CANCER EXPÉRIMENTAL
I. — Le rôle du facteur terrain dans la production expérimentale du cancer par le
goudron. Bulletin de l’Académie de Médecine, juin 1922..
II. — Cancer expérimental du goudron chez la souris blanche. En collaboration avec R. Leroux et E. Peyre. Bulletin de V Association française pour l’élude du cancer,
III. — État actuel de nos recherches sur le cancer expérimental du goudron. En collaboration avec R. Leroux et E. Peyre. Conférenoe sur le cancèr expérimental du goudron. Leenwenhoek-Institut. Amsterdam, 23-25 octobre' 1922.
IV. — Le cancer du goudron chez la souris. En collaboration avec R. Leroux et E. Peyre. Presse Médicale, n° 98, 9 décembre 1922.
V. — La pénétration du goudron dans le derme de la souris badigeonnée. En collaboration avec R. Leroux et E. Peyre-. Société de Biologie, 10 mars 1923, p. 603.
boration avec R. Leroux' Bulletin de l’ Association française pour l’étude du cancer, n° 5, mai 1922, p. 296 et Congrès du cancer, Strasbourg, 23-24 juillet 1923.
L’emploi du goudron dans le domaine expérimental était de date toute récente quand .j’ai entrepris; avec mes élèves Leroux et Peyre, une série de recherches sur
Le début de nos expériences remonte au mois d’avri] 1921; elles ont été poursuivies au laboratoire du Service du cancer de l’Hospice Paul Brousse, et à là Faculté de Médecine de Paris.
1U mode de réaction de défense locale de l’organisme \
Le troisième enfin se rapporte à l’histogenèse de diplexe, dites épthélio-sarcomes, et touche à une c :icore très controversée : celle de la transformat
n dans la production- expérimentale du es
(30 p. Î00); d’autres des'tumeurs bénignes (30 p. 100); d’autres des tumeurs qui ont régressé et disparu (10 p. 100) ; d’autres enfin ont paru complètement réfractaires à tout processus néoplasique (10 p. 100), quoique les conditions de l’expérience aient été exactement les mêmes. Ces différences ont- été observées sur des souris d’un.même élevage, de même âge, souvent de même portée, vivant dans la même cage, et qui toutes ont été badigeonnées avec la même solution de goudron.
Ces résultats mettent donc en valeur la différence assez importante qui existe dans l’état de réceptivité des animaux d’une même espèce et l’importance du rôle ' joué par le facteur terrain, Ils montrent qu’il existe dans la production expérimen-
à certains individus. Si l’étude de l’immunité antieancéreuse, immunité naturelle ou artificielle à l’égard des greffes, est aujourd’hui bien connue, depuis les travaux d’Ehrlich et Bashford, il n’en est pas de même pour le cancer provoqué expérimentale-
En outre, nos expérience» mettent également en valeur la prédisposition de
a donc là des différences notables dans la gamme des réactions néoplasiques.
A ce propos, il y a lieu également de souligner le fait suivant difficile à expliquer : quand, après badigeonnage au goudron, des souris présentent des tumeurs multiples, celles-ci se transforment le plus souvent en cancer. Quand, au contraire,
ments relatifs à l’influence du siège du badigeonnage sur l’éclosion des tumeurs.
en traînée, les.tumeurs apparaissent avec une électivité remarquable dans la régioninterscapulaire. Dans les cas de tumeurs multiples le long de la traînée goudronnée, les premières lésions naissent toujours au niveau de la nuque et sont toujours plus volumineuses et plus malignes que celles de la région dorsale ou de la région sacrée. Ces faits démontrent que les diverses régions de la peau d’un même animal ne sont pas également aptes à produire du cancer malpighien. .
De ces recherches il ressort que, si des causes très diverses peuvent produire du
à modifier là forme de ses cellules pour leur permettre dè sé faire plus aisément place au sein d’éléments plus ou moins serrés. Ainsi les cellules épithéliales prennent par endroits le type fuso-cellulaire, tout en conservant leur nature épithéliale, comme le prouve la formation de globes cornés. Il y a bien là, si l’on veut, métaplasie au sens étymologique du mot, mais il s’agit uniquement, à notre avis, d’une métaplasie apparente, c’est-à-dire de forme et d'aspect, et non d’une métaplasie réelle, c’est-à-dire de fonction.
