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TISSU MUSCULAIRE

segmentaire du myocarde constitue la lésion par excellence et pour ainsi dire caractéristique de l’asthénie cardiaque. Elle consiste essentiellement dans la fonte du ciment qui unit les unes aux autres les cellules musculaires cardiaques et qui se montre, entre les cellules Consécutives et dans leur travers, sous la forme du trait d’EBERTH disposé en escalier.

Le myocarde d’unindividu atteint depuis longtemps d’une affection organique du cœur ne peut plus se dissocièr en fibres musculaires arboriséés. Sous : l’influence de la dilacération par les aiguilles, quelque ménagée qu’elle soit, ou même par la simple agitation d’un fragment du tissu musculaire cardiaque dans l’eau, on voit le myocarde se résoudre eh segments cellulaires isolés. Si l’on examiné un plan de fibres cardiaques isolé 1 avec des précautions convenables, on reconnaît que toutes les traînées musculaires sont formées de cellules musculaires discontinues, séparées les unes des autres au niveau des traits scalariformes. Les lignes de ciment sont remplacées par de iarges espaces clairs. Le plus souvent, dans chaque cellule, il existe dans le fuseau protoplasmique circumnucléaire une accumulation de granulations ambrées : ces granulations pénètrent même quelquefois dans le trait scalariforme réduit à l’état d’espace clair. Ces granulations, qui ont été constamment prises pour des granulations graisseuses, ne deviennent pas noires quand on les traite par l’acide osmique; ce sont des granulations provenant de la transformation d’une partie de l’hémoglobine musculaire, et non pas des granulations graisseuses.

Souvent, quand la dissociation segmentaire 1 est à son début, les cellules musculaires cardiaques semblent légèrement irritées par lè processus. Leurs noyaux deviennent énormes. Les crêtes d’empreinte

s’accusent, à leur surface, au point de former de hauts reliefs. La forme même du noyau tend à dèvenir irrégulière ; on dirait des noyaux bourgeonnants des cellules de la mœlle des os, ou encore des noyaux multiformes de l’aponévrose fémorale de la Grenouille.

On conçoit qu’une pareille lésion, qui détruit la continuité de la chaîne musculaire cardiaque, doit, lorsqu’elle se généralise, compromettre à la fois l’énergie et la régularité de la systole. On sait, en effet, que toutes les fibres du cœur, en vertu même de leurs ramifications, sont, solidaires entre ellçs et que la contraction cardiaque se fait par une seule secousse musculaire à laquelle prennent part toutes les fibres du myocarde. Aussi, depuis le premier travail.de MM. Renaut et Lanbouzy, a-t-on retrouvé la fragmentation du cœur en segments cellulaires dans un très grand nombre de maladies organiques du cœür terminées soit par une asystolie prolongée (Colrat, A. Durand), soit par des ruptures du myocarde (Albert Robin), soit enfin dans certaines maladies générales (phthisie fébrile et mort subite par syncope, Durand, — fièvre continue, Déjerine).

La dissociation segmentaire est même la lésion la plus commune du myocarde; elle est alors conjuguée avec la pigmentation des fibres cardiaques par des granulations ambrées. Elle correspond à Vétat pâle, à la couleur feuille-morte, à l’état flaccide du myocarde qui se déchire alors comme du carton mouillé : tous phénomènes rapportés à tort par nombre de médecins, depuis Stokes, â la dégénérescence graisseuse.

La dissociation segmentaire est une lésion qui débute par points limités et qui s’étend lentement à d’autres. Sur le coeur d’un supplicié alcoolique l’auteur et son élève M. Durand l’ont rencontrée localisée en foyers restreints. Mais elle est toujours généralisée chez les asystoliques.

Quelle est maintenant la physiologie pathologique de cette lésion ? On sait que le ciment des traits scalariformes est très rapidement dissous par les acides très faibles. D’ùn autre côté, parmi les produits constants de la contraction musculaire figure un acide ; l'acide sar-

colactique. Si un œdème existe chroniquement, si non sèulèment lés vaisseaux sanguins afférents sont le siège d’une congestion intense, mais encore si les voies lympathiques sont oblitérées (cirrhose cardiaque, adhérences péricardiques, symphyse, etc.), le liquidé baignant de toutes parts les fibres cardiaques contiendra, entre autres produits, l’acide libre dont nous venons de parler, et dès lors la dissociation, segmentaire pourra se produire [50, II].

Tissu cellulaire du myocarde. Points poreux sous-péricardiques. — C’est en effet seulement par l’intermédiaire du tissu conjonctif lâche que les déchets de la contraction musculaire s’éliminent. M. Durand, dans un travail fait sous la direction de l’auteur [II], a montré que les fentes de Henle, que l’on considérait comme répondant à des lymphatiques, résultent simplement de l’accolemént des gaines conjonctives fasciculantes entourant les groupes de faisceaux musculaires cardiaques. L’endothélium festonné caractéristique manque absolument dans ces fentes. La lymphe des espaces du tissu conjonctif, pour rentrer dans les voies lymphatiques, suit des chemins particuliers, les points poreux sous péricardiques, qui la ramènent dans , la cavité du péricarde : mais il riy a, entre le péricarde et l’endocarde, pas un trajet lymphatique canaliculé et revêtu d’endothélium con-

II suit de là que, lorsque le tissu conjonctif lâche intracardiaque est remplacé par un tissu soit fibreux (cirrhose cardiaque) soit adipeux (surcharge graisseuse), ou lorsque les points poreux sous-péricârdiques sont oblitérés (plaques laiteuses, symphyse), les produits de la contraction musculaire ne peuvent plus être facilement éliminés et stagnent dans le voisinage immédiat des fibres cardiaques. De là, possibilité de 1 action de l’acide sarcolactique, etc., sur le ciment des traits scalariformes; et mise en train de la dissociation segmentaire. [Cours d’anatomie générale de la Faculté de Lyon, 1878-1879, et thèse de

picrocarminate d’ammoniaque, l’auteur est parvenu à montrer que, dans les muscles striés des insectes et en particulier du Lucane : cerf, le disque mince, pièce de charpente du muscle, possède deux disques accessoires placés de chaque côté de lui et se colorant comme lui-même [49]. Le disque épais, pièce contractile, possède également deux disques accessoires contractiles comme lui et formés de myosine [II].

La question est donc tranchée. Chacun des deux disques anisotropes, : dans le segment contractile compliqué, a ses disques accessoires èdi . fiés sur son propre modèle et fonctionnant comme lui. La construction, de ce segment contractile compliqué peut être résumée ainsi :

1° Disque mince principal ;

2° Demi-bande claire intercalaire du disque mince ;

4° Demi-bande claire principale ;

5° Disque épais accessoire;

6° Demi-bande claire intercalaire du disque épais ; 7" Disque épais principal ;

8“ Demi-bande claire intercalaire du disque épais ; 9° Disque épais accessoire;

10" Demi-bande claire principale;

12" Demi-bande claire intercalaire du disque mince; 13° Disque mince principal.

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