II.-ÉTUDE PHYSIOLOGIQUE
Au moyen de la méthode expérimentale, contrôlée par l’étude anatomique sur coupes sériées, j’ai apporté, je crois, un peu de lumière dans la question encore si obscure du rôle joué par la couche optique.
En comparant les lésions produites ai ai pu faire le départ des symptôme -, de ceux résultant de l’atteinte d
clés résultats physiologiques obtenus,
2° des troubles de la sensibilité superficielle et profonde avec perte de la notion de position.des membres;
3» de l’hémianopsie-,
■ 4» des troubles de Vouïe.
dirigés
couche
mouvements de manège sont constants et toujours précoces; très prodébut, ils s’atténuent rapidement pour disparaître au bout de quatre
it dans la partie postérieu
dirigé du côté
[ui siège
encontre de l’opinion de Schiff pour qui les mouvements de manège seraient u côté de la lésion dans les destructions des trois quarts antérieurs de la ptique, alors qu’ils se feraient du côté opposé dans les lésions postérieures.
ün de mes singes présentait en outre des signes de déficit dans l’interprétation qualitative des impressions périphériques; phénomènes de paresthésie absolument comparables à ceux que l’on observe chez les malades atteints de lésions de la couche optique.
dans plusieurs de mes cas expérimentaux, et caractérisée par une perte de la notion de position des membres, révélant l’altération du sens musoulaire Je la recherchai chez l’animal en plaçant un membre ou un segment de membre dans une position
LOCALISATIONS MOTRICES CORTICALES
I. — Un cas de sclérose latérale amyotrophique avec dégénération de la voie pyramidale suivie au Marchi de la moelle jusqu’au cortex. En collaboration avec Rossi. Revue Neurologique, n Q 9, 15 mai 1906, p. 393.
XI. — Contribution anatomo-pathologique à l’étude des localisations motrices corticales. A propos de trois cas de sclérose latérale amyotrophique avec Régénération de la voie pyramidale suivie au Marchi de la moelle au cortex, En collaboration avec Rossi. X V11“ Congrès des médecins aliénistes et neurologistes, Genève-Lausanne, l«-6 août 1907, in Revue Neurologique, n» J6, 30 août 1907, p. 904.
XII. Étude anatomique d’un quatrième cas de sclérose latérale amyotrophique.
A propos des localisations motrices corticales, .En collaboration avec Rossi. Revue Neurologique, n° 11, 15 juin 1909, p. 677.
On admettait jusqu’à ces dernières années comme une donnée classique et définitivement acquise, que la zone mpjrîce cortioale occupe chez l’homme et chez le singe la région rolandiqüe, à savoir des circonvolutions frontale et pariétale ascendantes, le lobule paracentral et jseut-être aussi le pied d’insertion des trois circonvolutions frontales. Grünbaum et Sherrington (1901), au moyen de la faradisation unipolaire, ont montré que la zone excitable (motrice) chez le singe anthropoïde ne s’étend pas en arrière du sillon de Rolando, c’est-à-dire que la pariétale ascendante ne fait pas partie de la zone motrice corticale. Ces résultats ont été
depuis le cortex jusque dans la moelle, à travers la capsule interne, le pédoncule, la protubérance et le bulbe;
2° Dégénération des fibres radiculaires des nerfs suivants : trijumeau moteur, facial, glosso-pharyngien, pneumogastrique, spinal et hypoglosse, et lésions atrophiques de leurs noyaux respectifs;
3° Dégénération légère du faisceau longitudinal postérieur;
4° Au niveau de la moelle : dégénération des faisceaux pyramidaux directs et croisés; intégrité des faisceaux cérébelleux directs et de Gowers; dégénération diffuse et légère du reste, du cordon antéro-latéral.
5° Atrophie des cellules des cornes antérieures et dégénération des fibres radiculaires antérieures intra'-spinales et des racines antérieures.
' 6°'Ail niveau de/la corticàlité, dans Fa : dégénération évidente des fibres de projection, plus, légère des fibres du système transversal, avec altérations cellulaires accusées, portant surtout sur les grandes cellules pyramidales et sur les cellules de Betz. Dans Pa, quelques rares fibres dégénérées au Marchi; cellules intactes.
Dans tous les cas, l’étude de la topographie des lésions'corticales (des fibres et des cellules) montre qu’il existe entre Fa et Pa un contraste des plus frappants, puisque on note, dans Fa : dégénération des fibres radiaires très nette au Marchi, plus légère, mais évidente au Pal; altérations cellulaires (grandes cellules pyramidales et cellules géantes de Betz) ; — dans Pa au contraire, aspect tout à fait normal des fibres, par la méthode de Pal; pas de lésion cellulaire; présence de quelques très rares fibres radiaires dégénérées, décelables seulement par la méthode de Marchi.
Dans une de. nos observations particulièrement favorable pour cette étude, il
tout à- fait postérieure, alors que le reste de ces circonvolutions, que la III e frontale dans son ensemble en étaient complètement dépourvues, ainsi que P x , P 2 et le Gsm.
Les déductions qui ressortent logiquement de l’étude de nos observations de sclérose latérale amyotrophique, prennent plus de valeur si on les met en parallèle, non seulement avec les résultats des expériences de Sherrington et Grünbaum, mais aussi avec un certain nombre de faits et de considérations d’ordre expérimental, anatomo-clinique, histologique, qui tendent à appuyer les données de ces deux auteurs.
1° Du 'point de vue expérimental en effet, l’excitation ou l’ablation chez le singe, l’excitation électrique du cortex chez l’homme au cours de la trépanation avaient permis à différents auteurs de localiser la zone motrice uniquement dans Fa.
2° Du point de vue anatomo-clinique , les résultats de l’expérimentation ne trouvaient guère ici confirmation; l’étude des lésions en foyer parlait plutôt en faveur dune égale participation de Fa et Pa\ Sherrington cependant, critiquant
exceptionnel qu’une lésion de l’une des deux circonvolutions rolandiques n-’intéressât pas dans la profondeur des fibres appartenant à la circonvolution voisine.
3° Du point de vue histologique enfin, la différence architecturale paraît opposer les deux zones pré et rétro-rolandiques. Les travaux de Kolsner (1901), deBrowmann (1903), de Campbell (1905) montrant la présence de cellules de Betz, l’absence de couche granuleuse, qui différencient Fa de Pa, tant chez l’homme que chez les anthropoïdes, l’étude par la méthode de Flechsig de la myélinisation, dissemblable dans l’une et l’autre, semblait donner à ces deux circonvolutions rolandiques une valeur différente.
Notre étude des dégénérations dans la sclérose latérale amyotrophique aboutit
à la question des localisations corticales, en montrant que Fa est la circonvolution motrice .par excellence, que les parties antérieures du lobe paracentral et de Toper* cule rolandique ainsi que le pied de F t et F 2 participent également à la zone motrice. Cependant les quelques fibres radiaires dégénérées qu’on retrouve au
pation de la pariétale ascendante à la zone motrice.
Sur les troubles comparatifs de la destruction de la frontale et de la pariétale ascendantes chez le singe. Travaux de la Station physiologique de Boulogne-sur- Seine (Annexe du Collège de France), 1906-1907.
Cette étude d’ordre expérimental vient confirmer entièrement les recherches d’ordre histo-pathologique que j’ai exposées ci-dessus :
1° Chez un premier singe, l’ablation de la plus grande partie de la frontale ascendante a déterminé une hémiplégie motrice très prononcée, s’accompagnant de
2° Chez un deuxième singe, une lésion de la pariétale ascendante fut suivie de l’absence de troubles paralytiques nets, avec présence de légers troubles de la sensibilité d’un côté du corps et, du même côté, de l’inaptitude fonctionnelle et une légère diminution de la force musculaire.
Ces expériences montrent que, chez le singe, une lésion de la frontale ascendante détermine une hémiplégie motrice pure (sans troubles sensitifs), alors qu’une lésion de la pariétale ascendante provoque des troubles sensitifs, avec de très légers troubles
tubercules quadrijumeaux: antérieurs et postérieurs et fibres de la voie acoustique centrale e» connexion avec le noyau supérieur du Eeil latéral. Faisceau longitudinal postérieur. Faisceau central de la calotte. Fibres croisées internes de la formation réticulée. Voie centrale du trijumeau. Entrecroisement supérieur ou sensitif du bulbe. Fibres disséminées de la formation réticulée. En collaboration avec E.Long. Revue Neurologique, 15,15 août 1908, p. 757.
L’observation qui fait l’objet de ce travail présente un grand, intérêt pour l’étude anatomique des faisceaux de la calotte pédonculaire et protubérantielle.
La lésion primitive est représentée par un foyer de ramollissement siégeant, dans la couche optique et la région sous-optique, sans participation de la capsule
interne. Ce foyer lèse les: noyaux in
b surtout externe du thalar as le pulvinar, soit ep bas di Au .niveau du pédoncule.
la région sous-optique et la calotte pédonculaire. lésions portent sur : le noyau rouge et les fibres radici grande partie de la substance réticulée de la calotte et la commissure postérieure ; le noyau de Darkschewitsch et les fibres du faisceau longitudinal postérieur; le ruban de Reil médian; une partie des corps genouillés externe et interne et du bras du tubercule quadrijumeau antérieur. La voie pyramidale n’est atteinte qu’en un point très limité, au niveau du pied du pédoncule cérébral.
