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CHIRURGIE DE L’ABDOMEN

L’éclatement sous-cutané traumatique de la paroi abdominale.

En collaboration avec M. Legueu.

(.Archives générales de chirurgie , Décembre 1911, page i 3 ai).

Nous rapportons 2 observations personnelles de large rupture sous-cutanée de la paroi abdominale. Nous avons fait à ce propos la première étude d’ensemble qui ait été publiée sur cette conséquence rare des contusions de l’abdomen. Nous avons relevé dans la littérature 11 observations, surtout d’origine étrangère, et en donnons le résumé.

La cause de ces éclatements est toujours une contusion limitée à un point de l’abdomen. Le corps traumatisant atteint brusquement la paroi, se coiffe de la peau souple et dépressible et fait éclater le muscle.

Voici l’analyse que le Professeur Lejars a fait de notre Mémoire dans son Traitéde chirurgie d'urgence :

« Un éclatement sons-cutané de la paroi serait encore « une indication pressante d’opérer, même si les acci- « dents abdominaux proprement dits étaient de signi- « ficalion douteuse. Ces éclatements sont rares. Ils se « traduisent par une vaste ecchymose, une voussure du « volume du poing, de la tête, qui s’accroît et bombe « quand le blessé fait un effort, tousse, cherche à s’as- « seoir. Les anses intestinales se dessinent à fleur de « peau au niveau de celte voussure; en la réduisant, on « plonge librement dans le ventre et on sent le bord « irrégulier de la brèche pariétale.

' « La rupture pariétale peut s’accompagner naturelle- « ment de rupture viscérale Même s’il n’en est rien, « l’hémorragie pariétale qui fuse dans l’abdomen et qui « peut être considérable (rupture de l’épigastrique) pro- « voque des réactions péritonéales plus ou moins accu- « sées. Ajoutons que ces larges ruptures seront tou- « jours suivies de hernies pariétales adhérentes, de cure « ultérieure fort complexe.

« Mieux vaut donc agir d’emblée. On incisera en « long sur la voussure. Par l’orifice agrandi s’il le faut, « on examinera l’abdomen. Si on n’y trouve rien « d’anormal, on refermera soigneusement plan par plan « les parois rompues » .

Ajoutons à ces paroles du Professeur Lejars, que la réfection de la paroi présente de grosses difficultés quand la rupture est étendue. Des fils métalliques sont nécessaires. A la suite de cette réfection, nous avons observé dans un casle'sphacèle des parties rapprochées.

La voie d’abord dans la chirurgie des plaies du diaphragme.

Rollin, Les plaies du diaphragme. — Thèse de Paris, 1919.

Dans celle thèse, que j’ai documentée et dirigée, sont publiées, in extenso, 3 observations personnelles inédites de plaies du diaphragme.

1" Observation : Thoracotomie pour plaie du diaphragme. Fracture de cuisse. Mort.

Plaie du thorax. Aucun signe de lésion pulmonaire et intestinale. Pas d’hémothorax. Pas de contracture abdominale.

J’opère lé blessé : je trouve 5 côtes fracassées, je fais une large thoracotomie. Le poumon est intact; je découvre une très longue plaie de la partie gauche du diaphragme, je la suture. A cause du shock, je n’explore pas l’abdomen, que je crois intact.

Nettoyage rapide de la fracture de cuisse.

Mort le lendemain. A l’autopsie, on découvre une plaie de la face superficielle de la rate.

2 e Observation : Laparotomie transpleu.ro -diaphragmatique. Extraction d’un éclat d'obus situé audessous du diaphragme. Guérison.

Sous écran, je fais une laparotomie transpleurale.

J’élargis la plaie du diaphragme et vais, grâce aux rayons X, ôter l’éclat qui était gros comme une noi-

sette. Les organes abdominaux me paraissent intacts. Suture du diaphragme et de la paroi thoracique sans drainage.

Guérison parfaite sans complication vérifiée 6 mois plus tard.

(Communication de M. le Professeur Quénu à la Société de Chirurgie 1917, n° 27).

3 e Observation : Thoracotomie faite le 1 4 e jour et ablation d'un éclat d'obus inclus sous le poumon dans la face supérieure du diaphragme. Guérison.

. Ablation du corps étranger, je fais un nettoyage de la plèvre avec de l’éther et une suture sans drainage.

Réaction pulmonaire. Rien du côté de la plèvre. Au bout de 5 semaines, guérison.

Conclusions.

i° La voie thoracique transpleurale m’a rendu de grands services pour traiter les lésions diaphragmatiques ou juxta-diaphragmatiques. Elle permet, s’il y a lieu, l’exploration de la région sous-phrénique.

2 0 11 est utile d’opérer sous écran pour ôter les corps étrangers situés dans ces régions d’un abord difficile.

3 ° Toute plaie du diaphragme doit être suturée pour éviter la formation d’une hernie.

Plaies de l’abdomen.

Rapport de M. le Professeur Ouénu.

(.Bulletins et Mémoires de la Société de chirurgie 1916, tome XLII, n° 32 ).

Fidèle à l’enseignement de mon maître, M. le Professeur Quénu, je me suis appliqué, dès le début de la guerre, à opérer les plaies de l’abdomen.

Il voulut bien présenter à la Société de Chirurgie mes tout premiers résultats.

Je rapportais dans ce Mémoire le résultat du fonctionnement de mon ambulance pendant 3 mois :

21 observations; 10 abstentions, 11 interventions dont 8 plaies pénétrantes.

Résultats des laparotomies :

t plaie pénétrante simple.

4 plaies ûmviscérales.. j 3 gros inlesüns . . :

, . ... ... 12 foie-estomac. .

3 plaies multiviscerales j { grôle vessie . ,

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