II. - L ISOLEMENT DES TUBERCULEUX DANS LES HOPITAUX
Commission permanente de préservation contre la tuberculose, 17 novembre 1917. — Sur la
leux réformés, Société de Médecine publique, 26 avril 1916; Revue d'Hygiène, 20 moi 1916.
L’isolement des tuberculeux dans les hôpitaux apparaît comme une des nécessités les plus impérieuses de l’heure présente.
A diverses reprises la Commission permanente de préservation contre la tuberculose a émis des vieux dons ce sens, qui n’avaient guère abouti jusqu’ici.
Il faut dire que, très souvent, les initiatives qui se produisent dans ce sens se heurtent à des résistances nées de l’ignorance plus encore que de la mauvaise
Aussi j’ai été chargé par ladite Commission' de rapporter le texte d’un tracl formulant les conclusions de la science sur cette question, et destiné à être utilisé chaque fois qu’une collectivité fera de l’opposition à un projet d’isolement hospitalier de tuberculeux.
Le texte adopté après discussion a déjà servi heureusement dans quelques
mi projet fort intéressant d’hôpital spécial pour tuberculeux.
C’est en vertu des mômes principes que j’ai défendu la résolution de la Ville de Paris, prise sur l’initiative de MM. IL llousselle et Dausset, et lendanl à la construction de baraquements dans les hôpitaux urbains et suburbains de l’Assistance publique. Ce projet avait été fort altaqué, sons le prétexte que ces constructions nouvelles supprimaient des espaces libres.
En réalité cette suppression a été, en général, peu appréciable en regard des services immenses que les pavillons ont rendus aux réformés tuberculeux, dont ils ont exonéré les services communs; en regard surtout des services qu’ils sont appelés à rendre demain à l’ensemble de la population.
En effet, ils représentent la première tentative sérieuse et large de spécial lisation de lits hospitaliers pour tuberculeux : 2250 lits leur seront ainsi affectés. C’est un progrès considérable, et au point de vue de la prophylaxie — comme toute mesure tendant à faire cesser la situation déplorable des services hospitaliers où tuberculeux, convalescents, malades de toutes espèces, sont mêlés —; et au point
de vue de l'assistance, car les tuberculeux ne sont vi-àiment soignés que lorsqu’ils sont rassemblés dans des services d’isolement.
La Société de Médecine publique, à la suite de ma proposition, a émis un vote approuvant le programme du Conseil municipal de Paris, et le proposant en exemple aux grandes villes de France.
lit MESURES PRISES DANS LE CAMP RETRANCHÉ DE PARIS
POUR LE DÉPISTAGE, L ISOLEMENT ET L’ÉLIMINATION DE L’ARMÉE DES TUBERCULEUX MILITAIRES
Revue tCBygiéne, 20 juillet 1916. ’ *
Chargé par la confiance de M. le médecin inspecteur général Sieur, dont j’étais l’adjoint technique, de créer dans le Camp retranché de Paris une organisation destinée à assurer aux tuberculeux les soins nécessaires, à préserver de la contamination les militaires indemnes, enfin à observer les prescriptions légales concernant la réforme des tuberculeux, j’ai, sous l’autorité de mon chef, fait adopter les
de triage; des hôpitaux-sanatoriums.
Lés consultations spéciales sont au nombre de quatre ; les militaires y sont envoyés de la Place ou dès dépôts chaque fois que les médecins de ces services ont quelque doute sur la nature d’accidents pulmonaires. Ainsi s'effectue le drainage et le rassemblement des tuberculeux et des suspects.
A chacune de ces consultations est annexé un service de triage. Là sont reçus : ,1” les militaires envoyés à la consultation et nécessitant un supplément d’enquête ;
les malades reconnus d’emblée tuberculeux; 3° les tuberculeux envoyés par erreur,- ou reconnus ou devenus tuberculeux dans les services généraux de médecine. lin ofiet, aucun tuberculeux n’est conservé dans aucun de ces .services ; tous sont rassemblés et isolés dans les services spéciaux, dont quelques-uns ont
ciaux, pour tout le Camp retranché, comprennent 616 lits. Ils sont dirigés par des médecins qualifiés et sont pourvus de l’outillage technique indispensable.
L’observation des malades, poursuivie dans les services de triage,.aboutit à les classer en quatre catégories :
-1" Ceux qui ne sont pas tuberculeux ou qui ne sont atteints que de formes larvées de bacillose (asthme, emphyshme, bronchite) ;. ils ne sont pas gardés dans
2“ Ceux qui, bien que présentant des formés légères de ne paraissent pas perdus pour l’armée ; ils sont envoyés da toriums en vue d’unè cure rationnelle ;
3° Ceux dont les lésions plus avancées imposent la réforme temporaire ou définitive; ils sont d’abord envoyés dans les Stations sanitaires du Ministère de l’Intérieur, oit la réforme est ultérieurement prononcée ;
4“ Ceux qui sont atteints de formes aiguës ou de formes graves, mortelles, de la phtisie pulmonaire : ils sont gardés dans les services* spéciaux, afin de leur éviter des déplacements dangereux.
Les hôpitaux-sanatoriums sont au nombre de quatre ; ils sont aménagés en vue de la cure des tuberculeux pulmonaires; leur effectif total, pour le Gouvernement militaire de Paris, est de 990 lits.
Ce système, avant lequel les tuberculeux étaient mêlés aux autres malades dans les diverses formations sanitaires du Camp retranché et ne disposaient que du sanatorium de Bligny, n’a cessé d’être appliqué, puis développé, depuis sa