ANATOMIE PATHOLOGIQUE
Hygroma de la face dorsale du pouce. Soc. d’anat. et de physiol. de Bordeaux. Bullet. , p. 204-209, 4889. (Avec Labougle.)
Etude clinique et histologique.
MACROPOIYADÉNOPATHIE TUBERCULEUSE PSEUDO-LYMPHADÉHOMATEUSE
Lymphadënie tuberculeuse. Soc. d’anat. et de physiol. de Bordeaux, 8 février 1892. Gaz. hehi. des Sc. méd. de Bordeaux et Joum. de méd. de Bordeaux. 4892.
A. Doclio». Contribution à l’étude clinique et expérimentale de la lymphosarcomatose et de la tuberculose hypertrophianie méconnue des ganglions lymphatiques.
Thèse de Bordeaux, 1896, inspirée par moi et exécutée sous ma direction à l’aide d’observations en grande partie personnelles.
Leucocytose, leucémie et adénie. Rapport au Congrès de Lille, juillet 1899. Hématologie clinique, Paris 1900. Société d’éditions scientifiques.
Etude d’ensemble (Brochure de 31 pages). Ann. méd.-chir. du Centre, '1903. Paris, Vigot frères, édit., 1903.
En 1892, nous avons établi, en nous appuyant sur une observation clinique recueillie dans le service de M. le Professeur Piéchaud, doublée d’une autopsie, de
Examen histologique d’un cas M. Brunet. Ibid., 1893, Bi
Description,, histologique de de cation de M. Labit à la So
de physiol. de Bordeaux, séance du 26 février 1894. Joum. de méd. de Bordeaux, p. llS-116. (Avec Léiumois.)
Nous nous sommes surtout attachés, dans cet article, à bien décrire ie processus anatomo-pathologique des aortites chroniques en utilisant ies procédés ies plus récents de la technique hisloiogique.
Phlegmatia alha dolens chez une tuberculeuse. Présence du bacille de Koch dans les veines thrombosées et dans un segment veineux voisin (avec 1 figure dans le texte). Soc. d’anat. et de physiol. de Bordeaux, séance du 22 janvier 1894. Journ. de méd. de Bordeaux, p. 1S2-134. Journ. des cowiaiss. méd., 1894. (Avec Momgour.)
L’observation que nous publions ici se rapporte à un cas de tuberculose pulmonaire sans manifestations granuiiques; elie prouve d’une façon indubitable que, dans \& phlegmatia alba dolens des phtisiques, on peut déceler des bacilles de Koch au niveau de l’adventice et du tissu conjonctif péri-veineux, non seulement sur le
Goitre plongeant; accès de suffocation; autopsie. Ibid., p. H8.
Sur un cas d’angiokératome de la corde vocale droite (avec 2 figures dans le texte). Rev. de laryngol, f" novembre 1893, p. 913-919. (Avec M. Mouns.)
Il s’agit d’un angiome caverneux sous-papillaire et intra-papiiiaire dont les loges sont pour la plupart remplies de globules sanguins normaux; autour de ia tumeur les espaces lymphatiques et les capillaires sanguins sont très dilatés. Le revêtement épithélial, épaissi dans son ensemble, subit des troubles de nutrition; kératinisation anormale à sa surface, infiltration séreuse diffuse dans ses couches profondes. Il n’existe pas de cavités hématiques incluses dans l’épithélium.
Carcinome primitif du sinus pyriforme simulant un corps étranger du larynx. Am. de laryngol., 1893. (Avec FaicuE.)
Examen bactériologique d’un cas de pyélo-néphrite sup Description histologique d’un cas de cysto-épithélior
Examen histologique d’un cancer épithélial primitif de Etude histologique d'un cas de grossesse tuhaire (
Cassaigkead. Des abcès froids ossifluents avec la coxalgie, ou pseudo-coxalgies d'orighie Boüohagt. Malformations et déformations GoïOiiet. Sur quelques cas de malformc.
congénitales de la région préauriculaire, 1894.
de l’os coxal dans leurs rapports iliaque, 1891.
du pouce, 1891.
liions des oreilles et de tumeurs
Note sur un cas de gangrène massive de la jambe et du pied gauches survenue dans le cours d’une myélite aiguë et accompagnée d’altérations profondes des nerfs périphériques au-dessus des parties gangrenées. (Avec A. Pitres). Arch. de méd. expérim., septembre 1894.
Diverses complications gangréneuses peuvent ' survenir dans le cours des myélites aiguës; il est rare de les voir so manifester par des gangrènes massives des membres, comme dans l’observation qui fait l’objet de ce travail :
Un jeune homme de vingt ans est atteint de paralysie aigué avec eschares précoces des régions sacrées, trochantériennes, ischiatiques; œdème dur des membres intérieurs; gangrène massive du pied et de la jambe gauches jusqu’audessus du genou. L’autopsie montre un foyer de ramollissement myélitique du segment dorsal. L’examen histologique permet de constater des lésions inflammatoires diffuses s'étendant fort loin au-dessous du foyer, l’intégrité des racines rachidiennes, mais des phénomènes de névrite parenchymateuse des nerfs moteurs et sensitifs des membres inférieurs. Cette névrite est plus accusée sur les nerfs du membre intérieur gauche. Absence d’altérations dans l’appareil circulatoire
Dans le cas rapporté ci-dessus, il est probable que les lésions névritiques qui ont déterminé la gangrène massive de la jambe et du pied gauches ont été provoquées par des causes locales surajoutées à l’influence primordiale de la myélite. Les altérations des nerfs périphériques correspondaient exactement aux troubles trophiques observés pendant la vie.
Les constatations viennent à l’appui de l’opinion d’après laquelle les troubles trophiques périphériques, même ceux développés dans le cours des myélites, seraient toujours sous la dépendance immédiate de névrites accidentellement surajoutées aux lésions primitives du névraxe.
Hémichorée symptomatique. Aléd. mod ., 7 novembre 1894, p. 1381-1382.
La lésion déterminante des symptômes observés chez notre malade occupait le noyau lenticulaire gauche et empiétait sur la capsule interne en arrière du genou. Elle avait détruit une partie des fibres antérieures du faisceau pyramidal et provoqué une dégénération descendante que l’on suivait jusqu’au bulbe. La limitation des mouvements choréiques au membre supérieur droit, l’intégrité de la face et du membre inférieur correspondant s’expliquent par le siège du loyer, qui épargnait te faisceau géniculé et n’entamait le faisceau pyramidal qu’au niveau du carrefour suivi par les fibres cortico-brachiales.
Anatomie pathologique et pathogénie de la tuberculose mammaire. Arch. génér. de méd..
Nous divisons l’histoire de la tuberculose mammaire en trois périodes : clinique, histologique, bactériologique, et montrons dans un historique détaillé les phases de la question jusqu'en 1896. En nous appuyant sur des documents provenant de la clinique du Professeur Démons qui ont fait de notre part l’objet de recherches de laboratoire de longue haleine, nous formulons les conclusions suivantes, en opposition avec la doctrine régnante au moment de notre premier travail (1894).
Les follicules tuberculeux élémentaires sont, dans la glande mammaire, d’origine mésodermique ; ils s’édifient dans le tissu interstitiel entre les acini ; l’infection ne progresse pas tout d’abord ainsi qu’on l’avait cru, an cas de tuberculose dite primitive, dans la lumière môme des conduits excréteurs et des canaux galactophores : l’apport du germe à la mamelle se fait — en dehors de la propagation de proche en proche par continuité — suivant les voies lymphatiques ou sanguines, le loyer initial se trouvant en rapport immédiat avec la région mammaire ou bien étant à une distance plus ou moins grande dans un poumon, dans un ganglion trachéobronchique ou dans tout autre point de l’organisme.
Thèse inspirée sur ce sujet : Gautier. Anatomie pathologique et pathogénie de la tuberculose mammaire de la femme. Thèse de Bordeaux 1895.
Hypertrophie et sécrétion lactée des deux glandes mammaires chez un homme, âgé de vingt-six ans, porteur d’un néoplasme de la cavité abdominale et de la région susclaviculaire gauche, néoplasme secondaire à un carcinome du testicule droit enlevé chirurgicalement. Notes cliniques. Bordeaux, 1901, VII, p. 46-49; Extraites de la Gaz. hebd. des Se. méd. de Bordeaux. (Avec de Batz.)
Relevons ; 1" L âge, relativement jeune (seize ans), auquel ce carcinome du testicule s’est développé ;
2“ La généralisation rapide de la tumeur aux ganglions abdominaux et suselavicuîaires gauches;
3" La constipation opiniâtre (compliquée d’entérite mucino-merabraneuse avec sable intestinal et lientérie) provoqnée par la présence dans l’abdomen de masses néoplasiques volumineuses comprimant l’intestin ;
4” L’hypertrophie douloureuse et la sécrétion lactée des deux seins, phénomène encore inexpliqué de répercussion â distance, sur les glandes mammaires, de la suppression chirurgicale d’un seul testicule; cette hypertrophie s'est particulièrement accusée au moment môme où le creux sus-claviculaire gauche était envahi par le néoplasme secondaire.
On a depuis longtemps signalé l’hémiplégie comme une des éventualités de la symptomatologie des abcès du cerveau. Lallemand, E. Gintrac en ont cité des exemples. M. Brissaud dans une leçon clinique fait mention de l’hémiplégie qui peut frapper les enfants atteints d’otite. Quand on parcourt les observations de ce
d’hémiplégiques. Or il y a là un type spécial d’hémiplégie symptomatique de l’abcès cérébral, ainsi qu’il ressort des deux faits suivants que nous avons observés à l’hôpital Saint-André de Bordeaux et remis à M. Delaunay en lui inspirant le
Le premier est relatif à un homme de cinquante-deux ans, entré, le 11 avril 1908, dans le service de M. Arnozan que nous avions l’honneur de suppléer. Il se plaignait de céphalalgie, de fièvre, de toux et présentait un état grippal. Or, étant sur pied, il s’affaissa un jour, brusquement (16 avril), jambe droite raidie et trépidante. Il put se relever et marcher; mais, le lendemain, toute velléité de se mettre hors du lit entraînait les mêmes phénomènes dans les membres inférieur et supérieur droits, plus chauds qu’à gauche. Le jour suivant, une hémiplégie droite s’accuse avec exagération du réflexe rotulien, signe de Babinski à droite, signe de Kernig du côté gauche. Elle est complète une semaine après le début des troubles
-Hypoesthésie au tact, h la piqûre superticielle et surtout à la Iciupérature. Côt6 paralysé plus chaud que son symétrique, Signes de Babinski et de Kernig. Céphalée violente. Pas de cris hydrencéphaliques. ïoutcelaévolue avec fièvre (38"-39‘'lesoir). Le liquide céphalo-rachidien, sous tension, s’écoule louche; il congèleù — le dépôt, riche en cellules, contient plus de lymphocytes que de neutrophiles; il ne cultive pas. Le S octobre, une rongeur érythémateuse couvre la fesse gauche. Le liquide céphalo-rachidien, louche, est surtout lymphocytosique. Hémianopsie latérale gaucho homonyme très nette; pas de papille étranglée (Aubaret). Le malade succombe le 8 octobre. Dans les méninges et l'encéphale, rien autre qu’un abcès dont le pus verdâtre bien lié, d’odeur putride rappelant celle des crachats, vient sourdre derrière le chiasma optique et se retrouve dans le ventricule latéral droit.
La coque est creusée en plein lobule pariétal supérieur ; elle a le volume d’une grosse noix mais avec des fusées vers le lobule pariétal intérieur et la pariétale
un chien nouveau-né ayant vécu trente heures (7 figures et 6 photographies microscopitjues). Journ. de physiol. et de palhol. générale, juiliet 1899. (Avec E. Ulrv).
Les conclusions suivantes se dégagent de notre observation :
On ne saurait attribuer l’anencéphalie, ohen ce chien, ainsi qu’on l’a fait systématiquement chez l’homme (Solovtzoff), ce qui est singulièrement exagéré, à
Cette anencéphaiie ne dépend pas non plus d'une absence ou d’une diminution de calibre des vaisseaux nourriciers des centres nerveux.
