L. Mtjratet
On ne connaissait pas les moditications que subissent les rapports réciproques des divers types leucocytaires au cours de la snette ; on ne sait pas non plus si, dans le sang périphérique, des parasites bactériens ou autres sont décelables ou non. Nous abordons ces deux points dans cette note préliminaire.
Nous avons recueilli du sang dans quatre cas provenant de Saint-Jean d’Angély (épidémie de 1906).
Sur les préparations par frottis, on ne décèle ni microbes, ni hématozoaires, ni parasites quelconques.
Les globules rouges paraissent normaux.
Les plaquettes sanguines parfois iodophiles sont augmentées de nombre. Le
ment. Obs. XII (diabète maigre) 8 minutes et 8 minutes et demie. Obs. XIII (diabète gras) moins de 8 minutes, Obs. XVI (diabète gras et abasie) un peu moins
Dans un seul cas elle est retardée. Dans tous les autres elle est normale.
Le nombre des globules rouges que les auteurs disent augmenté en général chez les diabétiques, l’est en effet dans quelques cas de diabète constitutionnel, mais lorsque le diabète s’associe h une autre maladie comme le cancer, la tuberculose ou le saturnisme, il est plutôt diminué ; do plus, le diabète maigre seui parait avoir la même iuflueuce.
Ainsi nous trouvons de l’augmentation dans le quantité des globules rouges dans 8 cas ; Obs. V,. IX, XI, XIV, XYI et do la diminution dans 7 cas, mais d’une façon pins marquée dans les Observations I, VI, VII, VIII.
Les hématies ne subissent pas beaucoup de modifications. La polychromatophilie est loin de se marquer dans tous les cas, de même que la réaction au mélange éosine-bleu de méthylène.
Le fait le plus intéressant dans l’état de ces globules est la présence, signalée dans quelques cas, d’hématies à granulations basophiles. Nous avons dit que ce phénomène se retrouvait assez souvent chez les diabétiques buvant beaucoup d’eau et exposés à ingérer des eaux plombifères. Nous ne discuterons pas ici ce tait qui a été mis en lumière par nous. Ces hématies ponctuées se retrouvent d’une façon sensible dans 3 cas : Obs. IV, IX, XVII. Dans ces cas on voit que précisément il y a eu intoxication saturnine associée au diabète.
Le nombre des globules blancs comme celui des globules rouges est généralement supérieur à la normale ; cependant il est un peu diminué dans trois cas de diabète maigre : Obs. I (5.880 par millimètre cube), XII (3.720 et 3.100), VII (4.140).
Parmi les globules blancs, les polynucléés neutrophiles ne subissent pas de grandes modifications, lis sont au-dessus du chiffre normal dans trois cas : Obs. I (74 pour 100), Obs. VI (88.9 pour 100), Obs. VII (74,3 pour 100). Dans tous les autres cas ils sont plutôt très diminués.
Les lymphocytes et les mononucléés sont également peu modifiés dans leur nombre, un peu augmentés dans tous les cas, sauf deux où ils sont légèrement diminués. Obs. VI (13,8 pour 100) et Obs. XIII (17,8 pour 100).
La quantité d’éosinophiles ne semble que peu modifiée par le diabète; dans quelques cas ; Obs. IV, VI, VII, XI, XII, XIV, leur nombre est un peu abaissé, mais dans les autres il est normal.
Les mastzellen ainsi que ies formes dites de transition semblent légèrement diminuées eu général.
ooiisénüal, non familial, se présentant sous le fera prochainement l’objet d’un travail avec 1
constitutionnelle, do l’ordre de l’ictère hémolytique congénital, représentait le tonds commun sur lequel sont venus se gretter d’autres syndromes hématologiques.
Ces deux malades sont deux exemples de cette modalité nouvelle d’ictère hémolytique congénital, mais non familial, dont l’un de nous poursuit l’étude, bien distincte du type juvénile acquis, •pseudo-congénital et mn familial, remontant à la première enfance, décrit par Bénech et Sabrazès dans ce même journal (3 octobre 1909). Leur histoire clinique montre nettement qu’à côté des formes bénignes de ce syndrome d ictère acholurique congénital compatibles avec une longue vie (sujets plus ictériques que malades, au dire de Chauffard) il faut dorénavant compter avec des formes primitivement plus malignes ou tout au moins que viennent singulièrement aggraver diverses associations pathologiques.
Le sang cadavérique du fœtus, du nouveau-né et de l’enfant en médecine légale. Arm.
d’hyg. puU. et de méd. lêg., août 1911. (Avec P. Labde et L. Mcsatbt.)