Les coupes des régions thalamique et sous-thalamique ont été traitées par la méthode de Weigert-Pal, pour la localisation des lésions primitives; au-dessous et sans interruption jusqu’à l’extrémité inférieure du bulbe, ainsi que pour plusieurs segments médullaires, la méthode de Marchi a servi à l’étude des dégénérescences descendantes.
Cette étude se prête fort mal à une analyse succinte ; elle intéresse en effet une région des centres nerveux dont la structure est extrêmement complexe. Les faits que nous avons apportés dans ce travail, sont venus éclaircir certains points restés jusqu’ici obscurs ; ils n’ont pas été à notre connaissance infirmés depuis.
Nous avons étudié les formations suivantes :
1° Bras des tubercules quadrijumeaux antérieur et postérieur ( BrQa ,
BrQp) ET FIBRES DE LA VOIE ACOUSTIQUE CENTRALE EN CONNEXION AVEC LE NOYAU
supérieur du Reil latéral (NsRl).
En plus du système des fibres du bras du tubercule quadrijumeau postérieur proprement dit, reliant le tubercule quadrijumeau postérieur au corps genouillé interne, il existe un notable contingent de fibres qui, comme ce dernier, doivent être vraisemblablement reliées à la voie acoustique centrale. La terminaison infé- " “ ' ri; en haut elles
2° Faisceau longitudinal postérieur (Flp). — Trois points ont retenu notre
а) La division des fibres dégénérées en deux groupes distincts, dans la partie supérieure de la calotte.
б) Le refoulement antérieur des fibres dégénérées à partir du sillon bulboprotubérantiel; ceci confirme la notion: déjà signalée par plusieurs auteurs, que les fibres de ce faisceau, prenant origine plus haut, sont refoulées en avant par l’apport
c) L’épuisement des fibres dégénérées dans; la moelle cervicale supérieure.
3° Faisceau central de la calotte (Fcc). — Notre cas démontre qu’une
immédiatement au-dessous de l’olive bulbaire; d’où l’on peut conclure, qu’à la suite d’une lésion de la calotte pédoriculaire, les fibres dégénérées du faisceau central de la calotte s’arrêtent toutes dans l’olive bulbaire et qu’aucune ne poursuit son trajet plus bas, pour aller se continuer dans la moelle avec le faisceau triangulaire d’Helweg.
4° Fibres croisées de la partie interne de là substance réticulée ( xfri ). — La présence d’un petit faisceau de fibres dégénérées dans la partie interne de la substance réticulée, du côté opposé à la lésion, nous a conduits'à admettre l’existence, dans la partie interne de la formation réticulée de la calotte protubérantielle opposée, d’un petit faisceau qui apparaît au-dessous de la commissure de Werneking et qui s’épuise dans la région bulbo-protubérantielle.
50 Voie centrale du trijumeau. — Nous avons, été les premiers à montrer chez l’homme, l’existence de la vôië centrale du trijumeau sensitif formée par des fibres croisées reliant le ruban de Reil médian et la substance réticulée voisine d'un
7° Entrecroisement supérieur ou sensitif du bulbe. — Nous avons montré que dans l’entrecroisement sensitif ou supérieur du bulbe, en plus des fibres qui partent des noyaux des cordons postérieurs à ce niveau, il existe des fibres représentant les voies centrales des noyaux des nerfs sensitifs crâniens. Notre cas prouve, en outre, combien est injustifiée la description classique qui fait du Reil médian la voie
baires et protubérantiels. Nulle part, d’ailleurs, ce faisceau ne se délimite exacte-
relevant d’une lésion artérielle unique, mais bien de la conglomération de foyers multiples, relevant de l’oblitération (d’origine syphilitique) de certaines collatérales de différentes artères (cérébrale postérieure, communicante postérieure, cérébelleuse supérieure, choroïdienne antérieure).
Un cas de ptosis congénital de la paupière droite avec déficit cellulaire dans le noyau de la III e paire. Étude anatomique. En collaboration avec le professeur Dejerine et Gauckler. Revue Neurologique, n° 24, 30 décembre 1904, p. 1243.
des fibres du moteur oculaire commun. Les cellules radiculaires qui donnent naissance aux fibres nerveuses destinées au releveur de la paupière se trouvent réparties dans deux régions bien différentes :
1° Une région homolatérale, occupant les zoneS antérieure et moyenne du noyau du III, où les cellules du centre musculaire du releveur de la paupière semblent
2° Une région croisée, située dans la portion du noyau qui empiète sur le faisceau longitudinal postérieur et où les cellules sont inégalement réparties sur
Lacunes du pédoncule cérébelleux supérieur gauche dans un cas de chorée monoplégique crurale persistante du même côté. En collaboration avec L. Comil. Revue Neurologique, n Q 6, juin 1921, p. 734. Société anatomique, février 1923.
a queue de cheval. En collaboration avec Rossi. Société avril 1908, p. 640. Congrès international de Médecine (de 1909, et Archives de Médecine expérimentale et d'Anatomie
années. A la théorie admise jusqu’ici sans conteste, et soutenant que le cône terminal contient les centres réflexes de la miction, de la défécation, de l’éjaculation et de l’érection, on a opposé une théorie nouvelle; celle-ci refuse à la moelle le droit de présider à ces importantes fonctions et place les centres vésico-rectaux dans les ganglions sympathiques du.petit bassin.
Nous avons fait, à la Station physiologique du Parc des Princes, une série d’expériences pour tenter d’apporter quelques éclaircissements à cette question encore
pensable dans les recherches que nous r Nos expériences se divisent en deus tiqué soit l’ablation complète du cône te:
de cheval; dans la deuxième, comme
>. Cette longue survie était is proposions de poursuivr éries. Dans la première, n
De nos expériences, il ressort très nettement que l’ablation de la partie inférieure de la moelle (cône terminal) ou la section de la queue de cheval ont provoqué chez nos animaux (chiens et singes) des troubles profonds et durables dans le fonctionnement de la vessie et du rectum, troubles dont il y a lieu de relever ici les deux caractères
Cavités médullaires et méningites cervicales. Étude expérimentale.. En collaboration
avec Jean Camus. Revue Neurologique, n° 4, 28 février 1914, p. 218,.
La pathogénie et le mécanisme des cavités médullaires pose une série de problèmes qui attendent encore une solution. Dans le but d’éclaicir quelques points de cette question nous avons cherché à réaliser expérimentalement chez l’animal des cavités médullaires.
En injectant dans l’espace arachnoïdien médullaire un mélange d’acide gras,
miné une méningite à évolution lente et progressive, qui va jusqu’à constituer une véritable virole fibreuse très limitée.. Cette, méningite provoqué dans la moelle, l’apparition de foyers de myélomalàcie qui finissent par former de véritables cavités spinales plus ou moins étendues, et dont les. ressemblances avec la syringomyélie ne laissent pas d’être frappantes. La survie des animaux est de règle (de un à plusieurs mois) ; lorsqu’on les sacrifie,, on trouve constamment des lésions de pachyméningites localisées au lieu de l’injection et inconstamment des lésions médullaires (piqueté hémorragique ou foyer nécrotique) visibles à l’œil nu.
Du point de vue histologique il - y a lieu d’étudier séparément les lésions méningées, très particulières, et lés lésions médullaires.
Lésions méningées. — Elles sont toujours précoces et déjà évidentes au bout de vingt-quatre à quarante-huit heures.
réaction inflammatoire aiguë, riche en polynucléaires.
gangue fibreuse très épaisse, constituée par la fusion plus ou moins- complète des trois feuillets méningés. Au sein de cette gangue on voit de nombreuses fentes allongées, effilées à leurs extrémités et contenant des cristaux (acide gras, nucléinate de soude). Les parois de ces fentes sont tapissées par des cellules aplaties, du type
et parcourant enrayons de roues les cordons blancs, en suivant les septa méningés.
Enfin, l’étude de la névroglie par la méthode de Lhermitte, montre qu’il n’existe pas de gliose péri-cavitaire ou péri-épendymaire; dans les formes anciennes, la sclérose névroglique est évidente,, mais elle est diffuse et ne prédomine à la périphérie de la cavité.
tions, la pathologie humaine, au cours de l’entité morbide isolée pour là première fois par Charcot et Joffroy sous le nom de « pachyméningite cervicale hypertrophique ».
Or, les recherches que nous avons entreprises, viennent remettre en honneur
logique, n° 6, 30 mars 1909, p. 384.
Régénération de fibres nerveuses spinales dans un cas d’écrasement de la moelle,
En collaboration avec J. Lhermitte. Bulletin de VAcadémie de Médecine, n°:49, 7 décembre 1915, p. 698. Annales de Médecine, n° 6, décembre 1915, p. 621.
Si les faits anatomiques, cliniques et expérimentaux montrent avec quelle faci-
écrasée, elle est réduite , à un cordon de tissu, spongieux. Étudiée par les méthodes histologiques ordinaires et la méthode de Bielschowskÿ sur blocs, la moelle apparaît creusée de vastes cavités séparées par des cloisons irrégulières, souvent incomplètes et renflées à leur extrémité libre.
contient de rares cylindraxes très fins, noyés dans un tissu de sclérose névroglique.
Les vaisseaux spinaux sont perméables et la pie-mère légèrement épaissie. Dans les cloisons et dans lé tissu aréolàire bourré de corps granuleux dans lesquels elles se perdent, apparaissent de très nombreuses fibres fortement imprégnées en noir par le nitrate d’argent. Gelles-ci sont groupées en fascicules verticaux ou horizontaux. Leur trajet est assez capricieux, ainsi que l’on peut s’en-rendre compte sur la série des coupes étagées ; les faisceaux sont centrés par un vaisseau dont ils forment la gaine et entourés le plus souvent d’une enveloppe conjonctive.-î>es fibrès névrose trouvent également de très nombreux faisceaux ou fascicules de fibrés généralement verticaux; leur constitution histologique est identique à celle des précédents.
