II. Le reflux d’urine de la vessie dans l’uretère
Le reflux d’urine de la vessie dans l’uretère du côté néphrectomisé n’existe pas chez l’homme. Pour qu il se produise, il faudrait une dilatation exceptionnelle de l’uretère.
Il n’existe pas chez le chien. Il existe chez le lapin.
Ce sont les contractions urétérales qui s’opposent pour une large part au reflux d’urine. L uretère ne devient pas un diverticule de la vessie.
En résumé, les réactions physiologiques de l’uretère ne sont guère modifiées par la néphrectomie, bien que sa fonction ait disparu.
Etude clinique.
Normalement, après une néphrectomie, l’uretère reste silencieux. L’urétérite s’éteint progressivement.
Les accidents sont rares. On peut cependant observer des hématuries d’origine urétérale, des fistules avec reflux d’urine dont j’ai recueilli dans la science 9 observations, des urétérites purulentes, dont j’ai observé un cas après une néphrectomie pour contusion.
Certaines complications sont propres à la tuberculose. Les fistules lombaires simples assez fréquentes sont encore souvent attribuées à la présence du moignon urétéral. La tuberculose de la graisse périrénale, le drainage (Legueu) en sont parfois la cause.
Les abcès froids de l’uretère sont absolument exceptionnels .
Déductions thérapeutiques. Comment traiter l’uretère pendant la néphrectomie.
Les constatations anatomo-pathologiques, physiologiques et cliniques que j’ai faites amènent à cette notion qu’il faut compter — sauf dans des cas excep tionnèls — sur la guérison spontanée de l’uretère après
la néphrectomie. Il faut habit uellement proscrire l’uretéreclomie totale.
11 ne faut pas fixer le moignon urétéral à la plaie lombaire. 11 ne faut pas le traiter par le curettage, la chaleur, l’électricité, les antiseptiques. 11 est inutile de suturer l’orifice supérieur de l’uretère, de sectionner l’uretère en dehors de la plaie. Tous ces procédés encore très employés, surtout à l’étranger, sont désuets et inutiles. 11 suffit de sectionner l’uretère, de lier le moignon. Ce n’est que d’une manière tout à fait exceptionnelle que l’uretérectomie secondaire sera indiquée.
La Tuberculose de l’Uretère.
(Gazette des Hôpitaux , n° 7 du 8 Février 1919).
L’étude de « l’uretère après la néphrectomie » m’amenait naturellement à envisager isolément la question de la tuberculose de l’uretère. Son étude peut permettre d’élucider le problème de la marche des lésions tuberculeuses du rein à la vessie. J’ai, un des premiers, publié une revue critique sur la tuberculose urétérale. C’est une mise au point aussi complète que possible.
Plaies du Rein.
Rapport de M. le Professeur Legueu.
(.Bulletins et Mémoires de la Société de chirurgie , 1916, Tome XLII n° 34 ).
J’ai, avec deux dessins à l’appui, envoyé à la Société de chirurgie trois observations de plaies du rein. Mon rapporteur, M. le Professeur Legueu, a écrit à leur sujet: « Ces observations viennent poser le problème de ces plaies en chirurgie de guerre. C’est, je crois, la première fois que cette question est abordée à celte tribune, depuis la guerre, sous cette forme. Car s’il a été question jusqu’ici des plaies du rein, c’était surtout à propos des plaies de l’abdomen, dont elles constituent souvent une complication.
« Mais il est aussi des cas dans lesquels la plaie du rein, même si elle est accompagnée d’une pénétration abdominale, joue le rôle principal dans la pathologie qui commence à la blessure, et il y a des problèmes thérapeutiques et opératoires qui sont posés par les plaies du rein seul ».
A propoS de ces trois observations, dont deux relataient les indications opératoires et les résultats de 2 néphrectomies - une môrt et une guérison — faites pour des broiements de la moitié inférieure du rem au cours de plaies thoraco-abdominales, j’ai étudié surtout deux grands symptômes, l’hématurie et l’écoulement d’urine par la plaie lombaire. J’ai envisagé, en particu-
lier, les lésions qui conditionnent ces symptômes, et de ces symptômes j’ai cru pouvoir tirer des indications opératoires.
De l’hématurie on ne peut guère attendre — sauf exceptions — que l’indication de ne pas opérer, puisque son intensité est presque inversement proportionnelle à la gravité de la blessure.
Il n’en est pas de même de l’écoulement d’urine précoce. Dans deux "des cas que je relatais, cet écoulement avait été précoce et abondant. Pièces à l’appui, je montrais que ce symptôme traduisait une plaie très profonde des calices ou du bassinet. J’ai conclu que cet écoulement précoce et abondant est un indice certain de la gravité de la blessure et doit conduire à l’exploration chirurgicale. Si la néphrectomie est souvent indiquée dans ce cas, il serait excessif, fit remarquer mon rapporteur, de faire de ce symptôme une indication de néphrectomie.
Note sur un cas d’oblitératipn chirurgicale d’une fistule recto-vésicale chez un blessé de guerre.
Rapport de M. le Professeur Legueu.
(Bulletins et Mémoires de la Société de chirurgie, 1918, tome XLIV, n° 17).
Je rapportai dans cette communication l’observation d’un blessé jjorteur d’une fistule vésico-rectale causée par une balle.
Au 8 e jour, je lui ai fait par voie endo-vésicale la fermeture de la fistule. Le résultat fut excellent. La communication vésico-rectale ne se reproduisit plus.
Ma conclusion était qu’une suture faite dans les premiers jours, quand la vessie n était encore ni rétractée, ni infectée, eut été beaucoup plus facile.
Je demandais s’il n’y aurait pas intérêt à généraliser cette méthode de fermeture précoce des plaies vésico-reetales, dans l’espoir d’améliorer les résultats si déplorables qu’avait donné l’abstention dans les hôpitaux de l’avant.