Les grandes cellules polyédriques rencontrées dans le rudiment cérébral ont tous les attributs dos cellules nerveuses hautement différemiées et aptes à fonctionner individuellement. Il en est de même des cellules des cornes antérieures de la moelle dans les régions cervicale inférieure, dorsale, lombaire, régions qui sont normalement conformées, mais présentent une dilatation marquée du canal central. Par
et avec une exophtalmie considérable. Nous mentionnerons surtout l’absence du cristallin qui a été très rarement observée ; cette dernière constatation témoigne d’une intervention très précoce des causes tératogéniques.
En terminant, nous dirons qu’il y a lieu d’admettre ici un arrêt de développement embryonnaire dans les régions malformées, plutôt que d’invoquer une hydrencéphalie primitive suscitée par des modifications pathologiques des parois vasculaires, hydrencéphalie ayant entraîné la rupture d’une ou de plusieurs des vésicules qui préiudent à la formation des centres nerveux. L’aspect inégal et gaufré de la tumeur endo- et épicranienne et de la coque oculaire, les caractères histologiques de leur revêtement superficiel plaident en laveur de l’existence
bronchite chronique; ayant eu, en décembre 1906, un zona cervical à gauche, une paralysie faciale du même côté en janvier et en mars un érysipèle Irontal, palpébral, nasal, s’étendant à la partie supérieure des deux joues. Cet homme, adressé dans mon service par M, le Professeur W. Dubreuilh, a succombé à une congestion pulmonaire par asthénie cardiaque.
On trouve des lésions de tuberculose fibreuse surtout du sommet gauche, de l'athéromasie aortique et mitrale, de l’artério-sclérose viscérale (petits reins rouges interstitiels). Les vaisseaux de l’encéphale sont très athéromateux, les ganglions rachidiens (1” et 2') paraissent plus rouges à gauche qu’à droite. Le bulbe, la pro-
La deuxième observation, rédigée'dans toute son ampleur clinique grâce à l’obligeance de M. le Professeur Cassaët et de son interne d’alors, M. Charrier, qui
adjoignîmes à son exposé un dessin des lésions. Le diagnostic clinique souleva de grandes difficultés d’interprétation.
La tumeur mère, opérée quatre ans avant, n’avait pas récidivé sur place.
Pièces en mains, on crut à des tubercules multiples. Les foyers multiples, d’assez petit volume, disséminés les uns sous la corticalité cérébrale, un autre en plein cervelet, donnaient le change par leur aspect è l’œil nu le noyau cérébelleux parait caséifié; les foyers corticaux renferment des grumeaux, des granulations blanchâtres baignant dans un liquide sirupeux, presque incolore. Cette apparence
de caséum et de grumeaux égarerait le clinicien s’il ne recourait pas au microscope : la nécrobiose des éléments de la tumeur se traduit par ces caractères trompeurs. Insistons ici encore sur les points controversés, à savoir la persistance et l’hyperplasie, en bien des points de la tumeur, d’une trame névroglique composée non seulement de fibrilles, mais de cellules en active prolifération, trame
collagène des fibres nerveuses, le processus neuro-fibromateux se concrète sous certaines influences en une tumeur qui repousse et infiltre l’épinèvre, désagrège peu à peu le nerf qui lui a donné naissance, finit par le déborder et progresse alors librement dans le derme qu’il refoule devant lui ; il englobe à la longue in situ les glandes, les follicules pileux et les vaisseaux préexistants de la peau, ce qui explique les troubles fonctionnels et les lésions acccessoires des téguments qui accompagnent la maladie de Recklinghausen.
Observation et nècropsie d’aphasique (avec 4 figures), Soc. d’anat. et de physiol. de Bordeaux. Joum. de méd. de Bordeaux, 9 lévrier 1908. (Avec R. DupéaiÉ.)
état de mal tétanique dont nous taisons un tableau méritant de fixer l’attention.
A l’autopsie, absence de parathyroïdes (enlevées probablement avec le goitre). On constate des lésions de glomérulo-néphrite chronique associée à de la sclérose des artérioles du rein et à des altérations des épithéliums canaliculaires ; des modifications anatomo-pathologiques de l’écorce cérébrale dans la sphère psychomotrice (disparition de la zone plexiforme de l’écorce).
Le chirurgien devra hésiter d’autant plus à faire l’ablation totale d’un goitre qu’il sè trouvera en présence d’une malade en cours de grossesse; si des accès de suffocation commandent la thyroïdectomie, celle-ci sera partielle et non totale ; on recourra à l’opothérapie thyroïdienne et parathyroïdienne sans retard.
Atrophie musculaire et osseuse du membre supérieur droit consécutive à des traumatismes violents et multiples (24 pages, 1 photographie stéréoscopique et . 4 photo-radiographies). Nomille Iconographie de la Salpétriire. 1899. (Avec L. Mariy.)
En résumé, à la suite de contusions, de luxations de l’épaule et de fractures multiples de l’humérus et de la clavicule du même côté, on peut voir les muscles du membre intéressé s’atrophier au plus haut point. Les os participent h l’atrophie, ainsi qu’en témoigne l’examen radiographique. Par contre, à la surface du membre ainsi rapetissé le derme et le pannicule cellulo-adipeux s’épaississent notablement. Les principaux facteurs de l’atrophie sont la compression et l’élongatiou
La moelle s’atrophie dans le segment métamérique correspondant, non seulement en vertu du mécanisme réflexe que l’on invoque pour expliquer les cas d’amyotrophie d’origine osléo-articulaire ou d’origine névritique, mais encore par propagation ascendante, le long des racines, des lésions irritatives des fibres nerveuses sensitives, lésions qui se traduisent par une hyperesthésie cutanée, musculaire, osseuse et nerveuse du membre malade. De plus, l’élongation et l’ébranlement des troncs nerveux et radiculaires sont susceptibles de retentir, au moment même où ils se produisent, jusque dans le parenchyme médullaire et d’y déterminer parfois des ruptures, des foyers hématomyéliques points de départ ultérieurs de phénomènes de dégénérescence des cordons, des plaques de sclérose
Muscles. — Le triceps qui a été examiné avec grand soin a subi presque en totalité la transformation fibreuse ; il n’est plus composé que de faisceaux conjonctifs à direction longitudinale, onduleux, parsemés d’un abondant chevelu de fibres élastiques et entrecoupé de vésicules adipeuses ; entre eux on trouve çà et 14 des
de multiplication du protoplasma sous-jacent à la gaine de Schwann ; le cylindre-axe n’est plus reconnaissable le long de ces fibres ainsi altérées.
Pmmons : tuberculose cavitaire. Reins : néphrite mixte à prédominance interstitielie. Rate : sclérose diffuse surtout capsulaire et trabéculaire. Foie ; tubercuiose avec cirrhose péri- et intra-lobulaire.
Contribution à l’étude clinique et anatomo-pathologique de l’hématomyélie centrale.
(9 figures). Arch. de méU. expérim. et d'anat. path., n” 3, mai 1898. Congrès international de Moscou 1897. (Avec A. Pit«es.)
Un homme de trente-quatre ans tait une chute sur les pieds, d’une hauteur de vingt mètres, le 10 octobre 1881. lien résulte, en outre de fractures des jambes rapidement consolidées, une paraplégie incomplète avec troubles sensitifs, abaissement de la température locale, rétention d’urine et des matières fécules, douleurs lombaires s’exaspérant par la pression des apophyses épineuses.
Au bout d’un mois, l’état général du malade s’améliore; il peut uriner tout seul, mais h la rétention succède insensiblement de l’incontinence des urines. Une eschare sacrée, qui s’étend peu à peu sur une surface de 7 centimètres, cède ù des pansements antiseptiques. Des douleurs fulgurantes sillonnent, pendant quelques jours, les membres inférieurs de haut en bas.
Le 1" janvier 1882, les troubles médullaires persistent; depuis le jour de l’accident, l’état des jambes au point de vue du mouvement et de la sensibilité ne
Le 10 avril 1883, la santé générale est satisfaisante, sauf de l’inappétence et delapâleurdelaface. Le malade ne souffre pas habituellement; il ne se plaint guère que d’un peu de gêne dans le bassin et, très rarement, de quelques douleurs fulgurantes au niveau désarticulations tibio-tarsiennes.
Les troubles pathologiques .sont exclusivement localisés dans la moitié inférieure du corps.
On constate une légère ensellure lombaire et un brusque ressaut dans la ligne des apophyses épineuses, au-dessus du sacrum.
L’aspect extérieur des deux cuisses est tout à fait normal.
Par contre, les deux jambes sont considérablement diminuées de volume.
refroidies, couvertes d’une sueur abondante.
Du càti droit, particulièrement intéressé, le p orteils sont infléchis ; il existe une ankylosé fibreusi Tous les mouvements sont à pou près i
La moitié gauche de la moelle cavitaire présente des lésions dégénératives très accusées des cordons et des divers groupes de cellules nerveuses : c’est à peine s’il reste çà et là quelques éléments encore reconnaissables.
La cavité n’occupe que la partie terminale effilée de la région lombaire; andessus d’elle, on observe des altérations diffuses des cellules nerveuses, dans toute la hauteur du renflement lombaire, ainsi que des phénomènes de dégénérescence ascendante du cordon do Goll, des zones de Lissauer, cornu-radiculaires et du champ des bandelettes externes.
La dégénération du cordon de Goll, des zones de Lissauer et cornu-radiculaires se retrouve jusqu’à la moelle cervicale.
Les racines émanant de la queue de cheval présentent divers degrés d’altération. Les nerfs des membres inférieurs sont relativement épargnés ; le tibial antérieur droit est le plus altéré.
Il s’agit donc ici d’un bel exemple d’hématomyélie centrale de la partie effilée du renflement lombaire.
Le foyer de sang épanché en pleine substance grise, dans la moitié droite de la moelle, en dehors du canal épendymaire, a été le point de départ d’une cavité volumineuse, sur les parois de laquelle se sont déposés des amas d’hématoïdine amorphe et cristallisée.
La névroglie ambiante a progressivement formé une capsule qui, de proche en proche, a successivement empiété sur la substance grise et sur les divers cordons. Autour de ce kyste d’origine hématique évoluait sourdement un processus progressif de gliose tendant à gagner excentriquement la périphérie de la moelle.
Une hématomyélie exclusivement localisée dans le segment de moelle correspondant au corps de la première vertehre lombaire ne saurait expliquer — si on s’en rapporte aux idées actuellement régnantes sur les localisations médullaires — l’ensemble des troubles sensitivo-moteurs et d’ordre réflexe présentés par le malade ; tout se lût borné, en pareil cas, aux seuls phénomènes que nous avons enregistrés d’incontinence des réservoirs, de perte des érections, et enfin d’anesthésie ano-périnéo-génitale et cruro-fessière caractéristique par sa distribution et sa symétrie.
Or, nous avons vu que d’autres symptômes étaient associés aux précédents ; leur topographie indique clairement que tout le territoire du plexus sacré est intéressé du côté droit, et cela d’une façon presque schématique, et que, du côté gauche, quelques muscles seulement, faisant partie de ce même département radiculaire, tels que le tibial antérieur et les péroniers, sont seuls épargnés.
Il faut, pour bien comprendre l’intensité de ces manifestations morbides
bilatérales, remonter jnsqu’aux divers étages du renflement lombaire, invoquer les phénomènes locaux de méningo-myélite traumatique, les dégénérescences cellulaires localisées dans cette région, faire intervenir les lésions radiculaires et névritiques que nous avons décrites.
Le départ entre ces diverses altérations — qui coexistent manifestement dans ce cas — nous semble tout à fait impossible à établir rigoureusement.
Aussi bien n’y insisterons-nous pas, voulant nous borner à faire ressortir l’extension prise par les phénomènes de gliose autour d’une hématomyélie tubaire, qui a joué pendant plus de deux ans le rôle d’épine irritative vis-à-vis de la nevroghe.
Cliniquement, les symptômes observés jusqu’à la mort appartenaient à la série syringomyélique ; l’atrophie musculaire extrêmement marquée marchait sensiblement de pair et respectivement sur chaque membre inférieur avec la dissociation sensitive.
