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I - OPÉRATION CÉSARIENNE

1. — De l’opâration césarienne et en particulier de l’opération césarienne avec double suture de Tutérus par la méthode de Sânger. An/ia/es de Gynécologie,

Jusqu’en 1876, on n’avait guère recours à l’opération césarienne qu’en dernier ressort, c’est-à-dire après avoir épuisé toutes les ressources de l’arsenal obstétrical. Pareille conduite était d’ailleurs justifiée par la gravité extrême de cette opération qui, quelles que fussent les conditions dans lesquelles se trouvait la parturiente au moment de l’intervention, entraînait presque fatalement la mort.

Les choses changèrent quand Porro eut imaginé de faire suivre la section césarienne de l’amputation de l’utérus et des ovaires. Dans l’esprit de l’accoucheur de Pavie, en effet, la suppression de la plaie utérine devait amener la disparition des accidents inflammatoires et des hémorragies dont cette plaie était regardée comme la cause première. Aussi l’opération nouvelle fut-elle accueillie avec enthousiasme et adoptée à l’exclusion de l’opération césarienne classique par la plupart des accoucheurs. C’est alors que Tarnier, pratiquant l’opération de Porro à la Maternité en mars 1879, obtint le premier succès enregistré à Paris depuis 1787 à la suite de l’opération césarienne. La même année, Pinard consacra un important mémoire à la description de l’opération de Porro, dont il se déclarait partisan résolu.

Malheureusement, les espérances qu’on avait fondées sur la nouvelle opération ne se justifièrent pas, les insuccès se multiplièrent et bientôt les statistiques, toujours trop optimistes pourtant, donnèrent un chiffre de mortalité d’environ 5o %. Dès lors, la réprobation qui s'attachait à l’opération césarienne classique fut partagée par l’opération rivale, et les accoucheurs reportèrent leurs regards avec plus de complaisance encore qu’auparavant sur les moyens de réduction de la tête fœtale. Quant à la symphyséotomie, pratiquée seulement à Naples, il semblait qu’il ne dût plus en être question.

Les choses en étaient là, lorsqu’on 188a Sanger, comparant l'opération césarienne classique à l’opération de Porro, s’attacha à montrer les inconvénients de celle dernière opération et la supériorité que pourrait avoir sur elle l’opération césarienne classique, si on pratiquait cette

réaliser un progrès surprenant. Dès lors, l’opération césarienne classique, ainsi réhabilitée et perfeclionnée, reprit rang parmi les interventions obstétricales.

césariennes à la nouvelle mode^ et que je*’fus émerveillé des r^ésultats qu'on en obtenait. Je

résolus de les faire connaître chez nous et ce fut l’occasion d’un long mémoire sur la réhabilitation de l’opération césarienne. Puis-je dire que j’ai été en quelque sorte l’initiateur en France de la renaissance de l’opération césarienne classique modernisée. J'afRrmai donc, pour en avoir

une réunion par première intention de la plaie utérine suturée, sur la tolérance parfaite de l’organisme vis-à-vis des fils abandonnés dans le ventre, et enfin sur un isolement immédiat de la cavité utérine de telle sorte que si, plus tard, l’utérus vient à s’infecter, l’infection ne se transmettra pas au péritoine.

Pour faire mieux comprendre l’importance des acquisitions nouvelles relatives à l’opération césarienne, j’en ai fait précéder l’exposé d’une étude historique et critique des nombreux procédés d’opération césarienne jusqu’alors employés. Dans cette étude, j’ai adopté un ordre nouveau de déscription, en ce sens que j’ai indiqué les particularités de chaque procédé à propos de chacun des temps de l’opération et je passe en revue successivement :

1® Les préparatifs de l’opération ;

3® L’anesthésie;

4® L’incision de la paroi abdominale ;

5® Les moyens employés pour empêcher le passage dans le péritoine du sang et du liquide amniotique qui s’échappent pendant la section ;

6" L incision de l’utérus;

8“ Le traitement de la plaie utérine ;

9“ La toilette du péritoine ;

lo* Le traitement de la plaie abdominale ;

Enfin, pour justifier mes appréciations, je terminai par la relation des a6 césariennes pratiquées jusque-là d’après le procédé de Sünger par divers opérateurs. Sur 26 opérées, il y avait

semble pas que la plaie utérine doive se comporter différemment, si toutefois les autres condi- L'opération, dis-je en concluant, a donné de bons résultats dans des cas d’indication relaabsolue à la section césarienne. C’est dire que chaque accoucheur qui pratique l’opération césail consent à opérer :

2“ Après des examens aussi rares que possible ;

3° En observant une antisepsie rigoureuse.