Enfin, dans la pie-mère bordant le cordon ântéro-latéral et le sillon médian antérieur, serpentent de nombreuses fibres,-qui suivent généralement la direction des vaisseaux spinaux antérieurs ou de leurs branches. Qu’il s’agisse ici de fibres de
histologique (elles sont dépouvues de gaine myélinique) ; 2° de leur situation anormale dans des cavités d’origine évidemment nécrotique, dans des g”a enfin, dans la-pie-mère élle-même. L’origine de ces fibres né’ à préciser ; cependant nous avons et trouver son origine dans une r nombre de fibres régénérées.
Il ne paraît pourtant pas vraisemblable d’admettre que la régénération uniquement aux dépens des racines postérieures et il nous semble que ïes cordonaux ont dû participer aux phénomènes de régénération. Ces- fait permettre d’expliquer la réapparition (rare il est vrai)* incomplète et ti fonctions sensitives et motrices observée-quelquefois dans les cas de tr£ de la moelle où pendant longtemps le syndrome de Section-totale- a pe:
Lhermitte à récùpér
Étude expérimentale des lésions commotionnelles de la moelle épinière. En collaboration avec J. Lhermitte et L. Comil. Annales de Médecine, t. VIII, n? 5,
la moelle dans la commotion spinale directe chez l’animal.
Il nous a semblé utile de reprendre cette question, et à la lumière des constatations anatomo-pathologiques faites chez l’homme, de vérifier s’il s’agissait bien là de modifications d ? ordre général susceptibles d’être mises en évidence par la pathologie expérimentale.
Cette étude présente d’ailleurs cet autre intérêt, de vérifier qu’il existe un< tinction fondamentale entre les lésions à type surtout hémorragique produite l’attritïon ou la contusion directe de la moelle, et les altérations dues au choc motionnel qui frappe au maximum l’élément noble du système nerveux.
Ainsi qu’on peut le concevoir a 'priori, la résistance des parois vasculair* considérablement plus marquée que celle d’un cylindre-axe oud’une cellule ner et l’on s’explique aisément que ces derniers, extrêmement fragiles, soient touchés électivement dans le traumatisme commotionnel.
Nos recherches, pratiquées sur des lapins, des cobayes et un chien, ont été pour-
directs sur le rachis; 2° en réalisant des traumatismes indirects.
A. Traumatisme rachidien indirect. — Nous l’obtenions, l’animal étant maintenu fléchi et la colonne vertébrale saillante, par un coup unique et violent ou de petits chocs répétés avec un marteau à trépanation, en évitant autant que possible
Les animaux (cobayes pu lapins) dont nous avons réservé les pièces pour l’examen histologique ont été sacrifiés à des dates variables après leur traumatisme : ce temps varie de quelques héures à quelques jours (8-12-21) ou même à quelques mois (3 mois et demi).
Chez la plupart des animaux la colonne vertébrale était intacte ; pn ne relevait al rachidien que des méninges et nstaté la présence d’hémorragies
Il fil
L’étude microscopique topographique des diverses régions médullaires lésées nous a montré tout d’abord la présence de zones de dégénérescence aiguë analogues à celles que l’on trouve chez l’homme et dont on peut préciser l’étude en largeur et en hauteur. En largeur, siégeant uniquement sur la substance blanche, cette dégénérescence aiguë des fibres myéliniques frappe surtout la région marginale. Elle prédomine dans les cordons antéro-latéraux et les cordons postérieurs. En
outre, à cette désintégration élective des fibres nerveuses s’associent de petits foyers de nécrose intéressant neurones et névroglie.
Ces lésions importantes contrastent singulièrement avec l’état apparemment normal de la substance grise, vue à un faible grossissement.
En hauteur, les fibres dégénérées et les foyers de nécrose peuvent s’étendre
segments médullaires.
.L’étude analytique des lésions, surtout lorsqu’on prend soin de les étudier sur des coupes longitudinales décèle :
1° une dégénérescence aiguë des fibres myéliniques ;
2° des cylindres-axes, gonflés, hypertrophiés, d’aspect moniliforme et fragmentaires, hérissés d’épines, dans les premières heures; plus tard, au stade d’interrup-
4° Présence de nombreux cylindres-axés de régénération situés entre les lamelles, tantôt parallèles aux cylindres-axes tantôt en spirale;
5° Légère hyperplasie du tissu conjonctif, avec cellules amiboïdes névrogliques ou cellules conjonctives errantes. Peu ou pas de lésions vasculaires.
Contrairement à ce qu’on observe dans la forme de Dejerine, le début est tardif, il n’y a pas d’Argyll-Robertson, ni de myosis, ni de nystagmus, ni d’atrophie musculaire généralisée, et il existe du tremblement intentionnel. Notre type se différencie d’autre part de la forme de Pierre Marie par l’absence de caractère familial, de parole scandée, d’exophtalmie et de prédominance de l’atrophie musculaire systématisée au membre supérieur affectant le type Aran-Duchenne.
essayent d’interpréter cette lésion dure-mérienne. Pour la théorie traumatique, l’épanchement hémorragique est primitif et crée l’inflammation, résultat du travail de résorption du sang épanché. La théorie inflammatoire admet comme élément primaire* l’inflammation dure-mérienne créant les néo-vaisseaux et engendrant les hémorragies secondaires. Or, tous les faits que nous avons constatés chez l’homme
1° Le sang pur, injecté en quantité de 2 à 3 centimètres cubes en une ou plusieurs fois, ne détermine pas de réactions inflammatoires des méninges appréciables du onzième au soixantième jour. Le sang est complètement résorbé dans les premiers jours qui suivent l’injection;
2° Le sang, additionné de staphylocoques dorés chauffés à 56 degrés, n’a déterminé qu’une fois une très légère réaction inflammatoire à tendance hémorragique
3° Au contraire; l’injection de substances irritantes, sans addition de sang, a donné 4 résultats positifs sur 4 chiens mis en expérience : deux fois un état blanchâtre (pachyméningite non hémorragique); une fois un état blanchâtre néomembraneux avec piqueté hémorragique donnant au microscope l’aspect le plus typique de la pachyméningite hémorragique; une fois enfin un état ocreux.
Ces faits nous semblent prouver que le sang aseptique n’est pas un irritant capable de déterminer, au niveau des méninges, une réaction inflammatoire assez durable pour aboutir à la pachyméningite hémorragique. Ils sont donc contraires
de substances irritantes réalisent chez l’animal des lésions de pachyméningite, pouvant aller jusqu’au type hémorragique et rappelant celles qu’on observe chez l’homme, au début du processus pachyméningitique.
sonnels, nous avons repris la classification des pachyméningites hémorragiques, certain nombre de sous-types :
1° La forme arborescente, dont nous rapprochons le type gélatiniforme arborescent et le type fibreux, feuilleté.
2° Les formes hémorragiques, en plaques (forme pétéchiale), diffuses et enkystées ;
3° La forme ocreuse pigmentaire-,
4° Les formes mixtes, très nombreuses et qui tendent à prouver que toutes ces formes sont en réalité des stades évolutifs différents de la même maladie. La plupart de ces pachyméningites sont d’ailleurs des formes dé début qui par cela même échappent au clinicien, la pachyméningite ne pouvant être diagnostiquée que lorsqu’elle a déterminé un épanchement hémorragique important.
L’existence de ces formes latentes nous paraît expliquer les hématomes dits
En résumé, l’ensemble de ces recherches nous a conduits à repousser la théorie des hémorragies primitives et à admettre plutôt la théorie inflammatoire.
Un cas d’hémorragie méningée sous-dure-mérienne, sans modification chromatique du liquide céphalo-rachidien. Revue Neurologique, n° 12, 30 juin 1905, p. 651.
Méningite aiguë cérébro-spinale syphilitique. — Évolution sept mois après le chancre et au cours du traitement spécifique. — Cytologie du liquide céphalo-rachidien.
1. — Sur la différenciation des diverses substances grasses dans les processus de cérébral. En collaboration avec Guy Laroche. Société de Biologie, 1 er juin 1912,
II. — Sur la différenciation élective des substances grasses du tissu nerveux normal. Les corps biréfringents. En collaboration avec Guy Laroche. Société de Biologie, 5 juillet 1912, p. 1095.
III. — Étude des graisses dans les corps granuleux. En collaboration avec Guy Laroche. Revue Neurologique, n° 13, 15 juillet 1912, p. 45.
Par les méthodes de coloration élective des graisses et la recherche de la réfringence à la lumière polarisée, nous avons pu mettre en évidence les faits suivants :
1° L’étude des corps granuleux dans le ramollissement cérébral montre que les phénomènes de résorption ou de désintégration d’un tissu, comme le tissu cérébral, s’accompagnent d’un remaniement ou de modifications des graisses composantes de ce tissu. Il s’agit peut-être d’une dislocation par les macrophages des graisses qui, à l’état normal, sont intimement combinées entre elles et avec les albumines. . 2° A l’état normal, on sait que la myéline est très nettement biréfringente, aspect
dû à certains des lipoïdes qui la composent (éthers de cholestérine, mélanges cholestérine et acide gras, sphyngomyéline, cérébrosides, mélange céphaline-cholestérine). Il est donc facile, par ce moyen, de suivre le trajet des fibres nerveuses à myéline et de déterminer le siège des faisceaux de fibres, aussi bien des fibres fines (radiaires de l’écorce ou de la substance grise de la moelle), que des grosses fibres coupées parallèlement ou perpendiculairement (capsule interne, moelle et nerfs).