Anatomiquement, ce fait tire son intérêt de la survie du malade, pendant plus de deux ans, et des données de l’autopsie : il vient à l’appui des idées émises par L. Minor — idées qui ont été l’objet de tant de contestations — sur la simulation clinique et anatomorpathologique par l’hématomyélie centrale d’une syringomyélie à évolution lente.
Thèse inspirée ;
L. Marty. Contribution à l'étude de l’hématomyélie centrale. Bordeaux, 1899.
lésions des cellules nerveuses de la moelle dans la rage humaine. Nouvelle Iconographie
de la Salpêtrière, 1897. Avec 25 figures et 4 planches microphotographiques. (Avec
G. Cabankes.)
Bien qu’à l’heure actuelle il ne soit pas permis d’accorder une signification trop grande aux lésions de chromatolyse des cellules nerveuses, surtout étudiées dans la rage par M. Marinesco, il n’en est pas moins vrai, et ceci résulte implicitement de notre travail, qu’une double tendance s’accuse au début dans la cellule nerveuse des rabiques : le protoplasma perd ses granulations chromophiles et dégénère, tandis que le noyau témoigne de phénomènes réactionnels dans le sens de la karyokinèse.
Mais les lésions dégénératives deviennent prédominantes et la cellule est atteinte non seulement dans ses réserves nutritives, source d’énergie, mais encore dans son spongioplasma et dans son noyau.
En tenant compte des données tes plus récentes sur la physiologie générale des cellules nerveuses, on est conduit à tenter une interprétation du processus anatomopathologique que nous avons observé.
A la période d’excitation de la rage correspond un hypertonctionnemont dès cellules nerveuses qui consomment, sans ies réparer, les nialières de réserve, substances régénératrices de tension nerveuse, accumulées dans leur protoplasma : ce stade est représenté par la chromatolyse périphérique. La stimulation de la
En outre de l’intérêt qui s’attache à la nature et aux conditions anatomiques de cette catégorie iyophtalmoplégies diffuses sur lesquelles nous attirons l’attention, nous insistons sur les particularités suivantes :
La parésie spasmodique de la moitié gauche de la face est due à une lésion destructive et irritative du nerf facial; on l’a signaMe maintes fois dans des cas analogues. Cet hémispasme peut être mis à tort sur le compte de l’hystérie et contribuer à égarer le diagnostic.
La surdité progressive dépend de lésions du nerf auditif au niveau du gliome; l’anesthésie de la peau et des muqueuses de la face, des altérations du trijumeau.
Les céphalées gravatives, les vertiges, la titubation doivent être mis sur le compte de l’envahissement des pédoncules du cervelet ; ils font partie du syndrome cérébelleux.
Un point qui mérite d’être noté est relatif à l’exagération des réflexes rotioliens, tandis que les réflexes plantaire et abdominal sont abolis, et à l’existence d’un tremblement intentionnel des mains dans les lésions des pédoncules ou des lobes du cervelet. Le fait de l’exagération du réflexe rotulien est peut-être utilisable pour localiser le siège d’une altération cérébelleuse ; c’est ainsi que dans un cas de sarcome limité au tiers postérieur du lobe droit du cervelet que nous avons observé et que nous relatons en le fiaurant (fig. 2), le réflexe rotulien droit était très exagéré et il existait de la trépidation épileptoïde du même côté, c’est-à-dire du côté où siégeait la tumeur.
11 est intéressant de voir l’exagération des deux réflexes rotuliens coïncider avec les altérations des divers pédoncules cérébelleux dans le premier cas, les faisceaux pyramidaux étant intacts, et snrtout l’exagération du réflexe rotulien droit accompagnée de trépidation épileptoïde dans notre second cas de sarcome limité au lobe droit du cervelet. On sait que l’ablation d’une moitié du cervelet chez les animaux détermine, du côté même de la lésion, l’apparition de phénomènes spasmodiques (Russell). Les observations anatomo-cliniques confirment les données de la physiologie relativement à l’action prépondérante directe, et non croisée, que chacun des lobes du cervelet exerce sur la moitié correspondante du corps. Aclan et Ballance ont relaté un cas d’abcès du lobe droit du cervelet dans lequel il existait une exagération du réflexe rotulien du même côté ; en s’appuyant sur ce symptôme
l’intervention chirurgicale, suivie d’une issue favorable, montra la justesse de cette localisation. Notre second cas plaide d’autant plus dans le même sens qu’il s’agissait d’une lésion néoplasique exclusivement limitée au lobe droit du cervelet.
meumonie et une arthrite subaiguë métacarpophalangienne de l’index droit. Le 10 novembre, la température s’élève à 40°. On constate l’apparition d’un énorme développement de la langue, qui tait issue hors de la bouche. Cette glossite aiguë hypertrophiante s’accompagne d’une dyspnée croissante. L’inflammation ne se propage pas h l’arrière-gorge. La malade succombe, le 13 novembre, dans un état de collapsus cardiaque.
A l’autopsie, on constate des noyaux de broncho-pneumonie, un double épanchement pleural séro-fibrineux contenant des streptocoques, une endocardite tricuspidienne, de gros reins blancs, une glossite profonde de la partie antérieure de la langue, qui est triplée de volume.
L’examen microscopique montre une infiltration de la langue par des leucocytes polynucléés et par des cellules fixes multipliées. Les lésions des fibres musculaires sont très accusées et consistent en une prolifération très marquée du sarcoplasme et en une dégénérescence graisseuse de la substance contractile.
Ces lésions sont commandées par la présence, dans la totalité du foyer de glossite, d’amas de streptocoques en courtes chaînettes.
La glossite profonde aiguë ou glossocèle des anciens n’est donc pas toujours le résultat d’un simple oedème suraigu bu d’un flux congestif intense, comme on l’avait pensé en l’absence d'examen. Le fait que nous venons d’exposer affirme hau-
successives rappelant le caractère migrateur et récidivant de l’érysipèle, le retour offensif un an après, à la même époque de l’année, la stérilité précoce du foyer et surtout sa première apparition an cours d’une angine scarlatineuse.
Les signes ne cadrent nullement avec l’hypothèse d’une localisation linguale d’œdèmes angioneurotiques, localisés, multiples et transitoires, tels que ceux dont nous avons fourni des observations à M. Saligue dans une thèse de Bordeaux inspirée par i’un de nous (1904).
Est-ce à dire que ce cas soit superposable à celui qui figure dans notre première publication? Certainement non. Dans le cas observé avec M. Bousquet, l’infiltration phlegmoneuse maligne, au cours d’une septicémie puerpérale mortelle, l’emportait sur la réaction œdémateuse : la langue était gorgée de cellules inflammatoires et de streptocoques. Ici, au contraire, l’organe enflammé et douloureux était surtout distendu par une abondante sérosité. Sans doute, l’amygdale linguale cryptique, hérissée de verrucosités papillomateuses, partie prenante dans l’angine scarlatineuse, a été le point de départ de la glossite profonde ; elle a pu gêner aussi la circulation de l’organe et contribuer à exagérer mécaniquement l’intensité de l’œdème. Néanmoins, ces conditions mécaniques n’étaient pas tout puisque, malgré la persistance de l’hypertrophie et de l’état papillomateux de l’amygdale linguale, le volume de la langue est redevenu sensiblement normal après la rétrocession des phénomènes inflammatoires qui se sont reproduits encore une lois à un an d’intervalle.
A côté des macroglossites aiguës phlegmoneuses telles que nous les avons décrites dans notre travail avec M. Bousquet, suppuratives ou non, — dans la pathogénie desquelles nous avons démontré le rôle du streptocoque, rôle qui ressort plus nettement encore de la thèse de l’un de nous sur ce sujet (Parsat, « Contribution à l’étude de la macroglossite aigue ». Bordeaux, 1906) — il existe une forme œdémateuse abortive, témoignant soit de la virulence médiocre des germes, soit de la résistance particulière du parenchyme lingual aux infections, résistance que des recherches expérimentales inédites nous ont amené à invoquer. Déjà, en 1873, Collin avait signalé la glossite parenchymateuse de la scarlatine. Notre nouveau cas appartient à cette catégorie, mais sa physionomie clinique spéciale mérite d’être soulignée. Depuis lors, nous avons observé un troisième cas avec Bousquet également au cours d’une scarlatine ; nous le publierons prochainement.
Kystes épidermiques du frein de ia langue chez un enfant âgéde trois semaines (2 figures).
Bulletin médical, 16 mars 1901. (Avec Houpert.)
Nécessité d’intervenir pour empêcher la mort de l’entant qui ne peut s’allaiter.
Houpert. Kystes épidermiques du frein de la langue chez un nouveaurné. Thèse de Bordeaux 1900-1901.
CooTY. CorUribution à l'élude de Vadénome et de Vadéno-épithéliome des glandes sudoripares, avec photo-micrographies (1899).
Observation fondamentale de Villar et Sabrazès dans la thèse.
Fibromes de la langue. Brochure de 24 pages. Province médicale, n"ü, 12 octobre 1907.
(Avec Chavamae.)
Anatomie pathologique. — Les fibromes de la langue se développent soit dans l’épaisseur de l’organe, aux dépens de sa charpente conjonctive, soit à la surface, aux dépens du chorion.
Leur structure histologique varie du fibrome mou, vaguement fibrillaire, riche en cellules conjonctives jeunes et en éléments lymphocytoïdes, entrecoupé de foyers œdémateux, et le fibrome dur, à gros faisceaux et à fibroblastes rares et grêles. 11 existe aussi des tumeurs mixtes avec des zones de tissu muqueux, ou encore avec une tendance à la chondrification ; on connaît aussi des cas de fibrolipomes, de fibro-myomes et enfin, à la limite des tumeurs malignes, de fibro-sarcomes. Ces formes hybrides sont rares par rapport à la fréquence relative des
En outre des cellules fixes en fuseau du tissu conjonctif, on rencontre dans les fibromes de la langue la plupart des éléments histologiques du mésoderme. Dans les formes molles, les lymphocytes abondent associés à des cellules plasmatiques, à quelques éosinophiles, à des mastzellen.
Le fibrome est-il un peu enflammé par suite de traumatismes, d excoriations, d’hémorragies interstitielles, il s’infiltre de leucocytes polynucléés neutrophiles et de macrophages.
La nutrition de ces petites tumeurs est assurée par de nombreux vaisseaux, artérioles, veinules d’assez gros calibre, capillaires sanguins souvent déformés, voies lymphatiques sous forme de lacs dans les fibromes mous, sous forme de fentes dans les fibromes durs.
Le pédicule richement vascularisé contient d’importants filets nerveux, à myéline et, exceptionnellement, quelques tronçons de fibres musculaires dégénérées.
S’agit-il d’un polype ayant souffert, en outre, des phénomènes inflammatoire» interstitiels et diapédétiques que nous avons signalés, on pourra noter l’existence
Los fibromes refoulent devant eux le revêtement épithélial, et cela va parfois jusqu’à l’effraction : la tumeur pointe ou travers d’une sorte d’ombilic qui représente la brèche faite.à la muqueuse ; l’épithélium s’épaissit latéralement en bourrelet
L’épithélium lingual, au niveau de la tumeur, se comporte de diverses façons. Nous l’avons vu aminci par places, épaissi ailleurs, pénétré ou non par des cellules migratrices, ici raréfié et desquamé, là hyperkératosique formé d’épaisses lamelles cornées, sans noyau,
Les papilles présentent aussi de grandes irrégularités de forme et variations de volume. Elles sont désorientées. En outre de la poussée néoplasique, la muqueuse subit bien des traumatismes. Situé sur un organe sans cesse en mouvement, le fibrome est tiraillé, aspiré, mordu : il est exposé à de trcqucntcs petites plaies et, par suite, à des infections : il en résulte des phénomènes inflammatoires plus ou moins insidieux, aboutissant à des bourgeonnements, à des rétractions cicatricielles, à des modifications des vaisseaux, bref à des bouleversements du tableau histologique. Nous renvoyons pour les détails anatomo-pathologiques aux descriptions détaillées qui figurent dans nos observations. Peut-être môme, à i’origine d’un bon nombre de ces tumeurs, existe-t-il quelque Injure de la muqueuse linguale, duo à une morsure, par exemple, comme dans plusieurs de nos cas : un granulome en est la conséquence, il s’organise en tissu fibreux, il devient l’origine d’un fibrome. Cette pathogénie a été appliquée par l’un de nous aux tumeurs analogues de la lace interne des joues ainsi qu’aux botryomycomes.