L’événement a prouvé que ces prévisions étaient justifiées.

2. — Technique de l’opération césarienne moderne. — Annales de Gynécologie, décembre 1889, février et mars 1890.

Dans un second mémoire, j’ai décrit complètement et en détail le manuel opératoire de l’opération césarienne suivie de la suture de l’utérus et de l’opération césarienne suivie de l’amputation utéro-ovarique. A dessein, j’ai laissé tout historique de côté. De plus, je n’ai donné aucune variante opératoire, me contentant de décrire une opération type. C’est, il me semble, la meilleure façon de procéder pour éviter les confusions et apporter de la clarté dans une description quelquefois compliquée. Pour avoir servi d’aide principal dans une vingtaine d’opérations césariennes et en avoir pratiqué trois moi-même, j'ai considéré que j'avais acquis une

relativement à sa technique. C’est le résultat de cette expérience que j’exposai dans mon

Je m’y suis efforcé de guider, pour ainsi dire pas à pas, l’opérateur qui exécute l’opération césarienne, de telle sorte qu’un médecin, même non familiarisé avec la chirurgie abdominale, pût mener à bien cette opération, à condition de suivre très exactement ma description. J’ai signalé, chemin faisant, toutes les complications qui peuvent survenir et j’ai indiqué en même temps les moyens de les prévenir et de les combattre.

Moment de Vopération. — On peut procéder à l'opération césarienne dans deux conditions différentes ; pendant le travail ou pendant la gestation.' Si l’on est libre de choisir, on peut ou attendre que le travail soit établi, comme le fait la majorité des accoucheurs, ou opérer avant le début du travail. Cette question importe peu, quand on doit pratiquer l’opération de Porro ;

On a pensé qu’en attendant l’établissement du travail, on aurait l’avantage d’opérer sur un utérus qui se contractera bien après l’opération, ce qui éviterait, dans une certaine mesure, les hémorragies par inertie utérine. Mais l’opération pratiquée avant le début du travail présente aussi de réels avantages : on l’exécute, en effet, à jour et à heure fixes, en se plaçant dans les meilleures conditions possibles d’assistance, de lumière, etc., comme pour une laparotomie gynécologique. Quant à la rétractilité et à la contractilité plus grandes de l’utérus parturient,

qu’on l’a cru. Aussi, sans me prononcer catégoriquement, je dis que, suivant ses préférences personnelles, l’accoucheur est en droit d’opérer pendant la grossesse ou pendant le travail, pourvu qu’il ne néglige aucun des soins préliminaires.

Pour les sutures profondes, on emploiera du fil de soie fort; pour les sutures superficielles, de la soie fine. Ces dernières sutures, comprenant seulement le péritoine, adosseront les deux surfaces séreuses voisines qui, rapidement réunies, isoleront la plaie utérine de la cavité péritonéale; elles sont, par conséquerit, absolument indispensables, quoique l’adossement presque parfait des séreuses, observé dans certains cas après l’application des sutures profondes, invite, pour ainsi dire, l’opérateur à se dispenser des sutures superficielles qui lui paraissent superflues.

Suites opératoires. — J’ai insisté sur le traitement des suites de couches après la césarienne, sujet dont on s'était encore à peine occupé. Tout particulièrement je recommande d’intervenir chirurgicalement dans les cas graves. Il ne faut pas se dissimuler, en effet, que si les suites Opératoires sont pathologiques, s’il y a des phénomènes de péritonite, par e.xemple, ces accidents ne peuvent être dus qu’à une infection ou à une hémorragie. Si donc, après avoir traité cos complications par les procédés ordinaires, une amélioration sensible ne se produit pas, il ne serait pas sage d’assister en simple spectateur à l’évolution des accidents, alors qu’on peut faire une besogne plus utile en ouvrant le ventre à nouveau et en agissant ensuite suivant les circonstances.

« On devrait, dis-je, ne pas reculer devant la nécessité de combattre directement la péritonite puerpérale elle-même, et pour cela il n’y a qu’un moyen véritablement efficace : le lavage

quelques fils de suture vers la partie inférieure de la plaie, pour ouvrir la cavité abdominale et la rendre accessible.