De même à l’examen d’un nerf sciatique de lapin dissocié, la biréfringence différencie nettement les fibres à myéline des fibres de Remack. L’axone n’est pas biréfringent.
Dans les cellules nerveuses normales il n’y a pas de corps biréfringents ; les granulations pigmentaires notamment ne donnent pas l’aspect des gouttelettes graisseuses anisotropes. Ce fait mérite d’être pris en considération; joint aux renseignements fournis par les colorations électives (rouge-orangé par le Sudan III, bleu par le Nilblau), il plaide en faveur de la nature lipoïdique (lécithine) du pigment jaune.
3« Dans les cellules névrogliques ou conjonctives (endothéliales) il n’y a pas de corps biréfringents à l’état normal.
4» Enfin on note dans le cerveau du vieillard ou dans les cornes de la jpoelle, l’existence de corps biréfringents qui souvent donnent la croix de polarisation. A quoi répondent-ils?
Il peut s’agir d’impuretés ou de graisses entraînées sur les lames ou lamelles au moment du montage des coupes. Mais, un certain nombre de ces corps biréfringents répondent réellement à des graisses placées dans le tissu nerveux; les colorations au Sudan, au Nilblau les mettent bien en évidence.
Ces corps biréfringents situés en dehors des cellules, souvent près des vaisseaux ou même dans la gaine lymphatique périvasculaire, répondent aux substances grasses mises, en liberté par les processus de désintégration.
Autopsie d’un cas de « dysostose cléido-cranienne héréditaire ». En collaboration avec Ameuille. Revue Neurologique, n« 12, 30 juin 1909, p. 815.
Première autopsie complète de ce type clinique ; elle a trait précisément à l’un des malades qui ont servi au professeur Pierre Marie à décrire cette nouvelle entité morbide.
Influence des lésions nerveuses expérimentales sur la prolifération de la moelle osseuse. En collaboration avec Ribadeaü-Dumas. Société de Biologie, 24 oc- : tobre 1908; p. 333.
Un nouveau cas de soi-disant hétérotopie du cervelet. — Ectopie cérébelleuse vraisemblablement post-mortem. — Revue Neurologique, n° 2,30 janvier 1906, p. 88.
GLANDES ENDOCRINES
APPAREIL THYRO-PARATHYROÏDIEN
I. — Les lésions du corps thyroïde dans la maladie de Basedow. En collaboration
avec Jean Clunet. Revue Neurologique, n° 13, 15 juillet 1913, p, 1 et 39 et n° 4, 28 février 1914, p. 262; Annales de Médecine, t. I, n° 4, 1914, p. 395 et Rapport au XXIV* Congrès des médecins Aliénistes et Neurologistes de-langue française (Luxembourg 1914, Strasbourg 1919).
II. — L’anatomie pathologique de la maladie de Basedow. En collaboration avec
R. Huguenin. Revue de Médecine, n° 4, mai 1924, p. 230.. . .
I. Quelle place doit occuper la maladie de Basedow dans le cadre nosologique. — Pour que l’étude des lésions anatomo-pathologiques du goitre exophtalmique ait quelque valeur, il faut dégager dans le groupe imprécis des syndromes basedowiens la « maladie de Basedow » d’apparence essentielle,, débarrassée de ses formes.cliniques, disparates et frustes, où il faut s’attendre à trouver des lésions anatomiques soit incomplètes, soit en rapport avec une étiologie ou une évolution particulière. C’est ainsi que nous avons éliminé de la maladie de Basedow vraie :
1° La maladie de Basedow secondaire à une thyroïdite, soit banale, soit tuberculeuse ou syphilitique..
2<> Le goitre basedowifié de Pierre Marie, fréquent dans les régions goitrigènes..
3o Le cancer basedowifié,.
4° Les Basedows frustes forment un groupe d’attente encore peu homogène, et
dans la maladie de Basedow, des altérations des organes les plus divers (cœur, foie, rein, muscles, etc.). Ces altérations n’ont aucun caractère spécifique; elles sont inconstantes et résultent souvent d’une coïncidence, ou bien représentent de simples perturbations agoniques.
Il én est de même pour les lésions des centres nerveux qui, quoique recherchées avec beaucoup de soin, sont extrêmement rares, parfois douteuses, aussi variables dans leur forme que dans leur localisation.
Substance colloïde, qui ne prend pas les colorants basiques et ne se teinte que très légèrement par les colorants acides: de la présence de follicules lymphoïdes, dont beaucoup présentent des centres clairs germinatifs; de la présence de -petits nodules
à protoplasma chromophobe; leur noyau est volumineux, souvent ovalaire, disposé vers la base d’implantation de la cellule et se colore d’une façon élective mais légère par les colorants nucléaires, ce qui met bien en évidence la nucléine et le réseau delinine.
Le revêtement épithélial n’est pas uniforme, il tend à faire des saillies plus ou moins prononcées à l’intérieur de la cavité, et l’on voit tous les intermédiaires entre
rantes, les monstruosités de leurs noyaux : ce sont les îlots éosinophiles formés de cellules dont le protoplasma peut contenir des vacuoles parfois assez confluentes pour donner à l’élément un aspect spongiocytaire.
Le stroma interlobulaire est presque toujours très grêle, avec ici ou là quelques axes conjonctifs plus épais. On ne trouve ni nodules inflammatoires, ni infiltration de polynucléaires, ni métaplasie régressive, ni polymorphisme cellulaire; aucun signe d’inflammation.
Les vaisseaux ont des parois normales, et ne présentent aucune tendance à l’oblitération ni .à. la périvascularite.
Dans l’épaisseur des plus gros tractus conjonctifs, d’une part, dans l’intérieur même des lobules d’autre part, on trouve des formations lymphoïdes variables dans leurs formes et leur dimension. Il s’agit tantôt de simples traînées qui infiltrent les tractus conjonctifs ou ; dissocient les éléments du lobule, tantôt d’amas plus ou moins volumineux, qui arrivent à englober dans leur épaisseur, au cours de leur développement, soit un vaisseau, soit beaucoup plus fréquemment ; un petit , acinus
Souvent ces amas accentuent encore leur architecture de tissu hématopoïétique
III. — Valeur et signification morphologiques des faits anatomiques décrits. — 1° L’homogénéité des préparations, constante dans tous les cas de Basedow-type examinés, nous paraît intéressante parce qu’on ne la rencontre guère dans les goitres banaux qui, la plupart du temps, sont caractérisés ■ par la grande diversité de structure des divers points étudiés, et par l’inégalité des acini.
2° La lobulation, qui a frappé beaucoup d’observateurs, ne nous semble pas conditionnée par l’hypertrophie conjonctive comme dans les cirrhoses vraies, celle du foie par exemple. Elle est vraisemblablement, produite par la prolifération excentrique d’un ou de plusieurs acini, sans qu’on puisse faire intervenir dans sa production aucun phénomène de sclérose.
3° U état cylindrique des cellules thyroïdiennes, qui existe dans tous les cas, est à rapprocher de l’aspect histologique de l’hyperplasie glandulaire simple, telle qu’on l’observe dans l’hypertrophie compensatrice secondaire à l’ablation des 4/5 de la
4° Les végétations papillaires intra-acineuses ne sont pas propres à la maladie de Basedow, car on les observe dans toutes les proliférations compensatrices thyroïdiennes. Elles décèlent simplement.l’activité de la prolifération épithéliale.
5o La chromophobie et la ductüité de la substance colloïde est un fait constant
Ainsi les goitres basedowifies histologique, comme des goitr»
en un où plusieurs points de ]
La thyroïdite basedowifiée n’est, croyons-nous, qu’une forme de passage entre la thyroïdite simple qui est le point de départ, et le goitre exophtalmique proprement dit qui est la maladie définitivement constituée. Anatomiquement, c’est un; type qui ne peut guère être défini parce qu’on arrive en général trop tard pour retrouver les signes histologiques nets d’une thyroïdite en évolution. Peut-être est-on autorisé à considérer les amas lymphoïdes comme-le seul vestige du processus inflammatoire à l’origine d’un Basedow-type.
Quant à la question du cancer avec syndrome de Basedow, voici, à notre avis
une ébauche d’atypie cellulaire.. Ce double processus évolue fréquemment vers, l’hyperplasie adénomateuse nodulaire ; celle-ci peut aboutir au cancer, tout comme l’hyperplasie adénomateuse du foie ou de la. muqueuse gastrique aboutit à l’adénocancer ou à l’épithélioma pylorique.. Cette évolution-peut être lente. Plus souvent elle est, précoce.;
Lésions du thymus et des ganglions — II. y a longtemps que le thymus a attiré l’attention,, par sa persistance ou par son hypertrophie, qui fut notée au cours d’autopsies. Mais ce sont surtout les chirurgiens qui ont montré, depuis quelques années,, l’importance: qu’il fallait attacher à cet organe dans la pathogénie du
goitre exophtalmique^ Pour notre: part, nous n’avons retrouvé'la persistance du
thymus que dans un seul, cas.
