LA GANGRÈNE GAZEUSE
2. — Gangrènes gazeuses et infections gangréneuses. — (en collaboration avec le Professeur Delanglade). — Bull, et Mém. de la Soc. de Chirurgie,
-3. — La gangrène gazeuse. — ( Communication à la Réunion médico-chirurgicale de la X e armée , 3 février 1910.
•i. — Gangrènes gazeuses et infections gangréneuses. - Presse médi-
Dès mars 1915, à une époque où la sérothérapie n’élait pas encore pratiquée et où les recherches de laboratoire ne nous avaient encore donné aucun renseigne-
lieuxde nos blessés, de distinguer des formes anatomocliniques différentes, entraînant des sanctions chirurgicales diverses. Nous avons ensuite repris celle élude au cours de l’année 1915, nos observations concernant les cas observés chez les blessés de notre ambulance durant cette période (1671 blessés).
Dans trois travaux successifs, nous avons exposé le résultat dé nos consta-
Au point de vue étiologique, nous n’avons pas un seul cas de gangrène gazeuse par balle de fusil; quelques-uns sont consécutifs à des plaies par éclats d’obus, la plupart à des plaies par grenades ou par pétards. Ce dernier point nous paraît capital. Certes, nous ne croyions pas à une septicité spécifique de ces engins; mais les blessures qu’ils occasionnent tirent leur gravité exceptionnelle, à notre sens, de la multiplicité des éclats et du volume souvent infime de ces derniers. Dans une plaie par éclats d'obus, en piocédant méthodiquement, en écartant avec précaution les lèvres de la plaie, en maniant le stylet avec douceur, en débridant peu à peu afin de contrôler par la vue, on retrouve assez facilement le trajet suivi par le projectile, et cela sans y mettre le doigt. Dans les plaies par grenades au contraire l’orifice est souvent si minime, le trajet si étroit et si tortueux, que le stylet ne donne aucun renseignement. On incise : par chance on trouve un, deux,
gangréneuses, il nous semble qu’il faille distinguer quelques formes àsséz différentes, comme clinique, comme traitement et comme gravité. On a multiplié dans ces derniers temps les formés cliniques.de la gangrène gazeuse. Pour nous qui, dans les ambulances de première ligne, devons faire surtout des diagnostics pré-
vait ranger les infections gangréneuses en trois classes assez nettement Séparées.
1° La forme limitée , à allure de phlegmon gazeux circonscrit : La peau est tendue, souvent un peu chaude, avec quelques plaques d’allure érysipélateuse ou café au lait; si l’on recherche la crépitation on la trouve nettement, jointe à une sensation d’élasticité, de rénitence profonde. La température atteint S8°5, 59°. On incise et l’on trouve un foyer de muscles noirâtres, gris, ecchymotiques, de mauvaise odeur; il y a de nombreux gaz et un peu de liquide sanieux. Mais tout cela
beaux de muscles et d’aponévrose qui s’éliminent. Gela peut durer deux trois jours; puis, la plaie prend bon aspect, les muscles deviennent roSes et bi geonnanls, la température tombe. Nous avons ainsi évacué au vingtième jour parfait étal, deux blessés qui marchent à l’heure actuelle. Chez l’un d’eux, k pour une plaie en séton transfixiant de la face postérieure de la Cuisse, nous av dû inciser depuis le tiers inférieur du grand fessier jusqu’au creux poplité, a
menls musculaires. Mais, dans ces deux cas, il y avait eu formation précoce de caillots, et à l’intervention nous n’avons trouvé qu’un petit hématome limité, circonscrit et la ligature des bouts vasculaires fut extrêmement simple. Ces deux malades ont été évacués au vingtième jour, en parfaite voie de guérison. Dans deux autres cas, au contraire, il s’agissait d’un hématome diffus avec dilacération vasculaire étendue. Un des blessés eut une septicémie mortelle en vingt-quatre heures, à la suite de la ligature.' L’autre présenta des accidents locaux et généraux graves, et l’amputation fut pratiquée, heureusement à temps pour nous donner un
Enfin, nous ne saurions trop insister sur les résultats déplorables que donne remploi du garrot, placé souvent par des camarades du blessé, par un brancardier inexpérimenté, à la racine du membre, quel que soit le siège de la blessure. L’amputation doit être faite extrêmement haute, au-dessus du garrot, et elle n’est pas
.. toujours suivie d’un succès opératoire.
Pour conclure, nous insisterons donc sur le da ~ et souvent profondes, à la suite de blessures par ne doivent jamais être traitées tardivement, si bén lors d’un examen superficiel ou rapide; le facteur présentent les lésions vasculaires; la fréquence de du membre inférieur.
ngerdes petites plaies multiples grenades ou pétards, plaies qui ignés qu’elles puissent paraître,
la gangrène gazeuse, au niveau
Nous croyons que, au point de vue de la clinique et du traitement, il est bon
deux types : yangrène massive d'emblée , nécessitant toujours l’amputation d’ur-
l’autre, de gangrène partiellement limitée, doivent être traités selon une technique largement interventionniste, mais conservatrice, sauf complications secondaires; le troisième type, forme infiltrante localisée exubérante, étant, pour ainsi dire, un