Tuberculose de l’œsophage.
Tous les organes ne présentent pas la même réceptivité vis-à-vis du bacille de Koch. Le tube digestif, par exemple, si fréquemment intéressé dans son segment intestinal, l’est beaucoup moins souvent au niveau de l’estomac. L’œsophage est à ce point de vue relativement privilégié ; il occupe dans l’échelle de fréquence des localisations tuberculeuses un des derniers échelons, ainsi qu’on peut en juger par le petit nombre d’observations publiées et par les statistiques de protocoles
Nous avons réuni ces observations éparses, à l’occasion d’un cas personnel, et conseillé à un de nos élèves, le docteur Lalagüe, auquel nous les avons commun!-
)phagienne.
ensation de brûlure le long de l’œsophage).
sponlanément et-à la pression, devait évoquer immédiatement l’idée d’une obstruction du cholédoque, telle surtout que la réalise le cancer de la tête du
Exemple de cancer familial comme il n’est pas rare d’en observer dans le
glions rachidiens ne sont pas épargnées.
Ce qu’il y a de particulièrement intéressant dans ce cas de paralysie généralisée myélitique du lapin, c’est : 1” son début par les membres antérieurs ; 2” l’association des troubles sensitifs aux troubles moteurs. Cette constatation n’avait pas été faite avant nous par ceux qui ont étudié les myélites expérimentales.
Article : Régénération, cicatrisation, extirpation partieile du foie. Dictionnaire de physiologie de Ch. Richet, t. VI, 1904, p. 718-732. Bibliographie.
Mobissoh. — Contribution à Vétude des cirrhoses mixtes. Thèse de Bordeaux 1908 contenant plusieurs observations personnelles.
Perforation intestinale chez un typhique. Leçon clinique. Gaz. hebd. des Sc. méd. de
Bordeaux, n-13, 1" avril 1906.
La fièvre typhoïde ménage toujours des surprises au praticien ; elle demande il être surveillée jusqu’au delà de la convalescence. Gardez-vous, en pareil cas, de formuler imperturbablement et sans réserves un pronostic bon ou mauvais ; vous vous exposeriez aux plus cruelles déceptions. N’ayez pas non plus une confiance exagérée dans la valeur de tel ou tel mode de traitement ; efforcez-vous plutôt de plier votre thérapeutique aux indications de chaque cas particulier ; en vain argueriez-vous d’un nombre imposant de succès à l’appui d’une médication nouvelle : la série noire vous guette avec son cortège de complications imprévues et désastreuses. La perforation intestinale compte parmi les plus redoutables ; elle est, en outre, relativement fréquente, puisque, d’après la moyenne des statistiques, son pourcentage atteint 3,93 %.
C’est un cas de ce genre qui vient d’interrompre, dans notre service des infectieux de Thôpital-hospice de Pellegrin, une série heureuse de dothiénentéries.
Nous retiendrons surtout de cette observation les particularités suivantes : Le début par un frisson et de la fièvre avec douleurs testiculaires et péniennes pouvant en imposer pour une complication orchitique ; or ces douleurs n’étaient que le reflet dans la sphère génitale de l’irritation subie, en regard de la perforation intestinale, et dans le loyer de péritonite par les élément vascnlo-nerveux du cordon.
Notons le contraste entre le rapetissement par contracture spasmodique du segment pertoré sur son bord libre et l’intestin sus-jacent dilaté. Ce spasme devra être pris en considération par l’opérateur au moment où il recherche le point perforé ; il tendait à jouer un rôle en quelque sorte providentiel ; il contribuait dans une certaine mesure à réduire l’évacuation du contenu intestinal à travers l’ouverture.
L’orifice tout petit, ce qui est souvent le cas-, pourrait être dénommé en «œillet» ; il avait histologiquement un substratum marginal de tissu adénoïde nécrosé, il s’était creusé aux dépens de l’appareil lymphatique de la muqueuse, surtout à la faveur de thromboses vasculaires locales ; en amonti quatre ou cinq plaques de Peyer apparaissaient rouges et tuméfiées, témoignant, bien que la température du
un état d’affaiblissement et d’amaigrissement extrêmes et fut forcé de s’aliter dès les premiers jours. 11 présentait un œdème considérable, une pêleur cireuse, une anorexie complète, des souffles vasculaires, une température subfébrile; de plus, la veine jugulaire gauche était le siège d’une thrombose.
L’anémie était considérable (1.288.000 globules rouges avec valeur globulaire diminuée); il existait des globules déformés et polychromatophiles et quelques normoblastes ; une forte leucocytose (35.000) avec polynucléose, myélocytose très légère sans éosinophilie notable. L’examen des fèces, montrant la présence
d’œuts d’ankylostome et du parasite lui-même, permit d’attribuer cette anémie grave à l’ankylostomiase compliquée d’une infection microbienne prodnisant la fièvre, la leucocytose et rhypoéosinophilie. Le malade déclina très rapidement; de l’albuminurie, de l’indicanurie, du déiire, des signes de congestion et d’œdème du poumon apparurent et il succomba moins d’un mois après son entrée à l’hôpital. A l’autopsie, on trouva la muqueuse intestinale parsemée de saillies rosées et d’ecchymoses : plus de 500 ankylostomes y étaient adhérents, ils étaient surtout nombreux à deux mètres environ au-dessous du duodénum. En outre, la veine jugulaire externe gauche était transformée en un cordon plein par un coagulum fibreux ; les veines fémorales et crurales étaient également thrombosées. Ces caillots contenaient du streptocoque et du colibacille. Le foie était cirrhotique, avec surcharge pigmentaire des cellules et dégénérescence granulo-graisseuse ; les reins étaient atteints de néphrite mixte avec dégénérescence graisseuse des cellules. La rate était petite et dure, la moelle fémorale était jaunâtre et ne contenait que de rares leucocytes neutrophiles et ésinophiies et cela bien que le sang montrât quelques normoblastes. Au niveau de
■uco-membraneuses cette neutralisation fait plus ou es, et surtout l’un d’eux, réalisaient dans i’appendioe lifié dans sa structure, des conditions d'isoiement, vase clos, ne permettant guère l’apport des éléments dérivés.
int, depuis plusieurs années, d’entérocolite mucorsécrété par la muqueuse appendiculaire se coagulait î agglomérés.
, Ces actions coagulantes expliquent le caractère pseudo-myxomateux qu’attectent les épanchements de mucus dans le péritoine, lorsqu’ils ont pour origine l’appendice iléo-cœcal.
Etude anatomo-pathologique du canoer du sein après radiothérapie. Association française pour l’avancement des sciences. Lyon, 1906. (Avec J. BEBoomé.)
Documents anatomo-pathologiques fournis à Cabannes et Lapon ; « Adénome des glandes de Meibomius » {Arch. d’opht., 1906); Lctacd: « Varices » (Thèse de Bordeaux 1906); BÉZOS : « Tumeurs du grand pectoral » (Thèse de Bordeaux 1906) ; Lacobtobb : « Tuberculose appendiculaire » (Thèse de Bordeaux 1906).
Etude histologique d’une pièce de fistule pseudo-pylorique congénitale de l’ombilic. In Thèse de Mothes (inspirée par le Professeur Denucé qui a publié ce cas), Bordeaux 1908.
Tendances prolifératives et dégénératives du placenta retenu dans la cavité utérine
(7 figures). Ann. de gynéc. et cTobstét., avril 1897. (Avec Aodbbert.)
Il résulte de l’examen de la pièce qui a été confirmé par M. le Professeur Mathias Duval que nous sommes en présence, non d’une tumeur développée aux dépens des tissus maternels, mais d’une production foetale. Il s’agit d’un débris placentaire dont les villosités sont en voie d’hypertrophie fibro-muqueuse, d’une part, et de régression caséo-calcaire, d’autre part. Ce double processus de prolifération et de régression s’observe non seulement dans la trame mésodermique des villosités, mais aussi dans leur revêtement ectodermique. Les formations ectoplacentaires, où se différencient d’énormes cellules géantes, se multiplient très activement et envoient des ramifications protoplasmiques multinucléées dans les lacs de sang maternel. Mais les tendances envahissantes du syncytium sont heureusement paralysées par les phénomènes régressifs de chromatolyse et de dégénérescence pigmentaire. Ce n’est donc pas là une simple rétention placentaire.
utérine, à la façon d’un corps étranger. Ils ont continué à proliférer, comme en témoignent les caractères histologiques des villosités et les modifications très actives du syncytium.
Nous sommes convaincu que ce placenta eût pu devenir le tissu matriciel soit d’une môle, soit de ces tumeurs éminemment envahissantes que l’on désigne sous le nom de déciduome malin — et dont nous avons eu l’occasion d’étudier histologiquement nn cas inédit (métastases vaginales et pulmonaires) provenant du service de M. le Professeur Démons — soit encore de l’association de ces deux néoplasmes.
poches où ces cellules sont agglomérées elles ne moutrent jamais de figures de
L’hypothèse d’une mallormation rénale, d’un barrage dans la continuité de l’appareil sécréteur et excréteur, par anomalie congénitale, ne pourrait être démontrée que par l’examen des reins chez des sujets très jeunes.
Peut-être pourrait-on reproduire expérimentalement les lésions en pratiquant
jeunes, que l’on suivrait pendant un temps assez long.
11 n’est pas inadmissible que des discontinuités multiples le long des tubes puissent amener des kystes par rétention; ceux-ci feraient corps étrangers et susciteraient autour d’eux une réaction fibreuse. Celle-ci pourrait secondairement retentir sur les segments de tubnli voisins, les étrangler, d’où la continuité de la formation de nouveaux kystes et l’aggravation de la maladie.
Sénilité et hypertrophie des surrénales. Congrès des aliénistes et des neurologistes.
Lille 1906. (Avec P. Husnot.)
Hypertrophie avec adénomes enkystés multiples des surrénales chez les vieillards et les
séniles. Soc. de Moi., 17 novembre 1906, t. LXI, p. 4«. (Avec P. Husaor.)
Nous avons examiné les capsules surrénales de quarante vieillards autopsiés par nous dans notre service hospitalier, de soixante à quatre-vingt-dix ans. A l’encontre des autres organes, qui tendent à l’atrophie avec l’âge, les surrénales augmentent do volume. Cette hypertrophie est rarement régulière. Plus fréquemment, elle se traduit par un état mamelonné et comme cérébroïdè. Les saillies représentent des adénomes multiples à cellules alvéolaires.
Quand on explore à la loupe des coupes d’ensemble, on remarque une variété d’adénomes minuscules inclus dans une coque fibreuse qui dessine parfois sur la tranche des circonférences très régulières, presque géométriques. Ces adénomes enkystés siègent soit dans l’épaisseur de la capsule d’enveloppe, soit au-dessous d’elle, soit même en plein tissu glandulaire.
Deux processus entrent en jeu : l'un d’hypergenèse de la glande, l’autre de sclérose du mésenchyme. Le premier devient-ii prépondérant, les foyers de prolifération de la couche corticale refoulent et disjoignent les fibres profondes de la capsule et viennent émerger au dehors, coiffées seulement par des fibres capsulaires superficielles ; l’adénome est constitué, plus ou moins pédiculé ; par des bourgeonnements successifs, il pourra être lui-même l’origine d’un adénome secondaire, et
En outre, nous avons rencontré sur les frottis du sang de la veine centrale des noyaux cellulaires libres parfois entourés d'une mince collerette protoplasmique plus ou moins désagrégée et analogues aux figures eonstatées, sur les coupes, dans le vaisseau central de la glande.
Résumé des recherches sur les surrénales de l’hcmme et des animaux.