Enfin les altérations ganglionnaires qui consistent en une hypertrophie de tous les éléments lymphoïdes du cou, et parfois du. thorax et de l’abdomen, coïncident en général avec; l’hypertrophie thymique.
IV.. Les théories pathogéniques de la maladie de Basedow. — Cette étude anatomique nous a-permis d’envisager sur des bases solides la pathogénie de la maladie de Basedow.
II. est évident que ni la, théorie nerveuse (centrale ou sympathique), ni la théorie polyglandulaire ne peuvent plus être soutenues.
La seule qui ait un substratum anatomique véritablement sérieux par sa constance est là. théorie thyroïdienne , et peut-être, en certains cas tout au moins, thyro-thymique : le thymus, nous paraît en effet jouer vraisemblablement un rôle dans la maladie de Basedow.
En terme de conclusion, on peut concevoir que le goitre exophtalmique est la résultants d’une thyroïdite ou d’une strumite inflammatoire, qui passe souvent inaperçue en. clinique..
Quant à.la,lésion épithéliale thyroïdienne du Basedow, nous pensons qu’elle n’est pas me hyperplasie simple „ mais plutôt une dyshyperplasie.
-Cette dyshyperplasie thyroïdienne, qui donne lieu à une sécrétion excessive et adultérée, intoxique électivement divers organes ou éléments nerveux de manière à réaliser le syndrome de Basedow.
le traitement de la maladie de Basedow. — L’étude qui précède n’a pas un intérêt,purement scientifique; elle aboutit à des conclusions d’ordre pratiqué qui permettent dé concevoir une thérapeutique logique du goitre exophtalmique. D’une façon générale on peut dire que seuls les traitements dirigés contre la
cause principale, sinon absolument unique de la maladie de Basedow, c’est-à-dire contre les altérations thyroïdiennes, semblent devoir être efficaces. Ces traitements comprennent quelques rares médications comme le salicylate de soude et le sulfates de quinine, les méthodes hémato-sérothérapiques, les méthodes opératoires, la radiothérapie.
Les premiers, médicaments anti-infectieux, ne peuvent agir qu’au début, alors que le processus inflammatoire est encore en évolution. Mais lorsque ce dernier a fait place au processus hyperplasique, il ne faut plus attendre de guérison que d’une thérapeutique agissant directement sur le corps thyroïde-,, sur ses éléments hyperplasiés et modifiés, ou encore sur les effets d’une sécrétion altérée.
Ainsi s’explique l’action bienfaisante ou même curative des sérums éthyroïdés, de la thymectomie et surtout de la radiothérapie, qui a l’avantage de s’adresser au thymus et au tissu lymphoïde néoformé, en même temps qu’à la dyshyperplasie thyroïdienne; et les résultats remarquables qu’elle a donnés constituent un des meilleurs arguments qui plaide en faveur de la théorie pathogénique,'à laquelle nous nous sommes ralliés. On sait en effet que la radiothérapie compte aujourd'hui à son actif, de nombreux cas de guérison, surtout lorsqu’elle est instituée au début de la maladie de Basedow, et qu’elle s’adresse aux formes pures, essentielles de
Hyperplasie compensatrice expérimentale du corps thyroïde, chez le chien et le singe. En collaboration avec J. Clunet. Revue Neurologique, r\° U, 15 juin 1914,
Ces expériences sont venues étayer l’étude anatomique précédente. Nous avons réalisé l’hyperplasie compensatrice du tissu thyroïdien chez des animaux (chiens et singes) en enlevant la j)lus grande partie du corps thyroïde. L’image histologique' de l’hypertrophie compensatrice était la suivante : sinuosité des parois de l’acinus ; augmentation de volume des cellules dont les noyaux deviennent plus clairs, le protoplasma plus abondant et qui tendent vers le type cylindrique ; modification, au moins partielle, de la colloïde qui devient ductile, chromophobe, par endroits, même granuleuse et - soluble.
Cette image ne diffère de celle du Basedow-type que par l’absence des amas et follicules lymphoïdes, et des amas épithéliaux éosinophiles.
Maladie de Basedow et goitres basedowifiés. En Bulletin médical, 27 novembre 1920, p. .1057.
la maladie de Basedow et la guerre. Critique de l’origine émotive du goitre exophtalmique. En collaboration avec 1. Cornil, Presse Médicale, tt° 77, 23 octobre 1920. Il nous a paru intéressant, à l’appui de documents recueillis pendant la guerre, de rechercher si l’émotion jouait un rôle quelconque dans le déclenchement de la maladie de Basedow, ainsi que le prétendent les partisans de la théorie nerveuse du goitre exophtalmique.
Les 20 observations que. nous avons rapportées dans ce travail sont nettement défavorables à cette théorie. Elles montrent que le nombre des maladies de Basedow Observées durant la guerre ne semble pas avoir suivi proportionnellement l’augmentation considérable des chocs physiques ou moraux.
Atrophie et sclérose du corps thyroïde dans un cas de rhumatisme chronique déformant. En collaboration avec Lucien Cornil. Revue Neurologique, n° 11,
Parmi les différentes conceptions émises pour expliquer la pathogénie du rhumatisme chronique déformant, la théorie qui tend à considérer ce dernier comme une conséquence du dysfonctionnement thyroïdien est basée sur un nombre très restreint dlobservations anatomo-pathologiques.
. Dans le cas que nous avons rapporté, il s’agit d’un rhumatisme chronique défor-
logique, pratiqué après autopsie, attira spécialement l’attention sur le corps thyroïde très atrophié, présentant de la sclérose interacineuse et périvasculaire très notable.
Étant donné l’âge de la malade (53 ans), l’examen clinique et l’étude histo-pathologique de la thyroïde, il ne s’agit pas ici de solérose thyroïdienne dite sénile, mais bien d’un reliquat d’une thyroïdite d’origine ancienne.
.Ce fait, joint à ceux fort peu nombreux connus jusqu’ici, mérite, pensons-nous,
Au point de vue de l’anatomie pathologique générale, les réactions morbides de la glande thyroïdienne, comme celles de tous les tissus de l’organisme, se ramènent, en fin de compte, aux deux grands processus suivants : réactions inflammatoires (infectieuses ou toxiques) et réactions néoplasiques; à celles-là appartiennent les thyroïdites infectieuses ou toxiques; à celles-ci les cancers thyroïdiens. Quant aux goitres, ils sont rangés, suivant la conception pathogénique que s’en font les auteurs,
Mes recherches ont eu pour point de départ l’étude de corps thyroïdes de rats chez lesquels Répin avait provoqué des goitres en les abreuvant d’eaux goitrigènes.
Les lésions que j’ai observées sur ces pièces rappellent celles des goitres banaux. Macroscopiquement, il existe naturellement une augmentation de volume de la glande. Sur les coupes, on note l’irrégularité des acini thyroïdiens dont la plupart sont augmentés de vohime,.quelques-uns présentant même., sur leur paroi ? une ébauche de végétation. Les vaisseaux sont plutôt dilatés, le stroma de la glande à peine visible est représenté par du tissu conjonctif jeune, très pauvre en fibres collagènes. A remarquer le peu de richesse de ces goitres en substance colloïde. Beaucoup d’acini sont vides, d ? autres renferment de la colloïde sous forme, soit de petites boules ou de flaques homogènes, soit le plus souvent sous la forme d’une substance granuleuse amorphe prenant mal les colorants. ,
Ces recherches plaident en faveur de la nature inflammatoire lente et diffuse de la thyroïde dont l’agent causal spécifique est très vraisemblablement contenu dans
Introduction à l’étude histo-pathologique du corps thyroïde — (Lésions élémentaires). En collaboration avec J. Clunet. Presse Médicale , n° 94, 25 novembre 1911.
Pour compléter nos recherches histo-pathologiques sur le corps thyroïde, nous avons fait une étude analytique et iconographique des différentes lésions de la glande thyroïde, en nous appliquant à simplifier, autant que possible, la terminologie souvent si confuse en la matière.
morphologiques que peut présenter une coupe microscopique de glande thyroïde dans les divers états physiologiques et pathologiques.
Les lésions élémentaires peuvent en effet se ramener à un certain nombre de types, dont nous avons décrit les principaux, avec figures à l’appui, de telle sorte que le lecteur, même peu familiarisé avec l’histologie du corps thyroïde, puisse
description précise.
Intégrité des parathyroïdes dans le myxœdème congénital par agénésie du corps
thyroïde. En collaboration avec Jean Clunet. Société de Biologie, 14 mai 1910,
p. 818 et Presse Médicale, n° 6, 21 janvier 1911.
Nous avons pu étudier le système thyro-parathyroïdien de deux adultes myxœdémateux congénitaux. C’est là d’ailleurs un fait des plus rares et dont il n’existe dans la littérature médicale qu’une seule observation avant les nôtres; encore celle-ci concerne-t-elle un cas de myxœdème acquis.
Chez nos deux malades, le corps thyroïde était réduit au volume d’un grain de blé, et présentait une structure histologique embryonnaire tout à fait comparable à celle qu’on observe dans les premiers mois de la vie fœtale : quelques vésicules colloïdes visibles à l’œil nu, tapissées par un épithélium cubique à une seule couche (deux ou trois vésicules pour chaque lobe), et des travées épithéliales ramifiées dont les cellules tendent par place à se grouper en acini, mais ne paraissent pas sécréter de colloïde.
