II. pathologie médicale et maladies COIVTAGIEUSES
De l'invagination du cæcum, chez le cheval (50).
Au point de vue de la symptomatologie, de l’anatomie pathologique et même de la physiologie, ce cas particulier de l’invagination
du cæcum dans le côlon replié est d’autant plus intéressant qu’il en existe très peu d’exemples dans la science, au moins aussi complètement observés. Contrairement à ce qui se passe d’ordinaire lors de cet accident, mon sujet continuait à s’alimenter dans une certaine mesure et avait survécu; seules, les boissons éprouvaient delà difliculté à franchir l’orifice côlo-cæcal, d’ailleurs dilaté, par lequel le cæcum en se retournant s’était introduit dans la première portion du côlon. Il eût été utile de conserver l’animal pour connaître les suites de cette invagination ; malheureusement des exigences budgétaires m’ont obligé à le sacrifier pour les travaux anatomiques.
flc l'imperfomtion du médiastin postérieur et de l’indépendance des deux sacs pleuraux, ehes le cheval {63 et 64).
Ainsi que l’a indiqué Arm. Goubaux, c’est à partir de Iligot qu’on a considéré, en anatomie vétérinaire, le médiastin postérieur (grand médiastin) comme étant criblé de trous fi la manière d’une dentelle. Dans ce travail. J’ai appelé l’attention sur l’état d'imperforation de ce septum séreux et, conséquemment, sur l'indépendance absolue des deux sacs pleuraux, au moins sur l’animal vivant. Mes observations s’appuient sur des dissections, des examens histologiques et quelques faits expérimentaux.
J’ai cru pouvoir en conclure : 1° que le médiastin postérieur est une membrane absolument imperforée, dans certains cas, pendant la vie et après la mort; 2” que, le plus souvent, elle est d’une grande délicatesse et, par suite, sujette à se perforer, pendant la vie ou après la mort, sous l’influence des causes les plus légères; 3” que ses perforations ont le caractère de déchirures endothéliales récentes et non celui de trous anciens, naturels, analogues à ceux du grand épiploon; 4" que les ouvertures signalées sur le cadavre par les anatomistes, comme étant l’expression de l’état normal, ne sont probablement que des ruptures partielles produites accidentellement par les manipulations de la dissection ; S” qu’il peut exister chez le cheval des épanchements pleurétiques unilatéraux, momentanés lorsque la cloison
est fragile, ou persistants quand elle est résistante; 6" que la pleurésie, au début, doit être fort difficile, sinon impossible à soupçonner, par la raison qu’elle est probablement toujours unilatérale, et que l’épanchement ne peut se déceler qu’au moment où le niveau du liquide dépasse la ligne de matité inférieure et normale du thorax ; 7° enfin, que si la fragilité normale de la cloison médiastine explique au mieux la duplicité ordinaire de la pleurésie chez le cheval, elle n’exclut nullement son unicité au début.
La publication de mes recherches a aussitôt provoqué, tant de la part de mon collègue M. le professeur Nocard que de mes confrères MM. Weber, Brun, Chénier, Biot, Delamotte et Detroye, des relations cliniques qui les confirmaient et en faisaient ressortir toute l’importance pratique.
De la pleurésie unilatérale, chez le cheval {60 et 82).
Dix-huit mois avant l’apparition de cette étude, personne, en vétérinaire, ne croyait à l’existence de la pleurésie unilatérale chez le cheval. Ceux de mes confrères qui l’avaient rencontrée à l’autopsie ou diagnostiquée sur le vivant ne s’étaient pas risqués à publier leurs observations, tellement l’opinion classique de la bilatéralité constante de la pleurésie était profondément enracinée dans notre médecine. Tous les faits nécropsiques connus lui étaient favorables. D’autre part, l’anatomie l’expliquait sans conteste, puisque tous les auteurs donnaient comme normale la perforation en dentelle du médiastin postérieur. — La question en était là, lorsque j’ai fait connaître les résultats des recherches analysées plus haut. — Aussi ai-je entrepris la rédaction du présent travail, d’abord dans le but de constituer en quelque sorte le dossier de la pleurésie unilatérale, ensuite pour inciter mes confrères à utiliser et compléter les éléments de ce dossier en vue de lever les incertitudes que présentait alors le diagnostic différentiel de certaines affections de poitrine chez le cheval.