Si l’on avait beaucoup étudié les cellules parenchymateuses des surrénales —
ction coajonctive avec cellules lymphocytoïdes, fibroblastes, rares mastzel nt souvent mais non toujours, autour de nodules carcinomateux secondi ir du sein généralisé) ; l’infiltration abondante de lymphocytes et do plas autour d’un gros tubercule tibro-caséeux. Nous avons étudié, de { volution lympho-Iibromateuse de la médullaire aboutissant à la forme
lotre attention s’est portée ensuite sur les mastzellen des surrénales lUx : chien, chat, cobaye, lapin, mouton, porc, cheval, singe. Dans chi
S" Hypertrophie de la prostate avec myome,
Ces prostates hypertrophiées ne ressemblent nullement à la g de la puberté ou de l’âge mûr ; ce sont des glandes séniles, soléro
pirée par nous et contenant des statistiques sur les rues et maisons à cancer ainsi que des observations personnelles de cancer familial.
Non-spécificité de la botryomycose. 11 pages, avec 2 micro-photographies, 3 autres ligures.
Arch. gén. de méd., novembre 1899. (Avec Laubib.)
Ce travail a contribué à élucider la pathogénie de ces bourgeons charnus pédiculés, s’organisant en productions fibromateuses, étranglées à leur base, que l’on considérait, à tort, selon nous, comme étant sous la dépendance d’un agent microbien spécial, le botryocoque, lequel n’est qu’un staphylocoque. Nous montrions que les glandes sudoripares, considérées par divers auteurs comme étant le point de départ de ces soi-disant botryomycomes, pouvaient être absolument hors de cause. Depuis lors, nos conclusions ont été adoptées par tous ceux qui ont eu l’occasion d’examiner des cas de ce genre. A plusieurs reprises nous avons eu l’occasion de décrire de
nu une apparence sensiblement normale, d’une Irritation formative se traduisant surtout par une multiplication des cellules conjonctives et des endothéliums vasculaires et par rinterventiou de leucocytes polynucléés neutrophiles, de lymphocytes.
de grands mononucléés. Les éléments connectifs en prolifération font retour à un état indifférencié; les uns évoluent dans le sens macrophagique englobant spirochètes, pigment hématique, détritus cellulaires; d’autres subissent l’évolution fibroblastique, élaborent du collagène et engendrent des cirrhoses.
Ces foyers d’infiltration bouleversent les parenchymes, imprimant b leurs
(foie, poumons, etc.). Le granulome constitue une sorte de tissu parasite, refoulant devant lui les acini et les bronches, les déformant, les défonçant, rompant la continuité des épithéliums bronchiques qui s’éparpillent sous la forme de petits agrégats de cellules restées vivaces. Beaucoup de vaisseaux, impliqués dans ce processus inflammatoire s’atrésiont ou s’oblitèrent; il en résulte une inégale répartition du sang circulant qui s’accumule dans les voies collatérales restées perméables, quoique non indemnes, et là rompt, pour ainsi dire, ses digues. Des hémorragies multiples, successives, sont la conséquence de ces troubles mécaniques dans les circulations locales aboutissant à la rupture des capillaires distendus et des vaisseaux adultérés.
L’infiltration conjonctive et leucocytique avec atrésie vasculaire ne va pas sans quelque dommage pour les cellules qui la composent : fragmentation et
pycnose nucléaires, plasmolyse aboutissent à la formation de quelques Ilots de
Les éléments nobles ne restent pas indifférents ; ils conservent un certain degré d’aplasie et de conformation embryonnaire. Les reins, le foie, les surrénales (fig. /), le thymus trahissent ce retard dans la différenciation histologique des plasmodes épithéliaux. Les cellules épithéliales vacuolisées hébergent des spirochètes et ne réussissent pas, semble-t-il, à s’en débarrasser, tandis que les macrophages les transforment en segments courts et en granules.
L’examen des ganglions lymphatiques est très suggestif à cet égard : dans les points où les spirochètes abondent, par exemple au niveau de la tête du pancréas, où de nombreux petits ganglions se sont développés, les cellules du réticulum et
des sinus lymphatiques de ces ganglions deviennent des nids de macrophages qui s'égrènent et se répartissent à distance de leur berceau d’origine. Dans ces macrophages, parfois géants, on surprend toutes les étapes de la digestion intra-cellulaire des spirochètes,
La rate, préposée surtout à l’eramagasinement et à l'élaboration du pigment sanguin, nous a paru moins apte que les ganglions à la lutte phagocytaire contre ces germes.
Les injures que cette septicémie à spirochètes a fait subir aux autres organes — relativement épargnés par les hémorragies — sont très accentuées dans le thymus (fig. 2 et 3), qui est sclérosé, profondément nécrosé dans ses enclaves épithéliales, envahi par les tréponèmes. Les corpuscules do Hassal, restés juvéniles, plasmodiaux, setiondrent au contact des parasites qui les pénètrent; on assiste à la formation de cavités qui correspondent à ce que l’on connaît sous le nom de kystes de Dubois. Ces cavités criblent nos coupes. Ici, elles sont relativement petites ; chez d’autres hérédo-syphilitiques, nous en avons vu qui avaient le volume
d’un pois : dans ce cas, à la mortification des enclaves épithéliales s’associait la nécrose du tissu lymphadénoïde bordant, celle des syncytiums conjonctifs émanés du réticulum enflammé au pourtour des cavités et l’intervention de leucocytes polynuoléés.
Les glomérules du rein montrent aussi des troubles irritatifs à côté de vices de formation; de même pour le pancréas. Bref il n’est pas d’organe qui n’ait subi l’empreinte de l’infection.
Soulignons l’atteinte des gros vaisseaux, aorte et artère pulmonaire, dont l’adventice a été frappée avec prédilection, autour et dans les vasa vasonim qui contiennent des spirochètes.
Non moins intéressantes sont les altérations complexes du myocarde où le tréponème se retrouve vivace et remarquablement bien imprégné.
!mme de vingt-sept ans, atteinte de syphilis secondaire, accouche septième mois, d’un fœtus du sexe féminin qui
ingt-quatre
, seuls spécifiqueme
papulo-érosif des hérédo-syphilitiques. Soc lu 7 décembre 1909, t. LXVII, p. 838. Arc/i lars 1910, p. 256-275, 8 ligures. Service d
d’épider
aécrosé, croûteux
La structure histologique rend compte de la surélévation des bords, dans l’érythème papuleux, de l’existence de la collerette squameuse de Biett, de la vésiculation plate à la surlace, des tendances érosives, de l’analogie avec certains érythèmes syphiloïdes intectés. L’association de pyocoques et de microbes divers
qui s’associent au tréponème, alors que celui-ci a déjà adultéré les téguments, est singulièrement facilitée par le siège des lésions (commissures des lèvres, région tessière). Signalons l’absence ou l’extrême rareté des cellules plasmatiques, déjà indiquée par nous dans les lésions de l’hérédo-syphilis.
Remarquons, en terminant, la virulence de ces érythèmes et de ces rhagades ; il faudra mettre en garde l’entourage contre les dangers de contagion.
Sarcomatose de l’hypoderme avec généralisation mésodermique péri-viscérale et intracardiaque (avec 7 figures). Areà. de mid. expérim. et d'anat. jiathol., mars 1902, n- 2, (Avec L. MniiATET.)
Le cas tire son intérêt de l’anatomie pathologique macroscopique et microscopique des tumeurs. En huit mois, des tumeurs variant du volume d’un grain de plomb à un poing d’adulte envahissent hypoderme et viscères ; des membres sont épargnés, sauf leur racine. La plupart de ces tumeurs sont truffées d’hémorragies leur donnant l’apparence de raisin noir, expliquant leur rénitence ainsi que les
n’ont été que très rarement notées. Dans notre cas se vérifie aussi l’allongement compensateur de la phalange distale au cas de disparition do la phalange intermé-
Notre second fait de brachydactylie est dû à la petitesse de la phalangine et de la phalangette des doigts malformés.
On le voit, notre premier malade nous a permis d’étudier une anomalie très
des productions ayant une tendance ient la désignation d’hyperplasies
algré l’insignifiance
Infiltration massive de mastzellen, agglomérées en nodules, dans la rate d’un chat porteur d'un épithélioma mélanique de la paupière. Soc. linn. de Bordeaux, 1908. (Avec L. MuBATETet H. Akioibe.)
Amas de mastzellen dans le pulpe sont la caractéristique de cette rate dont ils représentent la moitié du volume. Le système capsulaire et ses travées ne se différencient guère de la normale, sauf l’abondance plus grande des mastzellen. Sous la capsule, à côté des mastzellen, on note des lymphocytes, quelques-uns de grande taille, des fibroblastes jeunes, des plasmazellen. Les corpuscules de Malpighi,
très développés, beaucoup à centre clair, ont une artériole centrale sclérosée. On y trouve de grandes formes lymphocy tiques éparses au milieu du tissu lymphocytique. Pas de mastzellen; pas de globules rouges nucléés. Môme aspect pour les cordons folliculaires, mais là on note quelques nomioblastes. Tout autour sont accumulés de grands éléments mononucléés, les uns à l’état de noyau presque nu, bourgeonnant, d’autres à protoplasma exubérant, légèrement basophile, à noyau plus ou moins radié, d’autres du môme type, mais présentant dans leur protoplasma basophile do fines granulations métachromatiques à peine estompées : cesontdespromastzellen. Elles font transition vers les mastzellen véritables qui se groupent en rangs serrés pour former les loyers que nous avons décrits dont la masse produit sur les coupes un archipel violacé. Dans tout le tissu pulpaire on trouve du pigment hématique soit libre, soit dans des macrophages, ne donnant que par places et très légèrement la réaction du ter. Il y a donc eu dans cette rate une évolution des splénocytes en mastzellen. De plus, les éléments cellulaires dérivés des fibroblastes capsulaires, trabéculaires ainsi que du réticulum de la pulpe et, çà et là, les plasmazellen ont subi cette différenciation à un degré que nous n’avons jamais vu signalé et que nous n’avons jamais rencontré dans cet organe. Cette transformation élective en mastzellen des cellules de la rate esLelle en relation avec le mélanome palpébral qui depuis un an ne cessait de s’accroître 1 La rate jouant un rôle épurateur, les
« Contribution à l’étude des formes cliniques et du diagnostic du cancer de i’œsophage v. Thèse de Bordeaux 1898, faite sous notre direction.
Les effets histologiques de la cure de stase.
De nos expériences avec H. Lefèvre (La méthode de Bier. Thèse de Bordeaux. 1907) sur l’oreille du lapin, avec examens microscopiques à l’appui, on peut conclure que les résultats sont différents suivant que Ton emploie la stase peu de temps ou très longtemps :
Vingt heures après une stase de vingt-quatre heures, les phénomènes de prolifération et la diapédèse sont peu intenses ;
diapédèse sont presque nulles.
Vingt heures après une stase de cinq heures, il y a une grande activité cellulaire ;
Quatre heures même après une stase de quatre heures, il y a déjà une diapédèse énorme et une prolifération conjonctive intense.
Longtemps continuée, la stase aboutit à la formation de sclérose hypertrophique jeune; c’est là une loi de pathologie générale que nous rappelions à H. Lefèvre au moment de la rédaction de sa thèse et qui s’applique à la cure de stase des lésions
Cancer épithélial mucipare du poumon, avec épanchement pleural séro-mucineux. Soc. de biol., 7 avril 1906, t. LX, p. 717. (Avec L. Muratet.)
désirons insister particulièrement sur le caractère mucipare de la tumeur, née aux dépens des cellules muqueuses de l’épithélium bronchique ou de ses glandes séro-muqueuses, qui épanchait dans la plèvre le trop plein du produit de sécrétion qu’elle élaborait.
Le liquide épanché rappelle une solution de gomme arabique épaisse. Il congèle à — O-Sâ. Il donne une réaction de Rivalta spéciale : traînée glaireuse compacte persistant sous cet aspect. Ce liquide gommeux se laisse difficilement centrifuger à tond. Le dépôt contient des cellules endothéliales à l’état dissocié, de rares lymphocytes, quelques neutrophiles. Pas de réaction iodophile.