Quant aux parathyroïdes, leur structure, identique pour les deux glandes, ne diffère guère de celle que l’on observe chez les sujets jeunes et normaux : aspect semi-compact, nombreux spongiocytes; parmi les travées de cellules fondamentales quelques petits acini à contenu colloïde. Les cellules éosinophiles, peu abondantes, sont isolées ou groupées par petits amas surtout périphériques; pas de
La longue durée du myxœdème (28 ans) chez nos malades aurait été tout à fait favorable, semble-t-il, soit à une transformation anatomique du tissu parathyroïdien en tissu thyroïdien, si cette transformation était chose possible; soit à une hyperplasie compensatrice intense, si la fonction thyroïdienne pouvait être suppléée par la fonction parathyroïdienne. Or, nous n’avons observé aucun de ces deux phénomènes, et nous devons, par ailleurs, faire remarquer que malgré l’intensité des phénomènes myxœdémateux chez nos malades, il n’existait ni contracture, ni tétanie, symptômes classiques de l’insuffisance parathyroïdienne.
Ces observations apportent une confirmation de plus à la doctrine de l’indépendance embryologique, anatomique et fonctionnelle de la glande thyroïde et des glandules parathyroïdes.
On peut donc conclure, de cette étude, que l’agénésie ou la destruction presque totale du tissu thyroïdien, ne s’accompagne ni d’agénésie, ni de destruction du tissu parathyroïdien.
Revue Neurologique, n° 5, 15 mars 1910, p. 314. Archives de Médecine mentale, n° 3, mai 1910, p.' 462.
Nos recherches ont porté sur 4 cas de maladie de Parkinson dans lesquels nous avons procédé à un examen systématique de la série des glandes endocrines : thyroïde, parathyroïdes, hypophyse, pinéale, capsules surrénales et pancréas.
Dans 4 cas, ..nous avons retrouvé des. glandes parathyroïdes augmentées de volume et présentant tous les caractères de l’hyperfonctionnement. Nous les avons interprétés comme des signes d’hyperplasie pathologique. Ces faits, joints aux résultats néfastes que nous a donné l’opothérapie, nous ont incité à combattre, preuves en mains, la théorie de l’hypoparathyroïdie qui était soutenue h l’époque, comme pouvant être à la base de l’étiologie de la maladie de Parkinson.
Voici les conclusions formulées à la fin de notre travail :
1° Dans la maladie de Parkinson, les parathyroïdes peuvent se trouver en état d’hyperplasie pathologique ;
2° Dans la maladie de Parkinson, l’opothérapie parathyroïdienne ne paraît guère justifiée par des faits d’observation anatomo-clinique et la plus extrême prudence
Malgré la grande réserve dont nous avions eu soin de nous prémunir, nos conclusions ont été souvent mal interprétées. De différents côtés, à l’étranger notamment, on nous a fait dire plus que nous n’avions dit, en nous comptant parmi les auteurs partisans de la théorie parathyroïdienne de la maladie de Parkinson (théorie de Phyperparathyroïdie). Or, les faits publiés par nous, avaient pour but de démontrer que la théorie de l’hypoparathyroïdie, soutenue à l’époque par plusieurs auteurs, ne pouvait être admise.
les parathyroïdes. Anatomie et physiologie normales et pathologiques. Journal médical français, 15 mars 1912.
Cet article didactique, paru au début de l’ère des travaux sur les glandes parathyroïdes, constitue une mise au point de l’anatomie et de la physiologie normales et pathologiques de ces glandes.
Les glandes à sécrétion interne; leurs rapports au point de vue de l’anatomie et de la physiologie pathologique. Paris médical, n» 82, 8 juillet 1911, p. 133
Cet article, consacré à l’étude des glandes à sécrétion interne dans leur ensemble, date de l’époque où les syndromes polyglandulaires tendaient à prendre
5 J. Camus. Paris Médical,
VIII. — La glycosurie hypophysaire. En collaboration avec n<> 18, 4 avril 1914.
IX. — Polyurie par lésion de la région opto-pédonculaire de la base du cerveau; mécanisme régulateur de la teneur en eau de l’organisme. En collaboration avec J. Camus. Société de Biologie, 9 mai 1914, p. 773.
X. — Localisation anatomique des lésions de la base du cerveau provoquant la polyurie chez le chien. En collaboration avec J. Camus. Société de Biologie, 30 mai 1914, p. 877.
XI. — Diabète insipide et polyurie dite hypophysaire; régulation de la teneur en eau de l’organisme. En collaboration avec J. Camus. Presse Médicale, n° 54, 8 juillet 1914, p. 517.
XII. — Polyurie expérimentale permanente (diabète insipide). En collaboration avec J. Camus. Société de Biologie, 29 mai 1920, p. 764.
XIII. — Diabète insipide expérimental et atrophie génitale. En collaboration avec J. Camus. Société de Biologie, 12 juin 1920, p. 901.
XIV. — Polyurie expérimentale permanente et atrophie génitale. En collaboration avec J. Camus. Congrès dé Physiologie de Paris, 16 au 20 juillet 1920.
XV. — Hypophysectomie chez le Chien et le Chat. Technique et résultats de 149 interventions. En collaboration avec Jean Camus. Société de Biologie, 13 mai 1922,
’P- IMS-
XVI. — Rapport sur les syndromes hypophysaires. Anatomie et Physiologie pathologiques. En collaboration avec Jean Camus) IIP Réunion neurologique internationale annuelle, 2-3 juin 1922. Revue Neurologique, n° 6, juin 1922, p. 622.
XVII. 1 — Le diabète insipide. Son origine infundibulo-tubérienne. En collaboration avec Jean Camus. Journal médical français, t. XI, n° 8, 1922.
XVIII. — Les fonctions attribuées à l’hypophyse. En collaboration avec Jean Camus. Journal de Physiologie, de Pathologie générale, n» 4, 1922, p. 509 et 535,
XIX. — Association et dissociation des syndromes infundibulo-tubériens. En collaboration avec J. Camus et J. Goumay. Revue Neurologique, n° 2, février 1924, p. 266.
les notions considérées alors comme classiques. Au fur et à mesure que nos expériences et nos constatations histologiques se multipliaient, nous voyions les fonctions physiologiques primordiales, qui étaient attribuées à l’hypophyse, lui échapper, et nous étions naturellement conduits à rattacher à la région infündibulo-tubérienne la plupart de ces fonctions.
Il n’est pas sans intérêt de constater que, plusieurs années après nous, deux expérimentateurs F. Bremer et Percival Bailey, reprenant au laboratoire de Harvey Cushing nos recherches pour les contrôler, étaient saisis du même étonnement, leurs travaux venant entièrement confirmer nos résultats.
Le problème se compliqu.
ne la glande est accolée au plancher du 3 e
sions, etc., qui intéressent l’hypophyse sont susceptibles, dans la majorité d
Les résultats si discutés, si discutables des recherches expérimentales, l’i tude du mécanisme des syndromes hypophysaires s’expliquent facilement ] difficultés techniques de cette étude.
Pour différencier le rôle des centres nerveux <3 sommes efforcés de pratiquer des ablations de ( réciproquement, de déterminer des lésions et des respectant l’hypophyse.
Les ablations de l’hypophyse ont été toujours
macroscopique et microscopique de ce qui peut 3
Ablation de l'hypophyse. — Deux tech s chez les animaux :
1° dans la première, on utilise la voie b
i ; on trépane le sphénoïde au niveau de îtôt mince, transparente, elle est enle’
î l’hypophyse, ne
; opérations et par l’examen à la mort des animaux, que tain temps. Après les autop-
[ues principales ont été employées par jale. La gueule étant largement ouverte
selle turcique, la table interne apparaît s délicatement. L’hypophyse se montre :s. Le temps le plus délicat consiste à
l’extirper à l’aide de petites pinces courbes après l’avoir isolée de ses connexions.
Quand l’ablation a été bien faite, on obture la perforation de la base du crâne avec du ciment, on suture ensuite les parties molles.
2° La seconde technique que nous avons utilisée consiste à aborder la région hypophysaire par la voie pariétale, suivant la méthode de Harvey Cushing, P. Bailey et Bremer.
Lésions expérimentales de la base du cerveau. — Ces lésions peuvent être faites à l’aide d’une vrille, à l’aide d’un stylet porté au rouge, en pénétrant par la gueule et en perforant la région de la selle turcique. Elles peuvent être faites aussi à ciel ouvert, après avoir opéré comme pour l’ablation de l’hypophyse. On évite ainsi à coup sûr la lésion de cet organe.
par hémorragie, par syncope, par anesthésie, par lésion nerveuse étendue, par des méningites lentes ou aiguës, etc.
Nos recherches ont porté surtout sur le chien et sur le chat. Nous avons fait aussi de nombreuses tentatives sur le singe, le lapin, le canard, etc.
L’ablation de l’hypophyse a été tentée sur 122 chiens et 27 chats; des lésions de la base ont été faites volontairèment sur 37 chiens et 9 chats. Il est à noter que bien des animaux ont été opérés plusieurs fois, ce qui augmente encore le nombre de nos interventions. L’ablation de l’hypophyse a été tentée chez le chien 98 fois par voie buccale et 24 fois par voie temporale, soit 12 fois par double trépanation et 12 fois par trépanation unilatérale.
La mort est survenue dans les opérations par voie buccale 22 fois, soit pendant l’opération, soit en moins de vingt-quatre heures; 35 fois en quelques jours, 14 fois en quelques semaines, 12 fois en quelques mois (deux à onze mois). Par voie temporale, la mort s’est produite 7 fois en moins de vingt-quatre heures; 8 fois en
au moment de la publication de notre dernier travail sur ce sujet.