C’est pourquoi, et sans vouloir bien entendu nier la possibilité de l’association de tumeurs épithéliales et conjonctives malignes, nous pensons, que, sinon toutes, du moins une partie des tumeurs étiquetées : épithélio-sàrcomes où carcino-sarcomes, doivent être interprétées comme des tumeurs à tissu unique, des épithéliomas, prenant en certains points l’aspect fuso-cellulaire, c’est-à-dire comme des épithéliomas fuso-cdlulaires.
stroma conjonctif. En collaboration avec R., Leroux- etfEd. Peyre. Bulletin de
VAssociation française pour l'étude du cancer, n° 3, mars 1924, p. 164.
Le lapin offre sur la souris de nombreux avantages pour l’étude expérimentale du cancer du goudron. Animal plus résistant et vivant plus longtemps, il permet une observation de'plus longue durée et se prête à des études histologiques qu’il est impossible de faire sur un petit animal comme la souris. En effet, il est aisé de pratiquer des biopsies en série sur l’oreille du lapin qui est l’organe de choix pour cette étude, comme l’ont montré Yamaghiwa et Itchikawa ; ceci permet de suivre pas à pas les phénomènes locaux qui'président au développement d’une tumeur, aussi bien en
envahis par le cancer.
Au cours des recherches que nous poursuivons, nous avons été frappés par un fait dont l’étude des biopsies en série nous a permis de poursuivre l’analyse : des tumeurs épithéliales, présentant les caractères histologiques indiscutables du cancer, sont susceptibles, soit après cessation du badigeonnage, soit même au'cours des applications de goudron, de subir une régression spontanée et même d’aboutir à une disparition complète.
Notre matériel d’étude comporte deux séries de lapins qui ont été badigeonnés suivant une technique différente.
Une première série de 6 animaux a été mise en expérience en janvier 1923; 3 lapins ont reçu des applications de goudron sur la face interne de l’oreille et 3 sur la face externe. L’application du goudron a été pratiquée sur une oreille seulement
La cellule cancéreuse est particulièrement favorable à l’étude des phénomènes endocellulaires dus à l’action des différentes substances chimiques, soit en solution isotonique et neutre, soit en solution chimique active.
logique de certaines modifications histologiques et de serrer ainsi de plus près l’un des problèmes les plus difficiles de l’histophysiologie cellulaire.
peut distinguer deux grandes formes de modifications cellulaires : la condensation et la dilution , mais il n’est pas possible encore de préciser à quel mécanisme physicochimique répondent ces aspects, ni quelle est exactement la part prise par le noyau dans ces modifications. Celle-ci nous semble faible ou nulle jusqu’ici, mais ce fait
Quoi qu’il en soit, l’on est d’ores et déjà en droit de penser; que' les deux aspects morphologiques cellulaires, concentration et dilution, répondent à des réactions vitales et évolutives complètement différentes. L’aspect de condensation cellulaire semble répondre à une atténuation des phénomènes vitaux et à un ralentissement évolutif, tandis que l’aspect de dilution cellulaire semble répondre à des phénomènes inverses; ces aspects cytobiologiques peuvent être provoqués à volonté par les éléments chimiques parmi lesquels nous retiendrons les groupes K, NH 4 , Calcium, Manganèse
service du cancer de Villejuif, pour chercher à élucider certains points relatifs à l’action biologique du rayonnement sur les tissus néoplasiques. Dans ce but nous nous sommes attachés surtout, au moyen de biopsies en série, à l’étude du stroma conjonctivo-vasculaire.
Du point de vue doctrinal, ces recherches nous ont conduits à des résultats très résumés dans le paragraphe précédent ;
Du point de vue pratique, nous avons été parmi les premiers à signaler
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radiothérapie.