Examinons les caractères chimiques du liquide pleural. La chaleur, l’alcool absolu, le perchlorure de fer le coagulent en masse. Par l’acide acétique on obtient un précipité insoluble dans un excès d’acide, par l’acide chlorhydrique un précipité soluble dans un excès de réactif. Chauffé directement en présence d’une liqueur cuivrique le coagulum prend une couleur verte; le liquide surnageant est décoloré; pas de précipité d’oxydule dans ces conditions. Chauffé au bain-marie avec de l’acide chlorhydrique à 2 pour 100 pendant sept heures et à feu nu pendant deux à trois heures, il prend une coloration brune et réduit alors nettement la liqueur de Fehling. Il y a donc de la mucine en suspension dans ce liquide. C’est à elle qu’il doit sa consistance et sa viscosité.
Ces épanchements à mucine n’avaient pas été jusqu’à présent signalés dans la plèvre. On pourrait les rapprocher des pseudo-myxomes du péritoine d'origine appendiculaire ou tubo-ovarienne. Mais à l’encontre de ces exsudats grumeleux péritonéaux, formés de mucus plus ou moins coagulé (Sabrazès), la mucine incorporée au liquide pleural avait conservé sa fluidité. Nous avons vu que le mucus provient du poumon droit envahi en totalité par une tumeur maligne primitive que nous proposons de dénommer : cancer épithélial mucipare. Pendant la vie, sous l’effort des mouvements respiratoires, en l’absence d’expectoration notable, du mucus s’exsudait de la tumeur et passait, non dans les bronches, mais dans la séreuse par l’interstice des anfractuosités pleurales dans lesquelles existaient des foyers néoplasiques.
Pièces eu main, on réalise facilement ce qui s’opérait intra vitam: exerce-trou une pression sur la tumeur, on fait sourdre ce mucus qui vient perler sur la séreuse. En déversant leur contenu dans les sinuosités pleurales qu’affleuraient les lacs muqueux néoplasiques, la tumeur enrichissait l’épanchement en mucine et lui donnait la consistance d’une solution de gomme. Sa viscosité explique sans doute pourquoi les ponctions exploratrices restèrent blanches, pratiquées avec une line aiguille do Piavaz. Cotte pleurésie fut donc méconnue. Elle entraîna des
bronchiques séro-muqueuses, soit p tumeur dans laquelle les fonctions
à la suite d’une incision et de l’issue du néoplasme infecté et saignant hors du thorax (11 ligures). Arch. de méd. expérim. et d'anat. pathol., n" b, septembre 1909. (AvecL.MoRATsT.)
Après une étude historique et statistique des tumeurs de la plèvre, nous relatons ce cas qui constitue un type clinique et anatomo-pathologique nouveau.
Cette femme de trente et un ans s’aperçoit, à l’ége de vingt-trois ans, en 1900, que son cœur bat à droite de la poitrine. Cette dextrocardie s’accompagne d’un peu de toux avec quelques crachats sanguinolents, de tachycardie et de dyspnée légères. (Juatre ans après, amaigrissement progressif, voussure de l’hémithorax gauche mat à la percussion; ou fait une thoracotomie. Elle conduit non dans une cavité, mais sur un néoplasme pleural. Notre distingué confrère, le docteur Ferré (de Pau),
Dès sa sortie du thorax, cette tumeur a été envahie par de nombreux microbes. Elle est devenue croûteuse, s’est creusée de clapiers purulents. Exposée par sa situation, son volume et sa mobilité à toutes sortes d’injures extérieures, elle a donné lieu à des suintements sanguinolents, voire même à des hémorragies protuses infiltrant toute la masse et se taisant jour au dehors.
L’infection chronique et les saignées locales au lieu de ralentir le processus néoplasique, comme on pouvait l’espérer a priori, lui ont au contraire donné un coup de fouet et imprimé une allure galopante.
Le myxome ne se retrouve plus que sous forme d’Ilots et de lacs muqueux au milieu de résidus hémorragiques, de foyers œdémateux séro-fibrineux et de territoires dégénérés et nécrosés. Les cellules adipeuses ont disparu. Les phénomènes inflammatoires ont suscité une énorme immigration de leucocytes polynucléés neutrophiles dans les régions envahies par les microbes ; en d’autres points chroniquement enflammés, ils se caractérisent par une infiltration de cellules conjonctives et d’éléments lymphocytiques et plasmatiques associés à des éosinophiles et à des mastzellen. Les cellules de la série conjonctive accusent dans
développés en résultent et sont le point de départ d’hémorragies; dautres cellules conjonctives, libérées de leurs anastomoses, deviennent en partie des macrophages.
directe, bourgeonnement. Les figures de karyokinèse sont si nombreuses qu’on en trouve parfois cinq à six par champ d’immersion. Elles se groupent autour de vaisseaux élargis constituant là une tumeur sarcomateuse à cellules polymorphes partiellement dissociées.
Toutes les réactions protectrices mises en général en oeuvre par l’infection sont représentées aussi dans ce cas.
Les déchets résultant des métamorphoses régressives, les résidus d’hémorragies interstitielles ont réveillé les énergies macrophagiques des cellules fixes et des grands mononucléés, et enrichi le tissu en substances nutritives favorisant la multiplication, la croissance et l’activité des cellules. Mais, dans l’organisme, la réaction est souvent supérieure à l’action ; elle dépasse le but et dévie de sa destination première. Maintes fois, l'un de nous a, dès 1899 (>), et récemment encore (*), mis en évidence le rôle excitateur d’hyperplasies joué par les irritations chroniques toxi-infectieuses ou autres, surtout en ce qui concerne la pathologie du système hématopoiétique. Les cellules matricielles des éléments blancs du sang, par exemple dans les leucémies, sollicitées sans cesse à réagir, hypersensibilisées à l’égard d’agents irritants exogènes ou endogènes finissent par acquérir une activité de reproduction effrénée quasi-néoplasique.
Nous sommes obligés d’admettre le même mécanisme pathogénique pour comprendre le changement qui s’est produit dans l’évolution du néoplasme, chez notre malade.
Le rôle accélérateur des infections sur la marche des tumeurs issues du mésoderme n’a pas fait l’objet de recherches spéciales. Les chirurgiens auxquels nous avons demandé des éclaircissements sur ce point nous ont laissé entendre que les sarcomes ulcérés s’accroissaient plus vite que les autres et devenaient plus envahissants.
Cette conception, appuyée sur des analyses histologiques délicates, avait déjà été appliquée de divers côtés à la pathogénie du sarcome en général ; non qu’on le considère comme une maladie, à proprement parler microbienne, mais bien comme une suite plus ou moins éloignée ou plus ou moins rapprochée et parfois presque immédiate, en quelque sorte para-inflammatoire, d’irritations chroniques les plus .diverses. C’est ainsi que les granulomatoses ganglionnaires peuvent devenir des granulo-sarcomatoses. Des parasites animaux ou végétaux — microbes, champignons, vers, acariens, — dos actions mécaniques, physico-chimiques, organiques, telles
(') J. SiBsizis, Hématologie clinique. Rapport au Congrès français de médecine, Lille, 1899.
(■) J. SABRizÈs et Ch. Lmo», Granulome de la lèvre à mastzellen et à éosinophiles chez un cheval. Folia hæmatologtca, 1908.
Sabrazès 21
- 162 bis —
Multiplicité des formes anatomo-pathologiques des splénopneumonies. Semaine médicale 13 avrii 1910.
On tend actuellement îi considérer la splénopneumonie, décrite par Grancher en 1883, non plus comme une entité morbide mais comme un svndrome simulant
la-pleurésie.
Le fait suivant qui nous est personnel établit, à côté des formes anatomo-pathologiques do la splénopneumonie qui confinent à la pleurésie, l’existence d’une autre modalité anatomique de splénopneumonie. Grancher avait eu l’intuition de cette parenté, dont nous apportons ici la justification, lorsqu’il considérait la splénopneumonie comme une sorte de pneumonie subaigué qui simulait une pleurésie avec épanchement moyen.
Dans le courant de l’année 1902, notre regretté collègue E. Rondot nous demanda d examiner histologiquement des segments de poumon provenant d'un cas type de splénopneumonie aiguë autopsiée dans son service. Il s’agissait d’une femme de cinquante-deux uns, morte à l’hôpital Saint-André deux jours après son admission. Elle avait présenté un ensemble de symptômes fonctionnels et de signes stéthoscopiques qui en imposaient pour une pleurésie droite avec épanchement. Les ponctions exploratrices ne ramenant pas de liquide, on s’arrêta h l’idée de spléno-
Fibrosarcome et sàrcosporidiose des plans profonds delà poitrine, localisations néoplasiques en anneau autour des membres, engainant les canons et ayant suscité une réaction périostique extraordinaire, sous forme de stalactites osseuses dans les segments de squelette comprimé (30 pages et 12 figures). Rm.'ginér, de méd.vélér., 1910. (Avèc MiRCHAi et L. Muratet.)
Ce travail, reposé sur une très longue observation clinique et anatomo-pathologique. Des considérations de pathologie comparée sur la. fréquence, les diverses modalités de cancer chez l’homme et les animaux, suivant les pays, nous amènent à la conclusion suivante : le sarcome est relativement plus fréquent chez les équidés et les bovidés, où il se chiffre par 21 et 27 “/„, d'après les statistiques allemandes (Casper), que chez l’homme et chez le chien, à l’encontre du carcinome dont le pourcentage s’abaisse à 6 chez le cheval et à 2,7 chez les bovidés.
Même différence profonde au point de vue des localisations du cancer. Le tube digestif et l’appareil génital, si souvent intéressés dans l’espèce humaine, ne le sont qu’avec une extrême rareté chez les animaux, spécialement chez le cheval. Nous discutons les facteurs qui entrent en jeu. La brièveté de la vie des animaux domestiques est une des raisons qui leur fait payer au carcinome un moins lourd tribut. Nous envisageons ensuite la topographie chez l’homme et l’animal d’une même catégorie de tumeurs ; les sarcomes. Ils affectent avec prédilection les organes pro-
évoluant sous l’influence d’une même cause qui agit en des points différents de l’organisme. Quoi qu’il en soit, la structure de ces divers foyers est identique ; elle réalise toutes les modalités sous lesquelles se traduit le sarcome. L’expression sarcome à cellules polymorphes — en réseau, à l’état d’éléments lympho-conjonctifs, lymphocytitormes ou mononucléés, à tendances angioplastiques avortées, en évolution fibreuse (fig. 8), etc., — lui convient particulièrement. Lorsque ces tumeurs acquièrent une densité fibreuse extrême, comme dans les manchons qui étreignent les canons et y suscitent une périostite en stalactites figurée dans ce travail, la nutrition du néoplasme soutire ; il régresse en ces petits Ilots jaunâtres de
sphacèle difficiles à interpréter sans le secours du microscope. Autour de ces zones de mortification, neutrophiles, éosinophiles, mastzellen, cellules plasmatiques abondent. En dehors d’elles, ces éléments se retrouvent, mais clairsemés. Nous avons cherché l’agent excitateur de cette néoplasie ; traumatismes, irritants, chroniques, sont hors de cause, contrairement à ce que relèvent divers observateurs (Trasbot, Rousselot, G. Petit), dans des néoplasmes équins.
La présence do parasites au sein et dans le voisinage des tumeurs fait actuellement l’objet de nombreuses investigations. Nous rappelons les faits de Borrel, Regaud, Bridré de parasitisme des tumeurs (helminthes, cysticerques, acariens, demodex, etc.). On connaît, chez le cheval, des tumeurs de l’estomac à spiroptères (adénome polyglandulaire). Chez notre cheval, la recherche des parasites nous montra des sarcosporidies non seulement au voisinage immédiat des tumeurs du poitrail, mais, en pleine tumeur, dans les fibres musculaires dissociées par elle. Or on sait (E. A. Watson, Moussu et Coquot) qu’il peut exister chez le cheval une
parfois mortelle ; mais à côté de ces sarcosporidiosea i un grand nombre qui ne se traduisent nullement par c pathologiques appréciables. Qu’oh en, juge' d’après les
des tissas, de nature sarcosporidienne. Les localisations pulmi d’ordre métastatique. Quant à la sclérose des ganglions, des surréi viscères, c’est un phénomène de retentissement à distance, dans h
avoir entraîné la fibrosarcomatose a provoqué l’hyperplasie conjonctive des divers organes. C’est cette même cause qui a suscité dans le périoste (fig. 5), au contact des manchons néoplasiques, une extraordinaire efflorescence de productions ostéofibreuses en stalactites. Cela rappelle ce que l’on observe dans les hyperplasies des organes hématopoiétiques qui sont rapidement diffuses et multiples plutôt par répercussion sympathique do la cause nocive sur des tissus homologues que par le fait de métastases.