I. L'hypophyse est-elle nécessaire à la rie? Causes de la mort dans les opérations sur la région hypophysaire. — Les causes de la mort dans les opérations sur la région hypophysaire sont nombreuses, et ce n’est qu’en multipliant ces interventions qu’il est possible d’avoir une opinion sur le rôle des lésions et de l’ablation de l’hypophyse dans les cas de mort.
Paulesco, Cushing, Biedl considèrent l’hypophyse comme nécessaire à la vie. Ascbner est d’un avis opposé.
Les faits qui se dégagent de nos recherches montrent que la mort est fréquente dans toutes les interventions sur la région hypophysaire, soit qu’on fasse la piqûre de la base après avoir mis à nu l’hypophyse, soit qu’on fasse une ablation totale, et il n’apparaît pas que l’ablation totale soit sensiblement plus grave que les autres interventions; la longueur de l’opération paraît seulement exposer davantage l’animal aux complications. Dans un grand nombre de cas, par ailleurs, nous avons conservé en vie des.chiens priyés complètement d’hypophyse. L’hypophyse, dans ces cas, a été examinée histologiquement après ablation et la région hypophysaire a été l’objet d’étude complète après la mort, soit que celle-ci se soit produite après quelques mois, soit que les animaux aient été volontairement sacrifiés. Existait-il dans ces cas du tissu hypophysaire aberrant? Il est difficile de l’affirmer. En tous les cas, l’hypophyse en tant qu’organe différencié avait été enlevé en totalité et les animaux vivaient. L’hypophyse ne paraît donc pas nécessaire à la vie. Dans la plupart des cas, où la mort survient après ablation totale de l’hypophyse, on trouve à l’autopsie soit de là méningite, soit urie hémorragie, soit une lésion étendue du 3 e ventricule.
II. Manifestations urinaires. Polyurie passagère., Diabète insipide permanent. Glycosurie. — 1. Polyurie passagère. — Dans les premiers jours qui suivent l’hypophysectomie, il est fréquent d’observer ' une polyurie plus ou moins prononcée. La polyurie est le phénomène primitif; la polydipsie est seulement consécutive à la polyurie.
La polyurie,, ainsi que nous l’avons établi, n’est pas due à l’ablation de l’hypophyse, mais à une lésion superficielle de la base du cerveau dans la région optopédonculaire, lésion difficilement évitable au cours de l’opération. Si l’hypophysectomie a été faite sans léser la. base du cerveau, la polyurie ne se produit pas.
physe soit touchée, on peut observer une polyurie parfois fantastique, atteignant ou dépassant la moitié du poids de l’animal. La meilleure preuve qui puisse être donnée de l’absence d’intervention de l’hypophyse dans cette polyurie est qu’après ablation préalable de l’hypophyse, il est possible, en piquant la base du cerveau quelques jours plus tard, de faire apparaître, par cette simple lésion, une polyurie abondante.
L’étude attentive de la polyurie montre que les choses se passent comme si la région blessée iaisait partie d’un mécanisme régulateur de la teneur en eau de l’organisme. En effet, les lésions peuvent donner (probablement suivant leur siège ou leur étendue) de la polyurie avec polydipsie parallèle, sans trouble de la régulation par conséquent, ou de la polyurie sans polydipsie consécutive, c’est-à-dire avec perturbation du mécanisme régulateur. Ce qui renforce cette conception, c’est que les lésions de la base du cerveau chez les chiens très jeunes n’ont pas, dans nos recherches,
diabète insipide permanent. NçSuSenavbns provoqué des cas aussi impressionnants que ces diabètes insipides signalés' chez l'homme dans lesquels la quantité d’urine émise par vingt-quatre heures dépassait .25 à 30 litres. Nous avons vu des animaux de 6 kilogrammes uriner plus: de 2 litrës par jour pendant des mois. Un de nos chiens présente un diabète insipide depuis trois ans. Un cas semblable montre bien la réalisation d’une affection définitive chez l’animal telle qu’elle s’observe chez l’homme.
3. Glycosurie. — Chez l’homme, la glycosurie-est fréquente dans les tumeurs de l’hypophyse ; elle atteint parfois 400, 500 et 700 grammes par vingt-quatre heures.
Chez le chien, nous avons très rarement observé la glycosurie après les opérations su r-la région hypophysaire, ou quand elle apparaît, elle est toujours fugace. L’ablation seule dé- L'hypophyse ne la prodüitpas. Elle nous a paru dépendre d’une lésion de la-base.du-cerveau; mais étant donnée la rareté et la fugacité du phénomène, nous n’avons pu en étudier le mécanisme, comme nous avons pu le faire pour la polyurie.
nos recherches, les différentes interventions sur l’hypophyse : ablations partielles portant sur un ou sur les deux lobes, ou ablation totale, ne modifient pas d’une façon appréciable la tolérance aux hydrates de carbone, ni les conditions d’apparition de la. glycosurie alimentaire.
Les injections d’extraits concentrés de lobe postérieur, de lobe antérieur ou d’extrait total d’hypophyse ne modifient pas sensiblement, chez les animaux opérés, la limite de tolérance aux hydrates de carbone.
Ces conclusions ne sont pas conformes à l’opinion de Harvey Cushing. Il peut d’ailleurs y avoir des variations d’après les animaux et suivant les lésions produites.
III. Hypophyse et fonctions génitales. — L’ablation de l’hypophyse, quand elle est faite sans léser la base du cerveau, ne détermine pas d’atrophie des organes génitaux externes chez le chien. Plusieurs fois, nous avons vu des chiens, ayant subi l’hypophysectomie depuis quelques mois, conserver leur activité génitale et couvrir des chiennes. De même, une chienne pleine qui a subi une ablation complète de l’hypophyse a mis bas, quarante heures plus tard, des petits vivants, et les a allaités pendant quelques jours. Quelques mois plus tard, la même bête est entrée en rut, a été couverte plusieurs fois, mais n’a pas été fécondée.
pement des organes sçxuels et la suppression d’appétit génital.
Des chiennes ayant subi les mêmes lésions sont restées longtemps sans entrer en rut; deux d’entre elles, couvertes par des chiens, sont mortes après plusieurs semaines et l’on a trouvé des débris putrilagineux dans les cornes utérines.
Ce groupe d’expériences est peu nombreux, car une longue survie, beaucoup de soins et de surveillance sont nécessaires pour ies réaliser. Elle nous conduisent à
II y a-plus, ce syndrome, ainsi que nous l’avons noté, peut être réuni au diabète insipide, et ceci de façon permanente, durable. L’ablation pure et simple de l’hypophyse, qu’elle soit totale ou partielle, n’a pas produit de semblables manifestations
V. Troubles du développement du squelette. Infantilisme. Gigantisme. Acromégalie. — Ascoli et Legnani, Aschner, ont provoqué expérimentalement des troubles du développement du squelette chez les animaux.
Nos récherches personnelles ne nous donnent pas les éléments suffisants pour tirer des conclusions précises relatives aux troubles de développement du squelette. Des lésions graves de l’hypophyse réalisées au cours. d’ablations incomplètes, et même d’ablations complètes, ne nous ont pas paru entraver le développement général
Il ne nous est pas possible de tirer non plus de conclusions nettes sur ce point; à la suite des lésions expérimentales de la base du cerveau. Il faut, pour résoudre ce problème, élever pendant des mois des chiens de même portée, les garantir contre les accidents, les maladies intercurrentes; jusqu’à présent, sauf dans quelques cas insuffisants, à notre sens, nos recherches n’ont pas été satisfaisantes. Les travaux antérieurs aux nôtres ne sont pas, sur ces chapitres, concordants.
VI. Rôle de l’opothérapie hypophysaire dans les syndromes dits hypophysaires. — Un argument fondamental, aux yeux des partisans du rôle essentiel de l’hypophyse dans le mécanisme des syndromes dits hypophysaires, est celui qui est tiré de l’opothérapie. A vrai dire, nous ne pensons pas que l’opothérapie ait souvent agi de façon éclatante et durable sur le syndrome adiposo-génital, ni sur l’acromégalie, ni sur l’infantilisme, ni sur le gigantisme, mais il est évident que dans.de nombreux cas, entre les mains d’excellents observateurs, les manifestations urinaires ont été profondément modifiées. Cés modifications ont d’ailleurs été presque toujours passagères et limitées à la durée du traitement opothérapique. Les résultats thérapeutiques ont été, dans d’autres cas, inconstants, minimes ou nuis.-
Nos conclusions; au point de vue de l’expérimentation opothérapique, sont les suivantes. Il convient dans la polyurie dite hypophysaire de distinguer deux phases : dans la première phase qui suit la lésion expérimentale, il semble que la polyurie obéisse à une force irrésistible, et l’opothérapie a peu d’aotion; le taux de l’urine monte même parfois violemment malgré l’opothérapie ; —■ dans la deuxième phase, quand le diabète insipide expérimental est établi de façon durable, les conditions sont analogues à celles des cas de clinique humaine. Alors, chez les animaux, les extraits hypophysaires sont susceptibles de faire baisser le taux des urines, mais ceci de façon variable et inconstante. L’abaissement est parfois minime, parfois il
tions spontanées, indépendantes de toute opothérapie qui sont aussi importantes que celles qui peuvent être attribuées à l’opothérapie.
de la teneur en eau de l’organisme, et localiser ce centre dans les noyaux propres du tuber chez le chien, nos constatations anatomiques sont beaucoup moins précises en ce qui concerne la glycosurie, et les troubles adiposo-génitaux. Jusqu’ici, en effet, elles ne nous permettent pas de dire pourquoi une lésion de la base détermine dans certains cas de la glycosurie et non dans d’autres. Nous n’avons pu préciser davantage le siège des lésions qui provoquent le syndrome adiposo-génital, que toutes nos expériences nous montrent cependant relever d’une lésion cérébrale et non pas d’une lésion hypophysaire.
