La nephnte congesttv
l’histoire de la néphrite et de Véclampsie
Néphrites aiguës. Néphrites dégénératives et néphrites congestives [69, 70, V, VIII).— Les travaux de M. Bartels, de M. K|lebs et de M. Weigert en Allemagne, en France de M. Kelsoh et de M. Charcot, de M. Cornil, deM. R. Lépine, ceux enfin de M. Bouchard, travaux à la suite desquels l’auteur ose à peine citer les siens et ceux de ses élèves, les docteurs Petit et Ch. Hortolès, ont sensiblement modifié l’idée qu’on se faisait du processus des néphrites aiguës, et, pour certaines d’entre elles, ont conduit à des conceptions toutes nouvelles.
Si, par exemple, l’on compare entre elles les deux néphrites secondaires les mieux connues : celle qui est satellite de la fièvre typhoïde et celle qui se produit au cours de la scarlatine, vers le douzième ou le quatorzième jour à partir de l’invasion, l’on est absolument frappé des différences qui séparent ces deux inflammations rénales. Dans la fièvre typhoïde, constamment, il s’agit d’une lésion dégénérative, frappant de mort l’ensemble des cellules épithéliales qui forment le
revêlement des tubes eontournés, c’est-à-dire la totalité de l’épithélium à bâtonnets. Le protoplasma de ces cellules se gonfle, puis subit la métamorphose que M. Weigert appelle la nécrose par coagulation; il se fragmente souvent en boules granuleuses qui remplissent la lumière des tubes et qui ressemblent à s’y méprendre à des amas zoogloéiques. Et de fait il est certain que, comme l’a soutenuM. Bouchard, il s’agit ici d’une lésion parasitaire. Quoi qu’il en soit, la cellule est morte; son noyau ne se.colore plus par l’hématoxyline, réactif par excellence des cellules fixées vivantes.
Du côté des voies d’excrétion, c’est-à-dire des tubes de Bellini, de Henle et des rayons médullaires, ces lésions dégénératives n’existent que peu ou pas ; l’épithélium subit de place en place la desquamation, .mais en général conserve toute sa vitalité. En même temps que ces lésions épithéliales, tout accessoires et d’ordre catarrhal, on observe dans le tissu connectif périlobulaire des lésions d’œdème, aboutissant souvent à des points de néoformation interstitielle. Enfin, au niveau des glomérules, une autre variété d’œdème peut être observée : c’est l ’œdème albumineux. Get œdème particulier,.ayant pour Siège.les glomérules eux-mêmes et les espaces. interlobulaires , diffère de l’œdème vulgaire en ce qu’il ne renferme pas ordinairemeut .de globules blancs. 11 est constitué par un exsudât qui injecte les tubes;contournés et devient l’origine des nombreux cylindres hyalins, nusonrecouyerts de dépouilles épithéliales granuleuses, que l’on rencontré dans les urines des typhoïdiques atteints de néphrite en même temps que de rares globules, rouges et blancs, et des bactéries. , roté i
Dans la néphrite dothiénentérique ainsi constituée et principalement caractérisée par deux circonstances à retenir : 1° les lésions dégénératives de l’épithélium des tubes contournés;; 2° l’entière perméabilité des vaisseaux glomérulaires qui injectent constamment dans les.tubuli contorU Y exsudât albumineux origine des cylindres, — jamais, on ne voit l’anasarque ni même l’œdème mobile caractéristique, survenir.. Il s’agit ici d’une néphrite qui ne parle, au clinicien que par l’albuminariç et par quelques autres symptômes vagues, tels que la sécheresse subite
de la langue, l’exagération de l’état alaxo-adynamique, la tendance aux eschares, accidentellement par l’urémie de forme éclamptique : mais le cas est si rare qu’on le doit éliminer dfi cadre ordinaire de la néphrite'typhoïde ; la cïiniqué,- Unie faut jamais l'oublier , ne vit pas en ■ effet d'exceptions [VIII].
Tout autre est la néphrite scarlatineuse, que l’on considérait autrefois oomme une inflammation catarrhale et que M. Kelsch alepremièi* ramenée au type des inflammations interstitielles. Ici peu ou point de lésions de l’épithélium des tubes contournés ; mais (comme l’a montré 1 M. Gh. Hortolès) un œdème congestif énorme occupant tout les espaces interorganiques du rein, c’est-à-dire ceux du tissu conjonctif. Dàns ces espaces, avec le liquide de l’œdème, d'innombrables cellules lymphatiques ont émigré par diapédèse; elles sont parfois tellement nombreuses dans lès capillaires des bouquets glomérulaires qu’elles ; en oblitèrent la lumière et créent ainsi la condition principale de l’anurie, complication redoutable que l’on rencontre trop souvent dans la néphrite scarlatineuse. En un mot, il s’agit ici d’une inflammation congestive proprement dite, absolument comparable à celle existant dans la peau affectée d’érysipèle, c’est-à-dire non pas comme le pensait M. Kelsch, une lésion fixe, profonde, aboutissant à la formation de bourgeons charnus interstitiels, mais bien une lésion. mobile-, légère et fugace à la façon de. la lésion cutanée de l’érysipèle probablement aussi parasitaire comme cette dernière.
Par cette notion de Y œdème aigu congestif appliquée au. rein, la symptomatologie particulière à certaines néphrites est puissamment éclairée. La mobilité de la lésion, dans la néphrite scarlatineuse, n’estelle pas en effet bien d’accord avec celle des symptômes? La néphrite scarlatineuse débute brusquement comme l’érysipèle, subit comme lui des poussées et des recrudescences rapides, s’éteint comme lui net le plus souvent et sans laisser de traces appréciables. L'épisode morbide •-'est dangereux, on le sait, que par l’annulation temporaire du rein, qui peut survenir et tuer rapidement ; non parce que la néphrite est profonde, mais parce que la dépuration est absolument enrayée, ou
que l’anasarque, peur ainsi dire galopante, crée mécaniquement des', conditions de mort. .
; Les néphrites secondaires connues peuvent d’ailleurs être divisées en deux groupes. Les, unes viennent se; ranger à côté de la néphrite typhoïde, comme celle de la diphthérie ; les autres, , à peu près régulièrement accompagnées d’anasarque et d’urines chargées de sang, doivent être rapprochées de la néphrite scarlatineuse. Telle est, par exemple, la néphrite qui survient et qui tue trop souvent dans le décours de la variole. Or l’auteur a constaté que cette néphrite varioleuse , du : déclin est une néphrite congestive hémorrhagique. Seulement, comme chaque mode d’infection entraîne des différences dans la conformation des lésions, si l’on peut ainsi parler, l’oedème congestif inflammatoire de la néphrite varioleuse n’est pas diffus comme dans la scarlatineuse; il est disséminé dans le rein par îlots, comme la congestion inflammatoire qui conduit dans la peau à la lésion pustuleuse*.
e. MALADIES DIVERSES
71. Contribution à l'étude anatomique et clinique de l'érysipèle et des
œdèmes de la peau.
72. Recherches anatomiques sur l’érysipèle et les œdèmes de la peau, srne des nouveau-nés (en corn-.
74 . Note sur lés altérations histologiques de l’intestin et sur quelques modifications du sang [dans le choléra (avec M. Kelsch).
75. Instruction médicale sur le choléra,par MU. J.Renavt,J. Tbissier et Ferrand.