Sarcosporidiose et tumeurs du cheval. Microbisme du cancer traité par les rayons X.
Hyperplasies leucémiques et tumeurs malignes; fractures des os longs et leucémie.
Deuxième Conterence pour l'étude du cancer. Paris, l"-b octobre 1910.
Au sujet du parasitisme, dans le cancer, je rappellerai la sarcosporidiose du cheval atteint de sarcomatose généralisée.
Pour ce qui est de l’étnde des réactions histologiques aux rayons X, on ne tient pas compte d’un facteur qui n’est pas négligeable : l’invasion microbienne des tumeurs traitées, primitivement ou secondairement ulcérées à leur surface. Tandis que les cellules néoplasiques et les globules blancs sont mis h mal par les rayons X, les microbes, indifférents à ces radiations, ainsi que nous avons contribué à l’établir, pullulent extraordinairement à la surface des tissus en nécrobiose. L’étiologie, l’évolution, la description histologique des cancers irradiés ne sauraient méconnaître ce facteur, dont on n’a pas tenu compte jusqu’à présent.
Dans le rapport sur le caucer des animaux domestiques, je n’ai trouvé aucune mention des publications relatives aux tumeurs malignes du chat, à la mélanose du cheval blanc, à la fibro-sarcomatose du cheval exécutées à Bordeaux par nous et par nos collaborateurs ; or ces laits, longuement et minutieusement étudiés, constituent des documents de valeur au moins égale à ceux colligés par le rapporteur.
Enfin je terminerai en faisant quelques rapprochement entre les hyperplasies leucémiques et les néoplasies malignes.
A 1 occasion des recherches de Weinberg sur la réaction de Wassermann chez les porteurs de tumeurs malignes, je dirai que cette réaction de fixation dans une dizaine de cas de leucémie variée a toujours été négative entre nos mains.
On a rapproché, disai-je, les leucémies des néoplasies malignes : leur évolution fatale, les caractères histologiques des organes hématopoiétiques intéressés, l’abondance des leuooblastes et des hémoblastes, en mitose, dans les loyers et parfois même dans la circulation, les répercussions à distance (encore qu’assez
1 présomptions i
Charbonnel, qui a pratiqué uue quiuzaine d’interventions chirurgicales dans des fractures non exposées, nous a fourni des segments de moelle osseuse prélevés une à deux semaines après l’accident qui avait déterminé la fracture : périoste et moelle sont en pleine activité.
Le sang périphérique, dans les fractures des os long, accuse de la polynucléose avec ou sans myélocytose. Très rarement on note une véritable myélémie en imposant pour une leucémie myéloïde. Dans un cas, C. E. Simon a vu cette myélémie s’effacer au fur et à mesure que le cal se formait ; finalement, le sang redevint normal.
Il est plus exceptionnel encore de voir, comme chez nos deux malades, ces modifications dos organes hématopoiétiques et du sang persister et s’accroître pour aboutir à des leucémies confirmées. Je n’ai pas besoin de faire ressortir l’intérêt doctrinal et médico-légal de ces cas.
Macrophagie de lymphocytes dans les ganglions et dans les téguments d’un lymphooytémique non traité par les rayons X. Réunion biologique de Bordeaux. Soc. de bioi. de Paris, 7 avril 1908. Folia hæmatol., Bd VI, 1908.
On sait que la cytolyse due à l’action des rayons X sur les organes lymphoïdes est accompagnée d’une réaction macrophagique. Dans les ganglions de la lymphocytémie chronique la radiothérapie suscite des phénomènes analogues (P. Menetrier et A. Touraine).
En dehors de la radiothérapie observe-t-on, dans la leucémie lymphatique, des actions macrophagiques de cette nature et de cette intensité? L'examen de ganglions provenant d’une nécropsie de lymphocylémie subaiguë classique, ayant évolué en un mois et demi, chez un malade de M. le Professeur Picot, nous permet de répondre par l’affirmative.
Il s’agissait d’un homme de vingt et un ans. A côté de segments ganglionnaires infiltrés par une nappe lymphocytomateuse diffuse, masquant complètement le système caverneux, s’en trouvent d’autres où la masse des lymphocytes est moins touffue. Le réticulum, plus apparent, limite des espaces irréguliers; il est entrecoupé de vaisseaux et de sinus lymphatiques béants. Dans ces cavités, les lymphocytes grands et petits sont cernés par de grandes cellules macrophagiques. Parmi ces macrophages, les uns, à protoplasme alvéolaire exubérant, ont un noyau marginal, rénitorme ou anguleux; d’autres globuleux, uui ou binucléés, ne mesurent pas moins de 25 g de diamètre. Il y a là des nids de macrophages parfois si rapprochés que des champs microscopiques eu montrent des centaines. On voit tous les
intermédiaires entre les cellules conjonctives libérées du réticulum, les cellules endothéliales des cavités lymphatiques et ces macrophages.
Le phagocytisme s’exerce sur les éléments lymphocytiques. La capacité d'englobement de ces gigantophagocytes va jusqu’à l’agglomération dans un même corps protoplasmique d’une quinzaine de lymphocytes, les uns presque intacts, d’autres plus ou moins altérés, pycnotiques, fragmentés, granuleux.
Dans les foyers cutanés, au niveau de l’hypoderme, des macrophages issus des cellules adipeuses redevenues actives ont également englobé et détruit des lymphocytes dans leur cytoplasme.
périphérie, une large bordure représentée par des de gouttes glycogéniques.
U d’nn chien, dans le tissa cellulo-adipeux, un petit )duit une exsudation riche en graisse autour et dans •mine une teinte brun acajou très vive qui disparait iroid. M. le Professeur Denigès, qui a bien voulu > dans des éprouvettes le cinquième jour après l’inserle contient du glycogène en grande abondance. Dans
Le chalazion. Acné des glandes de Meibomius. Histologie et pathogénie (32 pages et 5 tigares). Semaine méd., 11 novembre 1908. (Avec Ch. Lafon.)
Le chalazion, cette banale lésion des paupières, présente encore dans son histoire des points très obscurs, surtout en ce qui concerne sa structure et les conditions de son développement. Nous avons repris son étude, en appliquant aux pièces biopsiées de bonnes techniques de fixation et de coloration, dans l’espoir de tirer de nos observations quelques éclaircissements sur sa pathogénie.
Notre étude histologique repose sur l’examen d’une vingtaine de chalazions, parvenus à divers états de leur évolution.
Sur les coupes, les chalazions montrent généralement un foyer principal, irrégulièrement constellé de foyers secondaires. Tous ces foyers ont une forme eu îlots arrondis, ovaiaires ou polycycliques ; leurs dimensions varient de 1/2 à 3 ou 4 millimètres. Ces Ilots sont entourés, sans être encapsulés, par un tissu conjonctif exubérant et jeune; ce tissu est une dépendance du tarse, avec lequel il se confond. Outre le groupement en Ilots, on voit des traînées analogues, qui réunissent entre
Souvent ces foyers sont périvasculaires.
A un fort grossissement, on est frappé par le désordre de cette lésion et par sa diffusion.
En bien des points, on est en présence d’une accumulation de cellules plasmatiques, à éléments très rapprochés, parfois même confluents, avec phénomènes de clasmatose exagérée; on y trouve les divers types de plasmazellen, depuis les plus petites, jusqu’aux formes géantes bi et trinncléées, avec tous les intermédiaires entre les éléments les mieux différenciés et des cellules conjoncuves jeunes et des lymphocytes.
On trouve çà et là quelques plasmazellen bourrées de corpuscules réfringents. Assez souvent l’agglomérat do cellules plasmatiques est traversé par un tin réticulum conjonctif, dont chaque maille emprisonne une ou deux cellules. Ailleurs les plasmazellen, wxWesa d’être réunies en amas, sont disposées en séries linéaires, en bandes ou isolées et mélangées avec les autres types cellulaires.
Parmi ceux-ci, il faut d’abord citer les cellules lymphocytiques, formes qui abondent. Elles sont disséminées dans le tissu ou rassemblées en amas irréguliers ou en nodules autour d’une cellule géante. A côté d’éléments petits, à noyau compact et à bordure protoplasmique infime, on en voit à noyau plus clair.
Il existe tous les intermédiaires entre les cellules lymphocytiformes et les cellules conjonctives ; on rencontre beaucoup de cellules à noyau plus volumineux.
ovalaire, nucléolé, se multipliant par bourgeonnement et appartenant à des éléments conjonctifs jeunes, actifs, isolés ou fusionnés, cubiques ou allongés, à chromoplasme plus ou moins basophile, à gros noyau centré par un volumineux nucléole. La cellule lympho-conjonctive en dérive et mue à son tour en fibroblaste ; cette évolution s’obser\’e surtout à la périphérie des nodules et autour des Ilots. Ce tissu conjonctif forme en certains endroits un réticulum à fines fibrilies onduleuses. Dans les régions où s’organisent des faisceaux conjonctifs, Usmastzellm abondent; au contraire, dans ceile où dominent les ptomoreWen, les cellules conjonctives jeunes sont en nombre beaucoup plus discret et les mastzellen
Les leucocytes polynucléés neutrophiles sont assez maigrement représentés, pycnotiques. Les leucocytes des tissus sont beaucoup plus lésés que ceux des lumières vasculaires, ce qui prouve leur émigration. On voit par places quelques éosinophiles.
Les grands mononucléés typiques sont exceptionnels.
Les macrophages sont en assez grand nombre, surtout dans les points où l’on trouve des leucocytes polynucléés (/fÿ. /). Certains sont bourrés de déchets et l’on en voit qui contiennent jusqu’à cinq ou six boules pycnotiques.
Enfin le chalazion recèle des cellules géantes de plusieurs sortes, particubère-
ment abondantes en marge des Ilots : a) cellules plasmatiques bi ou trinucléées (fig. 2); 6) ohorioplaxes de Unna ou cellules géantes en voie de formation; c)
ceiiuies vaso-tormatives, très allongées et arborescentes, réunies en syncytium, dérivant des cellules conjonctives (Jig. 5); d) macrophages multinucléés (fy. /); e) cellules géantes absolument semblables à celles de Langhans.
Leur disposition augmente la ressemblance avec les cellules géantes tuberculeuses ; cependant, les cellules en dégénérescence épithélioïde sont rares et l’on n’observe pas d’agmination régulière comme dans le follicule tuberculeux. D’autres sont situées dans la cavité d’un vaisseau qu’elles bouchent et elles sont entourées par un espace ayant un revêtement endothélial discontinu. Souvent on distingue autour de la cellule géante les mailles du réseau conjonctif fondamental.
Nous passons ensuite à la classification des formes de chalazion et nous les interprétons.
Abandonné à lui-même, le chalazion suppuré finit par se faire jour au dehors, généralement au niveau de la conjonctive. Après l’évacuation du pus, les parois de la cavité bourgeonnent activement et parfois, à travers l’orifice spontané ou chirurgical, le tissu conjonctif néoformé vient faire hernie. 11 en résulte alors une petite tumeur pédiculée, un polype, qui est histologiquement l équivalent de ces granulomes à allure fibreuse, en chapeau de champignon, étranglés à leur base, sans spécificité, qualifiés de botryomÿcomes. Nous en avons observé plusieurs exemples,
Bien que développés aux dépens des glandes de Meibomius, la plupart des chalazions, au moment où on les enlève, ne montrent pas de culs-de-sac glandulaires reconnaissables. Très rares sont les auteurs qui ont pu surprendre, comme M.-.A. Terson, les phénomènes initiaux d'inflammation des glandes.
Les cellules géantes ont donné lieu ù beaucoup de discussions sur lesquelles nous n’insistons pas ici. Les cellules géantes de cette catégorie existent toujours et
J. ViTRAC : « Fibrome polykystique malin de l’utérus ». Ann. de gynéeol. et d'obst., janvier 1898,
Vehot ; Revue de chirurgie, 1898 : « Myélome des gaines tendinenses à point de départ osseux. »
Recherches faites au Laboratoire des Cliniques ;
Fieux: « Musculature intrinsèque de l’utérus », 1898.