D’ailleurs les recherches récentes de Percival Bailey et Bremer (1921) ont apporté des faits absolument confirmatifs de notre manière de voir.
pas être strictement mis en parallèle avec les documents anatomiques et cliniques, et que l’existence, chez l’homme, d’un centre végétatif diencéphalique dont l’atteinte se traduirait par un diabète insipide était loin d’être démontrée.
Puis peu à peu, certaines observations anatomo-cliniques sont veniiès plaider en faveur de l’origine tubérienne de la polyurie ou du syndrome adiposo-génital. Telle l’observation de Claude ët Lhermitte dans laquelle le syndrome polyurique était provoqué par utte tumeur du 3» ventricule, avec intégrité de l’hypophyse. Telle également l’observation de Lereboullet; Cathala et Mouzon où il s’agissait
d’infantilisme dit hypophysaire par tumeur du 3 e ventricule avec intégrité de l’hypophyse. Dans ces deux cas, l’infundibulum était complètement obturé par la
dans la littérature un certain nombre de cas de diabètes insipides attribués à des lésions de syphilis ou de tuberculose basilaire, ou à des lésions traumatiques de la région basilaire de l’encéphale dont Lhermitte a rappelé les principales ; mais dans aucun de ces faits les lésions histologiques de l’infundibulum n’ont été observées.
Nous avons pu personnellement mettre en - évidence^ dans un cas de diabète insipide, des lésions histologiques des noyaux du tuber, identiques à celles décrites par Lhermitte dans une observation analogue.
Ces observations anatomo-cliniques se superposaient très exactement aux résultats expérimentaux dont nous avons parlé. Ils nous ont conduit donc à admettre que, chez l’homme comme chez l’animal, le syndrome 'polyurique et le syndrome génital sont dus, non pas à une lésion du lobe postérieur de l’hypophyse ou de la tige hypophysaire, mais bien à une lésion des noyaux de l’infundibulum et du tuber cinereum. De ce fait, ils constituent, l’un et l’autre, des syndromes infundibulo-tubériens.
Pour le syndrome glycosurique, il en est très vraisemblablement de même; mais cette question est encore imprécise et demande de nouvelles recherches.
Tels sont les principaux faits qui se dégagent de la série de nos travaux sur
cinereum..»
Nos recherches .sur l’hypophyse ont donc abouti à déposséder cet organe d’une série de symptômes qui lui étaient attribués à tort, pour les rattacher à des lésions de la base du cerveau. Nous avons montré ainsi que la plupart des syndromes dit hypophysaires devaient être considérés comme des syndromes infundibulo-tubériens.
Les tumeurs du lobe antérieur de l’hypophyse. Essai de classification histologique. En collaboration avec Jean Clunet . Revue Neurologique, n» 17,15 septembre 1911, p. 313 ; et XXI e Congrès des Aliénistes et Neurologistes de France et des pays de -langue française, Amiens, 1-6 août 19111' ,'
A propos de la question mise à l’ordre du jour à ce congrès, nous avons repris la classification des tumeurs du lobe antérieur de l’hypophyse, en nous basant sur l’étude de cas personnels.
Après avoir délimité exactement, du point de vue histologique, le cadre des tumeurs hypophysaires, par rapport aux lésions inflammatoires, nous avons proposé la classification suivante :
I. Malformations. — Résultant de vices de développement embryologique
du canal épendymaire dans la tige pituitaire, dans la zone interlobaire ou en plein lobe glandulaire.
De ces malformations relèvent les différents kystes à parois organisées, kystes congénitaux (à ne pas confondre avec les kystes par ramollissement observés chez l’adulte, qui ne constituent pas des tumeurs à proprement parler), et les épithéliomas pavimenteux de l’hypophyse, développés aux dépens d’éléments épendymaires, cellules épendymaires aberrantes du lobe antérieur, ou cellules épendymaires du lobe postérieur.
II. Tumeurs épithéliales. — Nous en séparons, à l’encontre de certains auteurs : l’hyperplasie simple physiologique, l’hyperplasie simple pathologique, et l’hyperplasie adénomateuse, dont les caractères tant macroscopiques que microsco-
1° Les adénomes, qui comprennent trois types : les adénomes à cellules claires ; adénomes à cellules foncées, et Us adénomes à cellules cylindro-cubiques.
et l’épithélioma, tumeur franchement maligne, il y a place pouf des tumeurs qui, macroscopiquement et histologiquement, paraissent à la limite de la tumeur bénigne (adénome), encapsulée, non envahissante et non destructive, et de la tumeur maligne (épithélioma), rompant la capsule d’enveloppe pour devenir envahissante et destructive. Ce sont là en quelque sorte des formes intermédiaires en présence desquelles il est fort difficile de faire un diagnostic histologique précis. Et ceci d’autant plus qu’en matière de tumeur de l’hypophyse, l’un des principaux critères de malignité, les métastases, manquent ordinairement.
3o Lès épithéliomas. — Pour l’hypophyse donc, comme du reste pour les autres
l’épithélioma de l’adénome est souvent très difficile à fournir.
Aussi, nous ne donnons l’étiquette d 'épithélioma qu’aux tumeurs de l’hypophyse présentant les caractères de monstruosités cellulaires, de prolifération active (mitoses) et d’envahissement destructif, c’est-à-dirè l’infiltration de la capsule, la prolifération à travers la loge conjonctive et méningée, l’envahissement du chiasma optique, des vaisseaux carotidiens, et de l’encéphale.
tables, en tant que tumeurs d’ordre conjonctif. Nous croyons qu’il s’agit le plus souvent d’épithélioma très atypique, dont seule l'étude faite sur de multiples frag¬
ments permet d’identifier la nature.
Quant aux tumeurs bénignes de l’hypophyse, elles sont exceptionnelles.
Les tumeurs de l’hypophyse, leurs rapports avec l’acromégalie. Congrès international de Pathologie, Turin, 1911, et Revue Neurologique, n° 12, 30 juin 1912, p. 817.
1° U acromégalie est-elle toujours causée par une tumeur de l'hypophyse?
A cette question, je n’hésite pas à répondre par l’affirmative. Si l’on observe
pas d’une façon précise sur le terme de « tumeur de l’hypophyse » d’une part, et aussi sur ce qu’on doit entendre sous le nom de « syndrome acromégalique ».
tumeur. D’autre part, les observations de soi-disant acromégalie sans tumeur de l’hypophyse, vérifiées à l’autopsie, méritent d’être sérieusement discutées; il s’agit là de pseudo-acromégalie (syringomyélie, cheiromégalie par exemple), ainsi que l’a bien montré le professeur Pierre Marie.
le néoplasme, en somme d’un dysfonctionnement glandulaire.
2° Toute tumeur de l’hypophyse détermine-t-elle l’acromégalie?
1\ est hors de doute que non, et qu’il existe de nombreux cas de tumeurs de l’hypophyse sans acromégalie. De nombreuses hypothèses ont été émises pour expliquer
C’est ainsi qu’on a invoqué l’âge du malade, la durée de l’évolution de la tumeur ; on a pensé par exemple que chez le vieillard la néoformation hypophysaire peut avoir été arrêtée dans son développement par la mort du malade, si bien que les troubles acromégaliques n’orit pas eu le temps d’apparaître.
On a examiné également le système hypophysaire accessoire, sphénoîdien ou pharyngé, qui aurait été trouvé lésé dans quelques cas où l’hypophyse était altérée. Mais aucune de ces hypothèses n’a apporté, jusqu’ici de solution suffisante.
; Je pense personnellement que la solution du problème doit être cherchée dans la plus ou moins grande étendue de la tumeur par rapport au lobe glandulaire. L’examen microscopique sur coupes sériées de quatre cas de volumineuses tumeurs de l’hypophyse, non accompagnée d’acromégalie, m’a montré en effet la persistance, à la périphérie dé la tumeur, d’une zone de tissu hypophysaire sain, en état d’hyperplasie. Ces constatations, que seules les coupes sériées permettent de mettre en valeur, donnent l’explication de l’absence de phénomènes acromégaliques qui exigent vraisemblablement une transformation néoplasique complète ou sub-complète de tout le tissu hypophysaire. Ces faits sont d’ailleurs à mettre en parallèle avec ceux que l’on observe au niveau d’autres glandes vasoulaires sanguines, le corps thyroïde par exemple, ainsi que le prouve l’observation classique d’Eiselsberg dans laquelle l’apparition, de métastases, osseuses, au cours d’un cancer du corps thyroïde avec myxœdème, . fit disparaître momentanément les phénomènes d’insuffisance thyroïdienne.
Pour ce qui concerne les rapports entre le gigantisme et les tumeurs de l’hypophyse, je serais tenté de faire le même raisonnement, mais je ne possède aucun document personnel sur ce point. Quant aux rapports des tumeurs du lobe antérieur de l’hypophyse avec l’infantilisme ou le nanisme dit hypophysaire, je pense que les faits publiés jusqu’ici sont encore trop peu nombreux pour permettre une interpré-