On no s’est guère préoccupé, jusqu’à présent, dans les recherches anatomopathologiques et, particulièrement dans la pratique médico-légale, d’examiner microscopiquement le sang des cadavres.
En 1906, l’un de nous (Sabrazès) a eu l’idée d’appliquer à l'examen du sang des cadavres les procédés employés chez le vivant, dans les recherches hématologiques. Ses observations, recueillies en collaboration avec F. Combes, furent consignées dans la thèse de ce dernier exécutée sous sa direction ('). Nous arrivions aux conclusions suivantes :
condition de le faire (saut quelques exceptions) assez tôt.
On voit s’il y a dans ce sang cadavérique des tares pathologiques qui pouvaient exister pendant la vie et qu’on retrouve parfois accentuées après la mort (globules rouges nucléés, réaction iodophile, leucocytose, myélocytose, etc.). Ces recherches présentent un intérêt histologique : elles permettent de se rendre compte, dans l’organisme lui-même, de la mort du sang et des phénomènes variés de leucocytolyse.
Les hématies présentent rapidement des crénelures après la mort (déjà au bout de quatre à cinq heures). L’agglutination des hématies se produit plus tardivement, parfois bien avant les quarante-huit heures assignées par lourdes et Feltz à ce
L’apparition de microbes n’est pas très précoce, sauf lorsqu’il existait une
infection pendant la vie. Nous avons facilement post mortem, par l’examen direct, trouvé des pneumocoques dans un cas de pneumonie, des tétragènes dans un cas de tuberculose pulmonaire, et cela dans un délai assez rapproché de la mort; ces microbes persistent et même peuvent pulluler dans le cadavre.
Depuis lors, nous n’avons cessé de recneillir des matériaux de cet ordre et d’en faire des applications médico-légales que nous ferons connaître ultérieure-
Nous extrayons simplement ici, de nos volumineux dossiers, ce qui a trait au sang du fœtus et de l'entant nouveau-né.
Le sang recueilli par piqûre du lobule de l’oreille, à la pulpe du doigt, dans une veine superficielle, puisé au besoin dans le cœur lorsque les piqûres précédentes ne donnent pas de résultat, est étalé sur lame avec le plus grand soin et coloré de diverses laçons ; bleu de méthylène à 1 p. BOO de Sabrazès, sur frottis simplement desséchés, Leishman, Jenner-Giemsa, etc.
Nous nous sommes posé les questions suivantes :
Les éléments morphologiques du sang cadavérique se conservent-ils suflisaniment pour permettre leur identification?
Ne pourrait-on inférer de l’état du sang la date plus ou moins éloignée du décès et l’âge approximatif du fœtus ou du nouveau-né soumis à l’examen?
Dos variations dans l’état du sang ne seraient-elles pas imputables au genre de mort ?
Ces recherches n’auraient-elles pas quelque intérêt médico-légal?
Quand lu récolte du sang est faite sept à vingt-quatre heures après la mort, les préparations s’obtiennent facilement et fournissent des images très nettes, 11 est recommandé de les colorer et de les examiner très peu de temps après leur obtention, sous peine de ne plus pouvoir toujours différencier les hématies granuleuses des autres. Le décompte des divers types d’hématies et de globules blancs ne soulève guère de difficultés.
Trois à sept jours après la mort, on distingue encore nettement les hématies granuleuses des non granuleuses, les mégaloblastes, les normoblastes, les leucocytes polynucléés neutrophiles, les lymphocytes. Un mois s’est-il écoulé après la mort, on ne reconnaît plus que de rares hématies très déformées. Notons à ce propos que, dans la mort par submersion, le sang fœtal est plus rapidement et plus fortement endommagé que le sang de l’adulte.
Aux divers stades du développement embryonnaire et fœtal correspondent des variations hématologiques qu’on peut, en pratique, déterminer par l’examen du sang cadavérique. Sabrazès et Muratet, en 1902, et ce dernier, dans sa thèse, ont
montré les précieux renseignements obtenus de cotte façon (•). Rappelons les étapes de l’hématogénèse.
Jnsqu’au troisième mois, le sang montre de grandes cellules lymphocytiformcs i noyau réticulé, à cytoplasme basophile, qui muent en globules rouges nucléés rappelant le type mégaloblaste. Ces éléments proviennent d'ilots niésenchymatenx attentés à l’élaboration sanguine. Après cette période, la rate et le foie participent è l'hématopoièse : des hématoblastes, des leucoblastes et leurs dérivés, myéloblastes et lymphoblastes, passent dans le sang; de mémo les éléments qui proviennent respectivement de ces ccliules : mégaloblastcs et normoblastes ortho- et polychromatiques, macrocytes et normocytes; sort granuleux ou polychromatophilcs, soit orthochromatiques; myélocytes neutrophiles et éosinophiles; très rares polynucléés; lymphocytes.
