplacé par une trame très 1

résistante, constituée par les vaisseaux sanguins et les voies biliaires -i

dont les parois sont devenues très épaisses et dont le calibre est fort ^

augmenté. — Mon collègue, M. le professeur Blanc, de Lyon, a récemment cherché à donner une explication anatomique de ce fait, |

mais je n’ai pas encore eu l’occasion de la vérifier. ï

Calcification de l oreillette droite, chez un cheval (75). ]

Cette altération de l’oreillette a été observée plusieurs fois chez le ' |

cheval. Sur mon sujet, qui était âgé de dix-sept ans, elle était volu- j

mineuse et très étendue; rien d’anormal n’avait été noté concernant son service. Mon confrère militaire, M. Véret, qui m’avait envoyé la pièce, s’est borné à me signaler que l’animal était mort accidentellement des suites d’une fracture.

Un cas remarquable de dilatation de l'estomac, chez le cheval (128). L’observation a été recueillie sur une jument de quinze à seize ans, de 1”,65. L’estomac pesait, tel qu’il a été évacué de l’abdomen, 23'‘e,S00; son diamètre longitudinal mesurait 58 centimètres; l’autre 36 centimètres; la grande circonférence 1",67; la petite 1 mètre; le volume extérieur était de 4t litres.

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