« On serait autorisé encore, dans certains cas, à agir avec plus d’énergie et si à l’examen.

la suppuration au niveau des trajets des fils, il ne faudrait pas hésiter à pratiquer l’amputation (le l’utérus. C’est la seule chance qu’on ait de sauver la femme vouée à une mort certaine.

« Une autre complication locale peut encore survenir quelques heures ou même quelques jours après l’opération : c’est une hémorragie intra-péritonéale provenant de la portion de

ragie s'est terminée fatalement ; elle n’a été reconnue qu’à l'autopsie, car on pensait à une péritonite. Si on avait songé à la possibilité d’une hémorragie, et si on , avait ouvert la plaie

l’hémorragie ; une nouvelle suture superficielle, appliquée à l’utérus, en aurait rendu maître immédiatement et là femme eût probablement été sauvée par cette intervention.

« Lors donc que l’état de l’opérée inspire de sérieuses inquiétudes, il serait prudent d'ouvrir la plaie abdominale et d'examiner directement l’utérus et le péritoine, pour les traiter comme il

couches, mais aujourd’hui cette pratique réunit un nombre de plus en plus grand de partisans.

Amputation utéro-ovarique de Porro. — Je dis qu’elle doit être considérée comme une opération de nécessité, l’opération césarienne avec suture restant l’opération de choix. On amputera donc l’utérus quand, le travail durant depuis longtemps, les membranes sont rompues, le liquide amniotique fétide... ou quand il y a cancer du col avec ichor .septique, fibrome dégénéré... En supprimant l’utérus, principal foyer septique, on remplit donc une indication urgente. Le grand mérite de Porro est précisément d’avoir réalisé# par l’amputation utéro-ovarique, un traitement préventif de la péritonite puerpérale, du moins de celle qui

reconnaît pour cause l’infection primitive de la plaie utérine et l’épanchement dans le ventre des produits septiques venant de l’utérus.

Dans l’opération de Porro, il est nécessaire de faire sortir hors du ventre l’utérus avant de l’inciser, pour éviter le passage des liquides septiques dans le péritoine.- Je recommande le traitement extra-péritonéal du pédicule, d’exécution plus rapide et plus facile, et qui donne plus de sécurité.

Aujourd’hui je remplace, dans presque tous les cas, l'amputation utéro-ovarique de Porro par Vhystérectomie abdominale totale ou sublotale, qui me donne les mêmes garanties avec des suites opératoires moins tourmentées, tout en évitant cette déplorable et inesthétique cicatrice de la paroi abdominale qui résulte de l’élimination du moignon utérin.

3 . — Énucléation do l’œuf sans ouverture préalable dans l’opération césarienne. ^

5oc. d’Obst. et de Gynéc., juin 1921.

Deux ou trois fois j’ai assisté, à ma grande surprise, à l’énucléation spontanée de l’œuf, immédiatement après l’incision de la paroi utérine qui avait porté sur la région des membranes. Le fait est moins imprévu quand l’incision utérine porte sur la région occupée par le

décollement constitue évidemment une amorce pour l’énucléation consécutive de l’œuf non

Il a été proposé d’ériger en méthode ce que la nature produit quelquefois. J’ai moimême, de propos délibéré, énucléé l’œuf entier dans trois opérations césariennes. Cette énucléation se fait avec une facilité surprenante, mais on peut lui adresser deux critiques. En premier lieu, l’extraction très rapide de l’œuf expose l’utérus à l’inertie et, consécutivement, aux hémorragies. De plus, aussitôt que l’accoucheur remet à un aide^ l’œuf qu’il vient d’énucléer, cet

liquide amniotique. Or, l'aide peut oublier de rompre l’œuf assez tôt et l’enfant court alors un grand danger si l’accoucheur n’intervient pas lui-même pour déchirer les membranes. Enfin, il n’est pas certain que l’œuf, quoique non ouvert, soit dans tous les cas énucléé avec la totalité des membranes. J’ai pu observer le contraire et j’ai dû avec la compresse détacher de gros lambeaux de chorion et de caduque restés adhérents. Mais cette rétention se voit également dans les cas où l’on n’a pas procédé à l’énucléation de l’œuf sans ouverture préalable, en sorte que je ne fais de cette remarque l’objet d’aucune critique.

Quoi qu’il en soit, je ne recours plus à l'énucléation de l'œuf en bloc et je crois qu’il est préférable de rompre les membranes d’abord, d’extraire l’enfant ensuite, d’après la règle classique. D’ailleurs, comme l’œuf non ouvert est aseptique, l’écoulement du liquide amniotique ne risque pas d’infecter le péritoine ni la tranche de section utérine.