Au quatrième mois de la vie tœlale, la moelle osseuse commence è entrer en jeu. On trouve dans le sang des normoblastes ortho- et polychromatiques, des mégaloblastes moins nombreux que précédemment, des érythrocytes, ortho- et polychromatiques, quelques-uns de grande taille, des myélocytes neutrophiles et quelques polynueléés, do rarissimes éosinophiles et dos lymphocytes. . .
Jusqu'à six mois et demi environ, le mémo tableau se reproduit avec des particularités individuelles peu marquées.
Puis les polynucléés augmentent et on peut rencontrer des mastzollcn.
A la naissance, le sang se rapproche de celui de l'adulte; on constate cependant, çà et là, un normoblasto et un myélocyte. Les hématies granuleuses et polychromatophiles sont plus abondantes dans le sang du nouveau-né normal que dans celui do l’adulte, ainsi que l'ont établi Sabrazès et Leuret (Société de biologie, 17 mars 1908).
Or, que nous apprennent nos observations? L’état du sang recueilli une, huit et dix heures après la mort, dans les cas relatifs à des fœtus ayant respiré, cadrait parfaitement avec ce que nous savons de sa composition à cet âge (six mois) ; les divers éléments de la série rouge et do la série blanche ressortaient si nettement sur les préparations que leur pourcentage ne soulevait pas do difficultés pour l'observateur habitué aux constatations microscopiques do cet ordre.
Par contre, un fœtus ,de six mois et demi, retiré do l’onu oà il avait séjourné
un lubis environ, ne laissait plus, reconnaître dans son sang que des InSmatiés très déformées dont on ne pouvait définir la variété. Le liquide granuleux retiré desvaisseaux et des cavités du C(îeur fourmillait de microbes en chaînettes dè grains et de bâtonnets, voire môme agglomérés en colonies;
Le sang d'un fœtus de sept mois, expulsé mort après-des manœuvres abortives et putréfié, sang recueilli sept jours après l’expulsion, révélait une-tloro microbienne abondante, mais moins variée (chaînettes de bâtonnets), à côté d’un grand nombre' dihématies parmi lesquélles s’en trouvaient beaucoup do graoulo-réticulo-filanjenteuses 'et polychromntophiles très nettes. On reconnaissait des normoblaste8,-orthoet polychromatophiles, des noyaux de Jympliocytes, des spécimens très altérés do polÿnucléés, des cellules endothéliales des parois vasculaires très bien conservées.
Chez un prématuré hérédo-syphilitique, ôgé do huit mois, la formule héntatôleucocÿtairô accusait beaucoup; plus de globules blancs que chez un s'ujfet’normal du môme'ïige.-j. I, '/ ■ ... ;;:i-. ir.
- Uh.entant né un peu avant terme (asphyxie pnr/suffocation) a doHfiéi'vingtquatro heures après la mort, une.formule sanguine sensiblement ndéquato-'ù/ SOH âge. De même, pour un nouveau-né à terme dont le sang.a été examiné 'trois heures: après’la'jmort.
Dans le sang du doigt d’un entant mort-né h terme, sang recueilli sur frottis, quatre a. cinq jours après l’expulsion, alors que le cadavre étaitputréjié, les modalités d’hématies granuleuses et non granuleuses se différenciaient néttement'î;/;doi même les glqbulins et les lymphocytes. Le microbisme de ce sang .étàil beaucoup mbihs accentué que:eihez les fœtus auxquels il a été tait allusion plus haut. c ; .
Lé cas;X permet aussi un examen détaillé : a noter, biénique. l’entant tôt a terme et ait été retrouvé trente-six à quarante-huit heures après la mort, la présence de rarlssiiiieio. mégaloblastes a côté de quelques normoblastes, La polynucléose neutrophile "et: l’éosinophilie relativement élevées font penser d’emblée que cet entant était.près du terme.
L’entaùt XI, ayant respiré, est tué a sa naissance par strangulation et iîracture du crâne; le cadavre est gardé sous un escalier pendant onze jours. Nonobstant, son sang se prête a l’examen.
un enfant d’un mois, athrepsique (Xll), dônne'.dussi, vingt-quatre heures après la mort des résultats hémalologiques nets en rapport avec cet âge : les nonnoblastes manquent. °
Par contre, un sujet de deux ans et demi (XllI) (asphyxie par submersion), ayant séjourné vingt jours dans l’eau, putréfié, ne laisse plus reconnaître dans son sang que des hématies déformées et des ombres nucléaires à côté de bâtonnets
On le voit, les données hématologiques pourraient aider, dans une certaine mesure, il retrouver l’dge du fœtus ou de l’entant nouveau-né.
