SYMPATHIQUE
Trois cas de syndrome sympathique cervical par blessure de guerre. En collaboration avec. J. Branche et L. 'Corail. Revue Neurologique, n 03 10-11-12, oct.-nov.-
Ces trois observations, sensiblement analogues, se différencient les unes des autres par le mécanisme de l’atteinte du sympathique et par le siège précis de la lésion.
Celle-ci était due, dans le premier cas, à l’arrachement des rami-communicantes ; dans le deuxième cas, à l’atteinte directe du sympathique cervical ; dans le troisième, à une atteinte de l’anse de Vieussens, au niveau du ganglion inférieur.
Ces observations nous ont permis de mettre en valeur un fait d’intérêt purement physiologique, concernant le réflexe oculo-cardiaque. Normalement, la compression oculaire du côté droit détermine un ralentissement plus marqué que celui produit par la compression du côté gauche. Or, nous avons trouvé au contraire, chez nos trois blessés ayant une paralysie du sympathique cervical gauche, un ralentissement cardiaque plus marqué dans la compression gauche que dans la compression droite.
ne de penser, avec Petzetakis, que le réflexe oculo-car- : centripète est le trijumeau, n’a pas seulement comme voie LOgastrique, mais que le sympathique intervient aussi dans
PSYCHONÉVROSES
I. — Les acro-contractures, les acro-paralysies. — Mains figées et pieds bots vaxus psycho-névrosiques. En collaboration avec Boisseau et d’Œlsnitz. Annales de Médecine, n° 5, sept.-oct. et n° 6, nov.-déc. 1917, pp. 515 et 647.
IL — Sur le traitement par la psychothérapie des acro-contractuies et des acroparalysies. A propos de 141 cas de mains figées et de 56 cas de pieds bots varus. En collaboration avec Boisseau et d’Œlsnitz. Æevwe neurologique, n 08 10-11-12, nov.-
de l’hystérie. — L’immobilisation ou l’utilisation vicieuse. Le terrain circulatoire. L’état mental. Le « syndrome dyskinétique ». En collaboration avec Boisseau et d’CElsnitz. Presse Médicale, 12 décembre 1918; et Archives of Neurology and Psychmtry (Chicago); septembre 1920.
IV. Les psychonévroses de guerre. En collaboration avec Lhermitte. — Un volume de 187 pages, avec 13 pl. hors texte; Masson et C“, édit., Paris, 1917 (traduit en anglais).
V. — Le traitement des psychonévroses de guerre. En collaboration avec Boisseau et d’Œlsnitz. — Un volume de 193 pages, avec 11 figures. Masson et C lc , édit..
Dès le début de la guerre, j’ai été l’un des premiers à attirer l’attention sur Finir portance des troubles nerveux dits « hystériques ou psychonévropathiques » observés chez les blessés ou les commotionnés, et sur les mesures qu’il y avait lieu de prendre pour empêcher leur extension.
Puis, comme chef de Centre neurologique d’Armée ou de Région, je me suis attaché à l’étude des psychonévroses de guerre, en m’efforçant d’ën préciser les caractères distinctifs d’avec les troubles organiques, et de créer des centres hospitaliers spécialement organisés en vue du traitement psychothérapique.
Les diverses communications que j’ai faites aux Sociétés savantes ou les articles que j’ai écrits, en collaboration avec Boisseau,Lhermitte,d’Œlsnitz,Comil et Leroux, ont été exposés sous une forme synthétique dans les deux ouvrages suivants ; Les psychanévroses de guerre (1917) et Le traitement des psychmévroses de guerre (1918V.
Les conclusions auxquelles nous avons abouti, concernant l’influence du facteur physique dans la genèse et la nature des troubles dits « physiopathiques » ont été tout d’abord l’objet de très vives discussions, puis, la plupart des neurologistes
Je me bornerai à résumer ici l’un de nos derniers articles d’ensemble para sur la question en 1918; il me semble avoir clos définitivement le débat sur la nature des « troubles dits physiopathiques », puisqu’il est resté jusqu’ici sans réponse de la part de.nos contradicteurs.
Parmi les nombreux troubles nerveux que la guerre a révélés, il est une catégorie de manifestations à allures cliniques bien particulières qui, dès le début de la campagne, a frappé les neurologistes. Ce sont ces troubles morbides, aujourd’hui connus de tous, que Çabinski et Froment ont réunis en un ensemble clinique, sous
l’appellation de « troubles
nerveux d’ordre réflexe », ce qui préji
de celle de Babinski et Fro:
avec Boisseau et d’Œlsnit:
étaient à la base de toutes que plus tard, à la suite
hysiopathiques », ce qui les localise aux frontières de
les sur les psychonévroses de guerre, et dans toute la sujet, j’ai soutenu une opinion absolument différente înt. J’ai montré en effet, d’abord avec Lheripitte, puis que les phénomènes émotifs et pureme es manifestations psychonévrosiques ; et une longue immobilisation, que pouvaient apparaître
1° Le trouble moteur, contracture ou paralysie, est l’élément dominant et primitif du syndrome; il est de nature pithiatique parce qu’il est, dans la majorité des cas, reproductible par la volonté du sujet et susceptible de disparaître brusquement par persuasion, à condition que celle-ci soit appliquée dans des conditions de milieu et de préparation favorables.