En somme, il s’agissait ici d’une femme atteinte de rétrécissement du bassin, chez laquelle j’ai pratiqué l’opération césarienne pour la mettre à l’abri des conséquences redoutables d’une rupture de l’utérus qui paraissait être imminente.

Autant qu’on peut émettre des affirmations en clinique, je crois que si je n'étais pas intervenu au moment opportun, la rupture de l’utérus n’eût pas tardé à se produire. J’aurais eu alors la main forcée pour pratiquer la laparotomie et si j’avais eu la chance, par mon intervention, de sauver la malade, j’aurais fatalement extrait un enfant mort. En procédant comme je l’ai fait, la mère et l’enfant s’en sont bien trouvés. Je pense donc que ma conduite a été sage, parce qu’elle reposait sur des indications logiques.

Dans le cas particulier, la dystocie avait évidemment pour origine le rétrécissement du bassin; mais, quand je suis intervenu, le rétrécissement du bassin n’occupait plus que le second plan dans les indications opératoires, l’état de l’utérus dominant à ce moment la scène.

L'extraction du fœtus par l’opération césarienne ne nous exposait donc qu’à un traumatisme voulu, déterminé, à une plaie nette, franche, facile à réparer, au lieu du traumatisme incertain de la rupture utérine spontanée, qui aboutit à une plaie irrégulière, meurtrie, déchiquetée, compliquée de mille façons et nécessitant d’urgence l’hystérectomie.

2. — Rigidité du ool comme indication à l’opération césarienne. — Soc. d'Ohst., de Gynêc. et de Péd., 3 nov. 1899, p. a^a.

s’agit pas de césariser des femmes sans indications sérieuses. Mais il s’agit tout de même de savoir si lia volonté nettement exprimée par la femme d’avoir un enfant vivant n’est pas de

accident possible survenant à l’enfant pendant le travail mettrait ses jours en danger.

A vrai dire, devant les heureux résultats de l’opération césarienne, il n’était pas prématuré, même en 1908, de poser des indications nouvelles de celte opération; mais n’est-ce pas encore plus justifié à l’heure actuelle où les insuccès de la césarienne sont exceptionnels ?

Je m’étais donc figuré que si, jugeant opportun d’étendre les indications de l’opération césarienne à des cas qui n’en étaient pas encore reconnus justiciables et qu’on pouvait parfaitement récuser, je disais ne vouloir en faire application, au moins provisoirement, qu’aux femmes qui auraient exprimé le vif désir d’avoir un enfant vivant, je serais plus facilement approuvé. Il

patiente. Pour quelle raison? Sans doute parce que celte question semblait toucher au dogme intangible des prérogatives médicales : le médecin est seul juge, dans sa conscience, des décisions à prendre. A la vérité, je n’ai jamais pensé autrement, mais je crois encore être dans le vrai quand je dis que, pour des indications de l’ordre de celles que j’envisage, il n’est pas indifférent que la femme les provoque.

Quoi qu’il en soit, je propose trois ordres d’indications fœtales de l’opération césarienne et j’en montre la légitimité en invoquant des arguments tirés de l’évolution des indications opératoires dans les cas de rétrécissement du bassin et, en second lieu, des précédents fournis par la pratique de l’opération césarienne à indication relative dans ces rétrécissements. Il en résulte

Ces indications seront fournies : 1“ par l’état de souffrance actuelle du fœtus; 2“ par un accident du travail mettant immédiatement les jours de l’enfant en danger; 3» par la gravité

Pour préciser davantage, j'indique spécialement : la souffrance évidente du fœtus quand

bassin; les très gros enfants; la présentation de l’épaule irréductible, voire même certains cas de présentation du siège.

Il y aura encore plus de motif d’intervenir s’il s’agit d’une femme stérile depuis des années et qui a atteint la quarantaine, si plusieurs des indications précédentes sont associées, ou encore quand il existe quelque cause de dystocie, comme un léger rétrécissement du bassin. Dans cet ordre d’idées, il est impossible de prévoir toutes les combinaisons en présence desquelles nous met la clinique.

4. - L’opération césarienne dans la procidence du cordon. — Soc. d’Obst., de Gynéc. e/de Péd., 8 février 1909.

Application des arguments précédents à la procidence du cordon, au cours d’une discussion soulevée par la communication de M. Couvelaire, relative à deux opérations césariennes faites par lui pour des procidences du cordon qui avaient compliqué le travail dans des cas de

présentait une malformation cardiaque. — Examen decertaines contre-indications à l’opération césaiienne, en collaboration avec M. Powilbwicz. Soc. d’Obst. et de Gynéc., février 1921.