De plus, la résistance variable des éléments morphologiques du sang, le degré d'invasion et de colonisation microbiennes témoignent do la date plus ou moins éloignée de la mort.
■ Dans l'asphyxie par submersion,' le sang du fœtus et de l’érifant s’altère plus vite que celui de l’adulte ; les globules blancs, méconnaissables après trois semaines, sombrent tous au bout d’un mois environ, alors qu’il persiste encore doséchantillons
bierifiè massive. ■■ ■ ' •
On ne trouvera ici qu’un simple aperçu de l’intérôt que présente eu médecine légale le sangides cadavres. Nous nous réservons de donner ultérieurement plus d’ampleur il celte étude. - .
Surprises du diagnostic, méconnaissance et simulations des états leucémiques et pseudoleucémiques avec splénomégalie. Jomi’m/ mhl. français, 45 décembre 1914.
Le diagnostic des affections aiguës et chroniques, s’accompagnant d'hypertrophie de la rate, se heurte parfois' h des difficultés insurinontables. Voici des exemples empruntés h notre pratique montrant les incertitudes et les péripéties du diagnostic qui nécessite une interprétation — souvent très délicate — des symptômes cliniques
Une fillette d’une douzaine d’années, fatiguée, amaigrie, présente quelques taches purpuriques discrètes, puis des ménorragies suivies d’aménorrhée. On croit à un début dé tuberculose pulmonaire et on l’envoie il la campagne dans une station thermale appropriée à son état. On pense d’autant plus il la tuberculose qu’elle est issue d’une mère phtisique, morte peu après sa naissance. Or il s’agit (le lymphémio il marclie rapide.
Los lésions anatomo-pathologiques nous éclairent sur la possibilité d’une simulation de la tuberculose pulmonaire par la leucémie aiguë. Les infiltrations lympliadénoïdes au pourtour des bronches et dans les parois alvéolaires se traduisent par dos modifications du son de percussion, du rythme respiratoire, du murmure vésiculaire (rudesse) fréquemment signalées dans ces cas ; la lièvre, l’amaigrissement, la toux sont du domaine do l’une et de l’autre maladie. Los crachats sanguinolents, le purpura hémorragique, fréquents dans la leucémie aiguë, s’observent aussi dans la tuberculose. Des pléiades ganglionnaires trachéo-bronchiques entretiennent aussi une toux d’irritation qui, h des degrés divers, no manque jamais , dans les leucémies.
La ponction exploratrice, chez un malade de M. le Professeur Pousson, put seule nous tirer d'embarras; elle ramena de l'urine louche. Le sang dans l’hydroniSphrose n’indique pas d’anémie notable; les globules blancs, augmentés do nombre, témoignent d’une polynucléose neutrophile.
Nous ne saurions passer en revue tous les faits dont nous disposons qui, par quelques particularités, soulevèrent des difficultés d’interprétation ou donnèrent lieu à des erreurs de diagnostic. Qu’il nous suffise d’avoir laissé entrevoir, par les quelques exemples que nous avons choisis, l’intérêt pratique qui s’attache aux simulations cliniques des splénomégdlies avec ou sans leucémie.
Collaboration au Traité du sang édité par Gilbert et Weinberg, chez J.-B. Baillière, Paris.
Articles i « Modalités d’hématies et de globules blancs du sang pathologique » ; « Les microbes du sang ». (Sous presse.)
Thèses inspirées : . . .
M. Leger. Hématologie de ta chlorose. Influences de certains agents médicamenteux sur la formule hémoleucocytaire. Ihèse de Bordeaux 1900.
Nous fixons bien des particularités nouvelles, telles que la polynucléose des chloroses en activité, l’inefficacité de l’arsenic, etc. ■
Ddburüuois. Ilérnatologie de la coqueluche. Thèse de Bordeaux 1906,
Travaux inspirés "et exécutés sous la direction de Sabrazés :
Pierre La.vde. Elude médico-légale des taches de sang. Procédés techniques. Mise au point et recherches personnelles. Mémoire couronné par la Faculté. Prix Godard .(1910). (AyecTa collaboration de L. Müratet.)
R. 0UPÉRIÉ. Contribution à l’étude de l’évolution de la formule leucocytaire dans la tuberculose humaine. Son utilisation pour le pronostic. Thèse de Bordeaux 1911 (Médaille d’or). . .