Les expériences d'Âlfort sur l'action de la tuberculine de 11. Koch (96) (1).
La Société de médecine vétérinaire pratique décida d’entreprendre ces expériences dans le but : t” d’étudier les effets et la valeur de la tuberculine comme moyen de diagnostic précoce de la tuberculose chez les bovidés ; 2” de savoir si ce produit était capable de rendre les animaux réfractaires à cette maladie; 3” de fixer la valeur de ses effets curatifs sur des sujets atteints de tuberculose à divers degrés. L’exécution de ce programme .fut confiée à une commission spéciale qui me chargea d’en rédiger le rapport. En voici les conclusions générales :
A. —En employant dès la première injection une forte dose de tuberculine (environ 50 centigrammes), après repos et observation préalable des sujets, il y a beaucoup de chances d’obtenir avec cette substance une réaction suffisamment nette et rapide sur les bovidés tuberculeux. La même injection a, par contre, toutes chances de ne rien produire ou de ne déterminer qu’une hyperthermie insignifiante sur les bovidés sains ou habituellement apyrétiques.
B. — Dans ces conditions, la tuberculine peut donc constituer, si l’on sait la manier et si l’on en connaît l’activité, un moyen adjuvant d’une certaine importance pour l’établissement du diagnostic précoce de la tuberculose. — Même en cas de réaction mortelle, les investigations qu’elle faciliterait seraient encore d’un haut intérêt économique et humanitaire, au point de vue de la recherche et de l’extinction des foyers tuberculeux. Toujours est-il qu’on peut espérer voir les propriétaires d’animaux arriver un jour îi comprendre qu’ils sont aussi intéressés à connaître celles de leurs bêtes qui peuvent infecter les autres et qui les exposent eux-mêmes à un danger permanent.
C. —Au sujet des effets curatifs de la tuberculine, il serait intéressant d’être fixé. Bien n’empêche les praticiens de les étudier; ils
(1) Rapport au Cmgris pour l'étude de la tuberculose, au nom de la Société de médedm vétérinaire pratique^ qui a institué ces expériences.
peuvent le faire dans de bien meilleures conditions que les hommes de laboratoire, et, en tout cas, sans aucun danger pour les animaux
Morve chronique laryngo-trachéale du cheval {14).
11 s’agit d’un exemple de morve non visible extérieurement et reconnue seulement à l’autopsie. Sur l’animal vivant, il n’avail pas été constaté de jelage, de glandage, ni d’ulcération ou trace d’ulcération sur la pituitaire ; l’état général était celui des sujets qu’on sacrifie d’ordinaire pour les travaux anatomiques. A l’autopsie, j’ai trouvé des ulcérations en grand nombre dans le larynx et la trachée, et quelques tubercules spécifiques, bien caractérisés, dans le poumon ; les ganglions pré-pectoraux étaient malades et fortement hypertrophiés, indurés; mais rien n’a été observé sur la pituitaire. Comme l’avait signalé auparavant mon confrère, Abadie père, le cheval toussait et mâchonnait après la toux, déglutissant ainsi le produit de son expectoration. — J’ai appelé l’attentioa sur l’importance de ce dernier symptôme et sur l’utilité d’en tenir un compte très sérieux, comme aussi de ne pas négliger l’exploration de la o glande prépectorale », chaque fois que le praticien a quelque raison de soupçonner l’existence d’un cas de morve latente.
Morve atgul latente, chez le cheval {41).
Le sujet de cette observation était atteint de toutes les lésions de la morve la plus aiguë, mais greffée sur une morve chronique déjà ancienne. A part un état général fébrile, qui n’avait d’ailleurs rien de pathognomonique, on peut affirmer que, chez lui, l’affection était absolument cachée et pouvait donner lieu aux méprises les plus graves. Il provenait, du reste, du Marché aux chevaux où son état contagieux avait passé inaperçu. — M. le professeur Nooard a montré, depuis, combien ilétait facile, avec la malléine, de se mettre à l’abri des dangers redoutables de pareils malades ; mais, à l’époque où j’ai rapporté ce cas, la découverte de la malléine n’avait pas encore été faite.