2° Les troubles connexes, habituels mais non constants, variables dans leur allure, souvent persistants et de rétrocession lente, sont assimilables en tout point aux troubles secondaires de l’hystérie. Ce sont, autrement dit, des accidents organiques, survenant chez des prédisposés et provoqués par le trouble moteur pithia-
- Éléments de prédisposition.
Le côté sain des hystériques. — L’étude systématique poursuivie du côté sain chez des sujets atteints de troubles névrosiques quelconques nous a conduits à des constatations intéressantes.
Prenons comme exemple le plus typique, le plus complet, une main figée, et retenons ses caractéristiques cliniques telles que les ont décrites Babinski et Froment. Nous trouvons au niveau de la main malade de l’hypothermie, de la cyanose ; l’oscillométrie décéléra une diminution variable des amplitudes oscillatoires
déformations variables souvent paradoxales, et telles que la volonté ou un trouble hystérique pur semblent incapables de les reproduire. Nous avons été amenés progressivement à rechercher si ces diverses modifications n’existaient pas à l’état de tendance plus ou moins cachée, latente ou fruste, du côté sain. Notre attente n’a pas été trompée et l’étude analytique des diverses tendances observées dans le membre
Les manifestations circulatoires : la microsphygmie. — L’étude oscillométrique de très nombreux cas de troubles acro-moteurs nous a amenés à faire cette constatation : le côté sain présente chez ces sujets un état de vaso-constriction moindre que le côté malade, mais réel cependant si on le compare avec les constatations faites chëz des sujets normaux. Cet état est parfois, mais non toujours, accusé à la vue par une acrocyanose bilatérale. En tout cas, nous avons pu non seulement en constater la réalité par de nombreux examens à l’oscillomètre de Pachon (dont nous avons donné les premiers résultats dès novembre 1917), mais l’objectiver sur des oscillogrammes, toutes constatations soulignant, chez les sujets atteints de mains figées ou de pieds bots, l’existence d’une microsphygmie bilatérale quoique inégale, une véritable micro-anisosphygmie quand on les compare aux constatations faites chez des sujets sains.
Voici une main avec hypersudàtiôn si marquée qu’elle est luisante, que les gouttès de sueur perlent à la surface des téguments palmaires. Si on examine la main saine, on y trouve une tendance, moins marquée évidemment, mais cependant anormale
Laxité articulaire et muscvlo-tenclineuse. — Suivant cette même méthode d’ii tigation, étudions les troubles musculo-tendineux et articulaires. Observonsdu côté malade une hyperextension extrême des doigts telle qu’apparemme volonté ou un trouble hystérique n’auraient pu la réaliser, nous retrouverons du sain une laxité musculo-tendineuse ou articulaire anormalement marquée, dans ces conditions que les attitudes antalgiques, souvent volontairement fixées, ont pu réaliser des déformations au premier abord paradoxales et semblant dépasser le cadre du trouble simplement psychonévrosique.
Les troubles articulaires . — Pourquoi certains sujets présentent-ils des raideurs articulaires parfois précoces alors que d’autres n’en font pas, malgré une immobilisation prolongée? Si l’immobilisation est nécessaire dans la production de ces troubles articulaires, elle n’est pas, à elle seule, suffisante. Il faut l’association de causes prédisposantes qui sont variables. Chez certains malades, les suppurations* prolongées paraissent favoriser les réactions articulaires, chez d’autres sujets ayant?
mu
eu des manifestations articulaires dans leur passé ü s’agit plutôt d’une prédisposition diathésique. Prédisposition et immobilisation nous paraissent nécessaires et suffisantes pour permettre l’apparition et le développement des troubles articulaires.
L’hyperréflectivité tendineuse. — Si l’examen clinique révèle une hyperréflectivité tendineuse excessive, le côté sain décéléra habituellement une tendance normale aux réactions réflectives fortes. C’est journellement, au cours de nos examens cliniques, que nous avons pu faire cette constatation.
Cette étude des tendances constatées du côté sain chez les hystériques a permis de pressentir que l’on trouvait là, à l’état d’ébauche ou plutôt de préparation, là plupart des troubles observés du côté malade.
Mais s’agit-ii bien ici de manifestations antérieures, préexistantes aux troubles morbides, de véritables éléments de prédisposition plutôt que d’un retentissement de l’état du côté malade sur le côté sain?
Nous adoptons la première hypothèse : ces troubles du côté sain ne peuvent pas, à notre avis, tant ils sont fréquemment et précocement observés, être expliqués par ia loi de symétrie ; d’ailleurs on note habituellement que suivant qu’ils existent ou non, le même trouble moteur névropathique donnera ou ne donnera pas lieu à l’apparition des accentuations morbides du côté malade.
Donc, la préexistence des troubles de prédisposition, bilatéraux et symétriques, nous paraît être i’hypothèse qui explique le mieux nos constatations. Dès lors il
amplification anormale de tendances préexistantes observées du côté sain.
Mais à la faveur de quelles circonstances se trouve réalisée cette amplification, cette accentuation qui transforme une manifestation encore physiologique en un trouble déjà pathologique?