Pendant la gestation et le travail, l’auscultation fœtale avait toujours paru normale. L’opération césarienne fut décidée en raison d’un rétrécissement pelvien. L’enfant naquit en état

on constata une malformation cardiaque incompatible avec la vie : deux oreillettes communi-

artériel qui se continue avec un tronc pulmonaire borgne perdu dans la paroi du ventricule et d’où se détachent deux artères pulmonaires.

Ce fut pour moi l’occasion de poser la question de savoir s’il n’y aurait pas contre-indication à la césarienne dans le cas où on aurait pu reconnaître soit des malformations fœtales, soit des maladies du fœ-tus incompatibles avec la vië. J’entendais viser en particulier certaines malformations graves du squelette ou encore la syphilis en activité. Je me rappelle, en effet, avoir ressenti par deux fois après la symphyséotomie une fort désagréable surprise, en constatant chez un premier enfant une ascite spécifique et chez un second un bec-de-lièvre double compliqué! Bien entendu il ne s’agit que de la césarienne à indication relative, c’est-à-dire

voies naturelles, avec ou sans mutilation du fœtus.

7. — L’accouchement spontané chez les femmes césarisées antérieurement. — Société d’Obst. et de Gynéc., i^no. '

femme qui avait subi auparavant l’opération césarienne, j’ai attiré l’attention sur ces faits. Quand on ne pratiquait l’opération césarienne que pour des rétrécissements du bassin, on n’avait guère lieu d’observer pareils faits, car on ne laissait pas l’utérus lutter contre un bassin qui déjà une première fois n’avait pas permis le passage de l’enfant. On fait de même aujourd’hui et, chez les femmes à bassin rétréci, on intervient par une nouvelle opération césarienne, soit avant le travail, soit tout au début de celui-ci. Or, malgré cela, il s’est trouvé que quelquefois l’utérus s’est rompu et ce fut presque toujours dès les premières contractions

mauvaise présentation? Cela paraît possible, puisque les ruptures'se produisent dès les premières contractions. Cependant chez la femme que j’ai observée, l’utérus s’est comporté comme un utérus parfaitement normal ; l’opération césarienne avait été faite pour une présentation de l’épaule négligée. D’autres faits heureux du même genre ont été publiés et permettent d’espérer qu’on peut compter sur des accouchements spontanés à la suite d’opérations césariennes anté-

nostic défavorable. Ce n’est pas tout. Dans certains cas, le fœtus n’étant pas trop mgagement a pu s’effectuer jusqu’au plancher périnéal ; mais le dégagement est île par ce défaut d’inilexion du tronc. Finalement, l’utérus se fatigue, la femme

terminer de suite raccouchemeut et par conséquent le fœtus sera exposé à mourir avant qu’on puisse l’extraire.

Je ne puis donc admettre l’abaissement préventif du pied qu’à la dilatation complète. Alors je pourrai procéder à l’extraction immédiate du fœtus si l’indication s’en présente. Évidemment le siège va tendre à s’engager pendant la période de dilatation, et il peut se faire que l’engagement soit très profond déjà quand l’orifice sera complètement dilaté. On ne se trouvera peut-être plus alors dans des conditions très satisfaisantes pour abaisser un pied. Mais si les choses sont ainsi, c’est que l’acconchement ne tardera pas à se terminer spontanément et qu’il n’y aura aucun besoin d’abaisser un pied, l’intervention en ce cas, si elle devient nécessaire, étant simple.

b. — L’abaissement est curatif quand il y a nécessité à terminer de suite l'accouchement. Le siège peut être alors en un point quelconque de la filière pelvienne : au détroit supérieur ou dans l’excavation. S’il est au détroit supérieur, tout le monde est d’accord, la manœuvre est possible. S’il est engagé, tout dépendra du degré d’engagement, de la mobilité du fœtus et

Quand l’engagement n’est pas profond et que la circonférence bitrochantérienne n’a pas dépassé, par exemple, le tiers supérieur de la symphyse pubienne, le fœtus est encore mobilisable et la fesse antérieure remontera presque sans effort au-dessus du*détroit supérieur pendant l’introduction de la main. Alors il n'y a pas de difficulté à abaisser le pied.

