‹ Titres et travaux scientifiquesChapitre 2 sur 10 · MÉNINGITE SÉRIQUE · texte numérisé non relu

MÉNINGITE SÉRIQUE

On sait combien les méninges molles, si délicates dans leur texture, réagissent facilement à tout ce qui peut troubler leur régime anatomique ou physiologique. Au niveau de la lepto-méninge, la capillarisation est d’une richesse extrême. Tous les vaisseaux sanguins, aussi bien que les canaux lymphatiques péri-vasculaires, unissent sans cesse leurs efforts pour lutter contre les éléments étrangers, qu’il s’agisse de microbes, de toxines ou de substances inertes, ou même de l’eau chlorurée isotonique, ou de sérum

Cette propriété de la lepto-méniiige à faire un si facile et prompt appel de défense par la mobilisation active de 'ses cellules polynucléaires et mono-

animal qui, par son action perturbatrice au sein du liquide céphalo-rachidien, trouble la perméabilité des méninges et détermine l’éclosion des troubles morbides. La méningite sérique est-elle simplement un phénomène d’ordre banal, irritalif sur les méninges? peut-elle, au contraire, être assimilée aux réactions d’ordre colloïdoclasique ou anaphylactique? Il est vraisemblable que la colloïdoclasie joue un certain rôle dans le déterminisme méningé à la suite d’une première injection sérique dans le sac sousarachnoïdien. Plus tard, au fur et à mesure de la répétition des injections au sein de la cavité arachnoïdienne, l’anaphylaxie locale ou générale est certainement appelée à se manifester et à apporter une note plus ou moins dominante, suivant les individus, dans la symptomatologie clinique et biologique.

L’étude de ces faits eom porte une sanction pratique : c’est que la méconnaissance de la méningite sérique au cours des processus méningés microbiens eérébro-spinaux peut donner lieu à des erreurs de pronostic et de diagnostic. La constatation de polynucléaires rachidiens chez les sujets ménmgitiques cérébro-spinaux traités par la sérothérapie n’implique donc pas forcément la non-amélioration ou la non-guérison de la maladie. Il faut savoir faire la part de ce qui revient à la polynucléose de la méningite sérique et à la polynucléose due aux microbes.

Seul, le contrôle des polynucléaires vieillis ou déformés, comparativement aux polynucléaires sains, suivant la formule de M. Widal, et surtout le contrôle des microbes sur lames, l’ensemencement du liquide céphalorachidien, l’hémoculture, pourront, la plupart du temps, assurer, dans ces cas, le diagnostic, et par conséquent, le pronostic.

Page 1