Thèse inspirée:
Gakros. De texpuhion spontanée de tumeurs ou de débris néoplasiques à travers les orifices naturels. Bordeaux, 1909-1910.
CYTOLOGIE
le liquide céphalo-rachidien, recueilli par ponction
naturellemeat plus ou moins de mucus.
Le dépôt obtenu par centrifugation, dans deux cas analogues aux précédents, c’est-à-dire dans la forme la plus fréquente d’hydrorrhée, contenait beaucoup de leucocytes polynucléés neutrophiles, faiblement iodophiles, rarement granulo-graisseux, parfois bourrés de microbes, quelques ésinophiles, quelques cellules lymphocytoïdes et des cellules épithéliales desquamées, caliciformes et polyédriques, les cahcifonnes légèrement iodophiles. Les granulations neutrophiles des leucocytes polynucléés sont très nettes et leurs affinités coiorantes pourraient les faire confondre avec les éosinophiles, à un faible grossissement. Dans ie dépôt existaient de nombreuses espèces microbiennes : staphylocoques, streptocoques, pneumocoques, tétrades, pseudo-diphtériques, etc., etc.
Contribution à l'étude de la valeur diagnostique de l’ophtalmo-réaction à la tuberculine. Caractères cytologiques de l’exsudât. Gaz. hebd. des Sc. méd. de
Quels sont les caractères de l’exsudât ? Ou n’a pas encore fait cette recherche ; voici nos résultats :
Les grumeaux ont un aspect blanc terne, hyalin, filant; ils sont constitués, ainsi que le démontrent les réactions histo-chimiques et microscopiques, par du mucus concret, et non par de la fibrine. Ce mucus englobe : 1° énormément de
ces coùstatation et dans celles de l’article suivant, toutes nouvelles à cette époque, était en germe le cytodiagnostic des méningites que F. Widal et ses élèves, Ravaut, Sicàrd, portèrent à un haut degré de précision. Dans un cas, la recherche bacillaire et l’inoculation furent négatives, bien qne les coupes des méninges cérébrales tuberculeuses aient montré des bacilles tuberculeux.
L’injection sous-dure-mérienne au chien du liquide céphalo-rachidien retiré par ponction lombaire pendant la vie, dans la rage humaine, a été suivie de rage furieuse deux mois après 1 inoculation. Le bulbe de ce rabique inoculé au lapin par trépanation a provoqué la rage paralytique après quinze jours d’incubation.
Il était intéressant de soumettre à des analyses chimiques comparatives et complètes le liquide céphalo-rachidien centrifugé : S cas de méningite tuberculeuse et 1 cas de rage humaine ponctionnés ont servi à cet examen.
' Dans les cas de méningite tuberculeuse aigue, la teneur du liquide céphalorachidien centrifugé en principes organiques est très élevée et atteint, par litre, 2 gr, 33 à 2 gr. b8; dans un cas (Obs. X) ces principes se décomposaient en sérine (2 gr. 10), peptones (0 gr. 10), urée (0 gr. 38), corps réducteurs (traces). Il n’a pas été décelé de corps réducteurs dans les cas III et V de méningite tuberculeuse; il n’en existait que des traces dans le cas X. L’analyse chimique du liquide céphalo-rachidien dans la rage diffère très notablement de ce que l’on observe dans la méningite tuberculeuse. La densité est moindre, U n’y a plus que 0 gr, 20 .de sérine par litre. Par contre, les substances réductrices correspondent à 0 gr, 72 .de glucose par litre, les chlorures sont plus abondants (6 gr. 90 au lieu de 8 grammes) ainsi que les carbonates, les phosphates et les sulfates.
En poursuivant ces recherches on trouverait, peut-être, une formule analytique de liquide céphalo-rachidien correspondant à chaque type d’infection méningocérébro-spinale. Cette idée, nous l’avons encore émise dans notre travail avec Binaud analysé ci-dessous. Mestrezat, dans sa thèse récente (Montpellier 1912) l’a vérifiée avec beaucoup de maîtrise, confirmant nos conclusions, entre autres celles émises par M, Denigès et par nous relatives à l’absence ou à la baisse du glucose dans les méningites aiguës.
Considérations sur le manuel opératoire et sur la valeur diagnostique et thérapeutique de la ponction lombo-sacrée. Travaux de neurologie chirurgicale 2- année 1897 ; Vigot frères éditeurs. (Avec Bibaou.)
Dans la plupart des cas de méningite tuberculeuse aiguë, la ponction lombosacrée donne issue à du liquide; dans la moitié des cas environ, ce liquide contient
des bacilles tuberculeux en grand nombre et des éléments blancs uninucléés et polynucléés, constatation qui était, à cette époque, un tait intéressant à noter. Les indications tirées de l’analyse chimique laissent, en outre, entrevoir la possibilité d’établir pour chaque type d’infection méningo-cérébro-spinale une formule analytique du liquide céphalo-rachidien (Denigès et Sabrazès).
Au point de vue thérapeutique, nous rapportons 4 cas de guérison consécutive à la ponction dus à Jemma, Goldscheider, Freyhan se rapportant: 3 à des méningites pneumococciques, 1 à la méningite tuberculeuse.
Nous proposions dans cet article (qui a été envoyé à ta rédaction des Travaux de neurologie chirurgicale dans les premiers jours de janvier 1897) de traiter systématiquement les méningites par l’évacuation fréquente du liquide céphalorachidien souillé et même de tenter, comme ressource thérapeutique ultime, l’injection do solutions antiseptiques faibles, non vulnérables pour les éléments
employés et à la nature médicatrice dans ce cas de guérison do méningite très grave. J’incline à penser que le traitement ioduré et hydrargyrique, malgré l’absence de syphilis, s’est montré surtout eflicaco, de concert avec tes ponctions lombaires. M. le Professeur Grasset a fait des constatations analogues d’efficacité du traitement spécifique chez des tarés du système nerveux non syphilitiques.
Permettez-moi d’invoquer, à l’appui de l’utilité des ponctions lombaires on pareil cas, ce que nous écrivions avec mon regretté collègue Binaud, en 1897, dans les travaux de neurologie chirurgicale, après avoir rapporté plusieurs exemples de méningite guéris après ponction lombaire, exemples empruntés à la littérature médicale allemande et italienne, et dont un, relatif ù une méningite tuberculeuse avec névrite optique, observé par Freyban en 1894, avait présenté cette intéressante particularité que la névrite optique disparut elle aussi avec les antres symptômes morbides.
La thèse de Parrenin ('), exécutée sous notre direction, prouve la justesse de nos anciennes prévisions.
Cellules endothéliales hémato-macrophages dans le liquide céphalo-rachidien coloré symptomatique de l’hémorragie méningo-encéphalique. Soc. de bioi., 1903. — Corps granuleux et cellules hémato-macrophages du liquide céphalo-rachidien recueilli par ponction lombaire. Soc. de biol., 21 novembre 1903. (Avec L. Moratet).
Cellule nerveuse libre dans le liquide céphalo-rachidien dans un cas de syphilis médullaire probable. Arch. génér. de méd. (1 ligure), 1903. (Avec L. Müratet et J. Bobhes.)
Globuline et sérine dans le liquide céphalo-rachidien normal. Gaz. hebd. des Sc. méd. de Bordeaux, 2 août 1903, n' 31, p. 376.
La réaction iodophile dans le diagnostic de la nature des épanchements séreux et dans l’étude du liquide céphalo-rachidien. Soc. linnéenne de Bordeaux, 21 mai 1902, et Soc. de biol. de Paris, 1902. (Avec L. Mcratet.)
La ponction lomiaire. Communication à propos de la discussion des rapports sur la ponction lombaire, au premier Congrès belge de neurologie et de psychiatrie. Comptes rendus, Bruxelles, 1906. Gaz, hehd. des Se, méd. de Bordeaux, n“ 29, 22 juillet 1906.
En ce qui concerne la teneur en choline du liquide céphalo-rachidien, si on emploie des méthodes, comme celle proposée par Denigès, mettant à l’abri des confusions que crée la présence des phosphates, on constate, à l’encontre de Donath, que la présence de choline est des plus rares ; avec M. Denigès, nous avons, dans une vingtaine de cas d’affections du système nerveux, parmi lesquels figurent des encéphalomalacies étendues, des tabes, des cas de zona, d’encéphalopathie satur-
des scléroses cérébrales avec arrêt de développement intellectuel que l’on voit parfois compliquer la coqueluche et dont récemment j’ai vu un exemple des plus nets.
Réactions méningées intenses, précoces, électives, à polynucléés neutrophiles, à lymphoïdocytes, à grands mononucléés et macrophages suscitées cliniquement chez l’homme et expérimentalement chez le chien par l’injection sous-arachnoïdienne de sulfate de magnésie. Gaz. hebd. des Sc. méd. de Bordeaux, 26 mai 1912. (Avec H. Bosnin). Dans le tétanos, le liquide céphalo-rachidien, normal avant l’injection de solution de sulfate de magnésie stérilisée, devient, après, puriforme aseptique (plus de 13.000 éléments blancs par millimètre cube), contenant surtout des neutrophiles ■ (96 74 intacts ou à noyau pycnotique (10 74. A ces polynucléés sont associés, dans la proportion de 4 % environ do gmuds élomciits iininucléés qui comprennent :
lymphocytose banale ou la simple polynucléose de ce. qu'on appelle réaction méningée. Si les neutrophiles émigrent des vaisseaux par diapédèse, les lymphoïdocytes, grands lymphocytes, monocytes macrophagiques à noyau uniet multilobé, sont pour la plupart essentiellement histogènes, issus de cellules mésodermiques de Saxer du pourtour de.s vaisseaux et du revêtement endothôlitorme do l’espace sons-arachnoldien, passant de l’état quiescent à des stades de différenciation et d’activité de plus.en plus marquée.
D’autres substances médicamenteuses, divers agents toxi-infectieux entraînent des réactions et des différenciations cellulaires d un autre ordre : micro-lymphocytose, éosinophilie; en sont l’expression cytologique. En étudiant les réactions méningées suscitées chez les tabétiques, à lymphocytose discrète, par le mercure colloïdal isotonisé (électro-mercurol) nous avons noté que vingt-quatre heures après une injection de 1 centimètre cube le liquide céphalo-rachidien, très riche de ce chef en neutrophiles, fait déjà signalé par M. Carrieu et son élève F. Sappey, contenait de plus — particularité méconnue jusqu’à présent — des microlymphocytes et, en assez grand nombre, des macrophages et des cellules originelles lymphoïdocytaires très vulnérables. Si la dose injectée est minime chez des sujets ayant déjà reçu plusieurs injections de ce genre elle peut n’amener qu’un renforcement passager de la lymphocytose,
Il existe d’ailleurs des levées successives de cellules suivant la durée de tel ou tel processus. Ajoutons à la liste de ces réactions peu étudiées celle que provoque d’une façon très précoce, le sulfate de magnésie. Bien que l’action physiologique et thérapeutique des solutions de sulfate de magnésie sur les centres nerveux ait lait l’objet de nombreux travaux, les réactions cytologique que nous venons de faire connaître n’avaient pas été recherchées ou étaient passées inaperçues.
Le balayage des espaces sous-arachnoïdiens et de la trame des méninges par l’afflux subit d’éléments cellulaires micro- et macrophagiques peut rendre compte nonobstant l’action directe physiologique du remède, non seulement de certains méfaits, mais de quelques-uns des effets favorables du sulfate de magnésie injecté par ponction lombaire, dans les cas pathologiques rappelés ci-dessus.
L’intensité de cette réaction puritorme aseptique provoquée, susceptible de laisser après elle des résidus dans les centres nerveux et les méninges, commande la plus grande circonspection dans l’emploi d’un mode de traitement parfois héroïque mais non toujours sans danger.
Observation d’un malade atteint de fracture du crâne traitée avec succès par des ponctions lombaires répétées, communiquée à M. Vignes : « Ponction lombaire et fractures du crâne ». Thèse de Bordeaux 1906.