S’il est engagé et ne peut remonter au-dessus du détroit supérieur, la hanche antérieure

d’accoucheurs nient la possibilité de cette bascule ; mais, par des preuves cliniques, expérimentales et des mensurations, j’ai démontré qu’elle était possible.

Le segment fémoral du membre inférieur chez les nouveau-nés mesure, en effet, de 11*“’,7 à io*“, I seulement, pour des fœtus dont les poids sont compris entre 4-5oo gr. et 2.000 gr. La cuisse du fœtus pourra donc à la rigueur pénétrer dans le bassin, si du moins on prend soin de la diriger suivant un diamètre oblique, en refoulant le fœtus dans la partie opposée de l’excavation. La cuisse se déplace alors en restant en contact avec le plan antérieur du fœtus sur lequel elle glisse. D’ailleurs certaines de mes observations sont concluantes.

Quand le siège est au détroit inférieur, les conditions sont bien moins favorables pour l’abaissement du pied que dans le cas précédent. Il faudrait alors, pour que le pied pût s’abaisser, que le segment du membre inférieur qui s’offre au détroit abdominal, et qui est constitué parla jambe, le pied et le genou, fût plus petit que le diamètre oblique de l’excavation. Or, le plus souvent il n’en est pas ainsi, car ce segment tibial, pour des enfants de 4.5oo gr. à 2.000 gr., oscille entre i3‘"’,5 et ii*“,2. La bascule de la jambe ne serait donc réalisable que si le fœtus est petit et pèse moins de 3.000 gr. Mais, comme on ne peut apprécier d’une manière approximative

tenter d’exécuter la manœuvre d’abaissement du pied.

Manuel opératoire de l’abaissement artificiel du pied. — Qu’il soit prophylactique ou curatif, l’abaissement artificiel du pied comprend les quatre temps suivants :

r Introduction et placement de la main ;

2“ Abduction artificielle de la cuisse ;

3* Recherche et saisie du pied ;

4* Abaissement du pied et déflexion du membre inférieur.

-Tô¬

les éponges pendant quelque temps dans une solution de pèrmanganate de potasse qui les rend brunes, presque noires, partout où le permanganate agit, et les laisse au contraire blanches là où l'action oxydante du permanganate ne s'exerce pas. Les parties brunes sont aseptisées par l'oxygène naissant provenant de la décomposition du sel manganique ; quant aux parties blanches, qui n’ont pas subi l’attaque du permanganate, elles ne sont pas stérilisées.

J'ai pensé alors que l’on pouvait traiter les mains comme les éponges. La main plongée dans le permanganate devient, en effet, rapidement brun foncé : c’est l’indice extérieur de la décomposition du sel et de l’oxydation des matières organiques de l’épiderme; là où il y a coloration brune, on est donc certain d’une action du permanganate sur les microbes, car on en voit le résultat. En certains points, l’épiderme ne se colore pas : c’est que la peau y est recouverte d’une substance grasse qui la protège contre l’action du permanganate, de sorte qu’en ces points les germes pathogènes, s’il y en a, y séjournent encore avec toute leur virulence et la main n’est pas aseptique.

Ainsi on voit, pour ainsi dire, Vasepsie de la main : une main devenue brun foncé par son séjour dans le permanganate est aussi aseptique qu’une éponge soumise aux manipulations que j’ai décrites. Le permanganate décape la main, comme l’acide décape le métal. Le traitement au permanganate n’est d’ailleurs pas substitué aux diverses opérations par lesquelles on assure la désinfection des mains : savonnage, brossage, alcool, etc. ; il n'en est que le complé-

Grâce aux manipulations que je recommande, l’opérateur peut être certain de l’asepsie de ses mains et, ce qui est très important, de l’asepsie des mains de ses assistants. Il lui suffît pour cela de voir si, sous l’action du permanganate de potasse, leurs mains sont devenues noires sur toute leur étendue. Ce procédé me paraît préférable à celui conseillé par Belajeff, qui fait colorer les mains au bleu d’outre-mer et les fait brosser jusqu'à, ce que la coloration des mains ait disparu. C’est qu'en effet le permanganate est un antiseptique; il est très maniable;

bisulfite de soude, pour les décolorer complètement.

Il y a une analogie entre le traitement des mains par le permanganate de potasse et le bisulfite de soude, et leur traitement par la teinture d’iode suivi de décoloration par l’alcool ou par une solution d’iodure de potassium. L’iode est, en effet, un excellent antiseptique; mais son action sur la peau est peut-être plus irritante que celle du permanganate de potasse.

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