Toute proportion gardée vis-à-vis de la diminution du nombre des individus
observés sur 400 autopsies nous paraît particulièrement faible, et pourtant dans 13 cas, le diagnostic de cancer ne fut établi qu’à l’autopsie ou à l’examen microscopique. Notre statistique comporte donc des cas, qui ne doivent pas compter dans la plupart des statistiques officielles. Elle nous a montré aussi que chez le vieillard, la mort était due à une affection intercurrente totalement étrangère au processus
ï. — Le problème du cancer. Journal médical français, 11 novembre 1922;
II. — La lutte sociale contre le cancer. Presse Médicale, 7 février 1923.
III. — L’immunité dans le cancer. En collaboration avec M. Wolf. Biologie médicale, n<> 8, 1923.
IV. — Le cancer. En collaboration avec M. Wolf. Article de 401 pages, avec 148 figures originales, in Nouveau Traité de Médecine. — Masson et C‘ e , édit., Paris, 1922.
V. — L’état actuel du problème du cancer. Un volume de 192 pages, avec 19 figures. Collection « Science et Civilisation » Gauthier-Villars et C 1 ®-, édit., Paris, 1924.
Dans les divers articles énumérés ci-dessus, ainsi que dans ma monographie sur le Cancer, du Traité de médecine, ou dans mon livre sur le Problème du cancer,
fectionnemènt d’une technique.'Ces progrès, nous les voyons suivre dans le cours des siècles leur déroulement régulier, avancer pas à pas, puis tout à coup faire un bond en avant, à la suite du bouleversement révolutionnaire apporté par la découverte ou le perfectionnement d’un procédé technique d’observation.
C’est ainsi que la pratique de la dissection et des autopsies a permis à des Morgagni, des Bichat, des Laënnec de jeter les premières bases de l’Anatomie générale et de l’Anatomie pathologique ; que la découverte du microscope par Lœwenhoek a conduit Johannes Müller et Virchow à établir les fondements de l’Histologie pathologique ; que les découvertes de Pasteur enfin sont venues bouleverser de fond en combles les idées alors classiques en Pathologie et éclairer définitivement l’un des plus grands problèmes biologiques : celui de l’infection.
; l'C’est ainsi encore, que plus près de nous, les découvertes des rayons X par Rœntgen, des substances radioactives par Becquerel et les Curie, celles des colloïdes par Graham, ont permis l’interpénétration des sciences physiques et chimiques avec la biologie et ont abouti à la création de sciences nouvelles telles que la Biochimie et la Chimie physique.
L’étude du Problème biologique du cancer est restée longtemps dominée par les concepts purement morphologiques tirés de l’observation anatomo-pathologique ou anatomo-clinique, méthode qui, depuis plusieurs siècles, régnait en maîtresse et maintenait la Pathologie trop éloignée de la Physiologie.
On .doit à la méthode morphologique une foule de données fondamentales, en
On lui doit la connaissance de la structure intime de la cellule cancéreuse, du mécanisme de l’accroissement tumoral et des phénomènes de la cancérisation des tissus jusque dans leurs plus infimes détails. On lui doit aussi l’analyse du processus cancéreux jusqu’à son point de départ au niveau de la cellule, ce qui a permis de ramener le phénomène essentiel du cancer à un phénomène cellulaire.
Mais il faut reconnaître que les efforts des micrographes ont été impuissants à pénétrer plus loin dans le mécanisme de la cancérisation, et que la cause première qui transforme la cellule normale en cellule cancéreuse nous échappe encore complètement. En effet, les images fournies par l’étude microscopique de coupes histologiques correspondent à des aspects d’un moment donné de la vie oellulaire, et nous renseignent bien plus sur les effets que sur les causes d’un phénomène vital.
« De la morphologie — comme l’a dit très justement Frédéric Houssay — on ne
forme et le fonctionnement étudié par la physiologie. »
Aussi l’étude morphologique, malgré les perfectionnements des appareils d’optique et des techniques histologiques modernes, est-elle incapable de nous renseigner sur