COMPLICATIONS DIVERSES
injection intra-veineuse de coUargol. — Annales de Gynécologie et d'Obstétrique, mai 1910.
J’ai observé un cas de thrombus survenu chez une accouchée dans des conditions assez particulières. Il s’est produit, le troisième jour après la délivrance, quatre heures après l’injection d’une solution de collargol dans les veines alors que rien auparavant n’en faisait craindre l’apparition, et il a augmenté si rapidement de volume qu’il a atteint bientôt celui d’une tète de fœtus. Je me suis demandé si l’emploi du collargol pour l’injection intra-veineuse, ne pouvait pas être incriminé, car nous savons que l’argent colloïdal a été accusé d’avoir produit des hémorragies et, en particulier, des épistaxis ou des hématémèses.
L’injection avait été suivie d’un fort frisson avec hyperthermie, mais comme je n’ai jamais vu de thrombus se produire du fait ni de la fièvre ni du frisson, j’ai pensé qu’on pouvait l’attribuer au collargol, qui aurait ainsi déterminé une hémorragie pelvienne sous forme de thrombus. Je dois ajouter que je n’ai plus vu se produire de thrombus depuis lors, quoiqu’il ait été pratiqué dans mon service un grand nombre d’injections intra-veineuses de collargol ou
2. — Cholécystotomie pratiquée quelques heures après l’aocouchement.
Société d'Ohst., de Gynêc. et de Péd. de Paris, 9 juin 190a.
Les interventions purement chirurgicales pratiquées d’urgence pendant l’état puerpéral sont exceptionnelles et leurs indications encore mal précisées. A ce titre est intéressant le cas d’une femme chez laquelle j’ai dû ouvrir la vésicule biliaire quelques heures seulement après l’accouchement, pour une cliolécystite suppurée d’origine calculeuse mettant sa vie en danger.
immédiate qu’il me confia, étant retenu lui-même. Je pratiquai donc la cholécystotomie avec l’aide de M. Couvelaire le jour même de l’accouchement. Les suites en furent normales. Il s’était écoulé de la vésicule biliaire à la fois du pus et de nombreux calculs. Mais une fistule persista, due à la présence dans le canal cyslique d’un énorme calcul enclavé qui fut enlevé un an plus tard par M. Schwartz.
pas de celles des opérations pratiquées à une époque quelconque sans relation avec'les suites de à distinguer des infections puerpérales les maladies fébriles qui leur son/étrangèrt. Ce»
réflexions me paraissent être encore k l’heure actuelle d’un intérêt capital, non seulement comme principe directeur dans le cas où il est nécessaire de poser le diagnostic de la nature d'une complication fébrile chez une accouchée, mais encore quand on est appelé à en spécifier l’étiologie, principalement quand la responsabilité du médecin est en cause :
0 L’apparition d’une affection abdominale fébrile, accompagnée de frissons, de douleurs du ventre, de vomissements, d’un état général grave, chez une femme récemment accouchée, doit d’abord faire penser à une péritonite septique d’origine utérine. C’est, du reste, la première et la seule interprétation que les médecins donnent en général de ces accidents. Or, nous venons de montrer que la cholécystite peut donner lieu aux mêmes phénomènes. En ce cas, l’accoucheur est rendu responsable d’accidents dont il est absolument innocent ; il est donc utile que nous attirions l’attention sur ces faits, ne serait-ce que pour mettre les accoucheurs et les
pouvait guère penser à autre chose qu’à une fièvre puerpérale lorsqu’on se trouvait en présence d’une accouchée malade : dans le nombre des péritonites septiques généralisées ou localisées se noyaient forcément les autres complications abdominales des suites de couches. Mais aujourd’hui que les infections puerpérales proprement dites sont exceptionnelles, on doit y regarder de plus près et porter plus d’attention aux complications d’autre origine qui peuvent survenir chez les nouvelles accouchées.
« On ne saurait oublier, en effet, que les appendicites, les kystes ovariques enflammés ou tordus, les obstructions intestinales, etc., forment tout un cadre de maladies presque aussi
« Il faut donc toujours avoir présente à l’esprit la possibilité de semblables complications, dont le diagnostic doit être formellement posé, car, de ce diagnostic dépend le traitement. Maintes femmes ont dû la vie à une intervention dont l’indication a été saisie à temps
3. — Chorio-épithélioma consécutif à une môle hydatliorme avec métastases vaginales et pulmonaires. — Avec la collaboration de M. Lelièvre. — Balletin de la Société d'Obstétriqae-et de Gynécologie, i8 avril 1921.
J’ai observé, à la suite de l’expulsion d’une môle hydatiforme, le développement d’un chorio-épithéliome qui a présenté des caractères cliniques à prédominance pulmonaire tellement accusée qu’il en est résulté un retard dans le diagnostic de la maladie causale et une inter* vention trop tardive. Les faits de ce genre sont encore incomplètement connus.
La malade avait expulsé une môle hydatiforme deux mois avant de présenter les compli^ cations liées au développement du chorio-épithéliome. Celles-ci consistèrent principalement au début en accidents pulmonaires et en hémoptysies, si bien que je pensai tout d’abord à une tuberculose aiguë, tant avait en outre été rapide la marche de la cachexie. Mais le diagnostic de choriome s’imposa quand appariit à la partie inférieure du vagin une tumeur hématique qui,
reste confirmée par le microscope. L’hyslérectomie abdominale totale fut néanmoins pratiquée, mais il était trop tard.
L’autopsie nous montta dçs poumons de coloration foncée bleu violacé, farcis de nodules métastatiques, infiltrés de sang et présentant de véritables foyers d’apoplexie pulmonaire. Au
fond de l'utérus se trouvaient deux hématomes et un troisième occupait le ligament large. La cavité utérine était remplie par une tumeur fongo-hémorragique insérée au fond de l'organe et constituée par des strates de fibrine contenant des cellules géantes, mais pas de placards plasmodiaux. C’est seulement à la périphérie de cette masse cruo-fîbrineuse qu’on trouvait des assises d'éléments langhansiens, là où elle se rattachait à la paroi utérine. Les hématomes de la paroi utérine et du ligament large montraient au contraire, dans la coque qui les limitait, une abondance de placards syncytiaux et de cellules de Langhans avec prédominance de ces dernières.
а. — Les remarques anatomo-pathologiques que comporte ce fait, concernent : la nature essentiellement cruorique de la tumeur, sauf au niveau de sa continuité avec l’utérus ; l’envahissement du myomètre par le néoplasme ; la pénétration des vaisseaux par les éléments choriaux ; la nature et l’ordre d’apparition des métastases pulmonaires, vaginales et ligamentaires. Fait particulier : dans la tumeur utérine comme dans les métastases, l’élément chorial prédominant a été l’élément langhansien ; cependant il était presque toujours accompagné par des masses plasmodiales, mais de moindre importance numérique. De plus, dans la tumeur principale et dans les tumeurs métastatiques, les éléments néoplasiques étaient bouleversés par des hémorragies interstitielles qui s’étaient produites secondairement. Le caractère hémorragique du néoplasme se retrouvait dans les poumons. Un dernier détail anatomique à noter était l'absence de toute réaction ovarienne ; le corps jaune ne présentait non plus rien de particulier.
б. La physionomie de la maladie a été dominée par l’intensité des phénomènes pulmonaires simulant une tuberculose à marche rapide ; c’est pourquoi rejetant au second plan le diagnostic de chorio-épithéliome malin, nous avons renoncé à l’intervention chirurgicale immédiate. Quelle conclusion tirer de ce fait? C’est que, malgré l’apparition de métastases pulmo-