avril 1905, t. LVIII
Le sang ne s’écarte de la normale, dans le premier cas (gigantisme chez un adolescent), que par une diminution légère du taux de l’hémoglobine, par une faible leucocytose et par une lymphocytose relative et absolue très marquée.
Le rapport numérique des lymphocytes aux leucocytes polynncléés neutrophiles au lieu d’être de 1/3,8, moyenne physiologique, est de 1/1.
Dans le second cas (acromégalie, sans gigantisme, de l’âge mùr) le taux de l’hémoglobine et le nombre des globules rouges sont un peu au-dessus de la
La lymphocytose s’accuse aussi tandis que le nombre des leucocytes polynucléés neutrophiles est notablement réduit. Le rapport numérique entre ces deux catégories leucocytaires n’est que de 1/0,93.
Nous retiendrons donc surtout de ces résultats le trait commun de la lymphocytose. A ce point do vue le sang des acromégales rappelle le sang de l’entant.
On trouvera dans la thèse de J. Bonnes, faite avec ma collaboration : « Considérations sur deux cas d’acromégalie », des renseignements complémentaires sur cette question d’hématologie à propos de deux longues observations personnelles d’acromégalie (tracés et photographies). L’état du sang tend à réaliser une même formule dans le gigantisme acrom égalique et dans l’acromégalie. Les caractéristiques de cette formule sont la polycytémie légère, la diminution des neutrophiles, l’augmentation des lymphocytes et à un degré moindre des grands mononucléés, des éosinophiles, des masbellen. Quelques grands lymphocytes ainsi que des formes d’irritation passent dans le sang de ces malades. Résultat semblable dans un cas inédit adressé par M. le Professeur Badal.
Déséquilibre hémo-leucocytaire et réaction iodophile dans l’abcès du foie. Gaz. hebd. des 8e. méd. de Bordeaux, 11 juin 1905. (Avec Henry Girard et Marcel Leger.) Leucocytose des plus variables comme degré, mais tout à fait indiscutable avec polynucléose. 11 semble, d’autre part, que la proportion des polynucléés neutrophiles — leur abondance pour préciser — soit en rapport avec le nombre dos abcès, leur
purulence et qui, de plus, ne saurait avoir en pathologie hépatique une signification exclusive, les variations de téosinophilie doivent être prises en sérieuse considération. Partout, quelles que soient les conditions d’observation, nous la trouvons des plus réduites et ne se chiffrant plus que par fractions d’unité. Les éosinophiles iraient jusqu’à disparaître complètement dans les formes graves et à la période ultime de la maladie ; par contre, dans les jours qui suivent l’ouverture de l’abcès, on voit leur nombre remonter progressivement et même devenir supérieur à la normale lors do la cicatrisation définitive.
En dehors de ces pourcentages, il est une réaction dont il convient de souligner la constance et les caractères, c’est la réaction iodophile déjà signalée dans ces cas par Sabrazès et Cauvin (1903). Elle n’a lait défaut dans aucune de nos observations. Plus ou moins iiilcnso et plus ou moins ctendue selon les cas, mais toujours proportionnelle à la gravité de l’affection, se bornant à une fraction modérée des neutrophiles et à une coloration faible dans les cas bénins et dans les jours qui suivent une intervention heureuse, elle apparaît au contraire très forte et développée sur. tons les neutrophiles, voire même sur certains gros lymphocytes dans les cas fâcheux. Nul autre signe hémo-leucocytaire ne nous parait, par sa présence constante et l’orientation de ses fluctuations, traduire aussi fidèlement la nature et la gravité du mal.
Eruptions scarlatinoïdes et urticarienne successives après sérothérapie antidiphtérique
sans réaction précipitante du sérum. Gaz. hebd. des Sc. méd. de Bordeaux, n" 31,
30 juillet.1905. (Avec A. Delaunay).
Au cours d’une diphtérie avec associations microbiennes multiples — streptocoques à longues chaînettes, pneumobacilles, staphylocoques, — une éruption scarlatinoïde s’est révélée deux heures après la première injection de 20 centimètres cubes de sérum antitoxique, le 20 mai.
Habituellement, c’est du huitième au douzième jour, par exception du troisième au vingt-cinquième jour, que les éruptions de ce genre’apparaissent; sa précocité, dans ce cas, pourrait donc être invoquée contre l’idée d’éruption sérique. Le 23 mai, on fait une nouvelle injection de 20 centimètres cubes de sérum antidiphtérique, et le lendemain l’éruption scarlatinoïde a subi une nouvelle poussée, s’est accrue et s’est étendue. Le 28 mai, cette éruption était encore floride ; on recherche la réaction précipitante in vitro du sérum sanguin du malade mis au contact du sérum antidiphtérique à la température de 37”, elle est absolument nulle. Ce même jour, troisième injection do 10 centimètres cubes et le 29, trois jours après, une violente éruption urticarienne envahit tout le bas-ventre et s’accompagne d’un prurit intense ; la réaction précipitante est encore nulle.